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dimanche, 29 mai 2005

PETITS MEURTRES ENTRE AMIS

Aucune surprise. Aucun frémissement. Rien. La France a voté non. A plus de 56%, selon les premières estimations. Ou plutôt, les Français ont voté non. Parce qu’à en croire les leaders politiques ayant fait campagne pour le non, la France n’est pas les Français. Par la France, il faut entendre la « classe médiatico-politique », pour reprendre les termes d’Henri Emmanuelli. ‘Heureux d’apprendre qu’il n’en fait pas partie. Tout comme le fait, que son rôle de député n’a que peu de valeur. Les Allemands, expliquait-il, il y a à peine une heure sur France 2, n’ont pas voté « oui ». Pourquoi ? Parce que les élus du Bundestag et du Bundesrat ne représentent pas les Allemands. Juste eux-mêmes. Toujours cette classe politico-médiatique. Idée : si Emmanuelli devait se représenter à un mandat électoral, que ses électeurs ne prennent pas la peine de se rendre aux urnes. Le vote d’un élu n’ayant aucune valeur, à quoi bon l’élire.

Fait amusant, ce même Henri Emmanuelli explique qu’il faudra renégocier le traité. Qu’il faudra désigner des hommes pour cela. Des élus du peuple… La logique a ses limites. Pour le reste, Chirac doit partir. De Villiers en a fait sa tête de Turc. Balladur a bien fait de ne pas se montrer au balcon. Pour peu, certains lui auraient trouvé un vol dernière minute pour Smyrne. Hollande, lui est déjà en campagne. Au soir du 21 avril 2002, Jospin avait fui. Lâchement, en homme d’Etat qu’il ne serait pas. Au soir du 29 mai, le premier secrétaire du PS, oublie qu’il a soutenu le oui et fait de la défaite de son camp celle – bien plus commode – de Chirac. Le président, lui, tente de faire bonne figure. Se prépare à faire pénitence à Bruxelles et dans les vingt-quatre autres Etats membres. Et, seule chose qui semble en fait intéresser une majorité d’analystes, à se chercher un nouveau premier ministre. 23h08. Emmanuelli passe sur iTélévision. Félicite les français d’avoir gagné face « aux appareils d’Etat », à certains syndicats, et à la « propagande d’Etat ». Petit aparté, certains journalistes spécialisés sur les questions européennes ont été interdits de suivre la campagne sous pression d’Acrimed et d’autres « défenseurs du peuple » au prétexte qu’on les soupçonnait de rouler pour le oui. Comme quoi la propagande n’est parfois pas à sens unique. Mais bon.

Emmanuelli, toujours, continue son show sur iTelevision. (Re)pose la question de la légitimité du chef de l’Etat. De celle des traités antérieurs au projet constituant. Emmanuelli rase gratis. Il est heureux. On le comprend. Mais a-t-il seulement compris que parmi les électeurs du non, seuls les souverainistes de gauche et de droite voulaient détruire ? Que l’immense majorité voulait à l’inverse bâtir. Quelque chose d’autre, de neuf. Un modèle européen, certes un peu utopique, mais qui, n’en déplaise à Marie George Buffet et à Olivier Besancenot, ne pourra se faire sans compromis. Car, l’aurait-on presque oublié, l’Europe n’est pas la France mais la France plus vingt-quatre autres Etats membres. C’est bien évidemment un autre problème mais un problème avec lequel il faudra compter. Simplement parce nos homologues n’auront peut-être pas envie de renégocier quoique ce soit avec nous. Mais cela, chut, ne le dites surtout pas. La grandeur de la France en souffrirait.

Christophe Nonnenmacher est journaliste

Commentaires

Christophe,

Je tiens tout d'abord à te saluer amicalement ici et à te manifester toute ma fraternité. Je ne te ferai pas l'affront de croire que j'ai gagné, je me contenterai de t'écrire qu ceux qui ont pensé comme moi sur cette question ont été majoritaires. L'avantage c'est qu'un tel vote n'aura jamais été aussi franc et aussi massif, contrairement à l'Espagne, par exemple. Maintenant il nous reste à construire, et avec toi je le peux. Pas avec Henri Emmanuelli ou Laurent Fabius mais avec toi. Ni avec tous ceux qui m'auront amalgamé avec mes antithèses, mais encore une fois avec toi, oui. C'est avec des gens comme nous que notre Europe se construira, de simples citoyens et s'il faudra le faire sans eux nous le ferons. Comme nous venons de le faire.

Christophe, je te renouvelle toute mon amitié.

José

Ecrit par : Djiddy Pibbee | lundi, 30 mai 2005

Une seule expression :
"Ite missa est".
On rajoutera : "alea jacta est", pour faire bon poids.
Et : au travail.

Ecrit par : Teora | lundi, 30 mai 2005

José,

Merci pour ce petit mot. Pour le reste j'aimerai avoir ton optimisme. Croire que ça puisse être aussi simple. Pour l'instant je crains surtout que ceux qui ont placé leurs espoirs dans le non ne tardent pas non plus à avoir la gueule de bois. A écouter les premiers commentaires de la classe politique, le seul intérêt de ce scrutin est de savoir qui va être président. Arlette Laguiller est quant à elle fascinante. Après avoir fait campagne pour une autre Europe, un autre texte, tout ce qu'elle trouve à dire est "Bah, ils finiront bien par trouver quelque chose". Je n'aurais qu'une envie. Simplement celle de lui dire: "Vous avez fait campgne pour le non, fait espérer des gens. A vous d'assumer maintenant. C'est le moins que vous puisiez faire." Malheureusement dès qu'il s'agit de rebâtir il n'y a plus personne... Comme prévu. Déprimant. Au moins Europeus continuera sa route. C'est déjà ça.

A bientôt,

Christophe

Ecrit par : christophe Nonnenmacher | lundi, 30 mai 2005

Teora

Pareil que pour José. J'ai bien peur que les leaders du non aient autre chose en tête que de se (re)mettre au travail. Au moins en ce qui concerne l'Europe. Et puis, pourquoi les autres pays auraient-ils envie de renégocier sous prétexte que la France a dit non? Sommes-nous si essentiels? Par moment j'ai vraiment l'impression que nous n'avons rien à envier aux Américains. Désolé de cette petite déprime mais je pense que vous la comprendrez.

Christophe

Ecrit par : christophe Nonnenmacher | lundi, 30 mai 2005

Christophe,

Cet avenir nous appartient. Crois-y comme tu as cru en cette construction. Nous serons ensemble comme nous l'avons été pour Europeus, du moins pour moi en rapport à ma modeste participation. Mais nous y serons ensemble. Oui, je suis optimiste et sais-tu pourquoi ? Parce que je crois en toi, tout simplement. Crois-moi Christophe, en ce moment même c'est avec toi que j'aimerai partager un verre.

José

Ecrit par : Djiddy Pibbee | lundi, 30 mai 2005

José.

C'est beaucoup d'honneur :-) En attendant, Bolkestein peut faire passer sa clause du pays d'origine... Mais merci pour ton soutien. On finira bien par le prendre un jour ce verre.

