lundi, 05 mars 2007

BIGDILL, MEDIAS ET POLITIQUE

medium_PAR_CHRISTOPHE_NONNENMACHER.36.jpgQuelques semaines en arrière, l’élection présidentielle, nous annonçait-on, était jouée. Tout le monde, au moins dans les médias dits traditionnels, s’accordait sur ce point. Restait à savoir qui de Sarkozy ou de Royal serait élu président. Et puis, voilà qu’est apparu Bayrou. Non pas sur les grandes chaînes télévisées mais sur Internet. Sur le Politic’Show de Nicolas Voisin ou sur le blog de John Paul Lepers, où le candidat centriste ne cachait rien de son altercation avec la direction de Tf1. Celle-là même qui ne voilait nullement son désir de bipolariser la vie politique française. D’un côté l’UMP de Sarkozy, de l’autre le PS de Royal. Les autres partis et candidats repasseront. Tout comme à l’occasion du référendum européen, les termes du «contrat» seraient posés entre pro et anti. Sorte de raisonnement binaire laissant peu de place à la nuance, pourtant essentielle en politique.


Pour mémoire, il y a quelques années de cela, la même chaîne de télévision nous expliquait qu’une fois rentrés chez nous, nous n’avions d’autre envie que de nous divertir. De ne surtout rien apprendre. Le 18h-20h se transformait alors en case réservée aux jeux télévisés les plus absurdes. Pour qui se souvient de la période Lagaf,  nul besoin d’en rajouter, si ce n’est qu’en 2000, Vincent Rouil (de son vrai nom) reçut le 7 d'or de la meilleure émission de jeu pour Le Bigdil. Sans doute fut-ce là un déclic. Une révélation. Mieux, une confirmation de l’habile anticipation de la première chaîne privée de France. Confirmation d’autant plus importante qu’entre temps Tf1 avait déjà été rejointe dans cette aventure ahurissante. Les autres chaînes hertziennes avaient en effet suivi, au point de ne plus laisser d’autre choix au téléspectateur que de s’abrutir. Plutôt que de niveler le niveau télévisuel par le haut, la ligne choisie fut de le faire par le bas. Bien plus simple, bien moins contraignant.

 

Depuis, la chose perdure. Au point que la simple perspective de regarder le journal télévisé d’Arte - le seul en fait à être tourné vers l’international - relève désormais presque du supplice. Forcément, la Tchétchénie, la Transnistrie, la Moldavie… Effet boomerang du Bigdill et d’un certain temps de cerveau disponible… Reste que l’on est en droit de se demander si l’effet obtenu est vraiment involontaire…?

 

Presse écrite, même topo. A de très rares exceptions près – si rares qu’on ne les connaît même plus – la règle éditoriale est aujourd’hui celle-ci : «Faites court, toujours plus court». Réponse de quelques journalistes censés : «Oui, mais à force faire court, on n’explique plus rien. On simplifie tout et les lecteurs n’ont plus les clés de compréhension élémentaires». Là, ces mêmes journalistes se voient généralement rétorquer : «Peu importe. Le fait est que les gens ne lisent plus, n’ont plus le temps de lire. Ne sont plus capables de se concentrer sur un article de plus de 2500 signes (pour comparaison cette chronique en fait un peu plus de 6000…). Si vous voulez garder des lecteurs, donc votre job, faîtes court !». La mort dans l’âme : «Oui, chef, bien chef».

 

Reste alors Internet, dernier refuge de journalistes idéalistes et pépinière de talentueux blogreporters. A leur initiative, quelques médias sans le sous, mais indépendants. Que l’on ne s’y trompe pas. Un journaliste n’écrit pas bénévolement pour le plaisir de voir son nom circuler sur la toile. Sauf quelques rares cas cliniques, il n’en n’a pas besoin. Par contre, d’un refuge éditorial où, à côté d’une fonction rendue de plus en plus alimentaire, il a encore la sensation de pouvoir faire le métier auquel il croit, oui.

 

A bien y réfléchir il est d’ailleurs amusant – et non étonnant - de voir que les blogueurs – dont plusieurs journalistes rentrant de plus en plus mal dans le moule -  ont été les premiers à s’étonner de cette volonté de quelques grands médias de bipolariser la campagne présidentielle et, plus généralement, la vie politique. Il est également intéressant d’observer que seuls les blogs militent aujourd’hui pour que les candidats n’ayant toujours pas obtenu leurs 500 signatures les obtiennent enfin, toutes couleurs politiques confondues. La chose peut paraître idiote, mais bon sang, que l’on aimerait parfois voir la presse écrite et audiovisuelle devenir militante des règles essentielles de la démocratie… A quand un appel aux maires de France pour qu’ils cessent, avec l’appui des grandes formations politiques, de confisquer le pluralisme électoral ?

