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jeudi, 09 février 2006

LES "CARICATURES": DU BON SENS DE REGIS DEBRAY...

Comme la rédaction de  Relatio et celle d'EUROEUS,  Regis Debray  n’aurait pas « publié ces minables caricatures ». D’abord, parce qu’elles minables. Ensuite, parce que « la liberté de s’exprimer n’a jamais été la liberté de dire n’importe quoi ». Enfin parce que la défense de ses propres valeurs passe par le respecte de celles des autres…Personnellement, nous avons ajouté très vite une quatrième raison à ce refus de relayer ces illustrations sélectionnées « par concours » : on ne triomphe pas de l’intolérance en plongeant dans les pièges tendus par les chevaliers de l’intolérance.
 Relatio,  et Européus grâce à leurpartenariat avec l’ESISC de Claude Moniquet ont  mis en relief le rôle décisif joué dans cette mise en scène par les Frères musulmans et par des capitales générées par le rôle grandissant que joue l’Europe au Proche et au Moyen-Orient.
Les informations publiées depuis par le New-York Times confirment nos propres « tuyaux ». Claude Moniquet  fait une synthèse complète dans son
dernier article que nous relayons bien volontiers. C’est évidemment parce que nous n’avons pas cédé à la tentation du faux sensationnalisme, de l’info-mercantile et de l’info-démago que nous pouvons, sans être suspects d’islamophobie,  condamner avec fermeté tous les débordements de violences, soigneusement orchestrés, dans tant de capitales arabes.

Le fait que  des caricatures « minables » provoquent autant de morts, de blessés et de dégâts, cinq mois après leur publication au royaume du Danemark et dans la paisible Norvège constitue en soi un scandale et un avertissement. Nous ne sommes sans doute pas, hélas, au bout du chemin…en dépit des démarches de bonne volonté  effectuées par des Européens et  des responsables de la religion musulmane dans les pays arabes.
Mais revenons à Régis Debray et à son ITW dans la dernière livraison du Nouvel Observateur. Une ITW qui devrait être affichée dans toutes les écoles de journalisme, de « com » et de « pub ». Et dans toutes les rédactions, y compris…. celle du Nouvel Obs qui n’a pas résisté au « plaisir de se faire plaisir » en publiant ces « minables caricatures » sur son site…
Il m’est arrivé (sur l’Europe, bien sûr !) d’être en désaccord avec Debray. Lors de rencontres publiques et privées, ou par livres interposés, il nous est même arrivé de polémiquer. Mais sur Dieu, sur le sacré, comme sur ses réflexions sur les média, nous sommes souvent en phase. En l’occurrence, lire son ITW dans l’Obs a été un vrai bonheur. Que dit-il ? Il dresse des constats qui ne peuvent être faits que par ce « bon sens » authentique qui naît  du jardinage de l’intelligence, de l’arboriculture de l’esprit,  d’une longue réflexion reposant sur une vraie érudition, bref sur une culture authentique. Que cela fait du bien dans la « crise de la pensée » actuelle. Merci Régis !
Une exhortation à méditer :
« Ne projetons pas nos catégories de pensée et notre système d’émotions sociales sur une ère culturelle qui a une autre mémoire, une autre histoire  (…) Le défaut de sensibilité historique chez nos libertaires purs et durs relève d’une bonne conscience proprement impériale (…) On a enlevé le casque, mais chez nous, la tête reste coloniale »
Un constat à creuser :
« La loi de 1881 sur la liberté de la presse a connu tant d’adjonctions que nous combinons aujourd’hui une intolérance épidermique à la censure avec une multiplicité d’interdits »
Une tentation à écarter :
« Comprendre l’autre n’est pas prendre le parti de l’autre (…) Comprendre n’est pas absoudre (…) chaque culture a ses failles et ses volcans. Chacune a ses séismes symboliques. On peut déconstruire cela sans injurier, analyser sans se moquer (…) Cà n’exclut pas l’épreuve de force sur l’essentiel. Cà exclut la provoc pour se faire plaisir »
Un avertissement aux intégristes d’un laïcisme qui se voudrait blasphématoire et irrespectueux :
« La sacré est ce dont nul ne peut disposer pour son propre compte (…) Les hommes ne partagent que ce qui les dépasse  (…) On ne fera pas reculer l’empiètement du spirituel sans redonner sa pleine dignité au temporel »
Conclusion  (si l’on peut dire, parce que le débat doit se poursuivre) 
« Assumons ce que nous sommes, résolument. Mais cessons de nous arroger l’étalon platine de la justice et de la modernité (…° l’Occident a une fâcheuse tendance à ne dialoguer qu’avec lui- même ou avec des Orientaux dûment occidentalisé, à charge pour eux de nous raconter ce que nous avons envie d’entendre ».
Cette question - là vaut d’être questionnée, comme redirait Pierre Legendre…
Daniel RIOT est journaliste

Commentaires

Les caricatures sont minables, d’accord. Mais le problème se situe ailleurs, car si elles étaient drôles, les Musulmans agités protesteraient davantage. En effet, ce qui est en cause, ce n’est pas la drôlerie ou la pauvreté spirituelle de quelques dessins, mais le fait d’avoir osé représenter le prophète.
Notre liberté d’expression dépend-elle du bon vouloir des Musulmans ? Ont-ils le droit de nous interdire d’exprimer nos idées, même celles qu’ils jugent mauvaises ? Si la réponse est oui, alors qu’on cesse de parler de liberté dans ce domaine.
Quelqu’un a dit que la liberté d’expression ne signifie pas qu’on ait le droit de dire n’importe quoi. Et qui décide que telle idée, telle parole, tel dessin, sont du n’importe quoi ?
Question subsidiaire : Et si la liberté était aussi de dire n’importe quoi ?

Ecrit par : Paul-louis Spaak | vendredi, 10 février 2006

Le Hamas se propose en mediateur. Pourquoi ne pas accepter que ceux qui protestent contre la construction d un nouveau mur de la honte, puissent demontrer leur capacites de contruire des ponts ?

Ecrit par : unionsbuerger | vendredi, 10 février 2006

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