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mardi, 07 novembre 2006

ETATS-UNIS : Y A-T-IL UNE VIE PARLEMENTAIRE APRES LES REPUBLICAINS ?

medium_PAR_CATHERINE_CROISIER.jpgLes Démocrates pourraient-ils remporter les midterms - les élections de mi-mandat - américaines. Retour sur un scrutin que d’aucuns prédisent plus serré que prévu, avec Catherine Croisier, chercheur associée à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS, Paris) et chroniqueuse pour Europeus.org. Thèmes électoraux entre autres abordés : la guerre en Irak, l’immigration clandestine, l’affaire Foley, l’après novembre 2006.



1. L'influence de la guerre en Iraq sur les résultats des élections
L’influence de la guerre en Irak sur le résultat des élections de mi-mandat est particulièrement importante, si bien même que l’on pourrait évoquer cette élection comme un référendum populaire sur la gestion par l’administration Bush de l’aventure irakienne. Les Républicains sont à cet égard en mauvaise posture et le mois d’octobre 2006 qui s’est avéré particulièrement meurtrier pour les troupes américaines -102 morts, soit un accroissement de plus de 40% par rapport au mois de juillet- ne fait qu’accroître la dis-satisfaction de la population américaine. La cote de popularité du président américain est tombée à 39% et la récente comparaison par le président Bush de la situation en Irak avec l’offensive du Têt lors de la guerre du Vietnam, loin d’avoir été perçue comme un acte de franchise de la part du chef des Armées, n’a fait que renforcer les craintes nationales et ouvrir une nouvelle fenêtre d’opportunité pour le camp démocrate. La campagne d’annonces publicitaires des différents candidats, fondée sur le dénigrement et les attaques personnelles a bien montré le malaise des Républicains. Ces derniers se postent sur la défensive en continuant de surfer sur la vague du terrorisme cinq ans après les attentats du 11 septembre 2001 et à se présenter comme les seuls garants de la sécurité nationale. La majorité des démocrates ont eux concentré leurs attaques sur un Irak en proie à la guerre civile et un territoire américain plus soumis que jamais, en raison même de la guerre, à une aggravation des risques.

2. Immigration illégale : la politique de fermeté de George W. Bush peut-elle aider les Républicains?
Le problème de l’immigration clandestine a toujours été un sujet très contesté dans ce pays, mais le clivage entre Américains sur cette question s’est cristallisé ces derniers mois. Le président Bush s’est montré bien moins conservateur que la ligne dure de son parti en suggérant la possibilité d’une régularisation des immigrés clandestins et en soulignant que les Etats-Unis demeuraient une société accueillante. Il s’est aliéné en cela un certain nombre de ses collaborateurs républicains, notamment au Congrès, mais a laissé les parlementaires en pleine campagne électorale face à leurs responsabilités. Ce sont donc davantage les membres du Congrès –et en particulier à la Chambre des Représentants- que l’administration elle-même qui se sont engagés en faveur de la construction d’un mur de séparation à la frontière mexicaine, même si le président Bush a promulgué la loi qui lui était soumise. A quelques jours du scrutin parlementaire, l’annonce d’un durcissement de la loi américaine sur l’immigration clandestine représente bien évidemment un atout de poids pour les républicains désireux de renforcer leur base conservatrice, mais la question de l’immigration, sans sous-estimer son importance, ne demeure qu’un des grands sujets de campagne parmi bien d’autres pour ces élections de mi-mandat.

3. Comment expliquer le recul des Républicains face aux Démocrates dont font état les enquêtes d'opinion?
Les Républicains sont au pouvoir à la Maison Blanche depuis plus de cinq ans. Hormis la période 2001-2002, le GOP contrôle également le Sénat depuis 1994. L’usure du pouvoir constitue dans un premier temps une raison phare de la lassitude de la population américaine. Mais ce sont les récents scandales touchant le parti républicain qui ont profondément écorné l’image de ses membres. En 1994, les députés républicains avaient notamment remporté la victoire sur le thème de l’éthique personnelle et politique dans «l’Amérique décadente» de Bill Clinton. L’affaire Abramov suivie de la démission du chef de la majorité à la Chambre des Représentants Tom DeLay, les différentes accusations de corruption et par-dessus tout l’indignation éprouvée par une vaste majorité de la population suite aux révélations sur la conduite de Mark Foley vis-à-vis de jeunes stagiaires viennent s’ajouter à une liste d’affaires tandis que la Maison Blanche n’est elle non plus pas exempte de reproches. Au cours de la campagne, de nombreux républicains ont tenté de se distancer du président Bush afin d’éviter que ne se répercute sur le suffrage un grand nombre de questions sensibles touchant l’administration actuelle. L’ironie de la situation montre que la menace pouvait provenir également du sein même des rangs républicains au Congrès.

