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vendredi, 10 février 2006

EXISTE-T-IL UNE ETHIQUE DU JOURNALISME ?

Amusant parfois de lire le parallèle fait entre les critiques destinées aux politiques et aux journalistes : les politiques sont tous les mêmes, tous corrompus, tous pourris. A se demander s’ils servent encore véritablement à quelque chose sinon à encaisser nos généreuses contributions fiscales. Même son de cloche ou presque pour les journalistes. Quand ils ne sont pas vendus au pouvoir économique, ils le sont au pouvoir politique. La suite du raisonnement coule de source. Mieux, avec l’arrivée du courriel, suivi des blogs et autres vlogs nombreux voient cette profession comme un métier des plus évidents… Combien de fois n’a-t-on pas entendu ce refrain : «Si je peux écrire un mail ou un post, je peux être journaliste». Reste qu’exercer ce métier est bien plus complexe qu’il n’y paraît, pour peu que l’on se donne les moyens de le faire correctement. De croiser et recroiser les sources. De faire avec l’impossibilité contractuelle de certains interlocuteurs de parler à visage découvert. De batailler contre des rédacteurs en chef frileux, comme sur les questions européennes, celles-là même qui n’intéresseraient pas le lecteur. Et puis, chose tristement rare, de s’entourer de collaborateurs n’étant pas passés (ou ayant survécu) à la moulinette des écoles de journalisme, championnes de l’uniformité de style d’écriture.

 

Autre difficulté, mais est-il encore besoin de le dire, se dégager de la volonté incompressible et désespérante de la quasi-totalité des rédactions françaises de ne faire que du factuel, sous prétexte d’objectivité professionnelle. Comme si le mythe devait être réalité. Croire qu’un journaliste doit être objectif (au sens premier du terme) est une aberration. Ce que lui impose son métier est de donner la parole aux différentes parties en présence. Point final. Car, pour le reste, le choix même de l’angle d’un sujet est, qu’on le veuille ou non, subjectif. L’objectivité journalistique n’existe pas, qu’il soit factuel ou d’opinion, pour peu que ce dernier existe encore en France. Même Libération semble y avoir en grande partie renoncé. Dommage, car il est peut-être tout ce qui reste, avec l’analyse, à cette profession tant décriée mais si essentielle, désormais mise à mal (ou plutôt poussée à évoluer) par Internet. A quoi bon payer un quotidien quand il se contente de réécrire ce qu’il est possible de trouver gratuitement sur Yahoo et autres Google ? Un support papier doit apporter une plus-value par rapport à l’existent. Autrement, il n’est qu’un amas de papier et d’encre sans grande saveur et modifier à outrance les maquettes de grands journaux ne suffira pas à les rendre plus attrayant.

 

Toutes ces questions/évolutions, toute cette remise en question du métier de journaliste (qu'est-ce qu'être journaliste aujourd'hui), l’IPSE et Europeus ont décidé de les mettre sur la table, de les sortir du ronronnement interne des rédactions, ce lundi 13 février, à partir de 19h30, à l’occasion d’un dîner-débat organisé au Restaurant ‘Le Sancerre’, 2 Bd Saint-Marcel, à Paris (Métro Saint-Marcel ou Gare d’Austerlitz, lignes 5 ou 10), autour de Henri Weill. Les lecteurs d’Europeus y sont bien évidemment les bienvenus. Seule obligation, réserver leurs places via le bon d’inscription ci-joint.

 

Christophe Nonnenmacher est journaliste

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Commentaires

allez plus loin. Dites en plus. Vous m'avez ouvert l'appétit mais je reste sur ma faim. Et hélas, je ne pourrai assister à ce débat. En ma simple qualité de lecteur, j'ai de plus en souvent l'impression que la presse se vend comme un shampoing ou un pain de savon. Et que ce n'est pas la liberté d'expression qui justifie une ligne éditoriale (ou la publication de dessins médiocres) mais plutôt une politique commerciale. Avec cette histoire des "fausses" caricatures, je me sens flouée, bernée... On veut vendre du numéro... et peu importe la qualité de l'info. J'espère que je me trompe, et je suis prête à entendre que je me trompe. Je suis convaincue que mon raisonnement manque de subtilité. Mais je ne comprends pas qu'un canard comme Libé soit tombé dans ce piège là.

Ecrit par : marie cèdre | dimanche, 12 février 2006

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