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vendredi, 04 novembre 2005
LA JEUNE GARDE DU SPD FLINGUE A TOUT VA
Décidément, l’Allemagne n’en finit plus de ne pas se remettre des résultats des dernières législatives. Alors que gauche et droite poursuivent péniblement leur longue marche vers la constitution d’une grande coalition socialiste-conservatrice (Mitterrand aurait aimé…), le parti du chancelier sortant, le SPD, a tout bonnement décidé de virer ses «vieux» ! Là, comme ça. Sans ménagement. De quoi profondément agacer (on imagine) des papys flingueurs qui avaient, tout au long de ces dernières années, pris bien soin de tuer dans l’œuf toute velléité (même passagère) de leurs petits. Exit donc la génération Schröder-Müntefering, et bienvenue à celle des Platzeck-Heil. Bon, forcément, vu sous l’aspect linguistique, la chose n’émeut peut-être pas les foules et n’aide pas à la compréhension de ce micro-séisme, mais la chose est suffisamment étonnante pour retourner une partie de l’Allemagne au moins. Car si Matthias Platzeck, actuel Premier ministre du Land de Brandebourg et nouveau «leadsinger» du SPD, ne peut décemment être qualifié de poussin politique avec ses 51 ans bien tassés, il n’en va pas de même de Hubertus Heil qui, à 33 ans, occupe le poste de député de Basse-Saxe. Quant à l’autre «chicken running», Andrea Nahles (35 ans et issue de la région de Coblence), celle là même qui vient de provoquer la démission de Franz Müntefering de la direction du SPD, elle a pour sa part «préféré» se retirer de la course aux postes… au plus grand bonheur d’un Platzeck qui voit là l’occasion de porter un peu plus loin encore son triomphe.
Reste qu’au-delà des petits meurtres entre amis, la question qui se pose est celle de l’opportunité de cette injection de sang neuf au sein du SPD et surtout de celle de son timing. Réponse : très probablement opportune, tant la «poussée jeune» se faisait insistante et ses leaders prêts à jeter l’ancre vers des terres plus accueillantes en cas de surdité prolongée des papy-boomers-flingueurs… en emportant (tant qu’à faire) avec eux le peu d’héritage de gauche restant et durement acquis par le SPD au cours des ans. Car outre par leur âge, les jeunots se distinguent par un engagement particulièrement ancré à gauche et pourraient, qui sait, peut-être, réussir là où leurs aînés ont échoué : en réalisant la synthèse entre un SPD réconcilié avec ses valeurs historiques et la Gauche d’Oskar Lafontaine et de Gregor Gysi, ainsi qu’avec les Verts de Fritz Kuhn et Joschka Fischer.
Reste que le SPD ne sort pas seul meurtri des dernières législatives anticipées. Car si le séisme enregistré à cette occasion a eu des conséquences à gauche, il en a également eu à droite. Ainsi, le chef de la CSU (la variante bavaroise de la CDU), Edmund Stoiber, a fait savoir qu’il n’entrerait finalement pas au cabinet berlinois dans un tel contexte chahuté. Difficile déjà de faire alliance avec le SPD, mais un SPD «implosé» relevait visiblement, pour celui qui compte désormais se consacrer uniquement à sa fonction de Premier ministre de Bavière, du défi insurmontable. Une gifle, donc, à la coalition en construction, mais aussi (et par conséquent) à Angela Merkel que Stoiber isole et qui perd, en sa personne, certes son meilleur «ennemi» à droite mais également son plus sûr soutien conservateur dans ce que beaucoup qualifient déjà de «gouvernement de gauche présidé par une chancelière de droite». Une alliance déjà peu évidente à construire, que les derniers changements à la tête du SPD pourraient, dans un tel contexte, bien encore compliquer, rien n’assurant Angela Merkel que les jeunots de gauche n’aient pas envie de revêtir leur habit de «born killers».
Kai Littmann est président du Forum citoyen eurodistrict
15:35 Publié dans KAI LITTMANN, RELATIONS INTER INSTITUTIONNELLES | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Europe









Commentaires
> tant la «poussée jeune» se faisait insistante et ses leaders
> prêts à jeter l’ancre vers des terres plus accueillantes en cas
> de surdité prolongée des papy-boomers-flingueurs
Génial :D
Bon et en France on attend quoi ? Une révolution ?
Ceci dit ce qui se passe en Banlieue en France est peut être le début d'une révolte "jeune" menée par la classe la plus défavorisée et la moins canalisable.
Comme chef d'entreprise "jeune" (j'ai 40 ans ;) je ressent comme tous les Français cette aristocratie, ce système viellisant.
Quelqu'un disait que la France était comme une petite URSS qui aurait réussit (c'était un propos datant de plusieurs année). Bon pour le début de la phrase c'est vrai tant notre nomenclatuira politique et médiatique semble sortir d'un film des années 50.
