« UN PLAN B DEMOCRATIQUE? | Page d'accueil | LE TRIOMPHE DE LA DISSIDENCE »

samedi, 28 mai 2005

AVOIR 30 ANS ET REVER D'EUROPE

Manifeste co-signé par Laurent Delporte,
ancien président du Parlement européen des jeunes et membre d'Europeus.org, et Christophe Nonnenmacher, cofondateur d'Europeus.org


Le débat autour de la Constitution européenne, tel qu’il se déroule aujourd'hui, nous paraît curieusement irréel. Il est porté à bout de bras, dans le camp du oui, par ceux qui conduisent la politique de notre pays depuis de nombreuses années : qu’ils soient de droite ou de gauche, ils mettent tout leur poids dans la balance. Ce qui est bien souvent l’œuvre de leur vie – l’Europe telle qu’elle s’est construite jusqu’ici – ne doit pas être mis en danger par ce petit mot, « non ». Nous avons, certes, besoin de la vision qu'ils apportent. Mais notre génération, celle des vingt-cinq-quarante ans, où est-elle ? Qui l’entend ? Elle brille par son assourdissante absence. Et ce n’est pas seulement parce que sa voix n’a pas encore la puissance de celle de ses aînés. Quel paradoxe : nous, qui devrions être les porte-paroles non pas de l’Europe telle qu’elle s’est faite, mais de cette Europe que nous rêvons de voir se construire, on ne nous entend pas ! Cet enjeu, qui engage tout notre avenir – quelle Europe voulons-nous ? –, est aussi un enjeu de génération. Un enjeu de mobilisation, pour une génération qui a beaucoup à gagner, mais aussi beaucoup à perdre, le 29 mai 2005.

Depuis que nous sommes arrivés à la conscience politique, et quels que soient nos parcours, nous avons un point commun, qui est le lot commun de notre génération : la contrainte. La contrainte qu’a fait peser sur nous, avec le sida en particulier, le retour des grandes peurs liées à la maladie, après des années de liberté et de facilités. La contrainte économique, ensuite, tout au long de ces « années-chômage » qui ont constitué l’horizon désespérant de tant de jeunes.. Et plus généralement, la contrainte que fait peser sur nous le spectacle d’une France que nous vivons comme bloquée. Pour ceux qui sont nés après les Trente Glorieuses, cette panne a signifié, très concrètement, que l’espoir d’arriver, avec son travail, plus « haut » que ses parents s’est réduit comme peau de chagrin. Tout cela a contribué à bâtir une génération de Saint-Thomas : une génération qui demande à voir pour croire. Une génération non idéologique moins encline à se laisser persuader par les sirènes utopistes qui ont entraîné nos aînés sur des pentes dangereuses. Mais aussi une génération qui cherche sa part de rêve et d'idéal loin des idéologies dans des engagements qui ne sont pas sans noblesse notamment dans les causes humanitaires ou l'engagement associatif.

Le discours de la contrainte, trop souvent tenu par les responsables politiques, a progressivement gangrené l'Europe.: on doit faire ci parce que l’« Europe » (ou « Bruxelles », ou « la Commission ») nous y oblige ; on ne peut pas faire ça parce que l’Europe nous en empêche. Mais l’Europe ne nous oblige à rien, elle n’empêche rien. Après tout, sa construction n'est pas imposée par une main invisible. Elle est le fruit de notre propre et libre volonté. Pourtant,l’enthousiasme des débuts, né sur les décombres fumants de Dresde ou du Havre, a peu à peu cédé la place à une euro-contrainte passablement déprimante (« Il faut bien y aller », « on n’a pas le choix »…). C'est ce discours que nous refusons. Nous voulons dire aujourd'hui que l’Europe reste l'aventure politique majeure de notre génération. Elle est notre ultime horizon, c'est notre "european dream". Nous devrions nous sentir dans la position des pionniers américains qui, dans les années 1880, traversaient inlassablement un continent alors nouveau. Ce n'est pas facile, mais que c’est enthousiasmant! Après soixante ans d’une paix inédite dans notre histoire – une paix, soit dit en passant, qui a tout de même beaucoup à voir avec la construction politique de l’Europe –, nous avons ce privilège de pouvoir être les inventeurs d’un nouveau continent. Un exemple : la Constitution, si elle est adoptée, va doter l’Europe d’un Président. Polonais, Français, Italiens, nous allons tous être représenté par un seul individu. Un Français, peut-être ; mais peut-être aussi un Tchèque, ou un Allemand : pour notre génération, cela ne pose aucun problème. L’essentiel est que cette Europe, au sens propre, s’incarne enfin.

