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dimanche, 20 août 2006
SIDA : TRAHISONS ASSASSINES
(Par HASSAN GHERAB / Source : La Tribune) La conférence internationale sur le sida, clôturée vendredi dernier à Toronto, a révélé des échecs, à tous les niveaux, qui ont annihilé les quelques avancées réalisées dans la lutte contre le VIH. Les chiffres livrés par des scientifiques travaillant sur le terrain apportent la preuve irréfutable de ces échecs dont sont responsables aussi bien les pays riches que, à un degré moindre, les gouvernements des pays touchés par la pandémie. Chaque minute, un enfant de moins de 15 ans est infecté par le VIH qui tue 500 000 enfants par an. Plus de 2,3 millions d’enfants vivent avec le virus du sida, en quasi-totalité dans les pays pauvres où le taux de transmission de mère à enfant atteint jusqu’à 45% et où un bébé sur deux né avec le virus ou en est infecté mourra avant d’avoir atteint sa deuxième année. Si la mère, souvent sidéenne qui n’a pas été prise en charge, meurt, les chances de survie du bébé se réduisent encore de moitié. 270 000 bébés de moins de 18 mois parmi les quelque 800 000 enfants dans le monde, dont au moins 600 000 en Afrique australe, ont besoin d’un traitement urgent.
Or, les programmes de lutte contre le sida dans les pays pauvres qui, malgré la trahison des gouvernants, ont rassemblé des milliards de dollars, ne touchent pas les femmes et, par conséquent, font payer cette exclusion à l’enfant qui, de plus, ne peut bénéficier des programmes de thérapies antirétrovirales conçus pour les adultes. Selon l’OMS, 6% seulement des femmes séropositives dans le monde bénéficient de la prophylaxie antirétrovirale permettant de mettre le nouveau-né à l’abri d’une infection. Mais ce chiffre semble ne concerner que les femmes du Sud, car les infections d’enfants ont pratiquement disparu dans les pays riches qui, s’ils se sont bien occupés de leurs sidéens, n’ont rien fait de ce qu’ils avaient pourtant promis pour aider à la lutte contre le sida. L’envoyé spécial de l’ONU pour le sida en Afrique Stephen Lewis l’a d’ailleurs vertement signifié à Toronto. «Personne ne demande davantage que ce qui a été promis» lors du sommet du G8 en 2005. «Mais la trahison pavlovienne du Sud par les pays riches a déjà commencé […]. Toute la bataille contre le sida est mise en danger par l’attitude du G8», a lancé M. Lewis.
Le G8 avait, en effet, promis de fournir aux sidéens africains un «accès aussi universel que possible à un traitement» d’ici à 2010, de financer la lutte contre la pandémie et de tout faire pour que les orphelins du sida ou d’autres maladies soient pris en charge. De ces engagements, on n’a rien vu venir et les besoins sont toujours là, plus pressants que jamais : 15 milliards pour 2006, 18 milliards en 2007, 22 milliards en 2008 et, selon les projections, 30 milliards en 2010. «Nous sommes en retard de milliards et de milliards de dollars […]. Si cette tendance se poursuit, nous ne parviendrons jamais à l’accès universel», conclura M. Lewis. La conclusion a tout du glas sonnant l’avènement d’une catastrophe. Mais il n’y a pire sourd qu’un riche qui ne veut rien entendre des SOS des pauvres.
05:00 Publié dans LU AILLEURS, RELATIONS EXTERIEURES, SOCIETE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sida, G8, europeus









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