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dimanche, 19 mars 2006
CPE : PROPOSITION POUR UNE SORTIE DE CRISE
En ayant eu recours à l’article 49§3 le gouvernement français aurait-il commis une grossière erreur stratégique dans le dossier «contrat première embauche» (CPE)? Nombreux sont ceux qui le pensent ou l’affirment tant le fait de faire passer un texte en force, avec l’aide d’une forte majorité parlementaire, ressemble à s’y méprendre à une forme d’autoritarisme. A dire vrai, non seulement la chose ne semblait en rien nécessaire mais elle apparaissait particulièrement déconseillée dans l’état actuel des tensions sociales que traverse la société française… Le CPE est, d’après le gouvernement Villepin, une mesure destinée à lutter contre la précarité existante et non à l’aggraver. Le constat de précarité des jeunes ne peut être ignoré, que l’on soit de gauche, de droite, centriste ou simple citoyen. Mais en ce cas, commençons par prendre en considération la dimension sociale que pourrait revêtir une telle mesure. Le parti socialiste ne s’était pas opposé au «contrat nouvelle embauche» (CNE), le Medef non plus. Aujourd’hui, le PS dénonce le CPE. Pas le Medef. Pourquoi ? Très certainement parce que l’opposition gouvernementale y voit une généralisation pure et simple de la période d’essai de deux ans aux grosses structures. Pourtant, si comme le défend le gouvernement UMP (droite), le but du CPE est de promouvoir l’emploi pourquoi ne pas prendre en compte l’ensemble des données disponibles ?
1/ Les zones géographiques où les situations de précarité, le chômage et la pauvreté sont les plus flagrantes sont connues : il s’agit des zones urbaines sensibles, les ZUS.
2/ Ce sont aussi les jeunes de ces zones qui ont le plus besoin de garanties et qui en ont le moins : discriminations diverses, manque de garanties financières, etc.
3/ Le CPE, d’après le gouvernement Villepin, ajoute de nouvelles garanties aux contrats existants : bancaire, logement et autres.
4/ Les employeurs potentiels de ces zones sont aussi de grandes entreprises : les enseignes de la grande distribution, par exemple.
5/ Les jeunes de ces zones sensibles seraient les plus concernés par ce type de contrat puisqu’ils sont aussi les moins qualifiés.
En vertu de tous ces éléments, une solution de sortie de crise serait le retrait pur et simple du CPE, compensée par l’extension exceptionnelle du CNE aux entreprises de plus de vingt salariés, ceci uniquement dans le cas des zones au plus fort taux de chômage des jeunes. Cet aménagement serait évalué sur une période de trois ans et l’on pourrait alors en tirer des enseignements remarquables. Pourquoi ? Parce que ce sont dans ces zones que le taux de chômage est le plus élevé, et une amélioration significative de la situation ne souffrirait d’aucune contestation. Parce qu’aussi, cette période de trois ans permettrait de voir si le CNE peut véritablement s’apparenter à un outil d’accompagnement des demandeurs d’emploi vers des CDI «classiques». Enfin, cela aurait le mérite de ne pas se révéler une mesure discriminante par restriction d’âge.
José Peres Baptista est président de la e-Cité
17:45 Publié dans ECONOMIE, JOSE PERES BAPTISTA, SOCIETE | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Europe









Commentaires
Bon, c'est assez violent dans la forme mais le contenu me paraît intéressant. Au moins, il pose de vraies questions: http://soutien-cpe.blogspirit.com/archive/2006/03/19/contrat-premier-espoir.html
Christophe
Ecrit par : christophe Nonnenmacher | dimanche, 19 mars 2006
José, je pense que ce sont de très bonnes idées : simple, concret et cohérant. C toi qu'il fallait nommer comme ministre de l'emploi ;-)
Ecrit par : ~laurent | lundi, 20 mars 2006
Laurent,
Si nous sommes dans une telle situation c'est bien par incohérence. Lorsque l'on met à la tête de ministères des personnes qui n'ont strictement rien à voir avec le sujet qu'ils sont censés administrer, qu'elles sont conseillées par des armées de technocrates dont le dernier contact avec la société réelle remonte à l'école buissonnière, on ne peut que comprendre que de telles inepties se produisent. Et si en plus ils la jouent solitaire...