Christophe

Ecrit par : christophe Nonnenmacher | lundi, 30 mai 2005

Merci Christophe, un dégoût m'assaille, nous serons donc deux submergés par cette petite déprime
Puis-je rajouter à Bolkenstein qu'au Medef on doit sabrer le champagne, eux n'ont pas de pbs d'internationalisation de leurs luttes.

Je répète : L'imprécision sert le chaos et les loups s'en délectent !

Les tenants du non de gauche (non souverainiste devrais-je rajouter) devront répondre de cela et à cela, puisse qu'ils ont gagné eux aussi !

Julien

Ecrit par : Julien | lundi, 30 mai 2005

J'attend toujours qu'on m'explique comment cette constitution aurait bloqué la directive...

Ecrit par : Eric | lundi, 30 mai 2005

Julien,

Crois-moi, on est bien plus que deux. Pour ce qui est de ceux qui se disent "gagnants" (comment peut-on être gagnant dans un tel cas de figure...?!) la présidentielle les intéresse déjà bien plus que l'Europe. Ce qui me déprime le plus est que des gens de bonne foi ont mis leurs espoirs en eux. Les déceptions risquent d'être nombreuses...

Christophe

Ecrit par : christophe Nonnenmacher | lundi, 30 mai 2005

Et encore un déprimé... à entendre les premiers commentaires dans les autres pays européens, je me demande avec qui les Français pourront bâtir cette nouvelle Europe. A l'étranger (donc : Les autres pays européens. Les pays frères. Les bons. Ceux avec le chapeau blanc), le NON est perçu très indéfinissable, avec l'entreprise familiale des Le Pen, Besancenot et Buffet, De Villiers, Fabius, Montebourg et tous les autres. Il n'existe en Europe nulle part une formation ou un mouvement qui pourrait se considérer interlocuteur de ce melange.

Je partage toutefois l'avis de Strauss-Kahn - maintenant, il faut absolument faire en sorte à ce que le moteur Paris-Berlin ne s'arrête pas. Je suis sidéré à quel point Monsieur Emmanuelli ne comprend rien à l'Allemagne et aux Allemands. Ses remarques étaient carrément insultants pour mes compatriotes.

La seule chose qui donne un peu d'espoir, c'est le sérieux dans le débat comme ici sur Europeus. Le débat était très citoyen. Mais j'ai bien peur que le deuxième tour, d'ici quelques années (et j'espère que ce ne soit pas une génération entière), soit passé directement par les parlements, en contournant la société civile. A ce moment là, on sera tous perdants.

Là, c'est pas une verre que j'aimerais prendre, mais la bouteille entière... ;-)
Kai

Ecrit par : Kai | lundi, 30 mai 2005

Kai,

Si ce n'était pas indécent, je partagerais bien avec vous cette bouteille...

José

Ecrit par : Djiddy Pibbee | lundi, 30 mai 2005

Eric,

Article III-145: l'entreprise qui effectue des travaux temporaires dans un Etat membre est assujettie à sa législation et non à celle de son pays d'origine. Concrètement, ce que dit Bolkestein est que lorsqu'une entreprise polonaise fournissait un service en France, le droit polonais s'appliquait. Ce que dit/disait la constitution ést/était que le droit français s'appliquait... Voilà entre autres pourquoi les Britanniques trouvent cette constitution bien trop sociale. Elle empêche tout simplement cette forme de dumping. Mais bon, maintenant la question ne se pose plus en France. J'espère juste que les ouvriers qui risquent de se retrouver à la rue si la directive passe 'sans que la constitution ne puisse la contrer, la France l'ayant ce soir rejetée, sont bien conscients de ce qui les attend. Au moins pour ceux qui ont voté non.

Christophe

Ecrit par : christophe Nonnenmacher | lundi, 30 mai 2005

un non à l 'europe pour des raisons franco françaises, selon les sondages de sortie des urnes ;

et pourquoi pas une dissolution permettant de voir si ces antiliberaux sont vraiment considérés comme des gens capables de gouverner ?

imaginez qu'ils soient minoritaires, preuve serait (encore ) faite que les votes ne sont pas toujours rationnels

Ecrit par : mowglii | lundi, 30 mai 2005

Mowgli,

Sur ce point il est "amusant" de voir qu'alors que les leaders du non expliquent que ce non est social, Sarkozy - plutôt libéral - arrive toujours en tête des sondages pour être notre futur président. Côté cohérence on a vu mieux...

Christophe

Ecrit par : christophe Nonnenmacher | lundi, 30 mai 2005

je crois que nous ne devrions pas nous résigner. C'est pourquoi, je vous propose
l'ébauche d'un Appel aux peuples européens. Faites moi connaitre votre avis et vos commentaires

Appel aux peuples européen pour poursuivre la construction européenne à travers l'adoption de la Constitution.

Le dimanche 29 Mai, le Peuple français à rejeter par référendum le projet de Constitution européenne pour lui-même. Bien que fervents partisans de son adoption, nous respectons ce vote.
Cependant, il serait incompréhensible que 7% des européens (poids définitif du vote français au regard du traité de Nice, qui demeurera désormais pour la France la base de sa relation avec l'UE) puissent revendiquer le droit d'interdire à 93 % de leurs concitoyens européens le droit de se prononcer.

Les 450 millions d'européens doivent conserver leur droit souverain à l'expression quant à l'avenir de la construction européenne.

Si le OUI l'avait emporté, de plus, celà n'aurait en rien garanti que la France aurait été toujours présente au moment de l'entrée en vigueur de la Constitution.

La Constitution prévoie en effet un droit de retrait de chaque pays. En conséquence, elle ne saurait dépendre des aléas électoraux nationaux.

Un nombre important de partisans du Non français, se sont prononcés en outre pour une Europe à géométrie variable, à plusieurs cercles. Il est donc naturel que le cercle de ceux qui sont attachés à plus de démocratie, à plus de justice sociale pour l'Europe aille de l'avant.

Le moment venu, la France aura à décider du statut qu'elle souhaite dans l'Europe sachant que les forces politiques qui animent le Non français peuvent gagner les prochaines échéances électorales. Il appartiendra alors à ceux qui auront obtenu la confiance des électeurs français de formuler leurs propositions: soit un statut d'Etat associé, soit d'adhérer à un cercle moins contraignant avec ceux des autres pays qui pourraient avoir eux-aussi rejeter le projet sur les mêmes bases politiques.

Pour notre part, nous ferons tout pour qu'elle choisisse la solution la plus contraignante en termes d'exigences démocratiques.

Nous croyons en l'avenir d'un continent de Paix, de prospérité et de justice sociale. Nous vous demandons de continuer, non pas sans La France, ni contre la France, mais en nous attendant, car nul ne doute que le peuple français ne sache retrouver un jour les voies du dialogue ouvert et généreux avec ses
voisins.

lien de cet appel :je crois que nous ne devrions pas nous résigner. C'est pourquoi, je vous propose
l'ébauche d'un Appel aux peuples européens. Faites moi connaitre votre avis et vos commentaires

Appel aux peuples européen pour poursuivre la construction européenne à travers l'adoption de la Constitution.

