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lundi, 13 mars 2006
NUCLEAIRE, BOURSE AU PETROLE, A QUI PROFITERA LA CRISE IRANIENNE ?
La crise avec l’Iran bat son plein depuis plusieurs semaines, tenant en haleine la communauté internationale quant aux développements nés de la volonté iranienne de braver l’interdiction qui lui est faite d’enrichir son uranium, signe tangible de sa volonté de produire des armes de destructions massives nucléaires. Une crise aux ramifications géopolitiques multiples, bien qu’en grande partie tournées vers Moscou. La récente visite des négociateurs iraniens tend en effet à confirmer le retour de la Russie dans le «voisinage proche» de Téhéran. La possibilité d’un accord global, visant à assurer à l’Iran un approvisionnement énergétique en échange d’opérations de recyclage de son uranium en Russie, évoqué par le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov n’est pas que simple hasard. Moscou, souhaite, en effet, ardemment rejouer un rôle majeur tant en Asie centrale qu’au Proche-Orient, comme la visite du chef du bureau politique du Hamas, khaled Mechaal, ou encore l’effacement de la dette algérienne la semaine dernière, tendent à le prouver. Reste que l’Iran sait également abattre ses propres cartes : l’ouverture évoquée par Téhéran d’une Bourse au pétrole en euros, signifiant la fin du dollar comme monnaie de référence pétrolière en est une qui ressemble à s’y méprendre à une arme de destruction massive autrement plus dangereuse que le dossier nucléaire lui-même. Peut-être s’agit-il juste là de cette réponse « proportionnée » brandie par les Iraniens face à la menace ouvertes de saisine du Conseil de Sécurité ou voilées de frappes préventives. Mais en ce cas, quelle réponse !
Si elle confirme ses intentions boursières, Téhéran aurait de quoi faire «exploser» l'ensemble du système monétaire international, avec pour conséquence inéluctable la chute du billet vert - rappelant au passage le poids titanesque de la dette publique américaine sur l’économie mondiale – qui plus est si l’OPEP la suit dans sa démarche. En agitant ce spectre, les Iraniens tentent sans doute aussi d’enfoncer un coin dans la relation transatlantique, qui aurait pour conséquence paradoxale de permettre aux Européens d’exercer une certaine souveraineté… Mais qui osera cependant franchir ce pas ? Dans un tel contexte, dans lequel ne serait pas plus mal à l’aise un chien dans un jeu de quilles, il semblerait que les cartes à poser soient encore entre les mains des Iraniens. Sans même qu’ils aient déjà eu à dégainer l’arme atomique… Seule certitude en l’état, de cette crise interposée pourrait très rapidement naître une nouvelle « asymétrie » des relations internationales. Une asymétrie qui verrait l’«arme non conventionnelle» qu’est l’utilisation de la stabilité du prix du pétrole, servir de menace suffisamment puissante pour faire reculer la communauté internationale, avec les conséquences que l’on imagine…
Emmanuel DUPUY est Secrétaire général de l’Institut Prospective et sécurité en Europe (IPSE) et consultant pour le Cabinet d’Ingénierie Stratégique pour la Sécurité
13:35 Publié dans EMMANUEL DUPUY , PROSPECTIVE , RELATIONS EXTERIEURES , RELATIONS TRANSATLANTIQUES | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe
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Commentaires
bonjour,
L'Iran a le droit de vendre son pétrol en Euro. Il a aussi le droit d'inviter d'autres pays à en faire autant. Il a également le droit d'intervenir en faveur des populations pauvres délaissées en Afrique, en Amérique du Sud, en Europe et en Asie avec l'argent de leurs pétrols afin de préserver la Terre et l'avenir de l'humanité - tâches que les pays de hautes civilisations comme les européans et oxidentaux ont maintes fois manqué et qui deviennent urgentes.
C'est entre autres, grâce à la révolution islamique de l'ayotollah Khomeini et l'intervention de ses Pasdarans et sa doctrine en Afganistan que l'armée URSS CCCP a eu la première défaite dans l'histoire du communisme. Cette défaite conjointement aux défits lancés par le Pape Jean Paul II ont permis la dislocation du communisme soviétique. Et c'est grâce à ces deux mêmes chefs religieux que l'humanité s'est rendue compte que les Etats-Unis sont bel et bien le Grand Sattan. Et c'est grâce au retour des valeurs de la morales que le dernier empir (à savoir les etats-unis) est voué à la disparition dans son piège fatal iraquien. Et c'est toujours grâce à ces comabts menés par ces deux chefs religieux que l'Iran, la Russie actuelle et la Chine ont trouvé l'occasion à venir en aide à la population massivement pauvre de la Planète. Et je suis persuadé que l'Europe sera obligé de suivre cette politique de préservation de la Terre - sans quoi, il n'aura aucun rôle à jouer dans la cours des grands du nouvel ordre mondial qui est en train de s'implémenter en ces jours-ci.
