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samedi, 28 mai 2005

LE TRIOMPHE DE LA DISSIDENCE

Lundi prochain, la France risque de se réveiller Groggy. Les français, coutumiers du coup de butoir politique, depuis prés de vingt ans, s’apprêtent à accomplir un exercice désormais favori: le défoulement. Seulement, cette fois-ci, la question n’engage pas leur seul sort. Elle hypothèque, en partie, la construction de l’Europe dont ils sont les séculiers fondateurs. Mitterrand, réveille toi, ils sont devenus fous.

Le rejet du traité constitutionnel, annoncé par la récurrence et la persévérance de la prophétie des sondages, est fort probable. L’opinion française va, en faisant, valider non seulement la fracture sociale qui la mine, mais confirmer le divorce institutionnel qui lamine la continuité politique.

En effet, UMP, UDF, Vert et PS, la Présidence de la République, l’intégralité du gouvernement, 80% de la représentation nationale, Sénat et Parlement confondus, et presque la quasi-totalité des grands médias sont pour le Oui. Ce sont pourtant les nonistes qui ont le vent en poupe. C’est le triomphe de la dissidence. Les partisans du oui en sont à invoquer la magie du renversement du match A.S Milan/Liverpool pour croire au miracle.

Le choix par Jacques Chirac du referendum, comme outil de démocratie populaire, est entrain de se muer en boomerang. Cette option était elle-même présidée, entre autres, par un calcul tactique. Il s’agissait, en plus de diviser une gauche victorieuse aux dernières consultations électorales, de se refaire une santé politique sur le dos de l’Europe. Au lieu de répondre à la question, l’opinion s’apprête donc à riposter au questionneur. Elle privilégiera son refus du contexte actuel pour récuser un texte encore virtuel, quitte à se tromper de colère. Ceux qui rêvent du grand soir auront somme toute, dimanche, leur petite soirée.

Les français, il est vrai, ne se sont que rarement passionnés pour les institutions européennes. Ils étaient renforcés en cela par un personnel politique qui a toujours fait preuve d’un mépris à l’égard de l’Europe. Leur demander leur avis sur un texte complexe de prés 400 pages était, bien honorable, légèrement hasardeux. Et si l’on devait retenir un élément positif de cette consultation, ce serait assurément le retour du goût du débat dans une opinion qu’on disait atonique, désabusée et désintéressée par la chose publique.

La victoire du non enfantera essentiellement trois perdants : L’Europe qui devra différer son édification au moment où le monde se recompose en aires gigantesques. Le Président de la République qui à force d’exceller dans la tactique et la stratégie électorale a fini par étouffer toute certitude et espérance. Enfin la gauche. Ses dissensions sont tellement abyssales que cela l’éloigne des perspectives d’alternance. Dans ce débat, elle aura, en plus de fabriquer des éclopés, exhibée des discordes telles que tout rassemblement, dans l’immédiat, apparaîtrait comme un rabibochage d’opportunité ou un bricolage électorale.
Ce scénario risque, tactique oblige, d’accélérer le temps politique…Dissolution? Qui a dit dissolution ?

Par Driss Ajbali, sociologue

Commentaires

"[...]Au lieu de répondre à la question, l’opinion s’apprête donc à riposter au questionneur"

1) Monsieur, vous etes donc sociologue. Cet argument, sur le fait que le NON ne serait pas un NON au traité mais un NON au gouvernement a été rabaché mille et une fois jusqu'à maintenant sans qu'il ne soit jamais justifié !
Le seul élément que je connaisse sur cette question est le sondage ipsos qui donnait, aux dernières nouvelles, 16% du NON lié au rejet du gouvernement (ce qui est TRES loin d'une majorité ...)
Pourriez-vous alors, en tant que sociologue, nous indiquer ce qui vous amène à être si péremptoire .

2) Deuxièmement, pourquoi ne pas considérer le rejet de la politique au niveau national comme pertinent au niveau du rejet de la politique européenne ? Le principal de l'activité de notre parlement n'est-il pas d'entériner des décisions (directives, politiques ...) faites au niveau européen ?

