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mercredi, 24 janvier 2007

TCE : ANGELA MERKEL ROUVRE AVEC RAISON LE DOSSIER CONSTITUTIONNEL

medium_PAR_CHANTAL_CUTAJAR.jpg(Avec Henri Malosse) Le traité constitutionnel est ratifié maintenant par 18 pays sur 27 : C'est à dire les 2/3 des pays membres. Autant dire une large majorité de la population de l'Union européenne. C'est une réalité que ni les Français, ni les Néerlandais ne peuvent ignorer. 2/3, c'était le cap fixé par le Conseil européen pour que le Conseil prenne une décision. Le 25 mars prochain, l'Union européenne fêtera les 50 ans du traité de Rome. Ce sera une excellente occasion de rappeler le chemin parcouru et ce qui reste à faire. Sans plus de cohésion, sans une réforme institutionnelle indispensable pour que l'UE puisse à nouveau fonctionner, sans fonder les politiques à venir sur des droits pour les citoyens européens, le risque est bien là que l'Union gâche son anniversaire et commence à se disloquer.


La présidentielle française approche et l'Europe doit être remise au centre du débat : La France porte une lourde responsabilité dans le blocage actuel. Les candidats doivent prendre position clairement. Angela Merkel, en ayant rouvert le dossier du TCE, le 17 janvier devant le Parlement européen de Strasbourg, les y pousse à juste titre. Mais la chancelière allemande le sait bien : ce n'est pas avec des débats juridiques ou institutionnels qu'on intéressera les citoyens européens.

 

La Déclaration qu'elle proposera à ses collègues le 25 mars prochain à Berlin devrait ouvrir des perspectives pour une nouvelle vision de l'avenir de l'Europe : De nouvelles politiques communes là où on voit bien que le niveau national n'est plus le bon : énergie, environnement et lutte contre le changement climatique, politique et commerce extérieur, émigration, défense et lutte contre la criminalité ; Une Union européenne qui favorise la compétition entre entreprises mais pas entre États : le dumping fiscal ou social doit y être proscrit au profit de la solidarité économique et de la cohésion sociale ; Moins de réglementations européennes qui interfèrent dans la vie des gens mais des projets, des programmes et des statuts européens qui, au contraire, brisent les cloisonnements, favorisent la circulation des personnes et des idées, et donnent à l'Union un véritable visage humain.

 

Et ainsi le Traité constitutionnel prendra tout son sens : au service d'une nouvelle ambition pour l'Europe, avec au cœur, le citoyen européen.

 

Chantal Cutajar est présidente de l’Association le Droit pour la Justice / Henri Malosse est président de la section Emploi, affaires sociales et Citoyenneté du Comité Économique et Social Européen (CESE)

Commentaires

Désolé mais lorsque l'on dit que le traité a été ratifié par une majorité de la population européenne, il serait plus judicieux, voir moins ambigu, de dire que le traité a été ratifié par une majorité d'ETATS Européens....La France et les Pays Bas ont bon dos..Quel aurait été le résultat si tous les états européens avait choisi la voie référendaire...?? Arrêtons de considérer la France et les Pays bas comme les boucs émissaires des problèmes institutionnels de l'Europe...Cette hétérogénéité dans la ratification, si elle persiste, risque de nous emmener dans la même aventure la prochaine fois...

Ecrit par : thureau | jeudi, 25 janvier 2007

Vous ne connaissez pas le mot allemand: SCHEINHEILIG ?
Les PATRIOTES Allemands du CDU sont "scheinheilig".
Lorsqu il parle d Europe, ils pensent "Deutsche Leitkultur"

Ecrit par : unionsbuerger | jeudi, 25 janvier 2007

Merci de nous donner des nouvelles de Serge ...

SERGE = Saint Empire Romain GErmanique

Je pense que cet article témoigne de ce que Cohn Bendit a appelé (et partage) le "romantisme juvénile pour l'europe". Je vous invite à lire le dossier réuni sur le site francophone des brights à propos de la déclaration de Berlin. Il est long mais assez complet. http://brightsfrance.free.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=325 .