 

Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui, parmi ces mêmes médias dits «traditionnels», se demandent ce qui porte un Bayrou au plus haut des sondages. Sans doute une part de refus de tout ce grand barnum préformaté. De ce ras-le-bol de déni croissant de démocratie. Marre aussi de s’entendre dire que si l’on ne vote ni PS ni UMP, le Pen sera au second tour. Que si Bayrou est élu, le fait de gouverner au centre impliquera que les électeurs n’aient, en cas d’échec de sa politique, plus que les extrêmes comme échappatoire. Raisonnement absurde mais encore repris dimanche par François Hollande, sur l’antenne de Canal Plus.

 

En fait, ce qui fait probablement la force de Bayrou est, qu’après avoir essayé de l’ignorer, tout le monde (au moins politique) veut aujourd’hui sa peau. Bayrou, l’homme à abattre ! A peu de choses près, on aurait envie d’en sourire. A peu de choses près, aussi, cela ressemblerait à l’une de ces farces post-communistes où le Kremlin tenterait en vain de barrer la route électorale à un mouvement porté par la rue.

 

En fait, si le leader de l’UDF a sans doute su imposer sa candidature grâce aux nouveaux médias, ce n’est probablement pas tant grâce à eux qu’il pourrait se retrouver au second tour, voire élu président. Si le destin présidentiel que lui promettait en son temps Mitterrand se confirme en mai, Bayrou le devra sans doute en grande partie à deux éléments encore largement sous-estimés : l’arrogance de quelques grands groupes média, croyant encore qu’un électeur n’est qu’un consommateur qu’il suffit d’abrutir pour rendre docile ; les attaques de plus en plus nerveuses et répétées, de cette gauche et de cette droite, qui pensaient il y a peu encore que le simple fait d’agiter la marionnette Le Pen leur suffirait à se partager définitivement le pouvoir.

 

Christophe Nonnenmacher est journaliste 

Commentaires

Christophe, votre analyse est très juste.

J'apporte à votre analyse un témoignage personel. Je me suis engagé en politique dans les années 80, à droite! J'ai même exercé des responsabilités nationales. Et puis, un jour, j'ai tout arrété! Pourquoi? Parce que je n'avais pas envie de carrière élective et que peu à peu l'univers de débats internes se retrouvait vicié. Dans les années 90, le formatage s'est infiltré à l'intérieur de tous les partis. Influence des media?... sans doute.

Beaucoup de mes amis aujourd'hui viennent d'horizons politiques différents mais tous ont peu a peu ressenti la même pesanteur.

Alors que la société faisait un bond en avant formidable dans l'inter-communication, l'échange, l'ultra-diversité entre les individus grace à Internet, aux NTIC, les anciens media et les partis choisissaient ce "grand Barnum" pré-formaté. Faut-il y voir leur dernier soubresaut d'un système dépassé?...

En 1995 déjà, ces vieux media pensaient nous vendre leur idole (unique à l'époque) Balladur. En 2002, ils ont fait l'impasse. Cete année ils pensaient répartir leur mise sur leurs deux champions.
Et voilà que Patatrac, un Homme surgit qu'ils n'avaient pas prévu, qu'ils avaient méprisé, raillé. Et l'opinion, cette fois beaucoup plus méfiante à l'égard de ces canaux d'information du passé, fait un rapprochement "On est là pour préparer les cerveaux à acheter du Coca" d'un coté et de l'autre un type tout seul qui dit "vous, media n'avez pas de légitimité pour faire à la place du peuple un tri électoral". Et plus l'opinion l'observe, plus elle se documente, cherche, vérifie et au final adhère à son projet.

Oui la France a changé, nous sommes plus informés, plus méfiants, nous ne nous contentons plus de mots d'ordre!

Voilà pourquoi dans les faits d'anciens militants de tous horizons jusqu'ici écoeurés se regroupent, débatent de sujets jusque là tabous dans les appareils, et se retrouvent dans la candidature de Bayrou!

Ecrit par : alcibiade | lundi, 05 mars 2007

La fracture était sociale en 1995. Elle sera peut être générationnelle de 2007.

Plus les années passent, plus la génération internet grandit (celle qui, comme le disait alcibiade quitte le grand barnum préformaté).
Plus les années passent, plus la chance de bénéficier d'une retraite s'amenuise.

La révolution silentieuse a commencé dans le réseau :
"Nous nous éveillons et nous connectons les uns aux autres. Nous observons. Mais nous n'attendons pas."

Le manifeste des évidences: http://www.cluetrain.com/manifeste.html

Ecrit par : ~laurent | lundi, 05 mars 2007

Excellente analye, mais peut-être faut-il rajouter que le "produit" Bayrou est bon, savoureux même et qu'il correspond aux besoins du temps. "Il faut être au bon moment au bon endroit"...