Ecrit par : babel451 | samedi, 28 mai 2005

Driss,

"Le choix par Jacques Chirac du referendum, comme outil de démocratie populaire, est entrain de se muer en boomerang. Cette option était elle-même présidée, entre autres, par un calcul tactique. Il s’agissait, en plus de diviser une gauche victorieuse aux dernières consultations électorales, de se refaire une santé politique sur le dos de l’Europe. Au lieu de répondre à la question, l’opinion s’apprête donc à riposter au questionneur. Elle privilégiera son refus du contexte actuel pour récuser un texte encore virtuel, quitte à se tromper de colère. Ceux qui rêvent du grand soir auront somme toute, dimanche, leur petite soirée."

Serait-il acceptable alors qu'on ne cesse de demander plus de démocratie en Europe de ne plus faire voter ces inconcients de français lorsque celà dérange ?

Je vous rappelle à la lecture de "la misère du monde " de Pierre Bourdieu qui somme toute permet de mieux comprendre l'expression d'un refus.

Ecrit par : jbenard | samedi, 28 mai 2005

ce qui est triste , c'est que la colere des gens n'est pas entendue ; ce defoulement dont vous parlez est evident, mais les gouvernants ne veulent pas en entendre parler, ne veulent pas y repondre ; ils preferent continuer un chantage au oui, sans donner les moyens au referendum de purifier des debats qui le parasitent;

Si le NON passe, l'histoire jugera sans doute que Chirac en aura été responsable: jusqu'au bout, il aura refusé de changer de premier ministre à titre preventif ;
Que n'a t il annoncé une dissolution !

Ecrit par : mathias jalon | samedi, 28 mai 2005

Chirac a joué un plébicite, et il va le perdre. Pour autant, quand Hollande (13h de France Culture jeudi dernier) affirme "si Chirac avait mis sa personne en question, nous aurions appelé à voter non"...

On voit bien, dans le camp du oui, la place que prend le calcul égoiste, l'opportunisme, et la vraie réponse à la question posée: "Ce texte est-il ce que vous souhaitez comme constitution ?"

Malgré ces constatations simples, qu'un journaliste, qu'un sociologue, ou qu'un citoyen peuvent faire, il est assez stupéfiant de noter que nos experts puissent continuer à dire "le non se trompe de question", alors que seul le oui a élaboré cette théorie, maintenant éculée.
Et surtout, pour des "sociologues" de continuer à affirmer, comme vous le faites ici, que le peuple a tort.

Que penser alors de ceux, Chirac, Hollande et presque tous, ont appelé à un référendum, si la réponse non était porteuse de malheurs. Ils ont joué avec la France, avec l'Europe, avec la Paix, avec l'Economie. On ne joue pas à la politique, on ne risque pas au casino la vie des gens et l'existence d'un pays. Cela s'appelle de la Haute Trahison et est passible de la Haute Cour de Justice.

Ecrit par : did' | samedi, 28 mai 2005

Je trouve quant à moi le billet de Monsieur Ajbali tout à fait pertinent. Je reste toujours stupéfait par la certitude affichée par les partisans du "non" alors même qu'ils sont les premiers à se plaindre du caractère illisible du texte sur lequel ils vont avoir à se prononcer. Certains l'ont (peut-être) lu mais aucun ne semble l'avoir compris et pis, cette incompréhension se révèle différente pour chacun. La preuve en est que nos chers opposants parlent sans cesse de "constitution" alors qu'à l'évidence le texte en question est un traité international dessinant les grandes lignes d'une future (et hypothétique ?) Constitution européenne. Les prétextes des partisans du "non" sont aussi divers que variés et tous plus fallacieux les uns que les autres : untel croit qu'il empêchera ainsi l'entrée de la Turquie (une erreur de date, sans doute), tel autre qu'il aidera à la lutte contre l''ultralibéralisme' (mais sait-il au moins ce que ce terme veut dire ?), un troisième qu'il sauvera la souveraineté française de ses chaînes atlantistes (mais se souvient-il pourquoi l'OTAN a été créée ?) et passim... Aussi, plutôt que de triomphe de la dissidence, je parlerais, en cas de victoire du "non", de glorification de la bêtise.

