dimanche, 27 août 2006
DU BARCAMP ALSACE A UN EU BARCAMP ?
Fascinante expérience que celle d’aujourd’hui. Après Paris (BarCampParis3), Strasbourg accueillait son premier BarCamp Alsace. L’idée, organiser une sorte de brainstorming collectif avec des gens venus d’horizons différents, ne se connaissant pour la plupart ni d’Eve ni d’Adam. Une chose, je l’avoue, qui m’était encore inconnue il y a dix jours. Concrètement, les participants s’inscrivent sur un wiki. Une fois sur place, chacun se fend d’un petit speech du type «j’ai arrêté de boire il y x années», à ceci près qu’il s’agit ici de se présenter et, dans la mesure du possible, d'expliquer le pourquoi de sa présence : ce que l’on attend de cette journée, les thèmes que l’on souhaite aborder, qu’il s’agisse des usages ou des développement à venir du podcast, de son désir de créer un wiktionnaire (dictionnaire pour les nuls en langage web 2.0 – un outil qui, en passant, ne me serait pas inutile de consulter…), ou de notre relation à l’information avec l’éternel débat «blogs versus médias traditionnels»). Cette étape passée, ceux désirant organiser une session de travail s’inscrivent sur un tableau blanc. Les autres, choisissent les ateliers auxquels ils souhaitent participer.
La force de ce concept importé des Etats-Unis réside dans le dialogue qui s’ouvre à partir de là. Dans les projets qui peuvent en résulter à court ou moyen terme, le BarCamp n’étant qu’un début, le wiki permettant de poursuivre le débat, la journée (en fait, normalement deux jours) achevée. Au-delà du contenu technique de cette rencontre physique, le concept de BarCamp a ceci d’intéressant qu’il peut s’appliquer à tout secteur d’activité. A tout sujet. Un GovCamp sera ainsi organisé au cours de la troisième semaine de septembre, à Bruxelles : y seront traitées les questions de eGouvernance, de eDemocratie, de Democratie 2.0. Des conférences Skype ne sont pas à exclure. Idée : pourquoi ne pas pousser plus en avant l’idée : organiser un EU BarCamp rassemblant citoyens lambda, élus politiques, journalistes, blogueurs, etc.. pour réfléchir à l’avenir de l’Union européenne. Utopique ? Irréaliste ? Pourquoi ? Quel en serait le frein ? Cela sortirait du cadre établi des institutions, ne serait pas réservé à des experts ? Tant mieux. Peut-être cela nous permettrait-il – enfin d’entrer dans l’ère de la Démocratie 2.0 et de réduire le gouffre entre les citoyens et les institutions.
Christophe Nonnenmacher est journaliste
Le BarCamp Alsace en photos (merci à Frédéric Mossmann)
Les prochains BarCamp (colonne de droite)
Le WineCamp France, organisé par Grégoire Japiot
10:00 Publié dans AGENDA, CHRISTOPHE NONNENMACHER, CONSTITUTION, SOCIETE | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : europeus, nonnenmacher, barcamp, alsace, paris, bruxelles, govcamp









Commentaires
Fais-moi signe pour le EU BarCamp. J'embarque.
Ecrit par : Martin-Éric | lundi, 28 août 2006
Martin-Eric
Avec plaisir :-) Pour l'instant ce n'est qu'une idée qui me trotte en tête mais pourquoi pas... A réfléchir... Si tu as des idées sur le sujet, je suis preneur, l'idée étant de réussir à mettre en place quelque chose de vraiment cohérent. Le govCamp de Bruxelles a l'air assez intéressant de ce point de vue. D'ailleurs, si certains lecteurs d'Europeus devaient s'y rendre, je serai curieux d'avoir leur sentiment sur ce qui s'y dira/fera. Malheureusement, à cette date, je ne pourrai pas m'y rendre moi-même.