Je ne vois donc aucun danger provenant de l'Iran pour la sécurité de la Planette ni pour les civilisations de l'homme sur la Terre; au contraire, je n'y vois que des intérêts pour la préservation de l'écologie et la sauvegarde des pays et des milliards d'hommes et d'espèces délaissés.
Il est temps pour l'Europe de comprendre qu'il n'a pas d'autres choix que de se lancer dans une politique sincère et véritable en faveur de la préservation de la Planète, des espèces et combattre la pauvrauté à traver du monde.
Cordialement
Ecrit par : Magnauma | mardi, 14 mars 2006
Magnauma,
La négation de l'holocauste par le gouvernement iranien et l'appel à la destruction de l'Etat d'Israël font-ils aussi partie de la défense du bien de la planète? Qui plus est, sur la bourse au pétrole - si la chose devait être confirmée: le danger n'est-il pas réel? Le dollar, que cela nous plaise ou non est la monnaie internationale de référence sur le plan pétrolier. Une grande partie de la force du billet vert repose sr cette donnée. Si celui-ci venait à perdre ce statut, il perdrait aussitôt de sa valeur avec plusieurs conséquences à la clé:
- hausse probable de l'euro, ce qui n'est pas sans poser un certain problème quant à notre marge d'exportation;
- risque de rappatriement des fonds de pension US en Europe et dans le monde vers la mère patrie - je vous laisse imaginer si les Américaibns retirent une bonne partie de leurs actifs investis dans des sociétés étrangères dont européennes;
- risque de revente massive de bons aux trésor US, détenus en très grande partie par les Chionois, les Indiens et les Japonais. Là aussi,je vous laisse imaginer la chose au regard de la dette publique US et de l'imbriquement des économies sur le plan international.
Bref, on n'est pas loin d'un jeu de dominos dont les conséquences n'auraient rien d'appaisantes sur le plan international...
Christophe
Ecrit par : christophe Nonnenmacher | mardi, 14 mars 2006
M° Christophe,
La Planète Terre n'aura rien à faire avec ce que les hommes peuvent penser. Elle fera ce qu'elle a voulu depuis plus de quatre milliards d'années. Or, les preuves ne manquent plus sur la volonté des Etats-Unis de préserver son dollar même au prix de déclenchement de la troisième guerre mondiale massivement nucléaire contre l'Iran. Faut-il vous rappeler que le régime iranien n'a pas dormi depuis vinght ans et qu'il possède déjà plusieurs dizaines de bombes atomiques. En outre, la Russie et la Chine ont démontrés leurs volontés de défendre l'Iran dans une guerre atomique initiée par les Etats-Unis. Aujourd'hui, c'est la civilisation de l'homme sur la Terre qui est en danger réel et le dollar et bien d'autres choses seront volontiers sacrifiés par l'avenir au prix de préserver ce dernier.
Nous verrons ce que nous verrons dans l'avenir proche et personne ne pourra rien faire pour changer les choses. L'intelligence s'impose de ne pas se faire massacrer par les processus qui se sont mis en marche depuis logtemps. Et ces processus sont manifestement orientés vers la préservation de la Planète et faire envoyer la civilisation de l'homme vers l'avenir. Soit on marche avec la Terre, soit on se fait massacrer et c'est ce qui s'est passé avec l'URSS CCCP et bien tôt avec les Etats-Unis.
La question est de faire en sorte que l'Europe soit préservé pour cet avenir et soit bien placé. La question n'est pas de demander à l'Europe de suivre la doctrine iranienne ou russe ou chinois ni d'ailleurs celle des états-unis. Je ne demande à l'Europe que s'orienter vers une politique de préservation de la Planète, autrement ça sera la fin de l'Europe comme vous l'avez signalé vous-même.
Si l'Iran, la Russie, la Chine, le Vénézuella, et d'autres pays du même type ont trouvé leurs places dans l'avenir et dans le nouvel ordre mondial qui s'impôse, c'est qu'ils ont compris quel est l'enjeu et quelle est la pririété à savoir : sauver la Planète, sauver les civilisation, combattre la pauvrauté, se ranger aux côtés des valeurs de la morale, aller vers l'avenir et le progrès, etc...