Ecrit par : Loïc Talmon | dimanche, 29 mai 2005

je pense que vous vous trompez en posant le postulat que les gens sont des cons qui ne repondent pas a la question et veulent sanctionner le gouvernement, quels sont vos arguments ?

il y a des questions legitimes a se poser sur le devenir de la construction europeenne et sa logique: l'elargissement recent a quasiment tue le reve europeen, l'union est devenue trop heterogene pour etre gerable, c'est mentir que de ne pas avouer que les pays de la vieille europe vont souffrir de la concurence des pays de l'est, les delocalisation ne vont tres rapidement s'accelerer et notre politique etrangere (du bpoint de vue francais) n'aura plus de sens. La dessus s'est greffe la volonte d'integrer la turquie, ce qui acheve tout idee d'europe, d'identite commune, d'affinite entre les peuples.

Nous sommes desormais tres tres loin de ce que nous avions voulu construire a 6 !!!

un non pourra peut etre permettre de facilite la mise en place de noyaux durs, et donc revenir a une europe qui a un avenir.

mais bon je ne suis toujours pas decide sur un non ou un oui.

Ecrit par : fredouil | dimanche, 29 mai 2005

À certains de mes amis, à tous ceux qui me mettent en garde des conséquences d'un vote favorable au Traité Constitutionnel Européen dimanche prochain

Beaucoup de ceux qui appellent à voter non sont ceux qui :
- Étaient contre l'entrée de l'Espagne et du Portugal dans l'UE
- Rêvent d'un monde binaire ; des ouvriers et une intelligentsia dirigeante.
- Se disent communiste et qui à défaut d'opérer la redistribution de richesse au travers du Monde refusent cette idée à l'échelle de l'Europe.
- Rêvent de voir tomber les frontières mais quand un routier polonais roule sur nos routes, ils ne se demandent pas pourquoi autant de camions, mais, pourquoi ce travail d'ouvrier spécialisé n'échoie pas à de bons français !

Quelle solution trouver pour ces milliards de personnes qui au travers de notre planète ont des rêves plein la tête et pas une once de possible devant eux, je n'en sais rien !

Ce dont je suis certain, c'est que nous ne pourrons pas nous battre efficacement pour nos valeurs communes, celles des membres de l'UE si nous ne sommes pas plus puissants que nous ne le sommes aujourd'hui. Et les Hollandais, les Tchèques et les Danois exceptés, les autres pays sont favorables à ce que les eurocrates ont appelé l'économie sociale de marché et qui n'est rien d'autre que le système dans lequel nous évoluons depuis 60 années.

Que l'on me cite un pays qui a appliqué le communisme pour le bien de son peuple !

Alors puisque certains me mettent en garde depuis plus d'un mois contre un déferlement néolibéral, la fin des acquis sociaux, une diminution des droits des femmes et que sais-je encore, je me permets de les mettre à mon tour en garde contre ce qui va se passer si le non l'emporte.

Socialement, économiquement, rien ne changera (tout sera comme aujourd'hui) pas plus ni moins de délocalisation, la partie trois du traité est en effet la seule que nous ayons déjà ratifiée dans ses grandes lignes.
Alors quoi par exemple ?
Nous n'arriverons pas à imposer aux Américains, ni aux Chinois, faute de cohésion, le protocole de Kyoto que l'ensemble des pays européens a ratifié.
Les crises majeures, que nous ne savons pas toujours gérer, ne pourront pas l'être non plus dans l'hémicycle du Parlement qui aurait pu parler au travers de notre ministre commun des affaires étrangères puisqu'elles resteront du ressort de l'état Français. Plus jamais Srebrenica, ou Mostar ou l'Union a failli, j'en ai encore honte !
Que faisons-nous aujourd'hui pour la Tchétchénie, le Darfour, la Birmanie, l'Irak, ... ?

À ceux qui pensent que la constitution nous obligerait fasse aux Américains, je rappellerais que le texte du TCE sur ce sujet, est le même à la virgule près que celui que nous avons signé en entrant dans l'OTAN. Pourtant la France et l'Allemagne n'ont pas suivi le choix des Américains en Irak.

