mercredi, 13 décembre 2006

TRAVAIL AU NOIR : LES CHANTIERS DE L’UNION

medium_PAR_JEAN_QUATREMER.15.jpgTôt hier ce matin, des inspecteurs du travail belges accompagnés de… 250 policiers en tenues anti-émeutes ont fait une descente, rue de la Loi, à Bruxelles sur le chantier d’un nouvel immeuble destiné au Conseil des ministres de l’Union européenne. 565 travailleurs employés par 128 sociétés ont été contrôlés. Plusieurs dizaines de personnes ont été interpellées, menottés et embarqués dans des bus.


Mais, au final, seuls douze d'entre elles, étrangers sans papiers ou travailleurs au noir, ont été retenues. «C’était très impressionnant», raconte un témoin de la scène. «Je n’avais jamais vu à Bruxelles une opération d’une telle ampleur». Cet immeuble, baptisé «Lex», doit être livré au Conseil (l’organe où siègent les Etats membres) début 2007, pour abriter les services de traduction actuellement répartis dans deux autres immeubles bruxellois.

 

Les services du Conseil étaient pour le moins embarrassés par cette affaire : «Ce n’est pas actuellement un bâtiment du Conseil», a expliqué Dominique-Georges Marro, son porte-parole. «Nous avons signé un contrat avec un promoteur qui doit nous livrer cet immeuble début 2007. Point. C’est notre seul lien juridique avec ce bâtiment. Le promoteur s’est bien sûr engagé à respecter les lois en vigueur».  L’Union employeur au noir, cela aurait effectivement fait désordre. Au final

 

Pour ceux qui ne connaissent pas la Belgique, rappelons que les charges sociales et les impôts y sont tellement élevés, que le travail clandestin est aussi développé qu’en Italie, en particulier dans le bâtiment. Un ancien ministre des finances l’a même estimé à quelque 20% du PIB, c’est dire.

 

Jean Quatremer est journaliste

Écrire un commentaire