dimanche, 15 janvier 2006

COMMENT MIEUX COMMUNIQUER SUR L’EUROPE ?

Cette question souvent éludée avant le 29 mai est désormais au cœur des réflexions engagées par les décideurs publiques français. Il est vrai que la dernière campagne référendaire a montré les limites d’une communication souvent décalée dans le temps et dans le ton. Dans le temps, tout d’abord, car outre les respirations électorales des «européennes», il a toujours été de bon ton au sein des états majors politiques d’éviter les sujets qui fâchent au nombre desquels les sujets européens…Par ailleurs, le ton des campagnes d’information lancées par les mouvements pro ou anti-européen a toujours été celui de la glorification ou de la diabolisation or chacun sait aujourd’hui que la réalité est beaucoup plus complexe. Le cumul de ces deux biais de communication a réussi, lentement mais sûrement, à détourner les Français de toute forme de communication institutionnelle quelle qu’elle soit. Heureusement, il les a aussi incités à s’informer par eux même soit en achetant des livres de vulgarisation consacrés aux affaires européennes, soit en surfant sur les nombreux sites et blogs dédiés aux thématiques européennes sur le net. Cette deuxième source d’information, trop longtemps négligée par les pouvoirs publics, joue désormais un rôle majeur dans la structuration des opinions. Dans le cas du referendum, Internet a incontestablement donné du sens aux ressentis positifs ou négatifs des français à l’égard du traité constitutionnel.

 

En réalité, Internet a réintroduit, le temps de la campagne référendaire, la dimension temporelle qui fait traditionnellement défaut aux questions européennes car si chacun sait comment suivre les cours de la bourse en temps réel, qui  peut  se vanter d’être en capacité d’afficher sur son écran d’ordinateur l’historique commenté d’un texte communautaire adopté ou en cours d’adoption ? Cette incapacité conjuguée à la technicité des sujets rend, d’une manière générale, l‘Europe peu intelligible aux non-initiés d’autant que les initiés - ou supposés tels -  ne sont pas toujours de très grands communicants….Quant aux relais d’information, financés par l’Union Européenne, la multiplicité des réseaux et l’hétérogénéité de leurs  structures n’ont malheureusement jamais vraiment contribué à leur efficacité. Si on ajoute aux deux biais précédemment cités, le biais culturel français qui consiste à toujours analyser l‘activité européenne sous un angle idéologique, centré sur l’acceptation ou le rejet du libéralisme, chacun comprendra aisément que communiquer sur l’Europe est devenu, au fil du temps, un exercice de haute voltige ! Pourtant, il va falloir s’y essayer car manifestement l’Europe s’est invitée, le 29 mai dernier,  au cœur de la prochaine élection présidentielle. Aussi, est-il urgent de redonner la main à la société civile et d’objectiver le discours européen en utilisant toutes les ressources offertes par les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Ne pas le faire serait ignorer les nouvelles exigences des français en matière d’information européenne…

 

Xavier Grosclaude est responsable du Développement de Fenêtre sur l’Europe

Trackbacks

Europe : faire de la pédagogie ?

L'rticle intitulé Comment mieux communiquer sur l’Europe écrit par Xavier Grosclaude (Europeus) est intéressant : « Dans le cas du referendum, Internet a incontestablement donné du sens aux ressentis positifs ou négatifs des français à l’égard du trai...

Trackback par : Laurent Bervas | mardi, 17 janvier 2006

Commentaires

L Europe n est pasun produit a vendre mais des destins à estimer et a partager.

Parlons d Europe en terme de Libertes nouvelles.

Il y a une competition en matiere d impots entre les Etats ee Europe, pourquoi n y aurait il pas une competition democratique.

Quel sera le premier etat qui donnera de Droit de vote a ses europeens pour toutes ses elections.

Ecrit par : unionsbuerger | dimanche, 15 janvier 2006

Je pense en effet qu'il est temps de faire "redescendre" le discours Européen vers les gens (la société civiles), et en cela internet comme "outil de débat en temps réel" est idéal.

je pense qu'il faut s'attendre à d'ENORMES résistances de la part de tous les tenant du système politico médiatique : les journalistes de télé, les hommes politiques installés ne laisseront pas filer une partie de leur pourvoir facilement.

Cependant la rupture se fait déjà, Europeus et tous les sites interactif et alternatifs vivent.

Je pense qu'il faut aussi simplifier le discour et (re)faire la pédagogie de l'Europe. A quoi cela sert de parler des dernière élection polonaise alors que l'on se pose aujourd'hui la question de l'avenir de l'Europe. Attention quand je dis "simplifier" cela ne veut pas dire apauvrir, c'est simplement trouver les angles qui permettent au plus grand nombre d'être intéressés.

Petit question a un spécialiste : EUROPEUS peut peut être prétendre à des fond Europeen au titre justement de paticiper au débat Européen ?

Ecrit par : ~laurent | lundi, 16 janvier 2006

Laurent,

Pour ma part je n'y suis pas trop favorable Laurent. Je n'ai pas envie d'aller mendier de l'argent tous les six mois auprès de l'Union :-) Ni même de remplir des dossiers de 30 pages. Si des partenariats doivent un jour se faire (ce qui n'est pas prévu pour l'heure) ils se feront de préférence avec le secteur privé et dans un cadre bien précis.

Christophe

Ecrit par : christophe Nonnenmacher | lundi, 16 janvier 2006

> Pour ma part je n'y suis pas trop favorable Laurent.
> Je n'ai pas envie d'aller mendier de l'argent tous les six mois auprès de
> l'Union :-) Ni même de remplir des dossiers de 30 pages

Je pense que tu devrais quand même reagrder dans cette direction :

1) il y des cabinet spécialisé dans le domaine pour "remplire les dossiers".
2) avoir un financement europeen donne de la cédbilité a des partenaires privé (surtout si tu leur dit que tu n'a pas de fiancement parce que ça te gonfle de de remplir ... ça fait pas sérieux non ?)
3) si tu as des sous tu peux venir au Maroc et au Mali trouver des partenaire ;)

Ecrit par : ~laurent | lundi, 16 janvier 2006

Je suis bien d'accord avec votre analyse, et il convient d'accroître fortement la communication européenne, voir de la faire naître enfin !
Un moyen serait la création d'une rédaction européenne répartie à travers les vingt cinq états européens (que nous cesserons d'appeler états membres comme si dire européens occasionnait une gêne) et qui aurait comme mission l'invention d'un journal européen des faits du quotidien.
Ce journal pourrait être encarté par exemple, dans un premier temps, dans divers quotidiens européens d'informations générales, au hasard "le Monde" français, la "Frankfurter Allgemeine Zeitung" allemande etc.
Le financement serait européen et les fonds versés par la Commission qui permettrait à un groupe pionnier de journalistes de parler des citoyens, de notre vie de tous les jours, de nous faire découvrir les uns les autres à travers mille sujets d'informations, de susciter un sentiment d'appartenance commune à notre continent, un rêve, une culture européenne…

Juste une petite chose. Dans l'article je lis : "qui peut se vanter d’être en capacité d’afficher sur son écran d’ordinateur l’historique commenté d’un texte communautaire adopté ou en cours d’adoption ?"
Je ne suis pas sûr que, pour ce qui est la législation française, les gens sauraient afficher sur leurs ordinateurs l’historique commenté d’un texte parlementaire adopté ou en cours d’adoption !
C'est souvent une question d'intérêt à informer et à rechercher l'information, mais il ne faudrait pas que le lambda français vienne s'impliquer dans la compréhension du droit, de peur de mettre la pagaille dans les procédures de décisions en cours. Qu'en serait-il d'un référendum sur la constitution française ?

Ecrit par : Aimé | lundi, 16 janvier 2006

@Aimé

Tout à fait d'accord avec vous. Les médias sont les plus forts, sinon les seuls, créateurs de sentiment national. C'est donc par les médias, traditionels ou neufs, que peut se développer un sentiment européen. Je trouve dommage par exemple que les radios et les télés des "grands" pays ne diffusent pas plus d'artistes ou de films produits ailleurs dans l'Union. (Il me semble que les pays plus petits ont un modèle culturel qui se réduit moins à l'addition culture nationale+américaine.)

C'est d'ailleurs très ironique de constater que les deux seuls quotidiens à avoir une diffusion et une vision vraiment pan-européenne soient le WallStreetJournal Europe et l'International Herald Tribune, tous deux américains.

Ecrit par : nico. | lundi, 16 janvier 2006

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