Par delà la posture européiste ou eurosceptique, pour prendre les qualificatifs communément acceptés, il est difficile de ne pas voir que si près des deux tiers des pays ont ratifé le projet de traité constitutionnel c'est qu'ils ont pour la plupart contourné la voie de la consultation de leurs citoyens pour faire ratifier par les appareils politico-bureaucratiques. On ne peut pas non plus éluder que de façon quasi explicite l'actuelle présidence allemande de l'union européenne entend profiter des fins de mandat de Tony Blair et de Jacques Chirac qui n'ont donc plus de craintes personnelles sur leur avenir poltique. De même on ne peut pas éluder que le timing est calé sur les échéances électorales françaises dans l'objectif quasi explicite là aussi de faire passer la feuille de route dans les interstices de états de grace et en privilégiant l'élite autoproclamée contre un peuple ignorant de ce qui est bien pour lui. Et enfin ... comment ignorer ce lobbying effréné de l'église catholique romaine et des autres églises chrétiennes "classiques" (réformées et luthériennes) ... non, décidemment, lisez le dossier en lien et vous verrez que le jeu de mot sur le saint empire romain germanique n'est pas si vain que cela.

Ecrit par : michel naud | vendredi, 26 janvier 2007

Chère Chantal,

le seul moyen pour que les citoyens puisse croire que les Europolitiques mettent vraiment les intérêts des citoyens au coeur de leur action, serait de faire voter TOUS les citoyens européens sur un texte. Seul petit hic - en état des choses, les textes proposés jusqu'alors seraient rejetés par la majorité des citoyens européens. Donc, la question de la ratification n'est pas secondaire (comme le suggèrent autant Angela Merkel et Pierre Moscovici), mais au contraire, cruciale.
La confiance des citoyens en leurs politiques est tellement réduite qu'une ratification sans souffrage universel à l'échelle européenne n'a aucune chance de passer.
Aujourd'hui, les belles déclarations selon lesquelles "l'Europe sera citoyenne" n'ont plus aucune crédibilité. L'argument selon lequel le référendum n'est pas prévu dans certains pays ne suffit plus. Si certaines législations ne permettent pas une approche démocratique, il convient de changer d'abord ces législations et non l'implication citoyenne dans une décision d'une telle portée.
Mais tout ce débat démontre clairement une chose : le clivage entre Europolitiques (et politiques tout court) et la société civile est énorme. Et le terme "citoyen" dans la bouche d'un politique est à prendre avec beaucoup de précaution... nous sommes encore bien loin d'une vraie Europe.

Ecrit par : Kai | lundi, 29 janvier 2007

Madame,

Cet article est intéressant, néanmoins permettez moi de vous dire que votre européisme fédéraliste vous pousse à tenir des propos parfaitement contradictoires :

- "Le 25 mars prochain, l'Union européenne fêtera les 50 ans du traité de Rome. Ce sera une excellente occasion de rappeler le chemin parcouru et ce qui reste à faire".

Fêter un tel anniversaire signifierait que le chemin parcouru serait un chemin dans la bonne direction?

Alors même que l'UE est l'une des régions, si ce n'est La région, du monde 'développé' qui connait la plus faible croissance économique, n'arrive pas à lutter efficacement contre les économies souterraines et les trafics internationaux qui se développent de manière exponentielle, et possède un poids politique sur le plan international bien inférieur à celui qu'auraient eu une simple alliance diplomatique des Etats qui en sont membres !


"(...)le chemin parcouru et ce qui reste à faire" vers quoi ou vers où?!

Vers une consolidation et une institutionnalisation encore plus forte d'une Union Européenne déjà si éloignée des peuples, de leurs attentes et de leurs intérêts?

Pourquoi ne pensez-vous pas au contraire que c'est une chance inouïe pour l'Union européenne que deux peuples membres de l'UE lui aient évité d'aller droit dans le mur de la rupture avec eux-mêmes?

Pourquoi ne pensez-vous pas qu'une remise en cause profonde de l'Union européenne poussée par les référendums français et néerlandais (et sans doute bien d'autres s'ils avaient eu lieu ensuite) sera bénéfique pour elle même?!


