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lundi, 11 décembre 2006
RENCONTRE DU TROISIEME TYPE : QUAND CHEVENEMENT RENCONTRE ROYAL, QUI RENCONTRE SARKOZY, QUI RENCONTRE LE PEN…
Chevènement rentre dans le rang. Etrangement, l’information n’aura pas fait coulé beaucoup d’encre dans la presse française. Mais c’est vrai, qui d’autre digne d’intérêt que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, que le maire de Belfort vient finalement de rejoindre contre l’assurance de voir attribuer à son mouvement (le MRC) dix circonscriptions législatives «gagnables». Même à gauche, la loi du marché règne en maître. Reste la question : quid de la pertinence de cette alliance sur l’européisme jadis affiché par Royal ? Rien de bien plus embarrassant sans doute que le ralliement antérieur d’Arnaud de Montebourg. D’ici à ce que Jean-Luc Mélenchon, rejoigne à son tour la Dame…
Ironie du sort, la plupart des médias, pourtant alors en faveur du oui référendaire, ne voient aucune étrangeté à cette alliance. Mieux, ils en ignorent les effets, quand bien même le/la futur(e) chef de l’Etat serait-il/elle, par sa fonction, en charge de la définition des grands axes de la politique européenne française. A croire que décidément, le temps du mea culpa médiatique post-référendaire est bien loin. Ce temps où tout un chacun, dans la profession, s’accordait à dire qu’il s’était trompé et que, oui, les questions européennes intéressaient les Français, et qu’à ce titre elles méritaient d’être suivies avec davantage de pertinence. Constat un an et demi après : les médias français se fichent éperdument de l’Europe et de l’effet de certains pactes électoraux sur son avenir. Ne parlons même pas de l’euro, rendu coupable par Ségolène et d’autres (à gauche comme à droite) de tous les maux, et en particulier de la baisse du pouvoir d’achat des ménages, sans que personne ne s’étonne que les prix à la consommation soient, par exemple, entre 20% et 40% inférieurs outre-Rhin… Plus surprenant, peut-être, le soutien de nombreux eurodéputés socialistes à Ségolène Royal, pourtant, tout comme elle en son temps, inconditionnels du Traité soumis à référendum. A croire que là aussi, la cohérence politique pèse bien peu face à la fraîcheur d’une candidature féminine…
Reste le second effet du ralliement chevènementesque au blason Royal : la lutte contre l’insécurité. Depuis ses déclarations relatives à la création de centres d’encadrement de type militaire pour les jeunes délinquants, Ségolène avait mis un peu d’eau dans son vin. En prenant sous son aile le chantre de la lutte contre les «sauvageons» (ce que Sarkozy appelle aujourd’hui la «racaille» des cités), la candidate socialiste redonne un coup de barre à tribord. Un coup à droite, puis à gauche, et à nouveau à droite, le mal de mer électoral risque de vite guetter même si Nicolas Sarkozy a, sur ce plan, pris hier quelques miles d’avance. Car là est l’autre nouvelle de ce début de semaine : le leader de l’UMP propose ni plus ni moins que de créer un poste de «ministre de l’immigration», chargé tant de la lutte contre les clandestins que de la politique de co-développement, en cas d’accession à la présidence. Entre une Royal de plus en plus souverainiste et souple sur la diatribe de certains de ses «nouveaux amis» (ne parlons même pas de Georges Frêche, président de la région Languedoc Roussillon dont les récents propos à caractère raciste peinent à être sanctionnés au sein du PS) et un Sarkozy de plus en plus imaginatif en matière de lutte contre tout et rien, J1M peut savourer. S’il est peu probable qu’il remporte la présidentielle, les idées qu’il défend depuis des années risquent à l’inverse d’y entrer par la grande porte.
16:45 Publié dans 55e FBG ST HONORE , CHRISTOPHE NONNENMACHER , CONSTITUTION , POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : royal, sarkozy, chevènement, mélenchon, le pen, politique, france
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Commentaires
Monsieur Chevènement renonce à être candidat. Tout son cirque pour en arriver à annoncer, dans une mise en scène convenue d’avance, son ralliement à Madame Ségolène Royal. Avec ce ralliement le NON de gauche (à la constitution européenne) n’en finit plus de ce dissoudre dans le OUI. Il s’agit de la part de Monsieur Chevènement d’une véritable abjuration. Avec ce reniement le candidat qui en 2002 voulait faire « turbuler le système » disparaît dans les poubelles de la petite histoire politique de notre pays.
Ce reniement a débuté par un renoncement. Dès les résultats du premier tour, le 22 avril 2002, Chevènement déclare vouloir travailler à une recomposition républicaine de la gauche, abandonnant ainsi la ligne politique qui motivait sa candidature; à savoir la refondation de la république sur des valeurs qu’il situe au-dessus de la gauche et de la droite, notamment l’idée de nation; et à l’aide d’un outil, le pôle républicain, sensé rassembler des républicains des « deux rives » Il serait trop long d’énumérer les raisons de ce revirement.
Le rassemblement populaire et patriotique autour des valeurs républicaines et souverainistes portées par Philippe De Villiers me semble être dans l’esprit du pôle républicain. C’est pour cela que je suis à fond au MPF.
http://pourlafranceetgroslay.over-blog.com
Ecrit par : Alain | jeudi, 14 décembre 2006