Soit, l'Europe en fera autant, soit, il n'aura plus de rôle à jouer et je vous assure cher Christophe que je suis persuadé que l'Europe en fera autant et saura s'orienté convenablement. La preuve en est la non participation de la majorité des pays européens dans la guerre en Iraq et les positions très sérieusesment prises contre les Etats-Unis et l'Angleterre en particulier.
Un homme hautement intelligent sait comprendre et saisir les priorités, autrement, il se fera avaler tout cru par tous genres de prédateurs. l'Europe et en particulier la France regorge des gens intelligents.
Bonne chance.
Ecrit par : Magnauma | mardi, 14 mars 2006
Magnauma,
l'Iran possède donc des bombes atomiques pour préserver l'avenir de la planète - c'est rudement rassurant ! Et il entend poursuivre une politique vers le progrès - c'est certainement pour cela qu'une grande partie de la population dans les pays que vous citez n'a pas un accèes non censuré à Internet, par exemple.
Quand on voit les incitations à la haine et au meutre comme on les voit actuellement en provenance de l'Iran, de l'Afghanistan (les Talibans font aussi partie des forces progressistes pour vous ?) et du Pakistan, on a du mal à croire qu'il s'agit vraiment d'un mouvement pour la paix et pour le progrès durable dans le monde.
Comme l'a cité Christophe, la bourse pétrolière en Euros comporte un réél risque de déstabilisation économique, dont vous semblez vous rejouir, puisque c'est le "Satan américain" qui est visé. Il serait peut être temps que les différentes tendances islamiques cherchent leur place dans un dialogue global au lieu de déclarer la guerre à tout le monde, au nom d'une paix durable de surcroît.
Ecrit par : Kai | mardi, 14 mars 2006
En réponse à vous qui me répondez, alors lancez-vous tous dans la proposition de M° Bush et main dans la main avec ce dernier pour finir avec l'Iran dans une guerre atomique! Croyez-vous gagner peut-être avec les choses et impôser vos volontés aux processus naturels. Les spécialistes savent qu'en peu de temps l'Iran sortira vainceur de la guerre atomique puisqu'il privera la planète entière du pétrol et sur une très longue durée. Nous n'avons tout simplément pas le choix devant les évidences.
Moi, je propose que l'Europe continue sa formation et sa solidarité européenne tout en s'orientant dans une politique sincère et véridique de construction vers le progrès, venir en aide sincère et véritable aux populations afriquaines, asiatiques et américaines. C'est uniquement de cette façon que l'Europe se fera élir à rster en bonne position dans le novel ordre mondial. Autrement, la place serait occupée par la Russie, la Chine et l'Iran. A nous tous de choisir notre destin.
Bonne chance à l'Europe
Ecrit par : Magnauma | mardi, 14 mars 2006
il est en effet temps que L'europe lance un programme scientifique ambitieux et de longue durée pour chercher à developper une energie propre ( sauver la planete... ) qui permettra de se liberer des enjeux geopolitiques petroliers des chantages, appels à la haine et autres injonctions à choisir un camp
Ecrit par : mowglii | mardi, 14 mars 2006
De toute manière, les "spécialistes" oublient une chose : d'ici 35 ou 40 ans au plus tard, la question du pétrole sera réglée pour de bon - il y en aura plus. Et Téhéran ne pourra plus en vendre. Le monde entier a donc grand besoin de travailler ensemble dans les programmes d'énergies renouvelables. Et cette nécessité de coopérer concerne le monde entier, y compris les pays dont la richesse est fondée sur le pétrole.
Les Iraniens, comme les Américains, doivent comprendre une chose : le monde entier ne marchera jamais comme ces deux pays le souhaiteraient. Etrangement, les deux côtés tiennent le même discours : ils prônent un retour à des valeurs morales. Pendant que Bush souhaite que le monde fonctionne aux McDo et au Coca, les valeurs morales de Téhéran sont celles d'un Islam intransigeant, basé sur la Charia et des "valeurs culturelles" qui n'ont aucunement cours dans le reste du monde. Les deux côtés ont tort et des deux côtés, on pratique un impérialisme regrettable. L'Europe n'a aucune raison de plier les genoux devant l'un ou l'autre et nous ne devons pas nous rallier à la cause d'un des deux côtés. Il nous faut une politique propre, basée sur les valeurs qui sont les notres. Si en France et en Allemagne, l'attitude américainne n'a pas suffit pour que les deux pays participent à la guerre du golf, nous n'avons pas non à adopter la position iranienne, sous prétexte que "des spécialistes prévoient que l'Iran déclenche et gagne la prochaine guerre atomique". Si tels sont les plans iraniens, l'unique position raisonnable serait de priver l'Iran de toute technologie nucléaire, et d'instaurer des contrôles du programme nucléaire iranien sévères. Comme si on n'avait pas connu cela dans le passé pas loin de l'Iran.