Nos ennemis ne sont certainement pas les Musulmans, les Juifs, les athées, ou les Polonais mais beaucoup plus le monoxyde de carbone et la diminution de la couche d'ozone dans les étages stratosphériques de notre atmosphère. Nos ennemis sont beaucoup plus les régimes militaires, fascistes, l'obscurantisme, la surnatalité dans le monde et que pourra faire la France seule contre tous ces maux ?
Les tenants du non devront répondre de cela et à cela, s'ils gagnent.

L'un des seuls objectifs de cette constitution n'est-il pas d'avoir une existence politique de l'Europe !

Sans compter que cette constitution rééquilibre le pourcentage de vote de la France à la commission, nous passerons de 9 à 13 % de droit de vote. Elle nous permettra aussi de supprimer les avantages que Thatcher avait obtenu pour la Grande-Bretagne en 84 et qui lui permette aujourd'hui encore d'être exonéré de 7 Mrds d'euros de financement communautaire chaque année, parce qu'il n'y aura plus de veto possible sur ce point-là.

À tous ceux qui nous disent que nous ne pourrons plus jamais changer le texte de ce traité constitutionnel, je rappellerais enfin que le traité de Maastricht a été révisé une dizaine de fois alors qu'il souffre de la même obligation de vote à l'unanimité.
Je n'imagine pas cette constitution comme étant parfaite, mais réussir à définir un texte commun à 25 nations me semble être une sacrée gageure, je me sens respectueux et reconnaissant vis-à-vis des personnes qui ont tenté ce pari fou !

Si nous devons nous battre contre le capitalisme et ses excès, c'est bien devant les cours européennes, dans des textes de lois compliquées et obscures, donc dans un hémicycle. Et quoi qu'on en dise, c'est au travers d'un projet démocratique et commun de société comme le propose la Constitution Européenne que cela sera rendu possible !

L'imprécision sert le chaos et les loups s'en délectent !

Bien à vous

Julien Schick

Ecrit par : Julien | dimanche, 29 mai 2005

petit commentaire pour julien :

1/ tous les opposants ne sont pas cocos ;-), j'ai un gros faible pour notre sarko president lol

2/ a 25-27 + turquie il y a de moins en moins de valeurs communes, il faut changer le disque

3/ la france augmente provisoirement (avant de disparaitre avec la turquie et la reduction du nombre de commissaires en 2009) son poids, mais beaucoup moins que l'allemagne.

4/ le rabais british est justifie par le fait qu'ils payent encore plus que nous pour l'europe, il n'est pas pret d'etre supprime ;-)

Ecrit par : fredouil | dimanche, 29 mai 2005

a j'oubliai :

vouloir comparer la possibilite de modifier un traite a 15 (Maastricht) ou a 27(beaucoup plus heterogenes que les 15 de Maastricht) avec une regle de double unanimite est de tres mauvaise foi ;-).

le dire que le TCE est grave dans le marbre n'est vraiment pas une exageration.

Ecrit par : fredouil | dimanche, 29 mai 2005

Driss,

Je ne peux écrire qu'en mon nom, évidemment... Mais des gens comme moi sont 4,5 millions à peu près en France. Je suis chômeur et de plus je n'ai strictement aucun revenu au sein du pays à vocation sociale qu'est la France ! Pourquoi ? Parce que le choix politique et économique libéral qui a été fait depuis quelques années a conduit de plus en plus de Français dans le mur de la pauvreté, voire de la misère.

Se révolter contre nos dirigeants ? Oui, c'en est même un de mes arguments puisque je ne tiens à donner à notre caste politique nationale un pouvoir de vote accru en Europe afin d'y produire les mêmes dégâts qu'ils ont provoqué ici. Quant à leurs têtes, je les couperai lors des élections nationales dès que cela me sera possible.

Mais par dessus tout ce que je vois, ce que je ressens, ce que je vis c'est le réveil du Peuple français. Enfin ! Parce que ce dimanche nous nous rendrons aux urnes pour exprimer une opinion personnelle bien plus que lors d'une élection. Nous nous rendrons aux urnes en masse et j'espère bien que l'on n'aura jamais vu un aussi faible taux d'abstention qu'aujourd'hui. Et j'espère bien aussi qu'il y aura un profond changement de politique nationale. Et j'espère bien, encore, qu'il y aura un profond changement de politique européenne à la suite de notre non.

