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dimanche, 06 février 2005

MAUVAISE SEMAINE POUR LES PARTISANS DU OUI

Marie-George Buffet a raison, dans son optique, de se réjouir de la «formidable mobilisation qui rend la victoire du ‘non’ possible en France». Le PCF retrouve son bras armé syndical. Il confirme qu’il cherche à se refaire une santé en attirant les mécontents et les inquiets (nombreux). Il renoue avec une opposition sans faille à une construction européenne qui, par nature, depuis les années 1950, repose sur des communautés de valeurs et de droit aux antipodes du révolutionnarisme de la faucille et du marteau. Le programme commun, la participation à des gouvernement, la chute du Mur, l’implosion de l’empire soviétique, la mort de Marchais, les tentatives de démocratisation interne, le renouvellement des générations n’ont pas réussi à transformé le «communisme à la française» en «euro-communisme» comme on disait à l’époque de Berlinger…La gauche française n’a toujours pas fait son «Congrès de Tours à l’envers». Les masques tombent. Le vote (dans ses résultats comme par ses procédures) des instances dirigeantes de la CGT, contre l’avis de secrétaire général, Bernard Thibault, en constitue une illustration. Ce n’est pas seulement grave pour le projet de Constitution. C’est important pour l’avenir du syndicalisme en France, un syndicalisme bien faible… En fait, la CGT semble faire un grand bond en arrière. Retour à la case…1999 !

Dix ans après la chute de Mur, la CGT était entré à la Confédération européenne des syndicats. Les observateurs notaient qu’elle s’était «imprégnée de l'esprit européen», qu’elle apportait «sa pierre à une construction européenne» qu'elle avait condamner idéologiquement, qu’elle nouait des «relations étroites avec les autres syndicats européens, au premier rang desquels le DGB allemand». Michel Noblecour, du Monde, rappelle ainsi : «Cette conversion européenne, qui a conforté sa quête d'indépendance syndicale, a été si réussie par un Bernard Thibault qui ne manquait qu'exceptionnellement un comité exécutif de la CES, que la CGT est montée en puissance au sein de la centrale européenne. Il y a deux ans, quand il fallut remplacer Jean Lapeyre, le secrétaire de la CES venu de la CFDT, c'est tout naturellement un cégétiste, Joël Decaillon, qui a été appelé. Il était devenu l'un des principaux - et rares - partisans de la Constitution européenne au sein de son syndicat, en y valorisant l'intégration de la Charte des droits sociaux fondamentaux. L'aura à la CES a rejailli sur le rôle international de la CGT, sollicitée pour être partie prenante d'une nouvelle centrale syndicale internationale en 2006». Joli gâchis !

La décision de la CGT peut peser évidemment très lourd sur la campagne référendaire. Elle aura sans doute des effets boules de neige chez les indécis toujours prêts à renouer avec les réflexes de «l’Europe bouc-émissaire». Et elle encouragera le «dynamisme» des socialistes qui continuent à prôner le «non» malgré le verdict du «referendum interne» du PS. Comme ces «non» dits de «gauche» s’ajoutent à bien des «non» dits «de droite», l’addition peur être très salée dans les urnes. Le spectre de Maastricht se fait de plus en plus pesant.

Par Daniel Riot – directeur de la rédaction européenne de France 3

Commentaires

Votre lecture des événements est complétement rétrograde. Je passe sur l'anticommunisme primaire. La base de la CGT est contre le traité car il porte en lui les germes d'un formidable recul social. Je vius invite à aller sur le terrain et à dire aux partsians du non de la CGT qu'ils sont des nostalgiques du marteau et de la faucille ! Bernard Thibault aurait dû écouter la base qui refuse la dérive libérale de la construction européenne. Qu'auriez-vous aimé ? Un simulacre de consultation comme au PS ? Du genre , vous êtes pour moi ou contre moi ? La claque, Hollande se la prendra quand les militants qui ont voté non au référendum pour éviter une crise au PS, votrons non à la constitution car ils sont à gauche ! Pour le reste je trouve effarant de voir à quel point vous pouvez relayer la bonne parole européenne. Aussi endoctriné que les bons cocos des années 90. Pardon 99.

Ecrit par : Serguei | dimanche, 06 février 2005

A chacun son opinion...Mais comme disait Lenine, "les faits sont têtus"...Or les faits tiennent en une comparaison: l'état social de l'europe telle qu'elle s'unifie péniblement, malgré l'opposition des conservateurs de "gauche", et le sous-developement auquel s'arrache toute la partie du continent....Les faits c'est ausi une réalité que l'on mesure sur tous les terrains; face à la globalisation sauvage de l'hypercapitalisme, seule une Europe unie autour de la défense d'un modèle sociétal qui respecte le prinicipe d'Humanité peut servir de bouclier. Tout le reste est d'une démagogie effarante. Evidemment il est plus exalatant de crier des NON protestaires que de prôner des OUI constructifs: mais cela est sans doute rétrograde (ce que je préfère au retrofurisme qui consiste à entre dans l'avenir à reculons...)

Ecrit par : daniel | dimanche, 06 février 2005

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