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mercredi, 20 septembre 2006

L’INDEPENDANCE DES MEDIATEURS DOIT ETRE RESPECTEE

medium_PAR_THOMAS_HAMMARBERG.4.jpgL’application des droits de l'homme est une question de volonté politique : il ne suffit pas d’approuver les normes européennes et internationales ; il faut aussi faire en sorte qu’elles deviennent réalité aux niveaux national, régional ou local. Outre l’action des tribunaux, les autorités doivent promouvoir et protéger un mécanisme extrajudiciaire assurant un contrôle indépendant. Dans plusieurs pays, les médiateurs ont déjà obtenu des résultats notables lorsque leur intégrité était respectée par le pouvoir en place.


Sans battage médiatique, une évolution importante a cependant eu lieu en Europe ces dernières années. L’idée du médiateur s’est développée. Aujourd’hui, la plupart des pays disposent d’une telle institution. Le médiateur tire son autorité personnelle de son élection par le parlement ou de sa nomination par le gouvernement ou le chef de l’Etat.

 

D’un pays à l’autre, cette institution présente une grande diversité, notamment en termes de dénomination et de mandat. Certains médiateurs mettent l’accent sur la violation des droits civils des citoyens, d’autres sur les cas de maladministration. D’aucuns sont mandatés pour recevoir les plaintes individuelles et peuvent être habilités à servir d’intermédiaire dans des relations avec les autorités. Certains d’entre eux peuvent saisir les tribunaux. Outre les Bureaux nationaux de médiateurs au niveau national, il en existe à l’échelon régional dans certains grands pays comme la Russie, l’Espagne et l’Italie. Certains Etats ont aussi des médiateurs spécialisés. Plus de la moitié des pays d’Europe ont à présent, par exemple, un médiateur pour enfants. Des Bureaux similaires ont également été instaurés dans un certain nombre de pays pour prévenir les actes de discrimination raciale et de xénophobie. L’égalité entre les sexes, les droits des personnes handicapées et les conditions de vie dans les établissements pénitentiaires sont d’autres domaines couverts par ces mécanismes spécialisés.

 

Ces différents modèles reflètent des contextes nationaux spécifiques et il ne serait pas judicieux d’essayer de simplifier le concept et d’exhorter les pays à adopter un modèle unique. Il y a, toutefois, certains enseignements généraux qui peuvent être tirés des expériences menées jusqu’à présent. L’une de ces leçons est l’importance majeure de l’indépendance. Le médiateur doit être au-dessus de toute politique partisane et n’accepter d’instructions de personne. Il ou elle doit être en mesure d’écouter les plaignants avec impartialité et le public doit pouvoir constater qu’il ou elle agit bien ainsi. C’est un élément essentiel des Principes de Paris adoptés il y a quinze ans à l’occasion d’une rencontre internationale et approuvés ultérieurement par l'Assemblée générale des Nations Unies ainsi que par le Conseil de l'Europe. Ces principes guident également le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe dans sa coopération avec les médiateurs nationaux. Le principe d’indépendance doit être garanti par la loi et orienter la façon dont les titulaires du poste sont nommés. Les gouvernements doivent respecter l’intégrité des médiateurs car, s’ils ne le font pas, ils empêchent les médiateurs d’exercer pleinement leur mission.

 

Les médiateurs doivent être libres d’examiner toute question relevant de leur compétence sans avoir à demander l’approbation des autorités. Il est essentiel qu’ils puissent entendre n’importe quelle personne et recueillir toute information utile. Il importe de souligner que le Bureau du médiateur doit disposer de ressources financières adéquates pour lui permettre, selon les Principes de Paris, «d’être autonome vis-à-vis de l’Etat et n’être soumis qu’à un contrôle financier respectant son indépendance». Des ressources sont nécessaires pour garantir un traitement gratuit, rapide et efficace de toutes les plaintes, n’exigeant qu’un minimum de formalités. C’est essentiel pour la crédibilité de l’institution. Les médiateurs doivent pouvoir établir le contact avec le grand public, être bien connus de lui et faciles d’approche. Cette conception de leur mission exige des fonds pour ouvrir aussi des Bureaux en dehors des grandes agglomérations.

 

Les médiateurs doivent connaître les normes internationales et européennes en matière des droits de l’homme et savoir comment les appliquer. La connaissance des pratiques mises en œuvre par leurs homologues dans d’autres pays est également utile. Des échanges à cette fin nécessitent une certaine organisation au niveau international. Le médiateur européen et les groupements internationaux de médiateurs, comme les instituts international et européen de l’Ombudsman, ont un rôle majeur à jouer en la matière. En ma qualité de Commissaire aux droits de l'homme auprès du Conseil de l'Europe, je m’attache à renforcer la coopération avec les médiateurs et leurs réseaux. J’entends défendre l’institution du médiateur et favoriser son développement. Je ferai ce qui est en mon pouvoir pour contribuer à créer une situation en Europe où tous les Etats membres disposent d’une institution de médiateur ou d’un mécanisme similaire, caractérisé par son indépendance et son bon fonctionnement et doté de ressources financières adéquates. Je considère ces médiateurs comme des partenaires essentiels dans la lutte que nous menons pour que les normes européennes en matière de droits de l'homme deviennent réalité ;

 

Thomas Hammarberg est Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe

Comme demandée par Szofia (voir commentaires): "First published by the Council of Europe"

Commentaires

Dear editor -- As we have indicated before, we would appreciate if you could clarify that Mr Hammarberg's contribution is not exclusive to your site. The article was published on the website of the Council of Europe and should carry the following note at the end: "First published by the Council of Europe, at www.commissioner.coe.int". Please correct this mistake. Thank you and all the best.

Ecrit par : Zsofia Szilagyi | dimanche, 24 septembre 2006

Zsofia,

As we agreed it in our prévious mail exchanges, the link is mentionned (it is on "Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe"). If you really want it we can also say "first published..." and link twice to you website (and maybe try to put somewhere ten others links and maybe change the name of Europeus for "CoE campaign Office"...). Or we can just stop working with you and give you no more audience on Europeus (and its numerous partners), probably one of the very rare medias according interest to the CoE's work.

Just for your comprehension: Europeus is a free media, ask money from noone, and makes no money. The authors of Europeus and myself, are just working on their part time, just because they believe in Europe and think there is a lack of debate and coverage on (pan)European questions. I thought you had understand this: Publishing is not advertising. One more time we are not press officers of the CoE.

Then, to clear my view, two options: 1/ you agree that we may also have rules and stay in the adventure (I am supporting this option, simply because I strongly believe the voice of Mr. Hammarberg needs to be heard not only by officials but also by "normal citizens" - which includes answering comments of the readers) and not only post "administrative comments". 2/ We just stop working with CoE. This now up to you.

Let me know you choice. If you want to be part of a citizen adventure, you are welcome. If not, we will do without you.

Best Regards

Christophe

Ecrit par : christophe | dimanche, 24 septembre 2006

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