Le dimanche 29 Mai, le Peuple français à rejeter par référendum le projet de Constitution européenne pour lui-même. Bien que fervents partisans de son adoption, nous respectons ce vote.
Cependant, il serait incompréhensible que 7% des européens (poids définitif du vote français au regard du traité de Nice, qui demeurera désormais pour la France la base de sa relation avec l'UE) puissent revendiquer le droit d'interdire à 93 % de leurs concitoyens européens le droit de se prononcer.

Les 450 millions d'européens doivent conserver leur droit souverain à l'expression quant à l'avenir de la construction européenne.

Si le OUI l'avait emporté, de plus, celà n'aurait en rien garanti que la France aurait été toujours présente au moment de l'entrée en vigueur de la Constitution.

La Constitution prévoie en effet un droit de retrait de chaque pays. En conséquence, elle ne saurait dépendre des aléas électoraux nationaux.

Un nombre important de partisans du Non français, se sont prononcés en outre pour une Europe à géométrie variable, à plusieurs cercles. Il est donc naturel que le cercle de ceux qui sont attachés à plus de démocratie, à plus de justice sociale pour l'Europe aille de l'avant.

Le moment venu, la France aura à décider du statut qu'elle souhaite dans l'Europe sachant que les forces politiques qui animent le Non français peuvent gagner les prochaines échéances électorales. Il appartiendra alors à ceux qui auront obtenu la confiance des électeurs français de formuler leurs propositions: soit un statut d'Etat associé, soit d'adhérer à un cercle moins contraignant avec ceux des autres pays qui pourraient avoir eux-aussi rejeter le projet sur les mêmes bases politiques.

Pour notre part, nous ferons tout pour qu'elle choisisse la solution la plus contraignante en termes d'exigences démocratiques.

Nous croyons en l'avenir d'un continent de Paix, de prospérité et de justice sociale. Nous vous demandons de continuer, non pas sans La France, ni contre la France, mais en nous attendant, car nul ne doute que le peuple français ne sache retrouver un jour les voies du dialogue ouvert et généreux avec ses
voisins.

lien de cet appel :http://oui-europe.over-blog.com/archive-05-29-2005.ht

Ecrit par : borneo | lundi, 30 mai 2005

Christophe,

L'article III-145 est la transcription mot pour mot d'un article du traité actuel (article 50). Je suis surement naif et idiot mais en quoi un article identique peut dans un cas permettre cette directive et dans l'autre cas l'empecher??

Ecrit par : Eric | lundi, 30 mai 2005

En effet ;
vous etes le maillon fort , Christophe !
il semble qu'il y ait encore plus de façons d'expliquer ce non que d'articles au TCE

Ecrit par : mowglii | lundi, 30 mai 2005

Kai,

Je souhaite de tous mes vœux que le couple franco-allemand puisse ne pas s’arrêter, mais ce scrutin et son résultat me semble tomber au plus mauvais moment.
Les Allemands s’enfoncent dans une crise politique et économique d’où la CDU risque de sortir victorieuse et à voir leurs prises de positions dans la Ruhr je pense que les coupes budgétaires risquent d’êtres nombreuses.
Pourquoi continuer à financer ARTE, le Parlement à Strasbourg, voir même l’Eurocorp ? Il risque de s’aligner sur les libéraux Britanniques, Hollandais et Danois qui à n’en pas douter ne rêvent que de cela.

Christophe,
Les 44,9% de français qui picolent seul ce soir ne pourront rien y changer, ni l’arrivée du TGV à Francfort via Strasbourg

Je pense que ce qu’a initié Fabius lui reviendra tel un boomerang en pleine figure, il n’a pas pu être honnête, il savait tout cela. Je pense même que s’il se présente avec une étiquette PS, je ne voterais plus pour ce parti.
J’ai d’ailleurs trouvé que Yann Wehrling a été très droit ce soir !

Faites de beaux rêves

Ecrit par : julien | lundi, 30 mai 2005

Voici quelque commentaires de nos voisins qui sont censés être les interlocuteurs pour une renégociation. Quelqu'un leur a demandé avant ce qu'ils en pensent ? Comment Buffet, Besancenot et Emmanuelli peuvent-ils prétendre qu'ils aient déclenché un mouvement de solidarité europénne ? Et oui, José, avec vous, je ferai même une exception pour boire une bouteille... ;-)

"France on Sunday night dealt a potentially fatal blow to the European Union's constitutional treaty as voters resoundingly rejected it in a referendum
Dimanche, la France a porté un coup potentiellement fatal au traité sur la constitution européenne, lorsque les électeurs le rejetent massivement par voie de référendum." Financial Times.

"An einen Anlauf für einen neuen Verfassungsentwurf glaubt ausser den französischen Gegnern niemand.
Personne ne croit en une deuxième tentative pour un nouveau texte de constitution, sauf les supporteurs du non français." NZZ, Zurich.

"España reconoce que es un "tropiezo".
L'Espagne estime que c'est une chute". El Pais.

"Le rejet français, compte tenu des faibles possibilités de renégociation du traité à court terme, aura très probablement pour effet d'en retarder l'entrée en vigueur, de maintenir le traité de Nice et d'ouvrir une période d'incertitude sur la poursuite de la construction européenne telle qu'elle était engagée depuis un demi-siècle". Le Soir Bruxelles.

"Goodbye treaty, goodbye Chirac - but Europe will muddle on.
"Au revoir le traité - au revoir Chirac - mais l'Europe continuera à se débrouiller tant bien que mal". The Times.

"La Francia decide il destino d'Europa.
La France décide du destin de l'Europe". La Stampa.

"Viele Experten gehen davon aus, dass ein neuer Anlauf für ein solches Vertragswerk wegen der Kräfteverhältnisse im erweiterten Europa nicht möglich ist.
Beaucoup d'experts pensent qu'une nouvelle tentative pour un tel traité ne sera plus possible à cause des rapports de force changés dans cette Europe élargie." Kurier, Vienne


Et j'en passe les même commentaire du Afdonbladet à Stockholm, du Algemeen Dagblad d'Amsterdam et autres - je vous assure - les commentaires vont TOUS dans le même sens. Et je n'ai lu nul part : "chouette, enfin on peut construire une vrai Europe avec nos amis français".

C'est quoi, alors, l'intérêt des 450 millions d'Européens ?
Kai

Ecrit par : Kai | lundi, 30 mai 2005

Julien,

je pense comme vous - la CDU gagnera les élections. Par contre, le nouveau gouvernement fera son possible pour continuer la politique européenne allemande. Il est clair que des négociations budgétaires sont sur l'agenda, mais un gouverment Merkel - Westerwelle - Stoiber ne remettra pas en cause les engagements pris.

Les sondages l'ont montré clairement - la ratification du TCE par les deux chambres allemandes trouve l'ecrasante approbation des Allemands.