Je ne pense pas que quelqu'un sur ce blog ait fait un appel à une guerre atomique contre l'Iran, mais je suis très irrité par les propos de Magnauma qui parle assez facilement d'une guerre atomique que l'Iran gagnerait. Pensez-vous réellement qu'une guerre atomique profite à quelqu'un sur cette planète ? La solution pour les tensions entre les civilisations ne réside pas dans la démagogie et dans l'hystérisation des masses, ni dans les menaces mutuelles, ni dans l'incitation au meurtre et à la haine régligieuse, mais dans un dialogue et une véritable recherche de la paix dans le monde. Ce que je vois actuellement, ce sont le faucons autant à Washington comme à Téhéran qui visiblement passent leur temps à préparer la guerre. Il n'y aura pas de gagnant dans cette histoire.
Toutefois, je rejoins Magnauma sur un point : il faut non seulement développer une politique énergétique commune, mais également des programmes de développement durable pour les pays et continents défavorisés.
Ecrit par : Kai | mardi, 14 mars 2006
Bonjour,
Loin de moi l'idée de fustiger la volonté de puissance exprimée par l'Iran à travers cette crise. Je crois avoir dit exactement le contraire. L'idée de cet article était de démontrer le retour de la Russie sur la scène du "Grand Moyen Orient" d'une part et de montrer que l'Iran, seule grande puissance régionale avec la Turquie, raisonnait avant toute chose de manière cohérente, réaliste, du moins certains éléments du pouvoir. Je suis d'accord avec les différentes analyses tendant à démontrer que la crise actuelle est l'objet de négociations, dont le pétrole est une des armes, sans être la seule.
D'ailleurs, pour aller dans le sens de certaines remarques pertinentes exprimées dans les différents échanges, je pense très personnellement que la question majeure réside plus dans notre capacité à agir concrètement en faveur d'une vision autre du traitement du dossier du nucléaire iranien, sachant que le pouvoir d'Ahmadinejad est peut-être plus affaiblie qu'on ne le pense et que de nombreux acteurs du jeu politiques iraniens (je pense notamment au penseur Sourouj qui a engagé de très intéressants travaux sur la sécularisation en Iran, interrogeant radicalement les tenants idéologiques du regime depuis 1979)considèrent plus urgent de garantir la stabilité régionale de Téhéran, ne serais-ce pour leur vente de pétrole, majoritairement en direction de l'Europe et de l'Asie, d'où la position chinoise, indienne et bien évidemement russe dans cette histoire.
ED
Ecrit par : Emmanuel DUPUY | mardi, 14 mars 2006
ce serait merveilleux si enfin un pays aidait le monde en faisant chuter les USA.
Equilibrer les deux poles economiques..la il est fausser car les USA sont deja depuis longtemps vituellement en faillite..
J' espere que rapidement l' Iran ou un autre pays si pas tout l' OPEP passe a l' Euro.
En fait utilise plus le dollards serait plus juste.
Ecrit par : Douceur | samedi, 25 mars 2006
Le dollar américain menacé par l'Iran. La menace constituée par la bourse iranienne d'échanges pétroliers.
Krassimir Petrov, 20/01/06
Les véritables raisons pour lesquelles les Etats Unis s'attaquent à l'Iran n'ont rien à voir avec le programme nucléaire iranien. En fait, l'empire américain est menacé dans ses fondements, qui reposent sur le dollar, par la prochaine ouverture de la bourse iranienne d'échanges pétroliers prévue pour mars 2006, et Bush serait prêt à tout y compris éventuellement à recourir à l'arme nucléaire pour défendre son empire et ses dollars.
L' Economie des Empires.
Un état nation soumet à l'impôt ses propres citoyens tandis qu'un empire soumet à l'impôt d'autres états nations. L'histoire des empires, de l'empire grec à l'empire romain, de l'empire ottoman et britannique, nous enseigne que le fondement économique de chaque empire c'est de lever l'impôt sur d'autres nations. La capacité impériale de le faire s'est toujours appuyée sur une économie plus forte et plus performante, et par conséquent, une armée elle aussi plus forte et plus performante. Ces impôts permettent d'améliorer d'une part le niveau de vie de l'empire et d'autre part, de renforcer la domination militaire nécessaire pour imposer la collecte des taxes.