Ecrit par : José | lundi, 20 mars 2006
Le parti de centre gauche Initiative Europeenne et Sociale reprend l'idée d'évaluation et propose une sortie de la crise en améliorant le CPE. Votre idée est intéressante et il existe de nombreux points de convergence. Je vous rejoint sur le fait que le CPE ne correspond pas à une mesure suffisamment ciblée. Vous proposez d'élargir le champ d'application du CNE, ce qui revient à accepter l'idée que la souplesse du marché du travail représente une solution pour créer de l'emploi. On peut en discuter, quoi qu'il en soit des mesures spécifiques en direction de la jeunesse sont encore à définir. Je vous invite à lire la position de certains membres d'IES et à exprimer éventuellement vos idées sur ce blog :
http://initiativeeuropeenneetsociale.over-blog.com/article-2164612.html
Amicalement,
IES_Alsace@yahoo.fr
Ecrit par : Laurent Py | mardi, 21 mars 2006
Laurent,
Tout en étant réservé j'ai pris contact avec vous.
Ecrit par : José | mardi, 21 mars 2006
Il me semble au contraire que des mesures ciblées sont sources de discriminations et se créent rapidement des effets de trappes. Dés qu'on dépasse un âge, un lieu... le droit change et les entreprises intègrent dès lors ces éléments dans leurs stratégies comme autant de contraintes et/ou d'opportunités. Au contraire il faut simplifier le droit, ce dernier ne joue qu'à la marge sur l'emploi. Ce qui permet l'emploi c'est le besoin de recrutement, donc l'état du "marché" du travail. Si l'on souhaite que ce "marché" fonctionne correctement il faut que les acteurs (offreurs et demandeurs) soient sur un pied d'égalité ou pour le moins qu'aucuns d'eux ne dispose d'un quasi-monopole. Or à l'heure actuelle, les employeurs sont en situation de domination du marché parce qu'ils sont face à un excès d'offre de travail (ceux qui recherchent un emploi). Cette asymétrie les amène à exiger beaucoup en offrant peu de garanties. Précariser davantage ne sera pas une solution. Cela va fluidifier le "marché" mais en aucun cas créer de nouveaux emplois.
Pour sortir du conflit sur le C.P.E, je propose une solution beaucoup plus claire et démocratique : Organisons un référendum, la population répondra elle-même. Enfin une solution de démocratie directe.
Ecrit par : éric | dimanche, 26 mars 2006
Éric,
La proposition de cette solution a été faite dans un but d'expérimentation. Si un tel contrat permet de créer des emplois on en aura alors la preuve. Dans le cas contraire il conviendrait alors de retirer ce type de contrats, tout simplement. Mes opinions personnelles sont toutefois les mêmes que les vôtres. Ce ne sont pas des contrats qui créent des emplois mais l'activité.
Ecrit par : José | dimanche, 26 mars 2006
Voici la traduction allemande de cet article
http://andreassozpol.blog.de/2006/03/29/france_vorschlag_fur_einen_ausweg_aus_de~681701
dans mon blog vert allemand
contenant aussi des versions francaises telles que:
http://andreassozpol.blog.de/2006/03/17/nous_saluons_le_nouveau_mouvement_des_et~651846
Ecrit par : andreas_fecke | jeudi, 30 mars 2006
Andreas,
Merci de cette traduction mais pourrais-tu rectifier mon nom sous la forme José (mon prénom) Peres Baptista (en seux mots, mon nom de famille). Tu as oublié le "Peres"... ;-)
Merci d'avance.
Ecrit par : José | jeudi, 30 mars 2006
Oui, oups, c'est fait.
Sinon, rien a craindre, les traductions sont de bonne qualite et presentent le texte entier (il y avait deja "les 3 ppp" lors des emeutes en banlieue).
Entre autres, ce blog me sert de source. J'avais remarque que le "son original", melange a mes articles,attire d'avantage d'interet.
Je pense que cela ne pose pas de problemes.
Je ne cherche pas le chorus. Je cherche toujours des voix qui aprofondissent brievement d'une facon comprehensible.
Des recommandations pour moi?
Bonne continuation
Ecrit par : andreas_fecke | vendredi, 31 mars 2006
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