samedi, 21 janvier 2006

UNION EUROPEENNE : COMMENT RELANCER LE PROJET ?

Optimiste de nature, je veux croire que le processus de construction de notre Union marque une pause et que la machine n’est pas définitivement bloquée. Les conditions pour relancer la dynamique européenne sont nombreuses et nous ne pouvons pas faire l’économie de les regarder avec courage et lucidité avant d’entreprendre quoique ce soit. Trois de ces conditions me paraissent essentielles pour repartir sur des bases saines. D’abord, et avant tout, dédramatiser le débat français. Le résultat du référendum du 29 Mai a créé les conditions d’une cassure plus profonde qu’on veut bien le dire dans notre pays. Partisan du oui, j’avoue bien sincèrement que mon ressentiment vis-à-vis de ceux qui portent la responsabilité d’un arrêt brutal dans la construction d’un de mes rêves, aussi imparfaite fut elle, est un élément important. Je ne discute en rien leur liberté de choix mais je m’interroge sur le bien fondé de celui-ci. Inutile de réécrire l’histoire. Je veux être un homme de bonne volonté et dépasser mes émotions pour avancer sur le chemin européen. Mais cette attitude ne m’empêche pas d’avoir quelques exigences vis-à-vis de ceux qui ont arrêté le processus. Et la première de celles-ci est de leur demander d’exprimer clairement et de manière réaliste la vision qu’ils ont de l’Union. Ayant rejeté un texte reflétant une certaine vision de celle-ci et de son fonctionnement, ce n’est pas trop demander que de savoir au juste quelle est la leur. A dire vrai, le silence règne. Gageons que l’initiative de certains nous sortira de l’ornière.

 

Deuxième point. On a dit que l’élargissement trop rapide à certains pays de l’ex bloc soviétique a constitué un des éléments de rejet du Traité. Que cette dilution faisant passer l’UE de 15 à 25 et bientôt 27 est un élément déstabilisant. Je ne partage pas cette analyse, l’ouverture à ces pays constituant le dernier véritable acte politique de l’Union. Par contre, les conditions mêmes de leur adhésion n’ont pas été suffisamment débattues. Sans faire de procès d’intention aux nouveaux arrivants, une certaine ambiguïté demeure sur leurs motivations d’adhésion à l’Union : est-ce une réelle volonté politique ou une simple adhésion économique avec accès aux marchés et aux subventions ? Ce point devra être clarifié.

 

Enfin, et sans doute le plus important, le rejet du TCE par les Français pose la question de la méthode par laquelle l’Union s’est formée pendant les cinquante dernières années. Pour simplifier, disons que celle-ci a été faite de pas successifs, pragmatiques et toujours objet de négociations, donc de compromis avec nos partenaires. Le TCE, pas parfait, loin de là, en était une bonne illustration. Cette méthode là est elle encore acceptée ? C’est une chose de se dire européen, c’en est peut être une autre de faire les efforts nécessaires pour concrétiser la chose. Je ne suis pas de ceux qui apprécient particulièrement les citations mais deux me semblent aujourd’hui bien résumer une situation complexe. Le Président Mitterrand a dit, au soir de sa vie, devant le Parlement de Strasbourg, «le nationalisme, c’est la guerre». Le Général de Gaulle n’a cessé de répéter «on ne fait pas de politique sans tenir compte des réalités». Voilà qui devrait baliser notre chemin.

 

Didier Vincent est entrepreneur, ancien cadre d’un groupe industriel français

Trackbacks

L’EUROPE EXPLIQUEE A UNE PETITE PRINCESSE

Didier (sur Europeus) posait comme préalable pour relancer le projet commencer par dire quelle était la vision d’Europe de chacun. Je pense que c’est une bonne entrée en matière. En ce qui me concerne, si je devais expliquer l’Europe

Trackback par : Laurent Bervas | dimanche, 22 janvier 2006

Commentaires

L adoption du TCE aurait fait de tous les Europeens des Justiciables europeens, sans etre des Citoyens Europeens. Le mouvement europeen a debute dans les annee 50 par une protestation contre la frontiere franco allemande sur le Pont de Kehl; Il a produit avec la repatriotisation de l Allemagne depuis 1990 le mouvement contraire a celui recherché. Si "le nationalisme, c est la guerre", alors avec le mouvement actuel de repatriotisation des Europeens , debute en Allemagne , a ete contreproductif.

L Etat des Nations c est fini, Vive l Europe des Citoyens: Droit de vote pour les allemands et tous les autres pour les elections presidentielles et legislatives en France.

Ecrit par : Unionsbuerger | samedi, 21 janvier 2006

Merci pour ce texte que j'aurai pu signer en grande partie.
Une petite remarque quand du dis :

> Ayant rejeté un texte reflétant une certaine vision de celle-ci et
> de son fonctionnement, ce n’est pas trop demander que de savoir
> au juste quelle est la leur.

Tu oublie peut être que les médias installés (papier ou télé) étaient favorables au OUI et qu'il n'y avait epu de tenant du NON dans ce système. Il a été du jeux des publicitaire de groissir le trait et d'inviter les extrémistes du NON (technoque de propagande publicitaire) classique.

En revanche pour qui veut bien écouter, il y a sur internet différents NON qui se sont exprimé avec clareté et ambition (ne serais ce que sur Europeus ;-).

Donc nous sommes un grand nombre d'homme et de femme de bonne volonté a vouloire faire avancer tout cela. Je pense que cette crise de croissance était salutaire et que l'espoir est permis :)

Ecrit par : ~laurent | samedi, 21 janvier 2006

Il nous faut tenir compte des réalités. Les Nations ont encore un sens aujourd'hui et beaucoup, sans être nationalistes pour autant, y sont attachés. Nous ne construirons rien sans en tenir compte. L'Europe des Citoyens passe d'abord par l'Europe des Citoyens allemands, français, portugais, etc. ... Fédération d'Etats Nations est acceptable dans ce sens.

Je sais bien que beaucoup de partisans du non se sont exprimés ici et là. Le problème est que cet ensemble hétérogène au pouvoir de nuissance n'a pas de consistance dans le concret. Hors ceux qui refusent l'Europe dans son principe, je ne vois pas se dessiner au sein du bloc des non un projet cohérent venant proposer une alternative crédible au projet rejeté. Des idées sont émises, elles ne représentent en général que ceux qui les formulent. Il n'y a pas d'alternative concrete.

Ecrit par : Didier | samedi, 21 janvier 2006

Ne parlons plus d Europe, si nous ne sommes pas capable de reconnaitre les destins europeens en Europe. Pourquoi avoir envoyer des jeunes francais en allemagne et vice versa, sans prevoir qu a terme, la politique s en trouvera modifiee.

Donner le droit de vote en France pour toutes les elections aux quelques milliers d allemands qui ont choisi d y vivre , ne changerait rien au rapport de force politique. Il obligerait simplement les hommes politiques francais a s adresser a tous et a nous reparler du futur plutot que du passe colonial de la France, chers a Le Pen & Sarcosy.
L Europe a ete cree pour depasser nos limites et nos inhibitions nationales.
LE NON a d abord ete un NON au manque d ambition de la Constitution Europeenne. Cette constitution faisait de nous des justiciables europeens et non des citoyens europeens avec de nouvelles liberte, comme le prevoit pourtant la Charte des Droits Fondamentaux.

Ecrit par : unionsbuerger | lundi, 23 janvier 2006

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