Historiquement, la collecte de taxes sur un état s'est fait sous différentes formes : habituellement en utilisant l'or et l'argent, là où ils étaient considérés comme monnaie, mais aussi par le biais d'esclaves, de soldats, de récoltes, de troupeaux, et autres produits agricoles et ressources naturelles, tout bien économique demandé par l'empire et ce que pouvait donner l'état assujetti. Historiquement, la levée de l'impôt impérial a toujours été fait directement : l'état assujetti remettait directement ses produits économiques à l'empire.
Pour la première fois dans l'histoire, au 20ème siècle, les Etats-Unis ont été capables de taxer le monde de façon indirecte, par le biais de l'inflation. Ils n'ont pas imposé le paiement direct des taxes comme tous leurs prédécesseurs, mais au lieu de cela, ils ont distribué leur propre monnaie, le dollar, à d'autres nations en échange de produits avec pour conséquence voulue de gonfler puis de dévaluer ces dollars et de repayer ensuite chaque dollar par l'équivalent d'une quantité de produits économiques moindre – la différence récupérée constituant la taxe impériale américaine. Voilà comment cela s'est produit.
Au début du XXème siècle, l'économie américaine a commencé à dominer l'économie mondiale. Le dollar américain était lié à l'or de sorte que la valeur du dollar ne s'accroissait ni ne décroissait, mais correspondait à la même quantité d'or. La Grande Dépression, avec la période d'inflation qui l'a précédée, de 1921 à 1929, a eu pour conséquence le gonflement des déficits du gouvernement américain, une augmentation considérable de la quantité de monnaie en circulation, rendant de ce fait, le soutien de l'or au dollar impossible. Ce qui, a conduit Roosevelt à dissocier le dollar de l'or en 1932. Jusqu'alors, les USA pouvaient effectivement dominer l'économie mondiale mais d'un point de vue économique ce n'était pas un empire. La valeur fixe du dollar ne permettait pas aux américains de tirer des bénéfices économiques d'autres pays, en leur fournissant des dollars convertibles en or.
Economiquement parlant, l'empire américain est né avec Bretton Woods en 1945. Le dollar américain n'était pas complètement convertible en or, mais l'était cependant pour les gouvernements étrangers. Ceci permit d'établir la suprématie du dollar comme monnaie réserve mondiale. Ce fut possible parce que pendant la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis avaient ravitaillé leurs alliés en demandant de l'or en paiement, accumulant ainsi une quantité importante des réserves d'or mondial. Un empire n'aurait pu se créer si , suite à l'arrangement de Bretton Woods, les réserves en dollars étaient restées limitées en fonction de la disponibilité de l'or de façon à échanger la totalité des dollars pour de l'or. Cependant, la politique de l'armement et des profits des années 60 fut une politique impériale : les réserves en dollars ont été constamment augmentées, pour financer la guerre du Vietnam et les élites de la société sous L.B Johnson. La plupart de ces dollars furent fournis à des étrangers en échange de biens économiques, sans prévoir de les racheter au même prix. L'augmentation de la quantité de dollars détenus par des étrangers à cause des déficits commerciaux américains persistants, équivalait à une taxe telle la taxe classique liée à l'inflation qu'un état impose à ses citoyens, mais cette fois c'était une taxe que les Etats-Unis imposaient au reste du monde.
Quand en 1970-71, des étrangers demandèrent que leurs dollars soient payés en or, le gouvernement américain leur fit faux bon le 15 août 1971. Alors que la propagande de masse répandit l'histoire de "resserrer les liens entre le dollar et l'or", en réalité, le refus de repayer en or était un acte de banqueroute du gouvernement américain. Le gouvernement américain c'est ainsi déclaré comme empire. Il avait soutiré une énorme quantité de biens économiques du reste du monde, sans avoir l'intention de rendre ces biens, et le monde n'avait pas de moyen de répondre – le monde était taxé et il ne pouvait rien faire par rapport à cela.