Une Constitution pour l’Europe : le terme même n’est pas anodin. Nous l’assumons pleinement, avec le changement d’échelle qu’il implique : nous passerons, si le oui l’emporte le 29 mai, dans une nouvelle dimension de la construction européenne. Celle qui nous mènera à être dans les faits ce que nous sommes déjà par mentalité et par foi : des citoyens d’Europe. La Constitution, ce sera la possibilité de passer d’une Europe encore dans l’enfance, à une Europe mature, qui pourra peser réellement sur le cours du monde. Notre génération va voir monter en face d'elle de grands blocs, anciens ou nouveaux. Ce qui se joue dans les dix ou vingt ans qui viennent, c’est au fond la capacité à exister dans ce monde qui vient. Dans cette course à la puissance, les Etats-Unis ne sont pas mal placés (mais sans doute moins qu’ils ne l’imaginent). La Chine, l’Inde au premier chef mettent les bouchées doubles. Disons-le : qu’il soit chinois, indien, mais aussi américain, ce modèle d’expansion économique, ce modèle de société ne nous convient pas. C’est bien pourquoi nous ne voulons pas devenir les succursales, ou les musées de l’Asie ou de l’Amérique. La Constitution explore une réponse. Elle ouvre de nouveaux champs à l’action politique : lutte contre les discriminations, droit des plus faibles, cohésion territoriale, environnement, dimension humanitaire de l’action politique… Elle permettra de développer, à l’échelle de 450 millions de personnes, un modèle socio-économique spécifique. Elle offre la possibilité de faire résonner ensemble une autre voix dans ce concert des grandes puissances.

Dans le débat actuel, les partisans du non, parfois pour des raisons opposées, voudraient nous faire croire que ce modèle n’est pas correct : il est vrai qu’il est issu d’une négociation entre les pays les plus libéraux et les pays les plus sociaux de notre continent. Mais précisément : outre le fait que l’art de la négociation, qui amène chacun à en rabattre sur ses prétentions pour atteindre l’intérêt général, est l’essence même et l’honneur de la démocratie, son produit est aussi, en l’occurrence, original. Il revient à notre génération d’inventer un modèle de développement social et économique à la fois viable (loin des utopies sanglantes du passé) et durable sur le long terme, c'est-à-dire magnifiant les ressources de l'homme et n’épuisant pas les ressources de la planète. Dans cette invention d’un nouveau modèle, que beaucoup de pays, hors de notre continent, regardent et regarderont dans l’avenir avec un intérêt croissant, la France doit prendre toute sa place.

Ce qui se joue ici, c’est l’invention d’une fierté nouvelle : la fierté d’être européen. Les Américains ont cru habile de moquer la « vieille Europe ». Les Chinois, les Indiens, les Pakistanais, beaucoup d’autres, débordent d’énergie. Ils ont la soif inextinguible de ceux qui ont tant attendu. Mais nous aussi, nous avons, collectivement, de l’énergie à revendre : à vrai dire, nous pensons que rien n’est impossible à un Européen. Voulons-nous, après toutes ces années de discours de la contrainte, céder à l’appel illusoire du « Grand Soir » et faire « exploser le système » ? Ou voulons-nous investir cette énergie, qui est le privilège de notre âge, dans un projet d'avenir: en construisant l’Europe pour mieux nous retrouver nous-mêmes ? Nous ne serons pas une génération sacrifiée. Le 29 mai, nous devons mesurer toute notre responsabilité : après tout, qui d’autre que nous construira l’Europe de demain ?