Parce que sinon, en cas de victoire du oui, Jacques Chirac devra appeler Nicolas Sarkozy à Matignon pour renforcer une politique de répression pour nous contenir. Nous sommes en France de plus en plus de pauvres, de plus en plus de révoltés et comble du mépris de plus en plus ignorés... Si cela continue, notre prochain mouvement de masse risque de s'orienter vers les bastions du pouvoir et non plus vers les urnes parce qu'encore une fois on ne nous aura pas écouté.

Oui, ce non est un rejet de cette politique libérale qui exclut toujours plus de monde. Oui, ce non est un rejet de cette caste politique qui entend nous représenter alors qu'elle ne sait même plus qui nous sommes. Et enfin, non nous ne voterons pas pour la rejeter mais pour nous réapproprier enfin la politique.

Comme j'ai pu le répondre à Jürgen Habermas, nous voulons encore nous élever au dessus du capital roi et nous croyons que cette Constitution nous brisera les ailes.

Alors nous nous levons, nous marchons et nous votons. Nous avons toutes les raisons du monde d'être fiers de ce que nous sommes. Nous montrons aujourd'hui au reste de l'Europe le même élan que nous l'avons fait en 1789. Le même élan qui nous a fait déclarer les Droits de l'Homme. Le même élan qui a pu faire croire que nous étions prétentieux mais a poussé la majorité des autres nations à adopter notre prétention.

Deux politiques s'affrontent aujourd'hui sur la plus grande partie de notre planète : une postule le primat de l'individu et l'autre postule le primat de la société. Cette seconde n'est plus portée par aucun homme politique d'envergure alors nous nous la réapproprions.

Ce ne seront pas Emmanuelli, Fabius ou Le Pen qui auront gagné ce soir en cas de victoire du non. Ils n'auront fait ni plus ni moins que moi, ils auront déposé un seul bulletin dans l'urne.

Le Peuple Français est en marche. Il est debout, il est fier et non arrogant, surtout quand il est pauvre.

Il gagnera quel que soit le résultat des urnes, ne l'oubliez pas. Il est souverain.

Nous voulons mettre à bas cette logique libérale économique qui n'a rien à faire dans une Constitution. Nous n'avons rien à faire fructifier, rien à gagner avec ce texte.

Nous sommes aussi la société. C'est pour elle que nous voulons une politique sociale. C'est aussi pour nos voisins.

Je suis Français, pauvre, exclu de cette société économique. J'irai voter non et j'en suis fier parce que j'irai porter ma revendication de plus de justice sociale jusqu'au fond des urnes.

Je vais m'envoler au dessus de la totale liberté des capitaux et j'espère que je le pourrai.

Je serai peut-être déçu ce soir, peut-être demain ou après demain. quel que soit le résultat de ce dimanche.

Mais j'aurai espéré, j'aurai essayé... J'aurai battu des ailes.

Amicalement,

José.

Ecrit par : Djiddy Pibbee | dimanche, 29 mai 2005

Pour vous José qui aimez les métaphores, à l’image d’Icare prenez garde de ne pas vous brûler les ailes ! Marcher avec les électeurs de L. P. et de D. V. le regard haut et fier, chacun son truc


Cher Frédéric Ouil,

1) C’est pour cela que je disais « beaucoup », de fait, j’ai plus d’amis roses pourpres amis du non (et ça m’énerve) que l’inverse, de plus, je n’aie pas très envie de convaincre les amis de L. P. et de D. V..
Les partisans de l’UDF et de UMP votent à 75% pour le oui et je les en félicite
2) C’est vous qui le dites, mes amis Turques sont exceptionnels et ce peuple est admirable à plus d’un titre
3) Que l’Allemagne redevienne un poids lourd politique en Europe ne me fait pas peur
4) Faux, mais vous avez raison, il n’est peut-être pas près d’être supprimé, mais il aura plus de chance de l’être !
5) Je pense que si quelque chose posait problème à un grand nombre de pays européens, les diplomaties intereuropéennes se mettraient en action.
Au final, on arriverait à prendre des décisions comme c’est le cas aujourd’hui en proposant par exemple une constitution à 25 pays pour 25-27. Croire en l’Europe, c’est croire en des possibles, le TCE me semble en être un !