Il sera difficile de trouver une ligne de conduite commune entre Paris et Berlin. Une des premières choses à faire, ce sera de renforcer les projets transfrontaliers et de créer sur le terrain, les réalités d'une coopération transfrontalière entre la France et l'Allemagne. Mais je ne dors pas forcément mieux en regardant où ils en sont actuellement....

Allez - bonne nuit...
Kai

Ecrit par : Kai | lundi, 30 mai 2005

Bornéo,

La seule façon qu’il y aurait eu de faire avancer le projet européen tous ensemble, aurait été de voter tous en même temps à 450 millions. Si le non l’avait emporté, on se remet au travail et l’on représente une nouvelle mouture, enfin quelque chose comme ça !
Faire un appel me semble prématuré, cuvons un peu, regardons les s’agiter dans le bocal.

Je pense que la prochaine échéance européenne pour la France n’interviendra pas avant que Jacques Chirac ne s’efface (Je suis même prêt à lui offrir une immunité pour ce qu’il lui reste d’existence pour que lui et sa clique disparaissent) faisons un appel ?
Bref, le nouveau président pourrait dans une ou deux années représenter la TCE aux Français. À la condition toutefois que les journalistes continuent de parler d’Europe et n’attendent pas J-20 pour lancer le débat !

Cette fois, je vais me coucher !!!

Ecrit par : julien | lundi, 30 mai 2005

Le peuple de France vient de dire non à un projet qui lui a été soumis par référendum.

En refusant de suivre comme un troupeau de moutons les recommandations de gauche ou de droite pour le OUI, il vient de démontrer sa maturité politique et de réaffirmer sa souveraineté.

Par ce vote, il lance un message clair et net à la classe politique.

Pour mémoire, je me permets de rappeler ce que j' écrivais déjà, sur ce même site, en janvier 2005 à l' adresse suivante :

http://www.europeus.org/archive/2005/01/14/tardivement_le_%C2%ABoui%C2%BB_sort_ses_arguments.html

Voilà une europe, que nous regardons comme mirroir de la démocratie, qui se construit.

Dans cette construction, la loi fondamentale ( constitution ) est d' une importance capitale.

A cet effet, une convention qu' avait présidé l' ancien président de la république française ( Valery Giscard d' Estaing ) s' est mise au travail et a aboutit à ce projet de constitution que nous connaissons aujourd'hui.

Le peuple européen, dans sa majorité n' avait pas été directement associé à ce travail de fondation de texte constitutionnel.

Aujourd'hui, l' on vient lui demander de se pronnoncer par un oui ou par un non sur un texte auquel il ( le peuple ) a été etranger.

Est ce là le sens que l' Europe donne à la démocratie ?

Si l' Europe veut sauver la démocratie, elle se doit de soumettre à débat publique ce projet de constitution en vue de son amélioration avant de le soumettre à référendum.

Dans le cas contraire, il ne faudra pas s' étonner d' un vote sanction, non pas sur le fond mais sur la forme.

Dans ce cas, un NON obligerait le législateur à rétablir le chainon manquant en soumettant à débat publique ce projet de constitution en vue de son amélioration.

Dans un autre cas de figure de vote partisan, le OUI pourrait l' emporter si les grandes formations politiques d' Europe appellent à voter oui. Dans ce cas, ce sera une victoire amère du OUI car le peuple n' a pas été directement associé à cette constitution, assise fondamentale de l' Europe, et la démocratie serait déformée par le mirroir de l' Europe.

En conclusion, je dirai que dans l' intervalle de temps restant, si l' ont veut renforcer la démocratie et consolider la base de l' Europe, il est impératif d' ouvrir et de soumettre à débat publique pour amender et enrichir ce texte de constitution pour lequel le peuple sera appelé à se pronnoncer par référendum.

Ecrit par : Mohand CHELLI | vendredi, 14 janvier 2005

Ecrit par : Mohand CHELLI | lundi, 30 mai 2005

"certains journalistes spécialisés sur les questions européennes ont été interdits de suivre la campagne sous pression d’Acrimed et d’autres « défenseurs du peuple » au prétexte qu’on les soupçonnait de rouler pour le oui"

Quelle puissance selon vous ces Acrimed et autres pas nommés ! A lire Acrimed,
http://www.acrimed.org/ il semble surtout qu'ils ont relevé que les chroniqueurs et présentateurs de l'audiovisuel, y compris du service public, ont fait une couverture engagée et unilatérale du référendum. Mais comme on n'a pas relevé qu'un des chroniqueurs du matin de France Inter, TOUS pour le oui, ait été prié de rengainer sa chronique, d'où sortez-vous cette affirmation imprécise?

Ecrit par : lecteur | lundi, 30 mai 2005

Les Francais sont arrogants dans l'esprit des etrangers...

Que vais-je pouvoir dire a ceux que je rencontre ?
Comme tu le dis Christophe, je pense aussi que nous n'avons plus rien a envier aux americains.

Imaginez-vous tous faire un travail d'equipe et dire a la fin voici ce qui represente la solution la plus honnete compte tenu de notre nombre et de nos differences.
Imaginez-vous que l'un de cette equipe et lui seul dise soudainement, ce truc que l'on a tous fait et que vous tous proposez, c'est de la merde et le jette a la poubelle...
Imaginez-vous la reaction des autres....

Ecrit par : Nico | lundi, 30 mai 2005

Mohand,

"Par ce vote, il [le peuple français] lance un message clair et net à la classe politique."
"il vient de démontrer sa maturité politique et de réaffirmer sa souveraineté."

Là, en une phrase, vous avez réussi à faire le brassage entre la position de l'extrême gauche [le peuple prend son destin en main, voilà la maturité] et celle de l'extrême droite [la France réaffirme sa souveranité. Bravo! Coocoorico.].

Outre un "merde!" cuisant à la "classe politique", il consiste en quoi, ce message clair et net à l'Europe ? Que le peuple souhaite participer au processus politique ? Ce serait très bien et je suis pour, mais la question posée hier était toute différente. Hier, on a posé la question aux Français s'il souhaitaient continuer le processus de la construction européenne sur la voie d'une constitution. Et avec 24 autres pays. Ces 24 autres pays entendent aujourd'hui avant tout un grand "merde!" à l'Europe et une leçon française. Car implicitement, si par ce vote le peuple français exprime sa maturité, cela veut dire que les autres pays européens qui "comme des moutons" ont suivie ou approuvé la ratification tu TCE, manquent de maturité. Heureusement qu'il y a la France pour nous le rappeller.

La France est donc arrivé au No Man's Land européen. Le processus de ratification dans les autres pays continue, car les Européens n'ont pas vraiment envie que la France décide toute seule pour tout le monde. Dans cette optique, beaucoup de possibilités s'ouvrent et je m'étonne que ces possibilités n'aient pas été discutés AVANT le scrutin. L'Europe pourra décider de demander aux Français de repasser aux urnes. Ca s'est déjà vu et fait dans le passé. Les gouvernements pourraient décider d'enlever quelque éléments du texte et de le ratifier directement dans les parlements. Les gouvernements pourront également décider de la fameuse "Europe à deux vitesses". On pourra aussi décider de tout laisser tomber. Mais pour l'instant, dans l'ensemble des commentaires européens, je n'ai pas vu une seule voix qui se serait montré enthousiaste à l'idée de ré-écrire un texte avec les Français. Donc, jusqu'à la fin 2006, échéance du processus de ratification, la France se trouve dans une situation de "ni avec toi, ni sans toi". Dans une Europe libérale, dans une grande inégalité sociale, dépourvue d'instruments pour y rémédier. De plus, dans une Europe en pleine crise et surtout dans une crise de confiance par rapport à la France.