Par Laurent Delporte, ancien président du Parlement européen des jeunes. Texte collectif signé par Nadia Aderkichi, juriste, Clémence Boulouque, romancière, Laurent Delporte, ancien président du Parlement européen des jeunes, Geoffroy Didier, avocat, Maud Fontenoy, sportive, Oriane Garcia, fondatrice de Caramail, Medhi Ababou, militant PS, Christophe Nonnenmacher, cofondateur d'Europeus.org, Clotilde Lepetit, Ni putes ni soumises, Laurent Wauquiez, député, Jessica Pennet, présidente des Jeunes européens, Saveria Rojek, journaliste, Maud Fontenoy, sportive, Patrick Klugman, SOS Racisme,...

Commentaires

"Il revient à notre génération d’inventer un modèle de développement social et économique"

Certes, Laurent, mais le modele que le Traite Constitutionnel propose, n'a fait ses preuves dans aucun pays du monde. Ce qui le qualifie d'utopie. On y veut concilier control etatique et libre concurrence, personne ne nous dit que cela est possible. ou efficace, ni que cela se traduit dans une societe plus juste et plus prospere. Et la generation Saint Thomas, comme vous dites savamment, veut voir avant de s'engager dans un saut dans le noir. Trop de nouveaux modeles qui n'ont pas marche nous ont ete proposes.
Cela ne m'etonne pas que le gaulois veuille en rester a son vieux Etat providence, et que l'anglais prefere son vieux liberisme.
Laissons donc a chacun la liberte de se conduire comme bon lui semble, pour que l'Europe ne devienne pas un espace d'oppression ou les contraintes l'emportent sur la volonte des peuples.
Si (comme vous et chacun le souhaite) notre generation reussit a inventer un nouveau modele qui concilie solidarite et prosperite (et on peut pas parler d'invention sans l'avoir vue fonctionner!), l'adoption par les autres pays d'Europe se fera spontanement, et automatiquement, sans aucun besoin d'impositions ou de Traites.

Ecrit par : hayekFan | samedi, 28 mai 2005

C'est ça. On veut innover à condition que rien ne change. Mais à ce moment là, il ne faut pas dire qu'il faille changer les choses. On accepte donc un libéralisme sauvage sans aucun contrôle, on se moque des "nouveaux" pays européens qui cherchent justement à se donner un tronc commun de valeurs, d'outils et de procédures et on essaye de faire marcher les choses tant bien que mal.
L'attitude de vouloir voir les résultats avant d'avoir entâmé les démarches est assez craintive. Mais il est vrai - si les électeurs français n'ont vraiment aucune confiance en la dynamique européenne, il faut se positionner en dehors de l'Europe. Mais croyez-moi, l'Europe ne vous fera pas le plaisir de devenir entièrement française pour ça et finalement, il ne suffira pas de dire sans cesse qu'on est bon Européen tout en rejetant l'évolution européenne parce qu'on ne sait pas si les nouvelles opportunités seront bien exploitées ou pas.
Lors de la Révolution Française, les révolutionnaires ne savaient pas non plus exactement où ils allaient et n'avaient pas de garantie tout-risque. Avec l'attitude d'aujourd'hui, la France serait encore une monarchie...

Ecrit par : Kai | samedi, 28 mai 2005

KAI
merci pour votre reponse.
On n'accepte pas un liberisme sauvage sans control comme vous le dites, bien au contraire, on ne delegue pas a un Traite difficile a interpreter, le pouvoir de choisir notre modele social!
Si vous voyez dans l'avenir de l'Europe le memes horreurs, les memes luttes sauvages, les memes risques qui ont suivi la Revolution Francaise, je prefere encore notre petite France isolee peut-etre (c'est qu'on verra en tout cas), mais libre de chosir le modele social plus adapte a sa structure e a la volonte des son peuple souverain.
Et si vous voulez prendre des risques sans savoir ou l'on va, faites SVP vos experiments politiques-sociaux loin d'une Europe qui a deja connu suffisamment d'experiments sociaux, de revoltes, et de sauts dans le noir.

