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jeudi, 07 septembre 2006

UNE FINUL RENFORCEE : ULTIME CHANCE POUR LA PAIX AU PROCHE-ORIENT ?

medium_PAR_EMMANUEL_DUPUY.4.jpgLa Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), créée en mars 1978 et qui était censée garantir - au Sud du Liban -, la «ligne bleue» séparant le Liban d’Israël et de la Syrie, est revenue dans l’actualité avec la résolution 1701, qui a péniblement mis fin à 34 jours de combats meurtriers entre le Hezbollah et Tsahal. Renforcée par des moyens militaires européens conséquents, notamment français et italiens, et des conditions d’engagement moins contraignantes, la FINUL est ainsi devenu un laboratoire, à la fois pour la Politique Européenne de Sécurité et de Défense (PESD) qui trouve là une mission digne des ambitions européennes en matière diplomatique et militaire, mais aussi pour les Nations Unies et le multilatéralisme, pour qui se joue sans doute un moment important pour sa crédibilité en matière de médiation et de résolution des conflits.


Rappelons que le Liban fait figure, malgré lui, de précurseur en la matière, compte tenu des effets de quinze années de guerre civile entre 1976 et 1991, ponctuées par des incursions étrangères récurrentes (israéliennes en 1982 et 1996, syriennes dès 1976 et jusqu’à leur départ en mai de l’année dernière). Déjà en 1958, le Groupe d’observation desNations Unies au Liban (GONUL, basé à Beyrouth) avait reçu le mandat de veiller à ce qu’il n’y ait pas d’infiltrations illégales de personnels, d’armes ou d’autres matériels via la frontière entre la Syrie et le Liban… Par ailleurs, la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement des hauteurs du Golan (FNUOD, créée en juin 1974), ainsi que l’Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve (ONUST qui est, depuis mai 1948, la «doyenne» des opérations de maintien de la paix onusienne) confirme l’intérêt déjà ancien pour la communauté internationale de veiller à la stabilité régionale.

 

Néanmoins, résolutions après résolutions, de la 158 datant de 1948 à la 1701 d’il y a quelques jours, le paradoxe veut que les moyens nécessaires pour assurer l’ancrage durable de la paix soient peut-être surabondants sur le papier et qu’ils soient injustement absents dans le foyer principal qui enflamme la région depuis bientôt un demi-siècle, à savoir les territoires palestiniens. Espérons, comme l’a rappelé récemment le ministre des Affaires étrangères italien, que la réussite attendue de la «FINUL renforcée» puisse inspirer l’envoi rapide de casques «bleus» et «blancs» à Gaza et en Cisjordanie où, malgré le cessez-le-feu, les armes ne sont pas encore rengainées, et pour rappeler que ce conflit, comme les précédents dans la région, y ont trouvé leur source «d’inspiration», voire au-delà…

 

Emmanuel Dupuy est Secrétaire général de l’Institut Prospective et Sécurité de l’Europe (IPSE), membre du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix

 

Première publication, jeudi 7 septembre in Metro France 

Commentaires

En quoi consistent exactement les "casques blancs" ?

Ecrit par : polluxe | jeudi, 07 septembre 2006

version "humanitaire" des casques bleus onusiens.

En voici un commentaire "glané" sur AgoraVox :
Les casques blancs
"Fin juillet, le gouvernement libanais a demandé à l’Argentine l’envoi d’une mission humanitaire de cascos blancos argentins pour secourir les civils au Liban sud. Pourquoi l’Argentine ? Ce pays est en fait à l’origine d’une initiative "Casques Blancs" en 1993. Les objectifs étaient de maintenir des personnes mobilisables des pays en voie de développement, pour d’une part augmenter leur importance au sein de l’ONU (déjà pas si négligeable que ça dans les forces de maintien de la paix), et d’autre part de participer à la réhabilitation et à la reconstruction en cas de catastrophes par exemple. Beaucoup de pays d’Amérique du Sud ont soutenu cette initiative. Les cascos blancos ont aidé les Etats-Unis après Katrina ou encore Haïti".

Ecrit par : Emmanuel | jeudi, 07 septembre 2006

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