Vous aurez beaucoup de travail à leur expliquer ce "le message clair et net"....

Kai

Ecrit par : Kai | lundi, 30 mai 2005

Quelle est la lecon apprise de ce referendum? Pour moi, une seule:
Les francais ne veulent pas qu'on decide a leur place de leur modele social.
Pour le bien de l'Europe, il faut refaire une Constitution simpilfie, qui ne statue pas sur le modeles sociaux, et qui ne veut pas les unifier.
Car aller vers plus de social, impliquerait le refus d'autres pays, orientes en sens plus liberale.
Donc, si on n'est pas d'accord sur le modele social, limitons la Constitution aux domaines ou il y a convergence d'interet, et arretons de laisser se moquer de nous le monde entier.

Ecrit par : hayekFan | lundi, 30 mai 2005

Christophe,

Un peu facile de taper sur Emmanuelli, un type qui tend le bâton pour se faire battre.
Ceci dit ça ne m'étonne guère de toi, un type appartenant à la classe médiatico-politico-européo-élitiste... :)

Très bon article, résumant bien la position des démocrates de la gauche rêvant à un monde identique à celui tant envié des bisounours ;)

MJ

Ecrit par : morejoh | lundi, 30 mai 2005

Aucun parti ni responsable politique français ne peut s'attribuer le résultat éléctoral de ce dimanche 29.

Contrairement à ce que beaucup ont laissé entendre, les français ne se sont jamais autant passionnés pour la construction européenne. Nous en avons pour preuve le fantastique chiffre d'affaires des éditeurs et libraires réalisé grace aux différents livres traitant du sujet.

Hier soir les responsables de l'UDF se lamentaient qu'on ait jamais parlé de la construction aux français. On a même vu un Maurice Leroy s'en prendre à la journaliste de plateau à ce sujet.

La pédagogie fera t elle son retour après ce refus massif ?

Les français en sont demandeurs.

Assez de Bruxelles coupable de tout pout justifier les echecs nationaux.
Des leaders nationaux têtes de listes et siègeant au parlement européen
Des VRAI reportages TV et presse sur le travail et la vie des institution
De l'actualité européenne nous présentant la vie de nos amis et partenaires de l'Union.

Faute de quoi, il est probable que lors des prochains scrutins à venir les français aient tendance à "casser les jouets" des partis ou formatins politiques.

Amitiés à toi Christophe

JC BENARD

Ecrit par : Jbenard | lundi, 30 mai 2005

Emmanuelli qui minimise le role des parlementaires: pourquoi alors s'est-il autant pressé pour être réélu à l'Assemblée après sa peine d'inéligibilité ? Certainement pas pour le salaire...
Quant à tous ces tenants du NON qui appellent à une autre politique, avez-vous remarqué qu'il leur fallait à peine 10mn entre le moment où ils quittaient les plateaux TV et leur arrivée dans leurs sièges de campagne (Emmanuelli, Chevènement,...) ?
Certainement pas grâce au gyrophare sur leur voiture de député...

Ecrit par : Hugh Rope | lundi, 30 mai 2005

JC,

A propos de l'Europe les politiques ne font sans doute pas assez de pédagogie mais les Français ne font pas beaucoup d'efforts pour s'informer. Comme vous le faites remarquer ils ont acheté beaucoup de livres pour comprendre le texte qu'on leur proposait, mais seulement sur une période très courte. Si l'Europe les intéresse vraiment alors :
- pourquoi n'achètent-ils pas, hors période éléctorale, les nombreux ouvrages disponibles ?
- pourquoi les émissions télé diffusées à 20h50 pendant la campagne ont-elles été si peu suivies ?
- pourquoi le taux d'abstention lors des élections européennes est-il si élevé ?

Ecrit par : morejoh | lundi, 30 mai 2005

Christophe, ne soit pas hypocrite. Si le TCE avait été validé par voie parlementaire en France, il aurait obtenu 80% de oui. Or le referundum fait apparaître seulement 45% de oui. Il y a donc bien un problème de représentation sur ce coup là, que ce soit en France ou ailleurs.

Concernant Acrimed, je serais curieux de savoir de quoi tu parles. En attendant heureusement qu'ils sont là eux, parce que sinon on avait droit à la propagande unifiée des marchands de canon (groupes Lagardère et Dassault) et de la finance (groupes Wendell et Bouygues) qui concentrent 80% des medias et qui sont à 100% pour le oui. Les journalistes, une fois de plus se sont montré exemplaires dans cette campagne.

Ecrit par : foxapoildur | lundi, 30 mai 2005

Morejoh,

Jusqu'à ce que la démocratie électronique et directe supprime tous les élus, nous disposons de parlementaires qui pourraient au lieu d'acheter des pages entières de journaux locaux pour vanter leur bilan pourrauent FAIRE le travail pour lequel ils ont été élus !!!

"pourquoi n'achètent-ils pas, hors période éléctorale, les nombreux ouvrages disponibles ?"

Tout simplement parce que la literrature sur ce sujet hors référendum est constituée de textes issus de la comission et disponibles sur le Web et ...particulièrement difficile à lire ou interpréter sans "décodeur"

"- pourquoi les émissions télé diffusées à 20h50 pendant la campagne ont-elles été si peu suivies ?"

Je ne partage pas entièrement votre point de vue à ce sujet. Si certaines ont connu une audience décevante, c'etait avant le rappel du CSA sur les temps de parole. Une émission où 99% des intervenants (journalistes inclus) comme France Europe express étaient pour le OUI ne peut avoir d'intérêt pour des gens curieux ou indécis.

- pourquoi le taux d'abstention lors des élections européennes est-il si élevé ?

Parce que TOUS les partis ou formations politiques s'en moquent !!!

Citez moi un leader politique de premier plan siégeant actuellement à Strasbourg ?

Ecrit par : Jbenard | lundi, 30 mai 2005

Je ne suis pas sûr qu'en appelant à voter oui les groupes Dassault et Wendel l'aient fait beaucoup progresser, à l'image de Chirac et Raffarin.
À qui profite le crime ?

Sur les pbs de représentation, ce n'est pas parce que la plupart des gens ne comprennent pas la question posée qu'immédiatement le statut des politiques et leurs représentativités sont à remettre en cause.
Par contre, les propos mensongers qui n'ont eu cessé d'être valorisé sans qu'il n'y ait eu d'explications pédagogiques ou didactiques me révoltes.

Ecrit par : julien | lundi, 30 mai 2005

C'est vraiment décevant. Même après le référendum, ce débat reste entièrement franco-français. Le devenir d'un Premier Ministre en partance semble toujours être plus important que la position de la France au sein de l'Europe.