Ecrit par : hayekfan | samedi, 28 mai 2005

hayekfan,

sans rancune - mais à ce moment là, vous figez l'état des choses à tout jamais. Dans l'inégalité, sans solidarité, sans système qui fonctionne de manière satisfaisante. La Révolution Française a apporté la lumière au monde entier, et je m'étonne qu'elle soit aussi mal considérée par vous. Je vous signale que la monarchie n'était pas vraiment le système d'égalité sociale dont vous rêvez.

Je reviens donc sur ma proposition initiale que m'inspire la lecture de vos propos : "Il faut que ça change, à condition que tout reste comme avant". Je doute qu'on puisse construire l'avenir avec cette attitude.

Ecrit par : Kai | samedi, 28 mai 2005

Merci Laurent pour ce tres beau texte, qui change de l'arrogance des gouvernants ( un peu comme ces restos où le patron déboule et vous dit "vous prendrez un oui parce qu'on a rien d'autre cuisine, plat unique. et pour le vin ? )

un seul bemol :

"Mais notre génération, celle des vingt-cinq-quarante ans, où est-elle ? Qui l’entend ? Elle brille par son assourdissante absence."

Certes, certes, mais ne l'enfoncez pas, cette genération que toutes les statistiques ( evolution de l'age moyen du deputé, evolution comparée des ressources par classe d'age, etc) designent comme la grande perdante des trentes piteuses

Ecrit par : mowglii | samedi, 28 mai 2005

KAI vous ecrivez
mais à ce moment là, vous figez l'état des choses à tout jamais. Dans l'inégalité, sans solidarité, sans système qui fonctionne de manière satisfaisante.

Pas vrai. On a bien de la solidarite en France. Justement il s'agit de ne pas la compromettre en signant un Traite qui pourrait nous empecher de faire certains choix a l'avenir. Le modele social de chaque pays DOIT rester une decision prise par ses citoyens.
Les francais refusent le Traite parce que trop liberal, les anglais le refusent parce que trop etatique. Bien, chacun fait sa route.
Si le modele liberal mene les anglais a la catastrophe, ils se rallieront a l'Etatisme francais
Si le modele etatique nous mene a la pauvrete, on evoluera vers le liberisme.
Pourquoi figer a jamais les choix sociaux avec un Traite qui statue sur le modele social a suivre?
Cela signifie se priver, priver les peuples europeens, d'un degre di liberte face aux difficultes sociales et economiques. Dans une Constitution il faut ecrire ce qui ne changera jamais, ou tres peu (vu la difficulte de changer). Et les modeles sociales peuvent changer a chaque tour d'elections!!
Vous voyez bien que c'est l'adoption du Traite que figerait les choix sociaux, donnez-nous une Constitution qui ne dit rien sur le modele social a adopter, et qui laisse donc les choix aux electeurs, a chaque fois qu'ils vont voter.

Ecrit par : hayekFan | samedi, 28 mai 2005

"Une Constitution pour l’Europe : le terme même n’est pas anodin. Nous l’assumons pleinement, avec le changement d’échelle qu’il implique : nous passerons, si le oui l’emporte le 29 mai, dans une nouvelle dimension de la construction européenne. Celle qui nous mènera à être dans les faits ce que nous sommes déjà par mentalité et par foi : des citoyens d’Europe. "

C'est assez ahurissant de voir un texte élaboré avec l'aide de juristes, oublier qu'une constitution, affaire de nation, de citoyens, se fasse autour d'un article 111 et d'un article 112, où les droits du citoyen ne sont de fait pas du ressort de l'Union, mais des Etats Membres, et qu'elle soit modifiable par la volonté du Législateur, qui est en l'occurrence l'Exécutif !

