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dimanche, 31 décembre 2006

ET LA PERSONNALITE EUROPEENNE DE L’ANNEE EST… ? PERSONNE



La «tradition» aurait voulu que l’on désigne cette année encore «la» personnalité européenne de l’année. Mais vu le vide politique sidéral de ces douze derniers mois, la chose était loin d’être évidente. Aucun ne se détache véritablement plus qu’un autre. L’Union, pour ne parler que d’elle, aura fait montre d’une rare capacité à s’affirmer dans l’art de la politique de l’Autruche… en attendant que l’Allemagne, puis la France, via leurs présidences respectives, ne reprennent le bébé à leur compte. A voir ce qu’il pourra en sortir. Car si, avec Angela Merkel, l’Allemagne semble avoir retrouvé une certaine stabilité, voire dimension politique, la chose est encore loin d’être identique en France, où nos deux principaux candidats aux présidentielles semblent s’être lancés dans un remake de Cars, où le vainqueur de la course ne serait autre que celui ou celle dont les propos seront les plus démagogiques. Ne parlons même pas de leur vision de la BCE, «responsable» de tous les maux français… On se demandait qui, après la Commission et la Convention, porterait le chapeau des faux-pas de nos gouvernants hexagonaux, la chose est maintenant connue.


medium_PAR_CHRISTOPHE_NONNENMACHER.21.jpgFait amusant les attaques contre ces institutions débutent généralement lorsqu’un Français préside à leur destinée : Trichet pour la BCE, Giscard pour la Convention, Delors (en partie), pour la Commission. Question : ne serait-il pas finalement plus simple d’éviter de mettre des Français à ces postes… ?

 

Bref, le néant total, ou presque, si l’on prend en compte quelques figures européennes marquantes, comme Vladimir Poutine qui, d’un coup de baguette magique aux accents gaziers à réussi à faire oublier en douze mois la Tchétchénie, la reprise en main du pays par le FSB, voire donner l’illusion (absurde) que la Russie était une démocratie comme une autre… En même temps, les Américains ne parlent-ils pas de l’Irak comme d’une démocratie… Bien sûr, certaines affaires ont entaché ce joli tableau, comme le meurtre de la journaliste Anna Politkovskaia. Mais qui s’en soucie encore. Sans doute pas Chirac qui ne voit rien à redire au fait d’avoir décoré de la légion d’honneur son homologue russe…

 

Autre solution : écrire à l’instar d’un célèbre magazine américain que «vous/nous» êtes/sommes la personnalité de l’année. Humm. Rassurez-moi, il s’agissait d’un vote par défaut, sinon par dépit… ? Car si le web et les blogs en particulier ont sans doute été la plus grande source de satisfaction (en terme de débat) de cette année, cela vaut-il pour autant une place au Panthéon ? Pas sûr. Beaucoup de choses restent encore à prouver. En terme de contenu, notamment et de viabilité à long terme. Quid également de ce qu’il y aura après les blogs ? Non pas que ceux-ci disparaîtront mais que d’autres trains resteront à prendre, plus rapidement qu’on ne le pense, pour pousser plus loin l’information et le débat. Mais, sur ce point, nous aurons largement le temps d’y revenir au cours du premier semestre 2007. Sachez juste, pour l’heure, qu’Europeus, comme d’autres, réfléchissent à quelques «innovations» dans le domaine.

 

Alors qui ? Personne, vraiment. Pas inspiré. Peut-être aussi sous le coup de la pendaison de Saddam Hussein. Non pas qu’il ne fallait pas le punir, mais l’Europe a une fois de plus fait montre que sa conception de l’Etat de droit n’avait pas vraiment d’écho outre-Atlantique. Et puis, soyons honnête, lyncher le tyran a aussi quelques avantages : cela évite de prolonger le débat sur certains points…

 

Alors, à défaut de personnalité européenne de l’année, et sans pour autant en faire un gagnant parmi d’autres, une sorte de cadeau de fin d’année. Le travail du Politc’Show, qui a rejoint, par le biais de Nicolas Voisin, Europeus, il y a quelques semaines de cela. Pas un gagnant, donc, mais un aperçu de ce que pourrait être le journalisme de demain (en fait pas si éloigné que celui d’hier, ce temps où les médias allaient encore sur le terrain et ne craignaient pas de poser certaines questions…). Un résumé rafraîchissant de ce que le web apporte déjà dans certains pays européens. Un autre regard, à défaut d’un véritable projet.

 

Christophe Nonnenmacher est journaliste

Commentaires

Etienne Chouard merite ce titre pour son plan C > http://etienne.chouard.free.fr/Europe/index.htm

Ecrit par : unionsbuerger | lundi, 01 janvier 2007

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