A partir de là, pour soutenir l'empire américain et pour continuer à taxer le reste du monde, les Etats-Unis ont été obligé de forcer le monde à continuer d'accepter un dollar toujours plus déprécié, en échange de biens économiques, celui-ci accumulant de plus en plus de dollars dépréciés. Pour tenir le monde, les Etats-Unis devaient fournir une raison économique ; ce fut le pétrole
En 1971, comme cela devenait de plus en plus évident que le gouvernement américain ne pourrait pas racheter ses dollars avec de l'or, en 1972-73 ils ont conclu un arrangement en béton avec l'Arabie Saoudite, soutenant au pouvoir la maison des Saud, en échange de quoi, celle-ci n'acceptait que des dollars en paiement de son pétrole. Le reste des pays de l'OPEC devait suivre et aussi accepter seulement les dollars. Parce que le monde devait acheter du pétrole des pays arabes il avait besoin de maintenir le dollar comme moyen de paiement du pétrole. Parce que le monde avait besoin de plus en plus de pétrole, à des prix de plus en plus élevés, la demande du monde en dollars ne pouvait qu'augmenter. Alors que les dollars ne pouvaient plus désormais être échangés pour de l'or, ils pouvaient être échangés pour du pétrole.
La base économique de cet arrangement c'était que le dollar pouvait être désormais échangé pour du pétrole. Tant que cela était le cas, le monde devait accumuler de plus en plus de dollars pour pouvoir acheter du pétrole. Tant que le dollar était la seule monnaie d'échange contre du pétrole, la domination des Etats-Unis sur le monde était assurée, et l'empire américain pouvait continuer de taxer le reste du monde. Si pour une quelconque raison le dollar perdait son équivalence pétrole, l'empire américain cesserait d'exister. Par conséquent la survie impériale dictait que le pétrole devait être vendu contre seulement des dollars. L'empire américain exigeait aussi que les ressources en pétrole soient répandues dans des états souverains qui n'étaient pas suffisamment forts militairement et économiquement pour demander d'être payés pour leur pétrole dans une autre monnaie. Si quelqu'un demandait à payer autrement, il devait être convaincu, soit par la pression politique soit par des moyens militaires de changer d'avis.
En fait, l'homme qui a demandé à être payé en euros pour son pétrole c'est Saddam Hussein en 2000. D'abord sa demande a été accueillie par le ridicule. Puis négligée, mais comme il devenait clair qu'il y tenait, on a fait pression politiquement sur lui pour qu'il change d'avis. Alors que d'autres pays, comme l'Iran, voulaient aussi être payés avec d'autres monnaies, souvent en euro ou en yen, le danger pour le dollar devenait flagrant, d'actualité, et on préparait une action punitive. La campagne de Bush "Shock and Awe" en Irak n'était pas liée aux capacités nucléaires de Saddam, ou à la défense des droits de l'homme, ou au besoin de répandre la démocratie, ou même de s'emparer des champs de pétrole, c'était de défendre le dollar, sur quoi s'appuie l'empire américain. Il s'agissait de faire un exemple et de montrer que quiconque demanderait à être payé dans une monnaie autre que le dollar serait puni en conséquence.
Beaucoup ont critiqué Bush pour avoir fait la guerre en Irak pour s'emparer des champs de pétrole. Cependant ces critiques ne peuvent expliquer pourquoi Bush voudrait s'emparer de ceux-ci alors qu'il pouvait simplement faire imprimer des dollars pour rien et les utiliser pour obtenir tout le pétrole dans le monde dont il avait besoin. Il avait une autre raison d'envahir l'Irak.
L'histoire nous apprend qu'un empire part en guerre pour deux raisons :
• I - pour se défendre
• 2 – pour tirer profit de la guerre.
Sinon, comme Paul Kennedy la décrit de façon magistrale dans son livre "the rise and fall of the great powers " (l'ascension et la chute des grandes puissances), une armée surexploitée engloutira ses ressources économiques et provoquera son effondrement. Economiquement parlant, pour qu'un empire puisse initier une guerre et la mener, les bénéfices qu'il en tire doivent être supérieurs aux coûts militaires et sociaux. Les bénéfices des champs de pétrole irakiens ne valent pas les coûts militaires engagés sur plusieurs années et à long terme. Au lieu de cela, Bush a été en Irak pour défendre son empire.
En fait, c'était le cas : 2 mois après l'invasion américaine de l'Irak, le programme pétrole contre nourriture se terminait, les comptes irakiens en euros étaient convertis en dollars et le pétrole était de nouveau vendu seulement contre des dollars. Le monde ne pouvait plus acheter du pétrole irakien contre des euros. La suprématie du dollar était une fois encore restaurée. Bush descendait victorieusement d'un avion de combat, et déclarait "mission accomplie". Il avait défendu avec succès le dollar américain et par conséquent l'empire américain.
La bourse au pétrole de l'Iran.
