mardi, 24 janvier 2006

EUROPE : ET SI ON PARLAIT DE CE QUI FACHE?

Sans bien s’en rendre compte, excepté ceux qui suivent les affaires européennes de près, l’UE vient de sortir d’une zone à hauts risques pour sa construction. En effet, la façon dont Tony Blair abordait la Présidence britannique début Juillet 2005 ne présageait rien de bon pour les Européens convaincus. Ne disait on pas qu’il était devenu, suite aux référendums hollandais et français, l’homme fort de l’Europe ? Certes, plus européen que beaucoup de ses compatriotes, on pouvait quand même craindre que la vision particulière de l’Europe que les anglais ont conservé prenne l’ascendant. Sa médiocre performance conclue par le bricolage du budget 2007-2013, histoire de ne pas perdre la face, est en soi une bonne nouvelle pour l’UE, en creux, mais les dommages auraient pu être beaucoup plus importants par le succès d’un libre échangisme très à la britannique, dont, bien sûr, le risque continue d’exister, continuant son chemin de manière cachée mais néanmoins efficace et contre lequel il faut rester vigilant. L’actuelle présidence autrichienne qui sera suivie par celle de la Finlande puis de l’Allemagne nous laisse un temps de répit afin de regarder les choses calmement, bien en face. La crise que traverse la construction de l’Union devrait nous permettre de parler de ce qui fâche, de ce dont peu de monde nous parle ouvertement et qui constitue sûrement les obstacles les plus forts dans ce processus compliqué. Je souhaite évoquer ici les forces centrifuges qui font que le processus a du mal à déboucher sur des résultats tangibles depuis quelques années. On peut aisément séparer ces forces en deux catégories simples : celles extérieures à l’Union, celles qui lui sont propres. Dans le monde tel qu’il est aujourd’hui, qui a intérêt à voir l’Europe se former ?

 

Le discours américain si plein de compassion pour ce qui nous arrive et consistant à dire que l’émergence d’un partenaire puissant à ses côtés ne peut être qu’une bonne chose, n’est en vérité que de façade. Qui ne voit que la puissance américaine n’a aucun intérêt, tant politique qu’économique, à voir une Europe « puissance » exister sur un autre modèle que le sien tout en partageant avec elle les mêmes valeurs. Les américains se présentant comme les champions de la défense de la Démocratie et du développement économique, l’Europe pourrait constituer pour eux comme un concurrent, certes amical, mais dangereux dans leurs sphères d’influence actuelles que ceux-ci souhaitent manifestement agrandir pour conforter leur suprématie. La chose n’est pas nouvelle mais on a souvent tendance à trop l’oublier. Ce n’est pas être anti-américain que de regarder la chose de cette manière, c’est être tout simplement réaliste.

 

La Russie, elle, se trouve dans une situation délicate. Sentant bien que son nécessaire développement économique passe par une coopération accrue avec les pays de l’Union, elle regarde aussi la construction européenne d’un point de vue politique, et là ses intérêts sont manifestement opposés. Les différents épisodes pour l’intégration de certains des ex-pays de l’Est dans l’OTAN nous montrent bien que c’est à regret que la Russie a vu sa sphère d’influence politique diminuer de façon importante et il y a fort à parier que là aussi, l’émergence d’une puissance politique sur son front occidental ne peut que la préoccuper. Fort heureusement pour l’Europe et quand bien même la Russie demeure une puissance à ne pas négliger, son pouvoir d’influence est sans commune mesure avec celui des USA.

 

Dans ce schéma, la Chine apparaît plus neutre mais il y a fort à parier que ses arrière pensées ne sont pas angéliques. Quitte à lui faire un procès d’intention, qui ne voit que la Chine joue la carte européenne dans le seul souci de faire monter les enchères dans son dialogue en forme de bras de fer caché avec les USA. Voulant parler de puissance à puissance, la Chine reste soucieuse de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Sa bonne volonté manifeste vis-à-vis des pays de l’UE notamment par l’espèce d’équilibre maintenu de manière plus ou moins artificielle dans le développement de son commerce avec l’UE comparé à ses échanges avec les USA ne doit pas cacher la réalité des choses, à savoir que la puissance américaine est et demeurera longtemps pour les Chinois un pôle d’attraction bien plus important que l’Europe qui se transforme pour elle en faire valoir vis-à-vis des américains. L’intérêt de la Chine n’est pas l’Europe en elle-même, c’est l’Europe en alternative aux USA au mieux, en faire valoir au pire. N’attendons pas grand-chose de ce côté-là.