- Vous dites également que "Sans une réforme institutionnelle indispensable pour que l'UE puisse à nouveau fonctionner le risque est bien là que l'Union gâche son anniversaire et commence à se disloquer."

Il s'agit là de l'argument classique qui consiste à dire que "si on ne va pas vers plus d'Union européenne, avec encore plus de pouvoir et de prérogative" alors l'Union européenne ne peut pas fonctionner du tout, que çà sera la catastrophe, que ceux qui se seront opposés à cette fuite en avant n'auront qu'à s'en mordre les doigts, qu'ils seront la risée des autres Etats membres, etc. etc. etc.

Mais alors comment fait-elle pour fonctionner depuis 50 ans?

- Si elle fonctionne depuis 50 ans, si bien qu'il faut en fêter l'anniversaire, alors pourquoi prendre le risque de changer les choses aujourd'hui et de changer la donne, sans aucune garantie de résultat?!

- Si elle ne fonctionne pas correctement depuis 50 ans (et c'est ce qu'observent concrètement une très grande majorité de 'citoyens' européens dans leur vie de tous les jours), alors pourquoi en faire autant l'éloge et nous en vanter les mérites continuellement, sans jamais se remettre en question? Comment, également, les 'citoyens' européens pourraient avoir envie de confier encore plus de pouvoir à une Union qui ne fonctionne pas et qui ne fait aucun bilan public sincère?!



En réalité il conviendrait plutôt de se demander pourquoi l'Union européenne a aujourd'hui besoin de nouvelles prérogatives encore plus étendues, et pourquoi elle prétend que ses pouvoirs ne sont plus suffisants?




Les réponses sont simples :

- Elle refuse de le reconnaître, mais l'UE a fait de très nombreuses erreurs stratégiques et géostratégiques (élargissements prématurés, mauvaises prévisions sur le poids géopolitique de la monnaie euro dans le monde, mauvaises prévisions concernant l'inflation liée au passage à l'euro, non prise en compte des attentes des peuples européens, énorme bureaucratie grandissante des instances européennes, budget insuffisant, etc) qu'elle ne peut corriger sans des pouvoirs encore plus étendus.

- L'UE a pris aux peuples d'Europe une immense part de leur souveraineté sans rien leur proposer en remplacement. Or il s'agit là d'un besoin intrinsèque à tout être humain et à tout Etat.

- L'UE a voulu unifier les peuples d'Europe en les uniformisant, alors même que cela va à l'encontre de ce que nous apprend l'Histoire.

- L'UE a dirigé et dirige les peuples européens en les prenant pour des imbéciles sourds et aveugles. Ayant mis en place sa nébuleuse politico-médiatico-financière acquise à sa cause en Europe depuis 50 ans, elle n'a pas compris qu'on ne gère pas (ou plus, notamment grâce à Internet) des peuples sans leurs pleins consentements et sans leur faire part du Projet que l'on a pour eux.

Depuis le tout début, l'UE ne dit aux peuples européens que ce qu'elle estime devoir leur dire:

- Jamais l'UE n'a parlé aux peuples européens d'un véritable Projet, abordable, simple et concret.

- Jamais on n'a parlé par exemple de la création d'une sorte d'Etat fédéral européen. Depuis 50 ans, il n'en a jamais été question officiellement. Dans les faits, c'est concrètement ce projet qu'a l'UE et c'est vers ce projet que l'on tend. Or les peuples ne veulent pas d'un tel projet. (et l'UE le sait, c'est pourquoi on n'en parle qu'à mots couverts!).

Les 'citoyens' européens (qui voteraient majoritairement contre le projet constitutionnel si ceux-ci étaient consultés aujourd'hui par référendum) en ont assez qu'on ne leur dise pas les desseins qu'on a pour eux.


La vérité de cette histoire est que les peuples d'Europe refusent de ne plus être maîtres de leur destin, même commun.

Ecrit par : Guillaume de L. | mardi, 30 janvier 2007

Ah...! ou est le bon temps ou les peuples maitrisaient leur destin et ou on s'étripait régulièrement entre Européens...Ne vous décourager pas, ce bon temps va bientôt revenir...La bêtise humaine est infinie.....

Ecrit par : Thureau | mercredi, 31 janvier 2007

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