Pour "la réussite" on repassera. La révolte des "jeunes" n'est pas loin :
http://www.blogwaves.com/2005/11/quand_les_jeune.html
Ecrit par : ~laurent | vendredi, 04 novembre 2005
tant qu'on continue à avoir des hommes et des femmes politiques qui seraient trop vieux pour travailler dans le privé pour cause de dépassement de l'age limite, tant cette "révolte" se fera pressante. j'espère seulement que cela puisse se passer partout de la même façon qu'en allemagne, où ce changement a toutefois été apporté par un processus démocratique.
tant qu'il y a de l'espoir... ;-)
Ecrit par : kai | vendredi, 04 novembre 2005
Un ami allemand me disait que la France sera peut être le lieu du renouveau démocratique :
si on a besoin d'une révolution en Europe, on a gardé les plans :)
PS : je souhaite pas la "Révolution" sauf que si il faut construire une nouvelle maison, il faut parfois raser la précédente, si les fondation sont vermoulues.
Le système financier Français, Européen et Mondial est rongé de l'intérieur :
- les banques Chinoise émettent de "fausse" monnaie
- le budget Américain tient par la peur du vide
- l'Euro est assis sur une montagne de dettes.
Tout ça tient comment ? ça s'appelle l'équilibre de la peur : tout le monde se tient sur la barbichette, le premier qui rira ...
Mais le système démocratique c'est pas terrible non plus.
Je te laisse 2 citations :
" La génération des jeunes d'aujourd'hui va vivre une époque extraordinaire, puisqu'elle va devoir assumer la fin d'un monde. L'énergie pétrolière va se raréfier, tout le système économique sera à réinventer, il faudra comprendre et faire face aux changements climatiques, à des choix de société liés aux biotechnologies… Ils ne vont pas chômer ! Ce qui m'affole, c'est qu'ils y soient si peu préparés… " Dixit le scientifique Pierre-Henri Gouyon. Les spécialistes de nombreux pays développés observent une désaffection pour les matières scientifiques ces dernières années. Le constat est inquiétant car les scientifiques de demain prépareront les solutions d'après-demain. (Télérama, 26/10/05)
Je rajouterai ceci :
"la jeunesse et les jeunes ont la passion nécessaire, la pureté nécessaire pour faire la révolution" (Jean-Paul Sartre repris d’une Interview d’Hugo Chavez parue dans Marianne cette semaine)
Ecrit par : ~laurent | vendredi, 04 novembre 2005
Mon vote "non" lors du référendum pour le TCE était basé sur le fait que notre "caste" politique française actuelle ne devait pas aller provoquer les mêmes dégâts au niveau européen qu'elle a provoqués dans le pays.
Les évènements actuels ne me contrediront pas, malheureusement. En effet, comment vouloir s'intégrer dans une entité supra-nationale lorsque nous ne sommes même pas capables d'assimiler notre propre émigration ?
La nouvelle génération ne se pose déjà plus la question de savoir s'ils sont européens ou "nationaux". Pour eux c'est une évidence.
En prenant petit à petit les rênes des partis et des pouvoirs c'est eux qui vont amener l'Europe à une Europe des peuples et non de la bureaucratie archaïque. L'Allemagne, si ce phénomène se poursuit, inaugure ce renouvellement.
Il faut souhaiter que cela se produise aussi en France, ainsi le couple franco-allemand jouerait de nouveau son rôle européen.
Nos jeunes ont beaucoup moins que nous les notions de propriété, d'invidualisme sans partage. Les anachronismes nationaux s'estomperont peu à peu pour une révolution du partage. L'Internet en est un parfait exemple, il n'y a qu'à voir le nombre de sites coopératifs et leurfréquentation.
Nous y sommes bientôt, c'est là, devant nos yeux, au bout de leurs doigts et sous peu entre leurs mains. Les vieilles gardes s'accrochent encore et de plus en plus fort mais elles n'ont jamais compris qu'elles étaient à coté des nouveaux chemins de la communication et du savoir.
Il y encore peu au regard de la construction européenne on parlait de conflits de générations alors qu'une seule les séparait. C'était par exemple le cas en 68. Entre un Chirac ou un VGE et mon grand qui votera en 2007 il y a 60 ans d'écart...
Comme je l'ai déjà écrit ailleurs, j'ai confiance.
Ecrit par : José | vendredi, 04 novembre 2005
Pffff Laurent, tu m'as coupé l'herbe sous le pied... ;)
Ecrit par : José | vendredi, 04 novembre 2005
100% d'accord avec josé.
Nous (les jeunes) on ne poura bientôt plus dire que nous n'avons pas l'Europe que nous voulons. Dans pas longtemps nous aurons le pouvoir, lorsque Chirac, Giscard et autres Jospin ne seront plus là. Il est temps.
