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mardi, 18 octobre 2005

L’EURODISTRICT MET CALIMERO AU TAPIS

Hier. 17 octobre 2005. A l’Est, du nouveau. De quoi, peut-être, surprendre le romancier François Ruegg. De quoi certainement imaginer que la politique n’est peut-être pas aussi immuable qu’on le dit. L’histoire ne se passe pas au sein de l’un de ces «méchants» nouveaux pays membres de l’Union. Pas plus qu’elle n’a de lien avec le célèbre plombier polonais. Non, elle se déroule ici, à la frontière franco-allemande, où vient d’être signée la première Convention eurodistrict entre la Communauté urbaine de Strasbourg et les anciennes villes ennemies de l’Ortenau. Soixante ans après la fin des combats, cet ensemble de collectivités a décidé de s’unir. De couler les fondations d’une zone binationale. De (ré)initier une forme de « petite » construction européenne, loin des couloirs obscurs de la «grande» de Bruxelles et de ses petits meurtres entre amis. Certes, le texte manque encore d’inspiration, de projets concrets, de transparence. Certains ont signé «le stylo entre les dents». Mais l’acte notarié est bel et bien là et pourrait, en cas de succès, donner naissance à 41 autres eurodistricts en Europe, si l’on en croit les propos que tenait Claudie Haigneré alors qu’elle était encore ministre française des affaires européennes.
 
L’intérêt de la chose ? Substituer à la coopération transfrontalière de papy-mamie un axe de développement communément réfléchi et partagé : sur le plan fiscal, des transports, de la santé, des langues, de l’enseignement et de la formation… Tout en y intégrant les citoyens, ces petits êtres grincheux que leurs élus n’écoutent véritablement qu’en période électorale ou lorsqu’ils occupent les bancs douillets de l’opposition. Pourtant traditionnellement conservateurs et plus proches de Calimero que du conquérant Vickie le Viking, les Strasbourgeois et leurs homologues allemands semblent au moins avoir compris cela. Compris que la grande machine Shadock devait être dépoussiérée. A ceci près que la compréhension ne suffira pas. Elle devra être suivie de faits. En intégrant réellement à l’entreprise les citoyens et le secteur privé. En n’en faisant pas une fois de plus de simples cautions mais des partenaires. C’est uniquement à ce prix que la coquille eurodistrict signée hier se remplira de jaune et de blanc pour donner naissance à un ensemble cohérent, à même de redonner un peu de sens et de panache au politique.

 

Kai Littmann est président du Forum citoyen eurodistrict

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