Le gouvernement iranien a finalement développé l'arme "nucléaire" suprême qui peut détruire en douceur le système financier sur lequel repose l'empire américain. Cette arme c'est la bourse iranienne d'échanges pétroliers qui devrait ouvrir en mars 2006. Elle sera basée sur un mécanisme de commerce pétrole / euros qui implique naturellement un paiement du pétrole en euros. En termes économiques, cela représente une menace plus grande pour l'hégémonie du dollar que celle de Saddam parce que cela autorisera quiconque voulant soit acheter ou vendre du pétrole en euros de faire la transaction sur ce marché d'échange, contournant ainsi le dollar américain. Si cela se fait, c'est fort probable que presque tout le monde adoptera avec enthousiasme ce système pétroeuros.
Les européens n'auront pas à acheter et conserver des réserves en dollars afin de pouvoir assurer le paiement de leurs achats de pétrole, mais paieront ainsi directement avec leur propre monnaie. L'adoption de l'euro pour les transactions pétrolières donnera à la monnaie européenne un statut de monnaie de réserve qui bénéficiera aux européens aux dépends des américains.
Les chinois et les japonais s'empresseront tout spécialement d'adopter la nouvelle monnaie d'échange parce que cela leur permettra de baisser de façon drastique leurs réserves en dollars, et de diversifier celles-ci avec de l'euro, se protégeant ainsi de la dévaluation du dollar. Ils conserveront une partie de leurs dollars ; une autre partie ils décideront éventuellement de s'en séparer immédiatement, une autre partie ils décideront de s'en servir pour de futurs paiements sans refaire le plein de dollars, mais accroissant au lieu de cela leurs réserves en euros.
Les russes ont un intérêt économique inhérent pour adopter l'euro – la majeure partie de leur commerce se fait avec des pays européens, des pays qui exportent du pétrole, avec la Chine et avec le Japon. L'adoption de l'euro neutralisera immédiatement les deux blocs, et avec le temps, cela facilitera le commerce avec la Chine et le Japon. En plus, les russes semblent détester le fait d'avoir des réserves en dollars car ils se sont récemment convertis à la nouvelle religion de l'or. Les russes ont aussi revivifié leur nationalisme et si embrasser l'euro c'est planter un couteau dans le dos des américains, ils le feront volontiers et regarderont condescendants l'Amérique saigner.
Les pays arabes exportateurs de pétrole adopteront avec enthousiasme l'euro, comme moyen de diversifier des montagnes de dollars dévalués. Tout comme les russes, leur commerce se fait principalement avec les pays européens et ils préfèreront la monnaie européenne à la fois pour sa stabilité et pour éviter de prendre des risques monétaires sans mentionner leur djihad contre l'ennemi infidèle. Seuls les britanniques seront entre deux eaux. Ils ont eu une relation privilégiée avec les Etats-Unis, mais ils ont aussi une tendance naturelle les poussant vers l'Europe. Jusqu'à présent ils ont eu de nombreuses raisons de rester du côté du vainqueur. Cependant lorsqu'ils verront leur partenariat vieux d'un siècle s'écrouler, vont-ils soutenir fermement leur partenaire ou délivreront-ils le coup de grâce ? D'autre part, il ne faut pas oublié qu'actuellement les deux principales bourses d'échange pétrolières sont celle de New York NYMEX et l'IPE la bourse internationale d'échange pétrolier de Londres, bien que les deux soient en réalité propriétés des américains. Il semble plus probable que les anglais couleront avec le navire sinon ils se tireraient dans le pied en allant à l'encontre de leurs propres intérêts via l'IPE de Londres. Quelque soit la rhétorique avancée par les anglais pour garder leur livre et ne pas adopté l'euro, ils l'ont certainement fait sous la pression des américains, car sinon, l'IPE de Londres aurait du se tourner vers l'euro blessant mortellement le dollar et leur partenaire stratégique.
De toute façon, quelque soit la décision des britanniques, si l'ouverture de la bourse iranienne
s'accélère, les intérêts qui comptent – ceux des européens, des chinois, des japonais, des russes, et des pays arabes – ceux là se précipiteront pour adopter l'euro, réglant son sort au dollar. Les américains ne peuvent pas se permettre que cela arrive et si nécessaire utiliseront une vaste panoplie de moyens stratégiques pour arrêter ou entraver les opérations d'échange.
Saboter les échanges
Par le biais d'un virus informatique, sabotage du réseau internet, des communications, ou d'une attaque du serveur, s'attaquer à la sécurité du serveur, ou une attaque du type 11 sept sur des bâtiments principaux
Coup d'état
C'est certainement la stratégie la meilleure à long terme pour les américains. Négocier des conditions et limitations acceptables, s'est aussi une très bonne solution pour ces derniers. Bien sûr, un coup d'état est clairement la stratégie préférée, car cela permettra de s'assurer que la bourse d'échanges ne fonctionnera pas et ne menacera pas les intérêts américains. Cependant, si une tentative de sabotage ou un coup d'état échouent, alors la négociation est la deuxième meilleure option.