Si on ne se pose pas la question européenne en France, je vous assure qu'on se la pose ailleurs. Cette nuit, je vous ai posté quelque commentaires à chaud des plus grands journaux européens. Ce sont des déclarations de grande inquiétude, beaucoup de questions qui sont posées. Et pourtant, les Français restent plus soucieux du nouveau rôle d'un Laurent Fabius que de celui de la France de demain en Europe.

Au risque de me répéter - le NON français hétérogène ne trouve pas d'interlocuteur ailleurs. L'appel d'Olivier Besancenot "aux mouvements sociaux en Europe" ne sera pas entendu, car les quelque mouvements sociaux en Europe se garderont soigneusement de tout rapprochement avec cette historique coopération entre une extrême gauche et les ultra-nationalistes des Le Pen, De Villiers et autres.

Arrêtez de vous regarder le nombril. C'est pas la coupe du monde de football et la France n'a pas à prouver sa souveranité à qui que ce soit. Sortez de votre village armoricain, dernier nid de résistance contre les méchants Européens qui essayent d'imposer la loi du libéralisme. La France n'est pas Astérix et nous ne devez pas vous battre contre tout le monde. Et que hayekfan se rassure - "et arretons de laisser se moquer de nous le monde entier" - le monde entier ne se moquera de la France qu'au cas où la France ne serait pas capable de présenter très prochainement un projet européen de qualité, en concertation avec les partenaires en Europe et trouvant l'approbation de la majorité des 450 millions d'Européens.

En attendant de trouver une voie pour ceci (car nul ne sait aujourd'hui si un seul autre pays européen sera enclin de suivre la France dans cette voie), il conviendrait de renforcer par tous les moyens les projets transfrontaliers en cours. Les Eurodistricts. Les projets d'interconnexion des grands réseaux à grande vitesse. Les autres projets en cours. Eventuellement, il sera encore possible d'expliquer aux Européens que ce bras d'honneur ne leur était pas destiné. Mais pour cela, il faudra au moins maintenant commencer à regarder autre chose que l'Hexagone.

Kai

Ecrit par : Kai | lundi, 30 mai 2005

KAI
"présenter très prochainement un projet européen de qualité, en concertation avec les partenaires en Europe et trouvant l'approbation de la majorité des 450 millions d'Européens. "

Tres simple: renoncer a unifier les modeles sociaux europeens sur l'ordoliberalisme allemand, et se concentrer sur les vrais enjeux de l'Europe:
un President de l'Europe, un ministre des Affaires Etrangeres, une coordination des politiques commerciales a l'internationale, une vision integree des flux migratoires, une politique pour l'environnement europeen, parmi les plus degrades au monde.
Cet ensemble minimum d'objectif pourrait faire l'objet d'une nouvelle Constitution, plus pragmatique, realiste, et accettable par les socialistes francais comme par les liberaux danois.

Ecrit par : hayekFan | lundi, 30 mai 2005

JC,

Il existe de nombreux ouvrages très accessibles expliquant clairement la construction et le fonctionnement de l'UE. Pour les trouver il suffit de chercher un peu. La lecture de ces livres ne fera pas de ceux qui les liront des experts mais leur permettra de devenir des citoyens un peu mieux informés. Les bouquins des éditions La Découverte sont très bien faits par exemple.

FEE n'est pas diffusée à 20h50. Je note quand même dans cette émission les efforts de pédagogie pour présenter les articles clés du TCE même si les journalistes étaient effectivement pour l'adoption du texte. Et puis il faudrait aussi que les tenants du non se rendent à l'émission quand ils sont invités (je pense à de Villiers notamment).
Les débats sur le service public n'ont pas rencontré un grand succès (débats de F2 et F3, 100 minutes pour comprendre l'Europe...).

Pour ce qui est de la représentation des citoyens au Parlement européen, il n'y a pas de leader de premier plan à part... JM Le Pen peut-être, P. de Villiers, A. Laguiller... Bon ok, ce n'est peut-être pas de tout premier plan mais ils sont tout de même très visibles et très audibles (certains sont là depuis plus de 30 ans).
Je ne suis pas sûr qu'ils soient députés européens mais vous corrigerez si je me trompe.
Et il faudrait aussi savoir ce que veulent les électeurs : des leaders de premier plan au Parlement européen (qui, selon certains, ne parviennent plus à les représenter au plan national) ou un renouvellement de la classe politique ?

MJ

Ecrit par : morejoh | lundi, 30 mai 2005

Kai,
Je ne pense pas que les Français fassent du nombrilisme en regardant ce qui se passe à partir du non, en France.
La constitution du prochain gouvernement français va apporter un signe fort sur l'orientation que les partis au pouvoir entendent donner au Non de la population. Et nous savons que, tant que les autres consultations nationales ne sont pas terminées, il ne se passera pas grand chose de nouveau en Europe. L'échéance européenne, la vraie, sera maintenant de savoir si tous les autres vont accepter ou bien s'il y aura les fameux cinq pays qui refusent, remettant réellement en cause ce Traité, pour tous.
Pour l'instant, il est intéressant de savoir si nous allons nous enfoncer en France dans l'incompréhension totale, avec, par exemple, la nomination de Sarkozy en tant que 1er ministre ou bien celle d'un Premier ministre qui passera mieux.
C'est également important sur le plan international, dans la mesure où cela va marquer la politique de la France au sein de l'Europe actuelle.
Remise au pas de la population ou compréhension d'un message ? D'un double message, devrais-je écrire, car il y a eu refus d'un texte trop économique et pas assez social et refus d'un gouvernement dont le principal argument a été d'inspirer la peur. Pas pédagogique, pas constructif.
Alors, pour l'instant, nous allons observer ce qui se passe dans l'hexagone. Il n'y en a pas pour longtemps, deux jours, au plus.
Enfin, le non ne me semble pas être un bras d'honneur à l'Europe : vous vous trompez de cible. S'il y a eu bras d'honneur, il a été destiné à Chirac. Basta. Mais l'Europe, nous la voulons ; pour moi, je la souhaite fédérale. Seulement, pas comme cela.
Donc, arrêtez votre crise de mauvaise humeur, à part vous défouler, ça ne sert à rien.

Ecrit par : Teora | lundi, 30 mai 2005

KAI
'le NON français hétérogène ne trouve pas d'interlocuteur ailleurs'

Ce n'est pas vendre trop tot la peau del'ours? Pensez-vous que le OUI va gagner au Pays Bas dans quelques jours?

Ecrit par : hayekFan | lundi, 30 mai 2005

Si si, hayekfan,

vous avez raison. Les Pays-Bas risquent fort de dire non. Les Anglais aussi. Les Polonais aussi. Et vous avez encore raison. Il y aura des interlocuteurs. Un des premiers interlocuteurs sera le Vlaamse Blok. Le National Front s'y prête aussi.

Depuis cette nuit, les extrêmistes ont le vent en poupe, c'est clair. Les chrétiens fondamentalistes, les monarchistes, les communistes - tous des représentants de ce que l'Europe produit de mieux en matière d'innovation. Et avec un peu de chance, on trouvera aussi le chemin vers l'économie de plan. Et, solidarité oblige, peut être (et s'il est sage et continue à acheter des Renaults), on laissera même quelque miettes au "plombier polonais".

Et maintenant, je vais vous surprendre - même si je suis déçu et triste par ce vote qui à mes yeux se situe à côté de la question posée - je souhaite maintenant qu'une chose - un véritable débat AVEC les autres Européens, un véritable renforcement des projets et dossiers transfrontaliers, et l'ouverture d'un débat européen qui ne tourne pas exclusivement autour de la question du prochain premier ministre en France. Car en fin de compte, c'est pas Raffarin, Sarkozy ou de Villepin que les Européens retiendront - mais l'attitude de la France.

Kai

Ecrit par : Kai | lundi, 30 mai 2005

hayekFan

Ce qu'essaie de dire Kai est simplement que les non divergent d'où une difficulté accrue à retravailler sur un projet européen entre partisans du non. Exemple: les Français votent non à une Europe trop libérale. Les Anglais votent non à une Europe trop sociale. Les Néeralndais ont visiblement encore un autre non. Où est la cohérence de projet potentiel entre l'ensemble des partisans du non. Il y en avait une côté oui - le texte servant de base "unificatrice". Je la cherche - kai avec - toujours du côté du non. Quand je vois quelqu'un comme Arlette Laguiller se défausser à peine deux heures après les premiers résultats en disant que ce n'est pas à elle de trouver une solution, j'avoue trouver cela assez extraordinaire. Je ne parle même pas du PC qui reste persuadé que ce vote est un vote d'adhésion à son programme politique (combien de voix obtiendront-ils lors des prochaines présidentielles...?) ou du PS qui n'a pour seule idée que de déboulonner Chirac sans même savoir qui mettre à sa place. Autre paradoxe (désolé si je m'égare) mais comment une majorité de Français peuvent dire non à l'Europe "trop libérale" et une autre (forcément en partie la même) souhaiter que Sarkozy - un libéral - devienne chef de l'Etat? A moins que dire non à l'Europe (au moins au traité) signifiait dire non à Chirac. Maintenant, j'ai encore l'illusion de penser que les Français sont capables d'avoir une attitude réfléchie et de ne pas se tromper d'enjeux. Quoique par instants je commence à me poser la question...

Christophe

Ecrit par : christophe Nonnenmacher | lundi, 30 mai 2005

Kai, Christophe,

Il y a en effet une crise d'homme politique en France, peu me semblent avoir une envergure nationale rassembleuse et créatrice de projet, et au niveau européen ce n'est pas Barrault qui va rattraper ce déficit.

Ecrit par : julien | lundi, 30 mai 2005

Julien,

On est d'accord sur ce point :-) C'est bien là tout le problème.

Christophe

Ecrit par : christophe Nonnenmacher | lundi, 30 mai 2005

CHRISTOPHE, KAI
"Ce qu'essaie de dire Kai est simplement que les non divergent "

Mais je suis entierement d'accord! Les NON divergent, non pas sur l'idee d'une visibilite europeenne a l'international (seuls quelques ultranationalistes la refusent), mais sur le projet socio-economique de l'Europe.
Alors la solution a cette crise est de proposer une Constitution moins ambitieuse, qui se contente de creer une Europe institutionnelle, avec un President, un ministre des Affaires Etrangeres, peut-etre aussi un ministre du Commerce International, pour negocier a l'OMC
progresser vers une Armee Europeenne, vers la coordination des politiques interieures de securite', etc etc
Car l'attente d'une convergence sociale entre liberistes et socialistes, polluee comme elle l'est pas des rigidites philosophiques et ideologiques, loin du pragmatisme de la politique, risque de geler le processus de formation d'une entite europeenne a l'international.
Une autre cacophonie comme celle de l'Iraq devrait etre evitee, mais comment le faire si on passe encore 10 ans a discuter sur l'economie sociale de marche, le liberisme, l'etatisme?
Laissons a chaque peuple le loisir de choisir et suivre le modele social qu'il souhaite, et approuvons vite une Constitution neutre qui nous permette d'etre protagoniste sur la scene mondiale. Je suis sur que les francais auraient plebiscite un Traite purge de toute reference a l'unification des systemes sociaux.

Ecrit par : hayekFan | lundi, 30 mai 2005

hayekFan

En fait, si je comprends bien, ceci signifierait garder la partie 1 et 2 du traité et évacuer la troisième. Est-ce cela?

Christophe

Ecrit par : christophe Nonnenmacher | lundi, 30 mai 2005

La partie 3 étant la seule à être déjà entérinée, nous ne changerons plus de cap économique à moins vraiment de foutre tout par terre.

Ce traité est bon, c'est la façon de le présenter au Français qui ne l'est pas.

Présenter le libre-échange comme une régression sociale, c'est oublier de leur expliquer que quand il n'y a pas cette liberté, c'est comme en URSS, un prix, pas de profit, pas de capacité de financement du développement et donc stagflation.

Ecrit par : julien | lundi, 30 mai 2005

CHRISTOPHE
C'est cela, evacuer la troisieme partie, et garder les parties 1 et 2 apres les avoir bien nettoyees de toute reference a un systeme social quelconque.

JULIEN
la partie 3 n'est pas, comme vous semblez le croire, un simple aval du liberalisme. La partie 3 precise clairement que l'Europe adopte l'ECONOMIE SOCIALE DE MARCHE, mot technique qui designe le modele ordoliberale de l'Ecole de Fribourg, qui a servi de base pour le modele rhenan applique en Allemagne. On est donc loin du liberisme de l'Europe du Nord, comme des socialismes de l'Europe latine. On est plutot dans un systeme qui a produit un enorme chomage, a cote du plus grand nombre de milliardaires au monde, apres les USA. L'Europe ne peut pas accepter ce modele.

Ecrit par : hayekFan | lundi, 30 mai 2005

Cher Hayek,

Si les USA ont créé "plus grand nombre de milliardaires au monde", je pense toutefois que l'on peut comparer leur modèle à celui des Soviétiques, pour le coup, je préfère aller vivre chez l'oncle Sam. Toutefois, je pense aussi qu'il faut des outils de régulation forts, mais je crois que la TCE les contient.

La TCE est un cadre, si les Européens sont majoritairement pour une économie complètement dérégulée ou régulée, il faudra se plier à ce choix c'est la démocratie. À nous donc d'inscrire ce que nous voulons dans ce cadre.

De plus, je ne pense pas que les tenants du nom de gauche (non souverainiste) puissent prendre le pouvoir et les empires financiers se forment aussi en France aujourd'hui, alors que vont-ils faire, manifester ? Bravo !

Ecrit par : julien | lundi, 30 mai 2005

JULIEN
Justement, le TCE contenait des outils de regulation qui etait juges insuffisants par le Francais, et excessifs par les Anglais.
Si on veut avancer avec l'Europe, il faut renoncer a installer ces outils au niveau europeen, et les laisser aux Etats, qui les appliqueront de facon differente de pays a pays.
Si on doit attendre qu'on soit d'accord a 25 sur les outils de regulation a inscrire a la Constitution, on fera l'Europe dans un siecle, et encore..

Ecrit par : hayekFan | lundi, 30 mai 2005

Il y a peut-être 25 ou 30% des Français qui ont jugé insuffisants ces outils, 20 ou 25% qui ont jugé qu'ils voulaient rester Français, 5 ou 10% qui rêvent de faire la révolution pour prendre le pouvoir et 45% de la population qui voulaient faire avancer l'idée européenne.

Je trouve l'équation moins manichéenne que vous le dites !
Hayek

Ce que ce referendum a démontré c'est que les Français en avaient assez d'être pris pour des imbéciles à qui l'on fait des promesses sans les tenir.

Faire avancer l'Europe c'est changer toute l'équipe aux affaires, c'est nettoyer le parti socialiste et l’UMP, c'est trouver une nouvelle classe politique de gauche comme de droite, jeune, proeuropéenne et si possible pas énarque !
La cinquième république doit tourner la page et les dinosaures disparaîtres afin que nous puissions à nouveau rêver à de vrai projet, qui je le pense ne pourront passer que par l'Europe !

Ecrit par : julien | lundi, 30 mai 2005

Hayek,
Effectivement ce serait plus facile de depeçer un peu le traîté de toutes ces références à une économie sociale de marché qui rendent les négociations européenne et la ratification du traité plus complexe.
Enfin ceci dit, il est un peu illusoire de prétendre élaborer une politique étrangère et commerciale commune sur la scène internationale sans en passer par une harmonisation et intégration économique et fiscale au préalable. Comment imaginer une négociaition à l'OMC si les niveaux de dévelopment des pays membres et leurs priorités en terme d'inflation, de taux de croissance et taux de chômage ne sont pas les mêmes ?
Aujourd'hui ces différences entre les pays européens rendent la politique monétaire de la BCE intenable : d'un côté des pays comme l'Irlande, l'Espagne ou la Finlande dynamiques avec peu de chômage et de l'autre l'Allemagne et l'Italie qui stagnent ou s'enlisent. Qui favoriser ? Baisser ou maintenir le niveau des taux d'intéret ?
Non, la solution est nécéssairement dans l'intégration des économies et notamment du secteur des services. Ce qui implique une forme d'harmonisation fiscale et l'intégration d'un marché du travail commun... à plus ou moins long terme.

Ecrit par : Pauvre Victor Hugo | lundi, 30 mai 2005

Lecteur, Foxapoildur

Concernant Acrimed, l'information n'est en rien une "affirmation imprécise". Mon job n'est pas de rapporter des fantasmes mais des faits. Je pourrais donner un nom mais par respect pour cette personne j'estime ne pas avoir à la mentionner à sa place. Elle a préféré ne pas en faire débat, je respecte cette position. Tout ce que je peux dire est qu'elle est spécialiste des questions européennes et travail sur le service public, celui-là même qui est sensé informer le public. Acrimed la bien pensante a juste fait campagne contre ce journaliste. Résultat: silence radio obligé. Les pressions ont porté en haut lieu. Dommage, les citoyens ont perdu de ce fait une riche expertise qui aurait pu apporter un peu de clarté au débat.

Christophe

Ecrit par : christophe Nonenmacher | mardi, 31 mai 2005

PAUVRE VICTOR HUGO

Regardez donc les USA: il n' y a aucune harmonisation fiscale, il y a des etats pauvres comme l'Alabama, l'Oklahoma et Iowa d'autre riches comme le Texas, New York et Californie.. la bas aussi le chomage est inegal..
Et pourtant ils sont bel et bien une nation, avec une politique etrangere de caractere.

Inutile de baisser les taux en Europe: Allemagne et Italie s'enlisent non pas par manque de liquidite, mais parce que personne ne veut investir avec le cout du travail trop important: si vous baissez les taux les entrepreneurs vont emprunter pour investir en Europe de l'Est. La France est mieux lotie seulement a cause de l'importance de l'investissement de l'Etat.

L'harmonisation fiscale est impossible tant qu'il y aura des Etats souverains, et certainement pas souhaitable: vu la puissance excessive des grands Etats au sein de l'Europe (non respect de Maastricht, occupation de tous le postes cles..), l'harmonisation se traduirait dans une hausse generalisee des impots dans les petits pays, et on perdrait de ce fait les tres peu d'economies dynamiques qu'on a en Europe.

Ecrit par : hayekFan | mardi, 31 mai 2005

Je confirme ce que dit Christophe au sujet d'Acrimed, je sais qui est la personne concerné.

D'autre part et comme j'ai déjà pu l'écrire à Christophe, il n'y a rien d'étonnant à ce que les Français éliraient Nicolas Sarkozy comme Président puisque c'est le seul aujourd'hui à faire réellement de la politique. Il suffit de se rappeler quel est le rôle d'un représentant politique et de comparer... Je pourrai aisément l'expliquer si le sujet intéresse. Beaucoup trop l'ont oublié, enfermés qu'ils sont dans leurs habitudes. Pas lui, pas encore. Quant à ses convictions libérales, elles seraient rejetées par une majorité de Français comme l'a été ce Traité. Il se retrouve sur le devant de la scène par défaut, comme Jacques Chirac en 2002.

Ecrit par : Djiddy Pibbee | mardi, 31 mai 2005

Hayek,

La Suede, La Finlande et le Danemark sont parmis les économies les plus dynamiques d'Europe - laissons ici de côté les pays en rattrapage dont les enjeux ne sont pas les mêmes- et pourtant ce sont aussi les pays qui ont les taux d'imposition les plus élevés au monde (du moins impôt sur les revenus) et l'Etat Providence le plus généreux.

Le fait est que le déterminant principal du dynamisme économique n'est plus tant la flexibilité des marchés et notamment celui du travail (si on accepte de payer le coût social qui y est associé: les 5% de chômage américain cache des disparités de revenus, de productivité et de dévelopment criantes) que la capacité d'une économie ou d'un région à innover et à intégrer les domaines d'activité à plus forte valeur ajoutée.
La coordination des politiques des acteurs privées et publiques à tous les niveaux de la chaîne de valeur (avec les universités au centre, comme relai) devient donc fondamental. Si la Scandinavie s'en sort pas mal c'est en fait parce que les gouvernements ont su prendre la mesure des changements de nature de la croissance, une croissance endogène, et s'adapter en transformant leur pays en "Silicon Valley" bis (enfin, presque).

Pendant ce temps et de manière symbolique, la France se focalise sur la PAC, instrument archaïque d'une économie qui n'existe plus. Les sommes qu'elle monopolise pourrait être investies dans la R&D, l'établissement de clusters, qui sont les garant de nos emplois et revenus de demain. Mais il faut un minimum de courage politique pour dire aux français ce que celà implique...

Ecrit par : Pauvre Victor Hugo | mardi, 31 mai 2005

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