 

Les forces centrifuges les plus puissantes qui empêchent aujourd’hui l’Union de prendre sa véritable dimension, je veux dire sa dimension politique, sont hélas internes. Inutile de revenir sur la complexité de son processus de fonctionnement, du déficit démocratique qui lui est reproché, sur les intérêts divergents des uns et des autres. Liste non exhaustive des sujets qui transforment les négociations entre les partenaires en discussions de marchands de tapis. Au fond, au point où nous en sommes, la question qui se pose concrètement aux près de 455 millions d’habitants de l’UE peut sans doute être posée de manière simple et abrupte : avez-vous envie de vivre ensemble ? Dans le discours, on trouve assez peu de personnes répondant par la négative. Lorsqu’il s’agit de passer aux choses concrètes, aux actes, la chose est moins évidente. La question est donc pourquoi ?

 

On dit souvent que la diversité, notamment culturelle, de l’Europe est un de ses atouts. L’argument n’est pas contestable à condition que cette diversité soit correctement assumée par ses habitants et pour ce faire, encore faudrait il que ceux-ci se connaissent. Or que constatons nous ? L’inter pénétration des économies n’a pas entraîné une meilleure connaissance des uns vis-à-vis des autres, il y a plus là une recherche d’intérêts réciproques qui n’implique pas nécessairement un investissement personnel dans la découverte de l’autre. La liberté de circulation, totale dans l’espace Schengen, quasi-totale dans le reste de l’Union, les échanges, notamment au sein de la jeunesse, les jumelages ont-ils contribué à un approfondissement de la connaissance que nous avons les uns des autres ? Il n’est qu’à regarder comment les Anglais sont accueillis en Dordogne ou voir comment les Allemands se comportent sur les plages landaises en restant groupés entre eux, pour s’apercevoir qu’il y a des ratés et que l’osmose ne se fait pas bien. L’amitié franco-allemande, si souvent présentée comme le moteur de la construction européenne, peut nous servir d’illustration. Que savent au juste les Français des Allemands et réciproquement ? C’est un malentendu incroyable qui persiste dans la perception que les Français ont des Allemands et réciproquement, une méconnaissance quasi-totale des uns pour les autres. Je sais que ce n’est pas politiquement correct de dire ces choses, mais elles existent. Qui a vu le film « Tu marcheras sur l’eau » d’un réalisateur israélien sorti au printemps 2005, la manière dont celui-ci a décrit la réalité non seulement des rapports juifs / allemands mais surtout la réalité du comportement des allemands eux-mêmes, celui-là est bien obligé de constater qu’aucun réalisateur français n’a jamais regardé les allemands comme cela et qu’aucun n’est encore aujourd’hui en position de le faire.

 

Sans les critiquer, qu’est ce que les Français ont compris de la réunification allemande, obsédées qu’étaient les autorités françaises de l’époque par le maintien de la reconnaissance par la nouvelle Allemagne de la ligne Oder-Neisse sous la pression du lobby polonais ? Un très récent échange avec des amis allemands a fait ressortir un détail intéressant : le mot « conversation » ne se traduit pas en allemand, ou alors par « discussion », mot qui en français n’a pas exactement le même sens. A bien le regarder, ce détail en dit plus long que l’on ne pense. On pourrait multiplier les exemples. Que savent les Sardes des Ecossais ? Que savent les Lithuaniens des Portugais ? Inutile de continuer la liste. Dans ces conditions, avons-nous envie de vivre ensemble ? Pour moi la réponse est oui. Mais je ne sous-estime pas, loin de là, les forces, notamment le nationalisme toujours bien vivace sur notre continent, qui s’y opposent. Au stade où nous en sommes, c'est-à-dire au moment où il nous faut concrétiser de manière politique la construction de l’Union et avant de fixer les règles qui vont la gouverner, il n’est sans doute pas inutile pour chacun d’entre nous de faire un effort d’ouverture. C’est sans doute ce qui a manqué à la France le 29 Mai. Y sommes nous prêts ?

