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mardi, 25 janvier 2005
BAYROU TRIOMPHE, L’UDF PECHE PAR SES MANQUES…
Qui peut s’intéresser à l’Europe sans tenter de tirer quelques leçons du congrès de l’UDF ? En politique politicienne, les « experts » ont tout dit ou presque sans rien pouvoir décrypter d’essentiel. 1) Oui Bayrou obtient un triomphe personnel. C’est même trop : l’UDF ne tient-elle pas que par Bayrou qui a le grand mérite de rester fidèle au sillon qu’il s’est fixé ? Les notables du parti ont peur de perdre sur leurs terrains locaux et régionaux les points que leur leader gagne à Paris…D’où quelques débats animés au Congrès, quelques jolies passes d’armes sur l’appartenance ou non à la «majorité» sur les critiques du gouvernement, sur la question turque et même sur le Oui à la Constitution… 2) Oui, Bayrou ne pense qu’à 2007. Donc à Sarkozy et à Chirac. Sans oublier cette gauche qui a à la fois trop et pas assez de leaders…. « Objectif présidentielles », mais pourquoi ? Pour gagner l’Elysée ? La foi soulève des montagnes : les Guignols le jugent peut-être encore mal et sous-estiment son coté «joueur-gagneur».Mais au sein même de son entourage qui ose présenter cette hypothèse sans sourire ?... Pour peser suffisamment dans le paysage politique français pour devenir « incontournable » quelle que soit la donne, donc pour gagner Matignon, à défaut de l’Elysée ? Mais Matignon pourquoi faire dans un contexte qui, depuis le quinquennat, donne constitutionnellement et plus que jamais le vrai pouvoir à l’Elysée… ?
Au niveau du discours européen, trois confirmations : A) Campagne sera menée pour le OUI. Au nom de l’histoire et de l’avenir. B) La question turque ne sera pas occultée, même si cela gêne Chirac et risque de « brouiller » les débats. C) L’unanimité de façade ne cache pas des divergences. 15 à 20 % des militants voteraient «non» :c’est beaucoup pour un parti qui met l’Europe au cœur de son programme. La même proportion critique la place donnée à la question turque par Bayrou. Leçons des constats «intérieurs» : le projet Bayrou pèche par imprécision sur les propositions constitutionnelles et, politiquement, l’UDF n’a pas trouvé de solution à ce que Jacques Julliard appelait voilà quelques mois la «quadrature du centre». Ni à droite, ni à gauche ou tantôt à droite, tantôt à gauche, en force d’appui ou en force-pivot, en marais ou en centre de gravité ? Leçons des constats «européens» : la feuille de route donnée aux militants ne précise pas le vrai dessein européen de l’UDF : Quelle Europe ? Comment ? Avec qui ? Une Constitution pourquoi faire ?
La « quadrature du Centre » ne se règle pas par une résolution de congrès ou une décision d’un comité directeur : c’est au jour de jour, sur le terrain, en fonction des problèmes et des contextes qu’elle peut être résolue. Tout dépend de l’alliance des forces de conviction et du courage politique. Et de la cohérence des stratégies nationales et régionales. Comment mordre (sur) ou tirer parti (de) ou neutraliser à la fois la droite et la gauche ? Cette vielle question de la « troisième force » rebondit … Les deux manques peuvent aussi être comblés, à condition que les «feuilles de route» aux militants soient complétées par deux réflexions de fond complémentaires : Quel constitution pour moderniser la France et l’adapter à l’Europe ? Et quelle Europe construire en cas d’échec ou en cas de réussite de la Constitution ? Nous retrouvons là l’idée de préparer dès maintenant des «Etats généraux de l’Union» lancée de Strasbourg. Il faut du temps pour que les graines plantées donnent des fruits. En attendant, Bayrou a réussi l’essentiel : faire du Centre un organisme politiquement modifié. A suivre. En France et en Europe : le Parti démocrate européen (ADLE) crée par Bayrou bouscule déjà les rapports de force au sein du Parlement européen.
Par Daniel Riot – directeur de la rédaction européenne de France 3
08:55 Publié dans CONSTITUTION, DANIEL RIOT, RELATIONS INTER INSTITUTIONNELLES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe








