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mardi, 21 juin 2005
AFFAIRE BOUZIANE: LA CHARIA SERAIT-ELLE SUPERIEURE AUX LOIS FRANCAISES ET EUROPEENNES ?
Les propos de l’imam Bouziane au journal LyonMag, réitérés lors de l’Instruction, déclarant que le Coran autorisait à battre la femme infidèle, ont été considérés par le Tribunal de Lyon comme l’expression du droit à la liberté religieuse ! Le jugement a été curieusement motivé par un compte-rendu exhaustif des différentes lectures du Coran, même celle de Qaradawi, président du Conseil européen de la fatwa. L’imam étant interviewé en tant que religieux, le Tribunal a considéré comme normal qu’il cite sa religion. Il aurait été tout aussi normal que les magistrats, qui doivent dire la loi, réaffirment qu’aucune justification ne peut être alléguée pour inciter à un acte délictueux, même par voix de presse. Le Tribunal, désavouant le magistrat instructeur et le Parquet, a donc relaxé l’imam Bouziane en fonction de l’article 9 et 10 de la Cour européenne des droits de l’homme, sur la liberté de religion et la liberté d’expression, ne tenant aucunement compte de la protection des droits et liberté d’autrui affirmée dans ces mêmes articles qui limitent évidemment l’expression de la religion lorsqu’elle appelle à la violence.Nous ne sommes pas dans l’exercice privé du droit d’exercer sa religion mais dans l’atteinte à la liberté d’autrui, les femmes en l’occurrence. Cela signifierait-il que les hommes musulmans seraient autorisés à battre leur femme et que les femmes ayant épousé un musulman devraient accepter les châtiments corporels pour prouver qu’elles sont bonnes musulmanes ? Cette loi permettrait-elle la répudiation, la polygamie, le jihad et la condamnation de l’homosexualité ? Stupéfaite par ce jugement, l’association « Regards de femmes » a immédiatement interjeté appel. Pour elle, les violences envers les femmes sont intolérables. Elles ne sauraient être justifiées sous prétexte religieux. Le Ministère public avait justement requis une peine sévère. Il serait choquant qu’il ne fasse pas appel de la décision.
Michèle Vianès est conseillère municipale déléguée à l’égalité hommes/femmes de Caluire
20:15 Publié dans CULTURES & RELIGIONS, DROIT & JUSTICE, MICHELE VIANES | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Women









Commentaires
Dans cette affaire, il y' a eu quelque part une injustice.
Cet immam a été expulsé pour avoir dit ce qui est écrit dans le coran.
Ce qui est ecrit dans ce livre concernant les femmes, ce n'est pas lui qui l' a ecrit.
Plutôt que de s'attaquer aux questions de fond, on a préféré s'attaquer à l'individu.
Il faut avoir le courage de dire les choses telles qu' elles sont : Le coran est-il compatible avec la démocratie ?
Je pense que les juristes et les theologiens doivent se pencher serieusement sur la question pour la trancher une fois pour toute.
Ecrit par : Mohand CHELLI | mercredi, 22 juin 2005
Il existe il me semble un ensemble de lois concernant les discriminations.
A chaque dérapage, il se trouve quelqu'un pour nous expliquer que nous ne sommes pas allé assez loin.
Les écrits civils ou religieux doivent être jugés à l'aune des textes en place. Si des magistrats excluent du champs d'application des lois sur la discrimination toute la litterature sacrée, qu'en sera t il lorsqu'il s'agira de textes issus de religions marginales ou sectaires.
Que le Coran indique certaines pratiques qui ne sont recevables chez nous c'est un fait et nul ne peut demander l'obligation de l'expurger. Lorsqu'un imam, un rabin ou un prêtre explique un texte sont-ils certains que leur auditoire est homogène ?
La parole d'un "saint homme" peut apporter réconfort et réflexion comme elle peut apporter le conflit ou la guerre.
La seule chose qui me semble ne doit pas porter à discussion concerne l'intégrité physique et morale des personnes quel que soit leur sexe, age et origine. Mais je crois que nous avons déjà un arsenal juridique à notre disposition .... Aux magistrats de l'appliquer
Ecrit par : Jbenard | mercredi, 22 juin 2005
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