 

Didier Vincent est entrepreneur, ancien cadre d’un groupe industriel français

Trackbacks

L'EUROPE DES PUISSANCE / L'EUROPE DES GENS

Didier au sujet (sur Europeus) d l’Europe suggérait de parler de ce qui fâche ? Il énumérait les forces « hostiles » au projet Européen : « La puissance américaine », « la Russie », « la Chine »

Trackback par : Laurent Bervas | mardi, 24 janvier 2006

Commentaires

L'EUROPE DES PUISSANCE / L'EUROPE DES GENS

J’aime bien cette approche, que j’aimerai aussi exploser car je pense que c’est là ou se trouve la « voie », celle qui me semble évidente, celle qui passe par les gens (par le coeur).

Tu parles des forces « hostiles » : « La puissance américaine », « la russie », « la chine », ce ne sont que des abstractions au dessus des hommes. En dessous il à les gens, toi, moi, les européens. Les forces d'au dessus (on l’appelle, les élites, les lobbies, la technostructure, en fait toutes les forces de « la représentation » ne veulent pas vraiment d’une Europe humaniste, d’une Europe sans frontières (pour les hommes).

Le projet que j’ai intitulé démocratie 2.0 part de ce constat : nous sommes devant un bouleversement démocratique possible (et souhaitable). Je pense que le projet Européen est un laboratoire de ce que pourrait être une futur gouvernance mondiale.

Il suffit que nous fassions travailler ensemble les 27 pays de l’Union de manière vertueuse et tout sera possible. Je pense (mais cela vient d’un dialogue avec Pierre Bilger) qu’il faut recommencer par faire la pédagogie de l’Europe …

Ecrit par : ~laurent | mardi, 24 janvier 2006

Tout a fait d accord sur votre analyse semantique.

Oui le mot "Gespräche" induit des resultats (ou une absence de resultat), ce qui n est pas le cas du mot "conversation" qui peut se satisfaire de nouvelles "conversations" egalement sans but precis.

Cela avait été la grande novation de Delors, d apprendre aux Europeens a se fixer des objectifs a atteindre dans des delais connus de tous. Pourquoi cette approche qui avait apportée de bons resultats pour le Mache unique et l Euro a t elle ete abandonnee pour les questions de legitimite democratique.

La Allemagne est revenue tres vite a son ordre du jour "patriotique" et a egalement tres vite oublie, ce qu elle devait a la Presidence Francaise des annees 80-90.

Lorsque s' est posé a Jacques Delors le problème de l integration de fait des Citoyens de la RDA dans l Union, aucune discussion n' a eu lieu sur cette revolution et personne n a envisagé ensuite faire le meme cadeau aux Polonais, Hongrois, Techques. Pourquoi ? les post-communistes Est Allemands etaient - ils plus facilement integrables que les post-cummunistes des autres pays de l Est ?

L Ex Responsable de la FDJ ( Jenuesse Communiste RDA) Mme Merkel qui a profite de la Generosite de Delors, il a 16 ans est bien pingre maintenant, en laissant notre president Chirac se debrouiller tout seul des problemes de TVA et de Constitution.. Nos dirigeants francais devraient mieux connaitre la "Deutsche Leitkultur" qui une Culture de Marchands, auxquels on ne doit faire aucune concession, sans en presenter clairement et a l avance le prix.

Ecrit par : Unionsbuerger | mardi, 24 janvier 2006

Laurent, je parle pas de forces "hostiles" mais de forces "centrifuges", c'est à dire une hostilité soft ! Et encore, rappelons nous les dispositions américaines concernant l'importation d'acier, c'est plus hard !
Par ailleurs, nous sommes bien obligés de faire une différence aujourd'hui - cela peut changer demain - entre le comportement individuel et le comportement collectif.
Qui peut nier qu'aujourd'hui les USA se comportent comme une "puissance"? Je sais bien que beaucoup d'américians n'apprécient guère la chose mais la réalité est là. Idem pour la Chine. Qui ne voit que les intérêts des uns ne sont pas ceux des autres ? Nous devons l'intégrer dans notre analyse.

