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mardi, 21 mars 2006

2006, ANNEE DE LA FRANCOPHONIE ?

Cette année 2006 est un moment déterminant pour le projet francophone. Nous fêtons, en effet, le centenaire de la naissance du chantre de la négritude et l’ardant défenseur du projet francophone qu’était Léopold Sédar Senghor. Nous sommes également à quelques mois de la tenue du XIème Sommet de la francophonie qui se tiendra pour la première fois à Bucarest, preuve que la francophonie est un projet universaliste, liant 175 millions de locuteurs francophones affirmés à travers 63 pays dans le monde. Le salon du livre, sous l’égide de la francophonie ainsi que le festival Francofffonies qui de mars à octobre battra au coeur de la diversité culturelle, confirment l’enjeu formidable qu’est le français dans le monde. De nombreux colloques, ainsi qu’une abondante littérature, dont les ouvrages de Dominique Wolton au titre prophétique de «Demain la francophonie» (éditions Flammarion) ou celui de Claire Tréan dans la collection Idées reçues viennent concrétiser un intérêt croissant des Français pour cet enjeu, à la fois politique, culturel et économique.

 

Pourtant, bien des incompréhensions subsistent sur ce concept que d’aucuns assimilent à un souvenir honteux de la puissance passée de la France. Souvent a-t-on également coutume d’entendre que les projets européen et francophone seraient concurrents, voire antinomiques… A tout cela, la francophonie répond en écho fraternité, laïcité, humanisme, solidarité entre les peuples, intégration républicaine, diversité culturelle, dialogue des civilisations… caractéristiques de ce «savoir-être» francophone. Mais au-delà de ces discours, il est désormais temps d’agir de manière pérenne afin de ne pas voir le français péricliter comme langue officielle au sein des organisations internationales, ou voir les instruments vitaux que sont les alliances françaises, centres culturels et établissements scolaires fermer les uns après les autres…sans parler de la fin du plurilinguisme pour les brevets ou encore l’abandon d’une politique d’attribution de bourses qui inscrivait pourtant la «francosphère» dans la réalité du co-développement et en faisait un des leviers pour la «francophonie puissance» qui nous fait défaut dans la mondialisation.

 

Des actes symboliques sont urgents. Ainsi au-delà de la complexité institutionnelle, la mobilisation associative est un facteur déterminant, à l’instar de la victoire obtenue à l’Unesco en octobre dernier en faveur de la diversité culturelle. Ces messages à adresser à l’opinion publique, pourraient être - comme le proposent de nombreuses associations regroupées au sein du Forum Francophone International (FFI)-, l’utilisation du drapeau officiel de la francophonie à côté des drapeaux nationaux, fédéraux, européen, ou encore l’ajout dans notre Constitution d’une phrase rappelant que la «République participe à la construction d'un espace francophone de solidarité et de coopération». Alors demain nous sentirons-nous un peu plus francophones pour bâtir autour de cette «langue en partage» un monde plus juste et garantir des rapports entre les peuples plus équilibrés, «unis dans la diversité» comme nous y invite le projet européen ?

 

Emmanuel Dupuy est Secrétaire général de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE)

Commentaires

La francophonie renait d'elle même sur le réseau : lorsque l'on veut faire des affaires sur le net, rencontrer ou échanger, la dernière frontière est la langue. La francophonie est notre (a nous français) territoire de jeux ... amusons nous et faisons oublier les Focard, Pasqua et autres Bongo ...

PS : tu viens quand faire un tour à Casablanca ;-)

Ecrit par : ~laurent | samedi, 25 mars 2006

Quand tu veux...D'ailleurs, l'action à mener est francophone autant que méditerranéenne...A nous de jouer en effet, en faisant vivre le volet trois du processus de Barcelone. Je sais que tu y contribue activement au Maroc, à travers tes activités. Il faudrait le faire mieux connaître.

ED

Ecrit par : Emmanuel DUPUY | samedi, 25 mars 2006

> Il faudrait le faire mieux connaître
J'ai un projet de magazine qui s'appelle "Emergence" qui parle de ce nouveau maroc. On en reparle si tu veux bientôt autours d'un thè à la menthe :)

PS : je fais une super fiesta à Marrakech le 22 avril (mon anniversaire des 40 ans) tu viens faire un tour (christophe devrait être là ;-) ?

Ecrit par : ~laurent | dimanche, 26 mars 2006

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