vendredi, 04 novembre 2005

BRUXELLES ENQUETE SUR LES PRISONS SECRETES DE LA CIA

La lutte contre le terrorisme doit être efficace sans que nous ne reniions les valeurs que nous défendons. Cela a été dit et redit dans les institutions européennes. La Commission en tire la leçon concrètement sur un cas précis: elle a annoncé l'ouverture d'une enquête sur la possible existence de prisons secrètes de la CIA dans l'est de l'Europe. Les gouvernements des vingt-cinq Etats-membres seront interrogés sur ces accusations, a prévenu Friso Roscam Abbing : «Nous devons découvrir ce qui s'est exactement passé. Nous avons tous entendu parler de cela. Maintenant, nous devons vérifier si c'est confirmé». Et le porte-parole de l'Union d’indiquer que de telles prisons controviendraient à la législation européenne sur les droits de l'Homme.

 

Le Washington Post a quant à lui rapporté que la CIA interrogeait certains des responsables d'Al-Qaïda - les plus importants - dans une prison secrète datant de l'époque soviétique en Europe de l'est. Ce centre de détention fait partie d'un système carcéral clandestin créé par l'Agence centrale américaine de renseignement (CIA), qui aurait compté à certains moments des sites dans huit pays, dont la Thaïlande, l'Afghanistan, plusieurs Etats d'Europe de l'Est et, bien sûr, le petit centre sur la base américaine de Guantanamo, à Cuba, (qui n'est pas «secret»). Ce réseau de détention, créé il y a près de quatre ans, serait, toujours selon le Washington Post, un élément-clé de la guerre non conventionnelle des services secrets américains contre le terrorisme. Selon l'agence Associated Press, le conseiller à la sécurité nationale Stephen Hadley a refusé de confirmer ou d'infirmer les allégations du quotidien mais a assuré que le président George Bush «avait été très clair sur le fait que les Etats-Unis ne tortureraient pas». «Les Etats-Unis mèneront leurs activités dans le respect de la loi et des obligations internationales», a-t-il affirmé. Pourquoi alors ce «secret», dans ce cas ? A l'enquête européenne de le révéler. On ne défend pas l'état de droit en piétinant le droit...

 

Daniel Riot est journaliste

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