vendredi, 01 décembre 2006
BARCAMP ALSACE 2 : DU POIDS DU NET DANS LA REFLEXION ENVIRONNEMENTALE
Avec quelques jours de retard, BarCampAlsace2, le débriefing. Quel rapport avec la politique ou les thématiques abordées par Europeus ? Pas grand-chose, c’est vrai, a priori. Pas grand-chose si ce n’est que ce BarCamp, outre le fait qu’il ait commencé à attirer certains de nos voisins allemands, a mis en place son premier World Café, même si comme à l’habitude, le concept avait déjà été repris par nos amis parisiens. Mais reste que celui-ci est séduisant. Prenez une trentaine de personnes (consultants, Geeks, blogueurs, etc..), répartissez-les autour de cinq tables différentes et faîtes-les plancher sur un sujet déterminé (en l’occurrence, l’environnement). Là, chacun couche sur papier ses idées, sa perception des politiques déjà menées ou à mener. Les vingt-cinq premières minutes passées, un seul (débriefeur en chef) reste à chaque table. Les autres en choisissent une autre et poursuivent la réflexion de leurs prédécesseurs (par définition différente d’une table à l’autre).
Au final, un débriefing commun et quelques grandes lignes d’action pouvant être reprises sur la blogosphère : informer, faire circuler cette information. Rien de révolutionnaire, je vous l’accorde. Mais un avantage à la clé : plus nombreux seront les gens sensibilisés à la question environnementale, plus grandes seront les chances des populations d’influer sur la prise de décision politique. Le récent post de Corinne Lepage est assez intéressant de ce point de vue. Les questions (de bon sens) posées encore plus : «Récupérer 520 000 tonnes de déchets pour chauffer nos maisons, nous éclairer et rouler propre ? C’est la biomasse à Chiba, Japon ! Pourquoi pas en France ? Passer d’une production électrique centralisée à l’autonomie énergétique pour tous ? C’est la révolution allemande actuelle à Fribourg, à Hanovre et dans des centaines de villes ! Pourquoi pas chez nous ? Des maisons qui n’émettent plus de CO2 ? C’est BedZED en Grande-Bretagne depuis 2000 ! Pourquoi pas chez nous ? Créer, à l’échelle de l’Europe, 2 millions d’emplois relocalisés dans les régions et redynamiser les territoires ? C’est la stratégie des pays scandinaves ! Pourquoi pas chez nous ? Pourquoi devrions-nous rater la révolution des NTE (Nouvelles Technologies Environnementales), pourquoi devrions-nous passer à côté de la création de centaines de milliers d’emplois ? Et pourquoi devrions-nous continuer à détruire notre environnement et nous détruire nous-mêmes. Il est grand temps de passer de la croissance au développement et de refonder notre économie, non plus sur ce qui pollue et consomme les matières premières et la nature, mais sur ce qui les économise et améliore la santé humaine.» Les idées ne manquent donc pas même si le politique piétine sur le sujet. Car passé les grandes déclarations, pas grand-chose de concret à se mettre sous la dent. Ou si peu. Et à moins d’un sursaut populaire en France, en Europe ou ailleurs, il y a fort à parier que les choses n’avancent que très mollement. Raison de plus pour informer et pousser certaines idées implantées avec succès ici ou là en Europe ou ailleurs.
Autre proposition intéressante, et peut-être plus novatrice, issue du World Café, ne pas seulement responsabiliser le consommateur mais lui en donner les moyens. L’Union européenne a adopté le principe de traçabilité alimentaire. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour les autres biens de consommation. Il est bien beau d’entendre que sous-traiter en Chine – dont les normes environnementales sont quelques peu limites… – n’aide pas à ralentir le réchauffement climatique ou déroge aux normes européennes en matière de droit du travail. Mais ensuite ? Qui sait véritablement dans la pratique à qui fait appel un constructeur et quelle en est la politique salariale et sociale ? Personne ou presque. L’idée : informer (par étiquetage) le consommateur sur plusieurs aspects de la chaîne industrielle : où est fabriqué le produit vendu, par qui, à quel coût horaire, selon quelles critères environnementaux, etc.. Bien sûr, certains fabricants – sinon – la quasi-totalité d’entre eux ne manquera pas de s’opposer à une telle mesure. Mais au final, deux choses : 1/ les entreprises jouant le jeu pourraient à terme y gagner en image, et en chiffres de vente. Soumises à des normes plus draconiennes, les entreprises basés en Europe auraient certainement à y gagner ; 2/ le consommateur aurait la possibilité de choisir en son âme et conscience et préfèrera peut-être payer un bien quelques euros de plus si celui-ci respecte, dans sa chaîne de production, certains critères sociaux et environnementaux, plutôt que de soutenir une industrie polluante et peu encline à respecter certains droits élémentaires du travail.
L’idée est sans doute encore à creuser. Certains la railleront sans doute aussi parce que jugée utopique. Mais pourquoi ne pas tenter, si elle séduit au moins une partie de la blogosphère, de la faire remonter jusqu’au Parlement européen ? Ce serait déjà un début qui, pour le coup, ne coûterait pas grand-chose et pourrait changer durablement certaines pratiques.
Christophe Nonnenmacher est journaliste
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14:35 Publié dans CHRISTOPHE NONNENMACHER, ENVIRONNEMENT, MEDIA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Barcamp, BarCampAlsace2, environnement, corinne lepage, parlement européen, world café, christophe Nonnenmacher









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