« QUELLES REFORMES POUR LES NATIONS UNIES ? | Page d'accueil | L'AFGHANISTAN S’APPRETE A INONDER L’EUROPE D’HEROINE »
mercredi, 13 septembre 2006
A PROPOS DU DISCOURS DE NICOLAS SARKOZY SUR L’AVENIR DE L’EUROPE
Pour relancer le débat institutionnel, il propose un mini-traité, très en deçà du TCE. L’Europe politique en sortirait réduite, et son ambition sociale serait nulle. En effet, aucune des intentions d’un traité social –à commencer par la prise en compte des services publics à l’échelle européenne- n’est ici affirmée. Il faudra, pour relancer l’Europe, une vision plus vaste. La conception des frontières de l’Europe par le Président de l’UMP est également restrictive. L’Europe, pour lui, peut au fond vivre dans ses limites actuelles, se contentant d’étendre à notre voisinage le marché et certaines politiques. Nicolas Sarkozy s’enferme par ailleurs dans son obsession anti-turque. Je crois au contraire que la perspective de l’Europe à 30 ou 35 doit demeurer, que l’élargissement doit être maîtrisé, expliqué, partagé, mais pas arrêté, et que la porte de l’Union doit rester ouverte à la Turquie, si celle-ci évolue en profondeur. Enfin, le discours de M. Sarkozy est d’une insigne faiblesse sur les finances de l’Union, parce qu’il refuse de reconnaître la nécessité impérieuse d’accroître fortement et de réorienter puissamment vers la croissance, l’emploi, l’innovation, le budget de l’Europe.
En réalité, Nicolas Sarkozy reste –sans cette fois le dire clairement- attaché à une Europe intergouvernementale, pilotée par un « directoire » des « grands » États. Il nie ainsi la vision fédéraliste, universaliste, d’une union politique à l’échelle du continent, incarnée par des institutions communautaires réformées, plus légitime, plus démocratique, plus efficace. L’Europe n’a pas grand-chose à attendre d’une approche aussi étriquée et dénuée de générosité.
Pierre Moscovici est vice-président du Parlement européen et ancien Ministre délégué français, chargé des Affaires européennes
07:20 Publié dans CONSTITUTION, PIERRE MOSCOVICI | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : moscovici, europe, sarkozy, fabius, strauss-kahn, chirac, politique









Commentaires
Bonjour Mister Moscovici,
votre point de vue est tout de même assez incroyable: vous êtes assis sur les boeufs et vous fouettez la charrue!
Avant de savoir si l'Europe doit être sociale ou non, il est peut-être intéressant de savoir selon quels mécanismes elle fonctionne; c'est la teneur du discours de Sarkozy, avec en particulier la proposition de décisions à la majorité qualifiée. Proposition qui éviterait la paralysie des institutions que nous aurions connu avec l'irréaliste règle de l'unanimité.
"des institutions communautaires réformées, plus légitime, plus démocratique, plus efficace".
Mais cher monsieur, tout le monde à gauche comme à droite est d'accord avec ça! Encore faut-il savoir comment on y parvient!
Au lieu de nous servir des lieux communs, j'aurais bien aimé que vous nous commentiez vraiment (je me demande d'ailleurs si vous avez lu in extenso le texte de l'intervention de Sarko) et que vous nous fassiez des contre-propositions. Citer le "mini-traité sans examen critique du contenu, ça porte un nom: propagande!
Il faut lire ce texte pour avoir une vraie base de discussion; la philosophie et l'esprit sont intéressants et constituent une vraie relance du débat.
Il va de soi que tout le monde ne peut pas être d'accord; mais il faut alors argumenter et proposer.
Vous êtes contre la majorité qualifiée? Vous préférez l'unamité? Mais on veut le savoir, ça! Que proposez-vous en la matière?
Il faut cesser de nous gaver avec des mots: "une Europe plus juste, plus sociale"... mais qui serait contre?
Une Europe majoritairement de gauche aura une politique de gauche et si la majorité est à droite, ce sera une politique de droite.
Mais il faut bâtir une véritable Europe politique pour en arriver là.
Ecrit par : Philippe | mercredi, 13 septembre 2006
Les citoyens ont deja leur constitution, c est la Charte des Droits Fondamentaux. Rendons la opposable au Droits Nationaux et les citoyens europeens feront l Europe, dans la contradiction puisque les etats nationaux n ont meme pas ete capables de proposer dans le TCE le Droit de Vote des migrants europeens A TOUTES LES ELECTIONS NATIONALES.
Ecrit par : unionsbuerger | dimanche, 17 septembre 2006
Les Citoyens europeens ont deja leur constitution: c est la Charte des Droits Fondamentaux.
Elle doit juste devenir opposable aux Droits Nationaux.
Ecrit par : Unionsbuerger | dimanche, 17 septembre 2006
Unionsbuerger
La charte des droits fondamentaux n'est pas une constitution, donc ne suffit pas en elle même à donner des règles de fonctionnement à l'Union. par contre, oui, elle doit devenir opposable aux Etats. C'est ce que prévoyait entre autres le projet constituant même si j'auras pour ma part souhaité qu'elle soit intégrée dans le préambule (pour des raisons de hiérarchie de normes juridiques), sur le modèle de la GG.
Christophe
Ecrit par : christophe | dimanche, 17 septembre 2006
Ce qui est déplorable, c'est la minimisation de l'Europe qui a lieu actuellement. Je recommande de lire le dernier article de Laurent Bervas où il cite une vision (bien pessimiste) de l'Europe en 2035. Actuellement, l'Europe devient un sujet de campagne électorale nationale, mais il manque les grandes visions d'unité, de solidarité ett de fraterninité - des valeurs bien françaises, en somme. Un "mini-traité" est aussi inutile qu'un "maxi-traité", tant que les citoyens doivent rester en dehors de ce débat.
Et je n'ai pas fini de m'étonner que ce soient les responsables qui formulent des postulats du genre "il faudra que l'Europe soit sociale et humaine" - bien sûr, mais ce postulat s'adresse à qui ? Je commence aussi un peu par être fatigué par les "faut qu'on" - de la part des politiques, il faut s'attendre à une vision plus concrète et à la proposition de mesures concrètes.
On dirait que la classe politique traîne l'Europe derrière elle comme un boulet...
Ecrit par : Kai | mercredi, 20 septembre 2006
Ecrire un commentaire