dimanche, 05 mars 2006

NOTRE AVENIR PASSE PAR L’EUROPE ET L’AFRIQUE

Si les semaines se suivent et ne se ressemblent pas toujours depuis mon installation au Maroc, un sentiment se fait à l’inverse chaque jour qui passe un peu plus récurent. Celui-ci tient en une phrase : l’Europe et l’Afrique sont tous deux au niveau politique et économique de territoires «émergeants» ou tout est possible. En Afrique, «Emergence» est le nom du plan de développement pour le Maroc, imaginé par le Cabinet Mc Kinsey, et axé sur une politique économique tournée vers l’avenir faite d’un savant dosage entre respect des équilibres (économiques, politiques et sociologiques) traditionnels et politique libérale volontariste. Le Maroc bénéficie aujourd’hui d’une conjonction heureuse qui fait dire à certains que tous les espoirs y sont permis, Mohamed VI apportant à ce «rêve», à tout juste 42 ans, la vision et la stabilité. Si, comme il est permis de le penser, ce modèle de développement réussit, cet Etat méditerrané pourrait très rapidement s’apparenter à une sorte de laboratoire de l'Afrique, à même de servir d'exemple aux autre pays du continent. Déjà, nombre d’infrastructures y sortent de terre (voies terrestres et aériennes) et le territoire marocain s’avère être une source de nombreuses opportunités pour qui souhaite entreprendre. Les Français et autres Européens ne devraient, d’ailleurs, pas trop attendre, Américains et Chinois ne s’étant pour leur part pas fait prier pour investir massivement dans la région.

 

A l’instar de l’Afrique et du Maroc, L’Europe a également son «émergence». Pour une raison somme toute assez simple : après l’échec du Traité constituant, tout y est possible, le meilleur comme le pire (relire à ce sujet Europe : le huitième mois du monde). Le choix dont nous disposons aujourd’hui n’est guère plus complexe : d’un côté, le chaos fondé sur la politique de l’autruche et le refus de proposer des alternatives sociales, économiques et politiques au système actuellement en place ; d’un autre, un «autre chose» qu’il importe vite de définir et de promouvoir. Cet autre chose aurait comme premier objectif de repenser la manière même de concevoir la démocratie, non plus seulement à l’échelle d’un Etat mais aussi et surtout d’un continent. Notre chance est que ce territoire (politique) est également en friche : les hommes politiques (notamment français) l'ont déserté. Ils ont fuit le champs de bataille dès l'annonce de l'échec du référendum du 29 mai 2005. De deux choses l’une, soit ce vide se comblera soit via une solution extrême du type repli national auquel il est difficile de croire, soit par ce fameux «autre chose», aux antipodes du «système vieux». Nul ne sait encore ce que sera cet «autre choses» mais il sera à n’en pas douter proche d’une démocratie 2.0. Déjà, la jeunesse du monde entier se synchronise, en Europe, en Afrique, en Amérique, en Asie, en Inde, au rythme des réseaux électroniques. Ces jeunes hommes et femmes investissent aujourd'hui les cyber-cafés de Cracovie, de Casablanca, de Bangalore, de Shangaï. Ils utilisent google, msn, qui connectent leurs modes de pensée. Les nouvelles technologies sont au centre du monde d'aujourd'hui et de demain, et ce sont eux qui en ont désormais les clefs. Un jour, dans pas si longtemps, cette «jeunesse» fera danser le monde au son de rythmes Afro-cubains et, à ce moment là, le «système vieux» peinera à suivre. Certains me traitent de démagogue, d’utopiste, de rêveur, je leur dis, «rendez-vous dans 10 ans». Aux autres je leur dit, le monde change, il nous appartient maintenant que ce soit dans le bon sens

 

Laurent Bervas est entrepreneur

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MAROC : LE MONARQUE FUNAMBULE

Très bon dossier dans le Nouvel Obs de cette semaine sur le Maroc. Un article a retenu mon attention qui illustre la complexité des changements en cours : « M6 » est ce roi funambule qui se tient en équilibre

Trackback par : Laurent Bervas | mardi, 14 mars 2006

Commentaires

bonjour

en allant chaque jour chercher des infos sur le maroc sur google
j'ai tapper le mot MAROC

et je tombe par hasard sur ton blog , trés belle toile , un melange d'infos social economique et juridique

bye et bon blog

Ecrit par : abdoukamel | dimanche, 05 mars 2006

Laurent,

je partage ton analyse, sauf le titre... je pense que l'avenir appartient justement au monde entier et non pas à l'un et/ou l'autre continent, à condition que le monde réussisse à se donner un jeu de valeurs communes, chose qui paraît encore difficile de nos jours. Mais bon, avec les réalités du cyber-monde, les choses peuvent effectivement changer.

Donc, RDV dans dix ans, devant une bonne démocratie 2.0 (ou 3.0 avec une interface un peu plus conviviale?) !

Ecrit par : Kai | lundi, 06 mars 2006

> Kai
Je pense que l'on voit bien la même chose, et tu as mis en évidence que ce texte est incomplet car il peut se passer beaucoup de choses en 10 ans ...

Pour utiliser une image forte nous sommes aujourd'hui en guerre dans le monde occidental. C'est une guerre économique, sociale, politique, écologique, etc ... c'est une guerre totale var elle a lieux ici et a nos frontières (en Irak peut être un jour en Iran).

En ce qui me concerne celà ne me fait pas plaisir de voir "mon" pays tomber, comme une partie de l'Europe, je sais simplement qu'il faudra un jour recontruire et qu'ici (en afrique) il y a un espoir de faire mieux que ce que l'on a fait en Europe. Les flux migratoires autour de la méditerrannées sont éternelles semble t'ils aujourd'hui ils descendent, demain (dans pas si longtemps, epsérons le) ils partiront dans l'autre sens ... rendez-vous dans 10 ans ;-)

Ecrit par : ~laurent | lundi, 06 mars 2006

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