En attendant, le BarCampAlsace 2 est sur les rails. Parmi les sujets prévus "The future of information media, web2.0 and media". Ce qui me frappe de plus en plus est la migration de nombreux journalistes vers le web. Financièrement, ils n'ont rien à y gagner. Par contre, "éthiquement", si: la possibilité de revenir aux sources de leur métier. De pouvoir faire de l'info de terrain, et de sortir du "factuel court". Sur le plan de l'information politique, c'est non seulement passionant mais essentiel au débat démocratique. Qui saurait en effet ce que recouvre le "plan Gandhi" de Roland Castro si les blogs n'en parlaient pas, par exemple? (voir vidéo trouvée sur Daily motion: http://55efaubourgsainthonore.blogspirit.com/archive/2006/08/27/dun-plan-gandhi-a-la-republique-metissee.html) John Paul Lepers, ancien journaliste de Canal Plus, planche actuellement sur la création d'un webTV, faite par des citoyens et journalistes et dont le but serait de suivre la campagne française des présidentielles en donnant la parole à de simples citoyens par exemple. J'aime bien cette idée parce qu'elle offre une alternative en terme d'information. Du moins un autre regard. Dire qu'une "révolution" média se passe actuellement sur le web est un lieu commun. Tout comme de dire qu'Internet prend une place croissante dans le secteur de l'information. Mais de nombreuses questions restent: comment rendre la chose encore plus interactive (conf. skype entre lecteurs et auteurs, est-il possible de péréniser ce nouveaux types de médias sur le plan économique, tout en gardant une liberté de ton, de regard, etc..) Dans mon esprit, un média peut aller au delà du simple échange d'information. Il peut-être un outil de réflexion élargie, sur les questions européennes par exemple. Bref, tout cela est encore un peu flou mais ce thème mis au programme du BarCamp Alsace 2 m'aidera peut-être à y voir un peu plus clair. Asa (OVI), que tu connais et avec qui nous risquons de travailler prochainement, pourrait être à mon avis d'un grand apport dans cette réflexion. Bref, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues :-)
La date du BarCamp Alsace n'est pas encore arrêtée mais cela devrait sans doute avoir lieu entre novembre et décembre. (http://barcamp.org/BarCampAlsace2). Pour ceux qui ne pourraient se déplacer, je crois que des conf Skype peuvent être organisées. Tu trouveras les coordonnées de Philippe Schoen (l'organisateur), ici: http://barcamp.org/BarCampAlsace2. Si toi ou Asa êtes tentés pour vous joindre à nous, en attendant, peut-être, un EU BarCamp... :-)
Christophe
Ecrit par : christophe | mardi, 29 août 2006
La démocratie 2.0....faut arrêter de délirer 2 minutes, tenez, je vais m'inventer un terme moi aussi, soyons fous : la république 2.0, ou...l'amour 2.0, ou la niaiserie 2.0, la connerie 10².34.10000, puis pourquoi pas aussi, le garagiste 3.5 (…tant qu'on y est sur les version ne nous privons pas, essayons de donner un N° de version à tout ce qui existe ça fera hype et super techno-branchouille de la mort qui tue!!), bref c'est mon avis 2.7.11, suite à une réflexion version 100000².30.23003.44505.200, suivi d'une irrésistible envie de poster de message version 4.233, en espérant que certain vont arrêter de croire version 1.0, que seul le web et ceux qui blog dessus sont capables de tout changer !!
Salutation version 9000000000000000.
Ecrit par : josteack | samedi, 02 septembre 2006
Josteack
On peut bien sûr ne pas être d'accord avec l'expresion "2.0". mais elle existe et est consacrée, au moins pour le "web 2.0": http://fr.wikipedia.org/wiki/Web_2.0
Par Démocratie 2.0, il faut entendre une profonde mutation de notre relation à la sphère politique, aidée de "nouveaux" outils, qu'il s'agisse de blogs, de wiki, BarCamps ou autres supports. Alors bien sûr, tous ne les utilisent pas mais ils prennent de l'ampleur. Ce qu'il est intéressant de noter est qu'en France, un premier virage a été pris lors de la campagne référendaire sur le projet de traité constitutionnel européen. Faute de véritable débat dans les médias dits traditionnels, celui-ci s'est déplacé sur le web, via l'ouverture de nombreux blogs sur la question. Aujourd'hui, une partie de la campagne présidentielle française se fait en ligne (au moins pour sa partie informative et "débatrice" - du à partir du peu que l'on sait aujourd'hui des programmes concrets de nos "canadidats à la candidature").
Concernant le BarCamp Alsace, j'avoue avoir été quelque peu sceptique en m'y rendant, genre "super...je vais me retrouver au milieu de mecs dont le langage m'est totalement inconnu - et donc incompréhensible). A l'arrivée rien de tel. Juste un véritable échange d'idées et de projets, amenés à se poursuivre ensuite sur le web.
Certes, ces nouveaux outils ne sont encore utilisés que par des personnes dites "averties" (même si je n'aime pas le terme), généralement CSP+, que ce soit en FRance ou aux Etats-Unis. Mais pour combien de temps? Quelque chose est, de mon point de vue, en train de se passer. Ces outils se démocratisent avec l'accès de plus en plus généralisé à Internet et au haut débit. Il est par exemple intéressant de voir que dans une cité comme le Neuhof à Strasbourg (fort taux de chômage, très nombreux bénéficiaires des minimas sociaux, etc..) une petite structure comme Europe Telecom donne accès au web à des familles blacklistées par les grands opérateurs (faute d'avoir un jour pu payé leur facture France Télécom). Dans ces familles, nombreux sont ceux qui ont déjà un skyblog ou un blog. Bien sûr, passer de la création d'un skyblog à une participation citoyenne en ligne prendra peut-être du temps. Mais peut-être pas tant que cela. La France compte déjà 27 millions d'internautes: les médias en ligne se multiplient et gagnent en audience, là où les médias traditionnels en perdent. Le débat y est existant, alors que dans la sphère "physique", il disparaît un peu plus jour après jour. Ce n'est peut-être qu'une tendance, un effet mode, mais j'en doute. Maintenant, je ne suis pas non plus madame Irma :-)
Christophe
Ecrit par : christophe | samedi, 02 septembre 2006
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