À ce soir

Ecrit par : Julien | dimanche, 29 mai 2005

A part traiter les gens de cons, s'ils votent non, comme le fait de façon récurrente notre "sociologue" de service, nous voici Icare(s), nous voici donc extrémistes de droite ou de gauche. Eh, bien ! Assumons vos injures qui finissent par ne plus intéresser personne, ni atteindre quiconque, tant elles sont éculées, rabâchées.
Décidément, M. Abjali aura contribué correctement à rabaisser un débat qui, la plupart du temps, aura pêché par sa pauvreté d'arguments.

Ce soir, je poste une enveloppe à la présidence de la République qui contiendra les bulletins "oui" que nous n'avons pas utilisés.
Avis à ceux que cela amuserait : c'est gratuit, tout courrier envoyé au président de la République bénéficiant de la franchise postale.
Promis, je n'ai pas fait la poubelle du bureau de vote.

Ecrit par : Teora | dimanche, 29 mai 2005

Julien,

Je ne marche pas aux cotés d'électeurs de quiconque, je marche aux cotés de ceux qui se seront prononcés aujourd'hui sur une question personnelle. Ce n'est pas une élection mais un référendum. Je n'ai mis aucun nom ou liste dans une enveloppe aujourd'hui, vous si ? Alors c'est vous qui vous serez trompé, pas moi.
C'est vrai que j'ai encore effectivement une part de rêve dans ma tête, une part d'espoir aussi. C'est d'ailleurs tout ce que j'ai avec le plaisir d'écrire, le seul moyen qui me reste d'exister dans notre société d'exclusion. Mes ailes ont déjà été brulées et c'est le système que vous cautionnez qui l'a fait. Mais elles sont toujours là et c'est pour ça que j'en bats encore.
Ceci étant, je n'aurai aucun mal à marcher à vos cotés demain. Parce que je ne vous aurai amalgamé à personne, moi...

Amicalement,

José

Ecrit par : Djiddy Pibbee | dimanche, 29 mai 2005

Cher José,

Je faisais référence à votre phrase « Le Peuple Français est en marche. Il est debout, il est fier … ». En effet, je me sens d’abord européen, je laisse la France et son peuple « … marcher, marcher, qu’un sang impur … » pour ne garder que sa culture, ses hommes, ses différences. J’entends votre propos, mais il pourrait être trop nationaliste pour moi. Enfin je pense que la justice sociale est vraiment plus dans ce traité que dans un vote contestataire fût t’il dicté par les meilleures intentions.

Bien à vous

Ecrit par : Julien | dimanche, 29 mai 2005

Julien,

Si vous m'aviez lu sur Europeus depuis que je m'y exprime vous n'auriez eu aucun doute sur mon positionnement. Mon propos n'est pas nationaliste, je ne le suis pas. J'ai une fierté profonde d'être Français parce que la France est le pays qui a accueilli mes parents fuyant une dictature (au Portugal) ainsi que les deux enfants qui étaient dans leurs valises. Je suis fier aussi de ma Nation puisque je me suis même engagé dans son Armée de l'Air. Quant à mon positionnement politique, après avoir étudié les différents courants et bien que n'étant ni militant ni adhérent politique ou syndical, je me placerais dans un mélange d'anarchisme et de socialisme... Clairement à gauche en tout cas. Comme vous voyez on peut être fier d'être Français, d'être prolétaire donc de faire partie du bas-peuple et ne pas être nationaliste. A mon sens c'est le vide politique laissé par les socialistes qui a amené la classe populaire vers le Front National. Et tant que l'orientation politiques socialiste, le libéralisme, ne se rapprochera pas des besoins populaires il en continuera malheureusement ainsi. Par contre je ne sais pas cautionner le consensus mou qui fait que l'on ne doit plus écrire ou dire femme de ménage mais technicienne de surface, arabe mais maghrébin, pédéraste mais homosexuel... Je continuerai donc à écrire "Peuple Français" et non "ressortissants de l'Etat Français", par exemple. A ne vouloir plus être assimilé par leur langage aux nationalistes, les socialistes se sont coupés de leur électorat. C'est pour cela qu'aujourd'hui ils sont décomposés. Cette dichotomie est particulièrement flagrante avec ce référendum et ils seront bien obligés de s'en rendre compte, au risque d'imploser si ce n'est déjà fait.
Votre vote vous appartient, je le respecte autant que le mien puisque je suis profondément démocrate. Je me sens Européen aussi, ce que je rejette n'est pas tant le texte mais le moment. Depuis trop longtemps la construction européenne s'est faite dans le désordre. La différence c'est qu'aujourd'hui on me demande de m'exprimer. A l'heure où j'écris les résultats ne sont pas encore publics mais doivent être connus, nous ne convaincrons donc plus personne et il nous faudra bien, de toute façon, avancer ensemble. Dans n'importe quel cas la vie politique continuera et il nous appartient de la construire. Chacun de notre coté et avec nos convictions mais ensemble.