Ecrit par : Didier | mardi, 24 janvier 2006

Laurent, je parle pas de forces "hostiles" mais de forces "centrifuges", c'est à dire une hostilité soft ! Et encore, rappelons nous les dispositions américaines concernant l'importation d'acier, c'est plus hard !
Par ailleurs, nous sommes bien obligés de faire une différence aujourd'hui - cela peut changer demain - entre le comportement individuel et le comportement collectif.
Qui peut nier qu'aujourd'hui les USA se comportent comme une "puissance"? Je sais bien que beaucoup d'américians n'apprécient guère la chose mais la réalité est là. Idem pour la Chine. Qui ne voit que les intérêts des uns ne sont pas ceux des autres ? Nous devons l'intégrer dans notre analyse.

Ecrit par : Didier | mardi, 24 janvier 2006

Cher Didier,

Pour commencer, je reprends votre question posée dans l'article :
"Que savent au juste les Français des Allemands et réciproquement ? C’est un malentendu incroyable qui persiste dans la perception que les Français ont des Allemands et réciproquement, une méconnaissance quasi-totale des uns pour les autres."

Je suis européen de cœur, de raison, de conviction et vient d'habiter quatre années en Allemagne. Je répondrai à cette question de manière triviale, en la paraphrasant, excusez-moi : "Que savent au juste les hommes des femmes ? C’est un malentendu incroyable qui persiste dans leur perception…"

Chers Français, cessons de nous triturer l'esprit sur les différences pouvant exister entre gens vivant de part et d'autre du Rhin. Avant ce séjour, j'ai vécu dans toutes les régions de France, du nord au sud, de l'est à l'ouest.
Et il y a bien des différences entre un Marseillais et un Strasbourgeois. L'un et l'autre vivent la plus belle vie, mais la saleté parfois repoussante des rues du sud est définitivement insupportable à l'Alsacien, et l'austérité froide des habitants du nord reste incompréhensible aux Languedociens qui palabrent au soleil.
Ce qui nous unis, c'est avant tout la langue, et encore. J'ai cette expérience d'avoir un jour dû suivre le discours d'un ancien d'une de nos régions sans rien y comprendre, rien.
Vu des Allemands, ce que nous Français avons en commun, c'est la même indiscipline du piéton à traverser aux feux rouges, alors qu'ils les respectent même en l'absence de véhicules. Et notre nonchalance, qu'ils nous envient bien souvent.

Mais croyez-moi, chez ces gens-là, on vie comme chez nous, on respire comme chez nous, on aime et se déteste comme chez nous, on connaît les mêmes fins de mois difficiles, les mêmes inquiétudes de sécurité sociale et de retraite, les mêmes menteurs patentés entrés en politique, les mêmes scandales financiers, la liste est sans fin.
Si je mettais bout à bout ce qui nous ressemble, ce qui nous rassemble, ce qui nous rapproche plutôt que ce qui nous sépare, vous cesseriez de lire avant la fin.
Quand j'étais adolescent, nous faisons le coup de point avec ceux du village d'à coté, aujourd'hui j'y compte les meilleurs amis. Quand nous serons Français adultes et responsables, nous aurons nos amitiés dans les villages voisins au lieu de claironner que notre clocher est le plus beau.
Au lieu de croire qu'ils sont autres, autrement, étranges. Peut-être même qu'ils mangent leurs enfants.

Ce qui retient l'Europe d'être puissance politique, ce ne sont pas les différences entre habitants des Etats européens. C'est justement ce que nous avons en commun, des élites cramponnées aux sceptres de leurs puissances locales.
Personne pour dire qu'un étranger, celui de l'autre bourg, fera la loi chez nous alors même que 60% de nos règles sont déjà écrites au loin puisque européennes.
Nous avons toujours besoin de faire connaissance avec nos voisins, mais nous avons surtout besoin de faire la (r)évolution culturelle dans nos têtes et nos cœurs.