José ceci devrait t'intéresser dans le monde du jour :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3232,36-706556,0.html
"Un petit Mai-68 des banlieues
..
Fin de règne, président contesté dans son camp, émergence d'un favori de la majorité, pour succéder au monarque vieillissant, révolte de jeunes, cela ne rappelle-t-il rien ? Bien sûr, les différences entre les violences qui ont éclaté dans certaines villes de banlieue et les prodromes des événements de mai 1968 sont écrasantes. Les révoltés ne sont pas des étudiants, issus des différents étages de la bourgeoisie française, mais des fils et petits-fils d'immigrés, relégués aux marges de la société, souvent chômeurs, généralement sans formation. Ils inspirent davantage la peur que la sympathie, même si une partie de l'opinion comprend ou devine la détresse dans laquelle beaucoup d'entre eux se débattent. Il y a parmi eux des voyous inquiétants. Leur message est sommaire, sinon inexistant.
N'y a-t-il pas, pourtant, dans ces émeutes qui semblent ne se répandre que par contagion, sans organisation ni consignes, le ferment possible d'une prise de conscience ? Plus de vingt ans après les marches des Beurs, qui avaient exprimé la protestation des jeunes Français d'origine arabe et africaine contre les obstacles mis à leur intégration, on peut considérer les échauffourées de Clichy-sous-Bois, Montfermeil, La Courneuve et ailleurs comme une nouvelle preuve de la disparition des repères politiques. Les insurgés d'aujourd'hui n'ont pas d'autre horizon que la répétition de bastons sans autre fonction que d'extérioriser leur mal-être. Cette "canaille" -là, à la différence de celle que chantaient les révolutionnaires de la Commune, n'a ni mémoire ni rêves.
Mais il est possible aussi qu'à leur manière ces révoltés – ou une partie d'entre eux – trouvent le chemin d'une revendication et d'une ambition qui les fassent passer du statut d'objet d'étude sociologique à celui de citoyens."
Ecrit par : ~laurent | vendredi, 04 novembre 2005
La fin de l'article, c'est un peu le sens de la lettre ouverte que j'ai publiée sur l'espace que dédié aux jeunes sur le site de mon association :
http://juventus.laecite.org/index.php/juventus/lettre_ouverte_aux_auteurs_des_violences_urbaines/
Lettre qui a été aussi reprise sur AgoraVox en Tribune libre.
Ecrit par : José | vendredi, 04 novembre 2005
tout pareil ... que josé :)
Ecrit par : ~laurent | vendredi, 04 novembre 2005
laurent et josé, vos commentaires me font chaud au coeur ! je pense comme vous que la vieille caste politique s'accroche, et en même temps, nous ne sommes pas loin du but, josé, je sens cela comme toi. il est vrai que beaucoup d'impulsions pour une europe plus humaine puissent être données par le couple franco-allemand et il est également vrai que rien n'est gagné, sauf l'espoir. il ne faut pas lacher, quoi. et espérer que les éruptions de violence actuelles qui ciblent tout un état de choses puissent cesser. nous n'avons pas besoin de peupler les prisons de jeunes qui en fin de compte ont simplement marre du monde tel qu'on le leur présente aujourd'hui. l'avenir doit être un avenir du vivre-ensemble ou il sera totalitaire. le grand danger est là.
mais on va tous y arriver.
Ecrit par : kai | vendredi, 04 novembre 2005
> mais on va tous y arriver.
Bien sure qu'on va y arriver :D.
Je te laisse un autre petit quelque chose qui va te faire plaisir. ça s'appelle le mur. Je l'ai écrit pour ma petite fille qui est franco-allemande et elle vient d'avoir 7 ans :
_______________
Le mur
Un jour ton arrière grand père est parti en Russie pour faire la guerre.
Il faisait très froid. Il est mort la bas.
Dans le pays de ta maman il y avait un mur, et à cause de ce mur
des grand-mères et des petites filles ne pouvaient plus se voir.
Un jour, bien avant que tu sois née, des hommes ont cassé ce mur.
Les grand-mères ont pu retrouver leurs petites filles.
Quand je revoie à la télévision des images de ce jour de 1989,
je pense à ta maman, je pense à toi et un frisson me traverse.
Je suis fière de ce qu’ont fait les hommes.
Je me dis que finalement il se passe de belles choses.
Les frontières entre le pays de ta maman et ton papa n’existent plus.
Parce que tu sais, à cause des frontières, il y bien longtemps,
on faisait la guerre avec les Allemands.
Un jour tu verra tomber d’autres murs et tu sera fière toi aussi
de ce qu’ont fait les hommes.
__________
Passe un bon WE :)
Ecrit par : ~laurent | vendredi, 04 novembre 2005
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