Bien à vous également,

José

Ecrit par : Djiddy Pibbee | dimanche, 29 mai 2005

Quelle est la lecon apprise de ce referendum? Pour moi, une seule:
Les francais ne veulent pas qu'on decide a leur place de leur modele social.
Pour le bien de l'Europe, il faut refaire une Constitution simpilfie, qui ne statue pas sur le modeles sociaux, et qui ne veut pas les unifier.
Car aller vers plus de social, impliquerait le refus d'autres pays, orientes en sens plus liberale.
Donc, si on n'est pas d'accord sur le modele social, limitons la Constitution aux domaines ou il y a convergence d'interet, et arretons de laisser se moquer de nous le monde entier.

Ecrit par : hayekFan | lundi, 30 mai 2005

hayekFan,

Le message est clair et vous l'avez compris : les Français ne veulent pas effectivement qu'on leur impose un modèle libéral. Ils se sont prononcés massivement contre le libéralisme économique, il suffit de regarder les votes en fonction des couches sociales.
Dès lors, j'envisage mal une construction politique imposant un modèle économique et incluant les Français tant que les nouveaux pays arrivants auront un retard trop important à combler. Les titres I et II de cette constitution auraient, je crois été largement adoptés. L'erreur a été d'y adjoindre le modèle économique. Ce n'est encore une fois pas le modèle social auquel ils se sont opposés mais au modèle économique.

Ecrit par : Djiddy Pibbee | lundi, 30 mai 2005

DJIDDY PIBBEE
"les Français ne veulent pas effectivement qu'on leur impose un modèle libéral."

Voila, et les anglais ne veulent pas qu'on leur impose un modele socialiste.
Alors on a deux choix:
1) l'impasse historique et la renonce a la construction de l'Europe, qui reste une zone de libre echange comme il y en a d'autres dans le monde
2) la renonce a imposer des systemes sociaux a qui en veut pas, et le choix d'une Constitution purement institutionnelle et regalienne: President, ministres, defense, tribunaux, securite. Et chaque pays est libre de choisir le modele social qu'il prefere.

Ecrit par : hayekFan | lundi, 30 mai 2005

hayekFan,

La France est un pays qui a écrit dans sa Constitution sa profession de foi profondément sociale. Si les dirigeants ne s'en étaient pas moqués depuis 20 ans en l'oubliant le libéralisme économique eut été beaucoup plus facilement admis. Or ils ont voulu nous imposer ce libéralisme en passant au dessus de notre Constitution et c'est bien ça qui a provoqué un rejet si fort. Comme je l'ai écrit les titres I et II auraient été adoptés. Ce sont des valeurs humanistes qu'ils auraient voulu voir dans ce texte mais en contrepartie on nous parle d'économie. Tant que la situation sociale française ne sera pas traitée les Français ne croiront pas au libéralisme. Alors oui, comme je l'ai toujours écrit depuis que j'interviens sur ce sujet, ce n'était effectivement pas le moment sauf peut-être pour votre hypothèse 2. C'est l'argument qui était le mien et que j'ai défendu depuis le début...

Ecrit par : Djiddy Pibbee | lundi, 30 mai 2005

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