4. Quelle sera l'influence des résultats de la prochaine élection sur l'élection présidentielle?
Une victoire des Démocrates, même dans les deux Chambres, ne signifierait pas pour autant un renversement spectaculaire de la politique américaine en cours. L’engagement des Etats-Unis en Irak devrait se maintenir car les Démocrates sont bien conscients de la nécessité de ne pas abandonner le territoire irakien à des mains hostiles ou inamicales. Les Démocrates auront sans doute à cœur également de prouver que la question de la sécurité nationale ne relève pas uniquement de la ténacité de leurs rivaux républicains. Les mesures fortes devraient à ce titre perdurer et c’est davantage l’issue ou non -de la crise irakienne qui devrait peser sur les élections de 2008. La victoire des Démocrates en 2006 pourrait s’avérer à double tranchant pour le parti de l’âne. Au lieu de capitaliser sur les écueils de l’administration Bush, ces derniers pourraient connaître également de nouvelles embûches entamant leurs chances pour 2008. Aucun président ou vice-président sortant ne sera candidat aux prochaines élections présidentielles, ce qui devrait très certainement renforcer la compétition mais également les chances des deux partis, avec sans l’entrée en scène de nouveaux candidats non compromis dans les affaires nationales – rappelons que même si aujourd’hui les sénateurs McCain et Clinton se positionnent en chefs de file potentiels des deux partis, ce sont souvent des gouverneurs d’Etats qui obtiennent l’investiture.

5. La question irakienne. Républicains et Démocrates sont-ils si différents ?
La critique majeure des Démocrates repose avant tout sur les circonstances de l’entrée en guerre. Il est à présent démontré que les raisons invoquées par l’administration Bush pour renverser Saddam Hussein ne répondaient à aucune réalité probante et les Démocrates s’insurgent contre l’impasse dans laquelle les Etats-Unis sont aujourd’hui maintenus par la faute d’une administration qui n’a su ni anticiper les difficultés ni prévoir de stratégie de sortie de crise avant de se lancer dans l’offensive. S’il semble évident qu’un retrait prématuré des troupes américaines ne pourrait conduire qu’à une débâcle, ce sur quoi s’accordent tant les démocrates que les républicains, c’est peut-être de l’opinion publique américaine que proviendra la solution, tant il fut démontré tout au long de l’histoire des Etats-Unis, notamment avec la guerre du Vietnam ou plus récemment la Somalie que c’est le soutien ou la démoralisation du peuple américain, plus certainement que la volonté politique, qui décide du retour de ses Boys au pays.

6. Quid de l’influence de l’affaire Foley sur les élections ?

L’affaire Foley aura très certainement constitué un coup très dur pour les républicains à la veille des élections. Bien plus que les affaires de corruption ou de mœurs de certains candidats, le scandale lié à l’ancien représentant de l’Etat de Floride touche directement la population américaine qui a confié en toute bonne foi ses enfants au gouvernement. Le silence dont ont fait preuve les collaborateurs et hommes politiques de l’entourage de Foley avant que n’éclate le scandale, éclabousse directement le Congrès dans son ensemble ainsi que plus largement la classe politique. La crise de confiance des Américains dans ses institutions et représentants atteint à l’aube des élections de mi-mandat son niveau le plus haut, un sentiment qui ne présume guère d’un enthousiasme massif aux bureaux de vote et c’est sur ce point crucial que se joue à quelques jours de l’échéance la mobilisation des électeurs par les deux partis en lice.

Commentaires

je veut savoir des document sur le controle parlementaire sur les activites du gouvernement en etat unis en francais ou en arabe merci le26 juin 2008 mon mail miloudebih@yahoo.fr

Ecrit par : debih | vendredi, 27 juin 2008

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