Europe-Nation ou Fédération de Nations ? Constitution ou Traité ?

Tout juriste doit se poser ces questions. Et y répondre ! Votre conception de l'Europe, celle de ce traité, n'est qu'un joyeux mélange sans culture juridique, et surtout sans orientation préalable.

Ecrit par : did' | samedi, 28 mai 2005

hayekfan,

comme quoi, on peut lire et dire les mêmes choses et comprendre tout à fait le contraire. Vous écrivez : "Mais si, nous avons de la solidarité en France." Concédé. Dommage seulement, que nous parlons d'Europe ici. Et dans le débat, je n'ai pas entendu une quelquonque solidarité avec les autres pays de l'Europe. Et fort malheureusement, dans ces pays, on ne vit pas le non français comme un acte de sauvetage de l'Europe de la barbarie, mais comme un manque de solidarité énorme. C'est pour cela que le non français pense pouvoir revêtir un rôle leader dans l'élaboration d'un nouveau texte. Peut être les Européens n'auront pas envie d'élaborer un nouveau texte, puisqu'ils étaient content du présent. Et je réitère ma question à laquelle personne n'a répondu jusqu'alors : qui mandatera les personnes censées formuler un nouveau texte ? Attac ? Le FN ? L'ultra-droite allemande ? Peu probable. Donc encore une fois des élus ? Je pense que si vous prenez les mêmes, le résultat risque d'être passablement le même.

Peut être j'ai tort. Peut tre je regarde trop les commentaires partout en Europe et Outre-mer sur le probable non français. Je ne crois pas que c'est de l'intox de dire que la France prend un risque énorme en se détachant de l'Europe et la suite est totalement ouverte.

Donc, le 30 mai, le peuple français appellera les peuples européens à se mettre autour d'une table et de discuter un nouveau texte. Imaginez... et personne ne vient. Pourquoi ? Parce que la France abandonne sans nécessité son rôle leader en Europe. Un peu comme le Chancelier allemand après avoir perdu les élections en Rhénanie du Nord-Westphalie. On se suicide de peur de mourir.

Lorsque vous votez, essayez de penser au moins une seconde "Europe" et non seulement "France". Et si vous avez encore une seconde, pensez aussi "La France au sein de l'Europe" ou "La France partenaire de presque 400 millions d'autres Européens". Mais dans tous les cas de figure - ALLEZ VOTER!!!

