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jeudi, 20 janvier 2005

LES EUROPEENS DISENT OUI A L’UNION… LIBRE

L’Union attire-t-elle les Européens ? Oui. Mais tout dépend encore du sens que l’on donne à ces cinq petites lettres. Car, force est de constater que pris dans son sens institutionnel le terme ne fait guère recette, au moins en France où seulement 39% des électeurs se déclarent prêts à se rendre aux urnes lors du prochain référendum constitutionnel. Par contre, s’il est pris dans son sens premier – le rapprochement de deux personnes – le terme fait recette. Loin des sempiternelles désunions politiques entre les Vingt-cinq, le rapprochement interculturel et l’union charnelle entre scandinaves, latins, slaves, lusitaniens, saxons et autres teutons séduit un nombre croissant de citoyens. Certes, au petit jeu de la séduction, tout le monde n’est semble-t-il pas encore sur un pied d’égalité, Français, Italiens et Espagnols se voyant régulièrement reconnaître une aisance à nouer des rapports amoureux que d’autres ne possèdent pas. « Nouer des relations amicales et/ ou amoureuses varie selon les pays et les cultures. C’est en effet plutôt ‘easy’ pour les Anglais et visiblement ‘schwer’ (très difficile) pour les Allemands », précise ainsi une enquête d’opinion réalisée le 10 janvier dernier par l’IFOP pour le compte de Meetic, le leader européen des services de rencontre en ligne, auprès d’un échantillon « représentatif » de 2580 sondés issus de cinq pays européens. Mais la tendance est là. De plus en plus d’Européens n’hésitent plus à rechercher leur âme sœur dans un autre Etat que leur pays d’origine. « Ceci s’explique en grande partie par l’ouverture des frontières, l’accroissement de la mobilité. Je pense notamment à l’effet des programmes Socrates ou Erasmus », analyse Gabrielle Varro, sociologue au Laboratoire Printemps de l’Université de Versailles Saint-Quentin et auteur de La sociologie de la mixité. Mais parfois le flirt est poussé bien au-delà et se transforme en véritable union transeuropéenne.

Selon les derniers chiffres recensés par l’Institut national d’études démographiques (Ined), le nombre de mariages mixtes serait – au moins en France - en hausse constante depuis 1996. Alors qu’il plafonnait à 8,6% à cette époque, ce type d’union aurait ainsi atteint la barre des 15,9% en 2002 (dernière année recensée). Si de très nombreux mariages mixtes sont à mettre au crédit de migrants d’origine nord africaine, les Européens ne sont pas en reste. Au cours de cette dernière année, 850 Français(es) choisirent pour époux(se) un(e) Allemand(e). 780 un(e) Belge. 868 une(e) Italien(ne). 995 un(e) Britannique. 603 un(e) Espagnol(e). En queue de peloton, les Tchèques, à l’origine de seulement quatre mariages mixtes en 2002. Mais les champions de l’interculturalité européenne, restent à n’en pas douter les Portugais qui avec 2256 unions de ce type à leur actif arrivent loin devant leurs homologues communautaires, même si de nombreux facteurs peuvent l’expliquer, en premier lieu desquels la forte communauté lusitanienne présente dans l’hexagone. Mais les cartes pourraient encore être « brouillées » dans les années à venir avec la démocratisation des rencontres sur Internet. Longtemps boudée, car jugée peu fiable ou relégué au simple rang de gadget, l’e-rencontre gagnerait progressivement du terrain. « Les européens sont une minorité à se projeter, mais lorsque la démarche est assumée, se rencontrer sur Internet ne fait aucune différence, révèle l’enquête d’opinion de l’Ifop. En effet, il semblerait qu’il y ait de plus en plus de rencontres assistées par ordinateur dans les cinq prochaines années. Tous confondus à travers l’Europe sont en général d’accord bien majoritairement sur ce point. » En tous cas, « 90% des célibataires espagnols y placent de grands espoirs. »

Par Christophe Nonnenmacher – journaliste à l’Européenne de Bruxelles - première publication mercredi 11 janvier 2004 sur Europeplusnet, le magazine de société sur l’Europe