Laissez moi vous demander, qu'est le rôle premier du gouvernement d'un pays ? C'est de diriger une société d'hommes et de femmes aux intérêts communs dans la meilleure direction. Comment le gouvernement s'y prend-il ? En édictant des lois pour le bien-être général. Et quand la majorité des lois sont faites à Bruxelles, où siège le gouvernement ?

Dernières choses, nous sommes 454 900 000 hab. (UE25) et non 350 millions.
Le mot "conversation" se traduit par "Unterhaltung", et "discussion" par "Besprechung". Vouloir des nuances sémantiques dans chaque mot à traduire revient, me semble-t-il, à couper le salami en tranches trop fines.
Mes amis allemands s'émerveillent des significations multiples que peut prendre un mot de leur langue. C'est bien ce que je fais avec la mienne de langue française. Encore un point commun.

Ecrit par : Aimé | mardi, 24 janvier 2006

Aimé,

"454 900 000 hab". Très juste. Relecture un peu trop rapide de ma part avant la mise en ligne. Désolé pour la coquille et merci de l'avoir mentionné, je corrige.

Christophe

Ecrit par : christophe Nonnenmacher | mardi, 24 janvier 2006

@Aimé

Je suis tout à fait d'accord sur le fait que les Européens ont en commun bien plus que tout ce qui pourrait les séparer. La question de l'article de Didier pourrait à mon avis être tournée dans le sens "Que savent les Français de leur similitude avec les Allemands?" (et ça marche avec toutes les autres nationalités). Ce qui ressort de la plupart des sondages c'est surtout l'indifférence des citoyens d'un pays pour ceux d'à côté.

Et quand on ne connait pas ses voisin, on fait moins bien la part des choses dans ce que l'on entend, et on peut être amener à adhérer à des raisonements simplistes. Combien de gouvernements justifient la fermeture des frontières à des citoyens de l'Union au nom de l'opinion publique?

Il faut que les européens apprécient leur ressemblence, et ça commence par une meilleure connaissance de l'autre. Il y a des universités où des places Erasmsus restent vacantes! Si même la catégorie censé être la plus mobile n'a pas envie de découvrir l'Union, c'est qu'il reste effictivement du chemin à faire.

Ecrit par : nico. | mercredi, 25 janvier 2006

Pour être tout à fait franc, l'argumentation d'Aimé ne me convainc pas et je me permettrai d'utiliser une de mes phrases favorites : comparaison n'est pas raison. Je laisse de côté la comparaison femme/homme vs français/allemand car, sans être désagréable, cela n'a pas de sens tant la nature des relations et les "objectifs" si vous me permettez le mot sont différents. Parler de la diversité française et la regarder à l'aune européenne a plus de sens et paradoxalement j'y vois une confirmation qu'il y a bien un problème franco allemand et européen en général. La plupart des francais connaissent les différences entre les bretons, les auvergnats, les corses, les alsaciens, etc ... je ne dis pas qu'ils savent parfaitement les choses mais ils en ont au moins conscience et intègrent assez facilement cet état des choses lorsqu'ils considèrent le comportement collectif des français fait de ces bretons, auvergnats, ... C'est peu dire que nous sommes dans la situation exactement opposée avec nos amis allemands. Nous connaissons si peu les individus qu'il nous est impossible de considérer et d'anticiper leur comportement collectif. Avoir en commun des fins de mois difficiles, souffrir, aimer, etc... lot de tout un chacun ne suffit pour moi à dire que nous avons plus de points communs que nous le pensons et je crois que s'attarder sur le problème n'est pas couper les cheveux en quatre mais au contraire au coeur de la question européenne car il s'agit de compréhension, de son rapport à l'autre, de sa psychlogie. Le succès américain ne vient il pas justement d'une psychologie commune qui certes est pleine de diversité mais qui a un tronc commun compris et accepté ? L'Europe des peuples, l'Europe des gens comme disent certains, ne pourra pas se faire sans un minimum de compréhension de l'autre et je crois que nous avons beaucoup de travail à faire dans ce domaine, à commencer sur nous mêmes

Ecrit par : Didier | mercredi, 25 janvier 2006

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