Ecrit par : Kai | samedi, 28 mai 2005

Bien, M. Delporte. Bien...
Je fais partie de la génération qui vous précède et suis assez agacée de vous voir, comme vous en devenez coutumiers, dès que vous faites de la politique, oublier que c'est précisément cette génération-là qui l'a construite, l'Europe dans laquelle vous souhaitez vivre avec tant de trémolos dans la voix.
Vous allez obtenir un résultat désolant : plutôt que d'être la "relève" de l'avenir de tous, vous allez faire monter la mayonnaise.
Nous l'avons construite, cette Europe, nous l'avons suivie, accompagnée. Nous avons applaudi à ses progrès, grogné - voire bloqué - lors de ses régressions.
Nous avons, de plus, le culot d'argumenter en nous référant à l'histoire des deux derniers siècles, celle qui, longuement, ardument, a finalement construit ce que nous avons aujourd'hui. Avec des lutteurs politiques qui avaient une sacrée pêche, du culot à revendre, des utopies plein la besace, en bref, de grands et magnifiques précurseurs. Cette histoire, nous l'avons apprise et digérée. Nous en avons mesuré les acquis et aussi les erreurs, trop souvent humaines. Ce qui nous a donné quelques idées et idéaux politiques. La dimension de ce que nous voulons pour les générations, précisément, qui nous suivent, sans oublier la nôtre, tout de même (le temps de vie s'allonge...).
On n'a pas encore mis les "vieux" dans l'antichambre des fours crématoires, si on les a sortis de la société en les mettant au chômage à partir de 50 ans (j'en parle facilement, ce n'est pas mon cas), ce nouveau camp de concentration, en attendant ceux de M. de Villepin.
"L'énergie, privilège de (votre) âge" ? Vous êtes bien présomptueux !
Comme dirait Dany, je vais m'énerver...
Ce serait quand même sympa que vous vous relisiez avant de poster.
Et quand je lis que ce texte est "collectif", cela me laisse rêveuse. Pas une, pas un, pour corriger certains passages ?
"Les sirènes utopistes (nous) ont entraînées" ? La barbe ! Tous des vieux cons, air bien connu.
Vous avez vécu dans la et les peurs ? Nous en avons eu aussi notre lot, très dur, très lourd et, contre celles-là, il n'existait pas de capote anglaise.
Heureusement, il y a plein d'autres "jeunes" qui n'ont pas l'intention de se laisser piéger. Je les ai rencontrés dans les manif' entre deux tours de la dernière présidentielle ; j'en rencontre au quotidien. C'est vrai que, de temps en temps, il convient de leur rafraîchir une mémoire historique hésitante ou proche du zéro. Mais cela, c'est aussi le boulot des "vieux". Si ça n'existait pas, je crois que je ferais une sérieuse crise "anti-jeunes".
Sortez de cette bulle : il y a des individus qui vous ont précédé, il y en a qui vous succéderont : espérons qu'ils auront moins "peur" et sauront mesurer leur héritage à sa juste valeur. Y'en a marre : vous vous comportez comme des marmots capricieux à qui on n'aurait pas tout donné, particulièrement une société idéale, un Eden, qui vous exempterait du travail, d'une prise de responsabilités. Votre héritage est meilleur que le nôtre. Espérons que vous saurez en laisser un qui ira dans ce sens.
Ce à quoi nous devons tendre, M. Delporte, n'est pas la "fierté d'être Européen", expression qui me semble bien creuse, limitée, mais tout particulièrement celle de construire un monde plus juste, plus fraternel. Et je ne crois pas que ce monde-là puisse se construire à coups de blocs, de zones d'influence, de bagarres économiques. On se fourvoie encore et toujours en remplaçant une guerre de militaires par une guerre économique.
Moi, j'aimerais que tous se mettent autour d'une table, que tous arrivent à mesurer ce que chacun peut apporter à l'autre, dans le respect des différences (sans extrémisme) et de la dignité de chacun.
A vous, les trentenaires, de réaliser ce rêve, avec nous (nous refusons l'exclusion et vous ne nous sortirez pas si facilement du jeu), cette utopie peut-être, dont nous savons, au fond de nous-mêmes qu'il faudra bien un jour y arriver : l'échiquier mondial actuel le prouve amplement.
Alors, l'Europe, un peu petit, non ? Et puis, autant prendre le temps de la construire correctement, sans précipitation, on n'en est pas à deux pauvres petites années près. Giscard, peut-être oui : un vrai "vieux". Il n'a plus tant d'années devant lui. Mais pas nous. Autant prendre le temps que sa constitution soit correcte.

Ecrit par : Teora | dimanche, 29 mai 2005

Quelle est la lecon apprise de ce referendum? Pour moi, une seule:
Les francais ne veulent pas qu'on decide a leur place de leur modele social.
Pour le bien de l'Europe, il faut refaire une Constitution simpilfie, qui ne statue pas sur le modeles sociaux, et qui ne veut pas les unifier.
Car aller vers plus de social, impliquerait le refus d'autres pays, orientes en sens plus liberale.
Donc, si on n'est pas d'accord sur le modele social, limitons la Constitution aux domaines ou il y a convergence d'interet, et arretons de laisser se moquer de nous le monde entier.

Ecrit par : hayekFan | lundi, 30 mai 2005

Les commentaires sont fermés.