Une résolution conjointe de l'ONU autorisant la guerre
Ceci sera sans aucun doute difficile à obtenir étant donné les intérêts de tous les autres membres du Conseil de Sécurité. La rhétorique fiévreuse sur le programme iranien de développement d'armes nucléaires sert sans aucun doute à préparer ce type d'action.
Une attaque nucléaire unilatérale
C'est un terrible choix stratégique pour toutes les raisons citées ci-dessous en liaison avec la guerre totale unilaterale. Les Etats-Unis utiliseront probablement les israéliens pour faire leur sale boulot.
Guerre unilatérale totale
Ceci est évidemment le pire des choix stratégiques. Premièrement, les ressources de l'armée américaine ont été largement entamées par deux guerres. Deuxièmement, les américains s'aliéneront d'autres nations puissantes. Troisièmement, les pays qui ont des réserves en dollars peuvent éventuellement décider de se venger en douce en se débarrassant de leurs montagnes de dollars, empêchant ainsi les Etats-Unis de financer ses ambitions militaires. Finalement, l'Iran a des alliances stratégiques avec d'autres nations puissantes ce qui pourrait les impliquer dans une guerre. L'Iran a une alliance avec la Chine, la Russie, l'Inde, connue sous le nom du Groupe de Coopération de Shangaï a.k.a Shangaï Coop, et un autre pacte avec la Syrie.
Quelque soit la stratégie choisie, d'un point de vue purement économique, si la Bourse iranienne d'échanges pétroliers se concrétise, elle sera adoptée avec enthousiasme par les principales puissances économiques, et précipitera la chute du dollar. La chute du dollar accélérera dramatiquement l'inflation américaine, entraînant une pression croissante sur les intérêts à long terme américain. Alors, la Fed (Banque Fédérale) se trouvera tiraillée entre deux choix : déflation ou hyperinflation. Elle sera rapidement forcée, soit d'avoir recours à sa "médecine traditionnelle" en dévaluant, avec une hausse des taux d'intérêts, provocant une dépression économique majeure, un effondrement de l'immobilier et une implosion des stocks et obligations et des marchés dérivés, et un effondrement financier complet. Ou comme alternative, choisir la voie Weimar, par l'inflation, noyant le système financier sous les liquidités, et plongeant l'économie dans une situation d'hyperinflation.
La théorie autrichienne des cycles de l'argent, du crédit, et des affaires nous enseigne qu'il n'y a pas de juste milieu entre ces deux choix (déflation, hyperinflation).Tôt ou tard, le système monétaire devra basculer d'un côté ou de l'autre, obligeant la Fed à faire un choix. Il ne fait aucun doute que le commandant en chef Ben Bernanke, grand connaisseur de la Grande Dépression et fin pilote de (l'hélicoptère) Black Hawk, choisira l'inflation. Hélicoptère Ben, inconscient de la Grande Dépression telle qu'elle est analysée par Rothbard, a néanmoins retenu les leçons sur le pouvoir destructeur de la déflation. Le Maestro lui a enseigné que la panacée à tout problème financier, dans tous les cas, c'est l'inflation. Il a même enseigné aux japonais sa méthode originale pour lutter contre la déflation. Comme son mentor, il a rêvé de livrer une bataille au sein d'un hiver de Kondratieff. Pour éviter la déflation, il fera appel à la planche à billets, il fera décoller les hélicoptères des quelques 800 bases étasuniennes à l'étranger et, si nécessaire, il monétisera tout ce qui lui tombera sous la main. Son œuvre ultime sera la destruction par hyper inflation de la devise étasunienne. Et de ses cendres renaîtra la nouvelle devise de réserve du monde, cette relique barbare qu'on appelle l'or.
Krassimir Petrov Ph.D Gold Eagle
20 janvier 2006
Publié sur le site www.countercurrents.org sous le titre "The Proposed Iranian Oil Bourse"
Krassimir Petrov ( Krassimir_Petrov@hotmail.com) est docteur en économie de l'Universite de l'état de l'Ohio et est actuellement professeur de micro économie et de finance internationale à l'Université américaine de Bulgarie. Il recherche un poste à Dubaï ou dans l'U.A.E
Ecrit par : emanuelle | samedi, 15 mars 2008