Cordialement,

Catherine, blog l"Europe dans la campagne"
http://catymi.blog.lemonde.fr/

Ecrit par : Catherine Guibourg | lundi, 05 mars 2007

Le phénomène BAYROU me fait penser au championnat de ligue 1 de football. Dans la mesure ou l'équipe de LYON a déjà gagné le championnat, il se trouve toujours un commentateur pour dire : "on ne sait jamais, et si .... " pour en réalité passer son temps à nous parler du clan des relègables !!!!

En fin de compte, la pré campagne n'est pas à la hauteur et les media qui savent qui sera au deuxième tour entretiennent le suspense du 3 eme homme pour continuer à vendre papier et images.

Quant à François BAYROU lui même, son discours sur "On a tout essayé sauf moi" est assez comique, surtout lorsqu'il fait son show virginal. L'UDF qu'il dirige n'a pas eu le moindre remord à voter avec la droite pendant des années.

Alors nous faire le coup du gouvernement dirigé par un socialiste (Jean-Marie Bockel ?) bien que nous savons que l'UDF joue a qui perd gagne pour les investitures aux législativesc'est amusant.

Ecrit par : JC BENARD | lundi, 05 mars 2007

Alcibiade, Catherine,

Merci pour vos commentaires respectifs. Alcibiade, j'ai effectivement le sentiment que quelque chose est en train de changer. Ma seule crainte: que ce changement ne mette encore pas mal de temps avant de se généraliser à l'ensemble de la population. La FRance est un véritable paradoxe: elle est sans doute l'un des pays d'Europe (sinon le pays) où la démocratie est la plus mise en scène et la moins probante, mais à l'inverse celui où le débat politique est le plus riche. Les blogs y contribuent largement d'ailleurs. Paradoxe peut-être assez logique en fait: moins le débat est ouvert (j'entends ici veritable débat, non "scénarisé") plus les gens cherchent à l'ouvrir d'eux-même.

Laurent,

Etrangement, pour une fois, je ne pense pas que la fracture soit véritablement générationnelle mais plutôt (une autre qu'il t'arrive de mettre en avant) numérique. On le sait aujourd'hui, ceux et celles qui fréquentent les blogs sont pour la plupart des CSP+ (au sens de bac +2 et plus). La grogne politique (pour peu qu'on puisse l'appeler ainsi) vient en grande partie de ce petit milieu numérique. Or, une récente étude (dont j'ai oublié le nom des auteurs - mais quelqu'un en retrouvera certainement la mention) soulignait que le risque d'abstention était réel (sinon prévisible) aux prochaines présidentielles dans les couches les plus "populaires". Celles-là même que l'on retrouve peu sur Internet. Fracture numérique, donc, dans la mesure où il n'est pas impossible, que le gros des troupes électorales puise être constitué de ceux et celles ayant une "culture numérique". Dans cette hypothèse, le vote Bayrou me semble particulièrement bien parti.

Un test amusant à faire serait d'imaginer, une semaine avant le premier tour par exemple, que chaque blog politique (liste bonvote.com par exemple) mette un bandeau de la couleur de "son" candidat (au moins pour les blogs perso) en colonne: bleu pour sarkozy, rose pour Royal, orange pour Bayrou, etc.. Je me trompe peut-être mais quelque chose me dit, au moins sur les 30 à 40 blogs considérés comme les plus "influents" que l'orange pourrait être la couleur dominante. Je serais assez curieux de mettre en perspective cette couleur avec celle visible à la sortie des urnes. Le référendum sur le TCE fut particulièrement révélateur sur ce point. Officiellement, Internet devait tout au plus ne jouer qu'un rôle mineur dans les résultats. Au final, les votes comptabilisés reflétaient une tendance numérique ressentie depuis le mois de janvier, alors qu'à cette même période (janvier) tous les instituts de sondage donnaient le oui encore largement gagnant.

Jean-Claude,

Je connais ton attachement à gauche, même si en ce qui me concerne (au risque notamment de faire hurler deux trois auteurs du Monde citoyen) le clivage doite-gauche me semble depuis longtemps dépassé. Peut-être est-ce d'aileurs là la seule véritable fracture générationnelle que l'on ait à ce jour, au moins en tant que fracture générationnelle à même de peser sur le vote présidentiel.

Je t'avouerai que je ne sais plus trop (mais je ne suis pas le seul) à ne plus trop savoir ce qui est de gauche ou de droite. Officiellement la droite serait frileuse, conservatrice; la gauche avenante et réformiste. Mouais: cela m'a tout l'air d'un raccourci un peu facile. Tout comme de dire qu'être de gauche signifie que l'on milite pour le plus grand nombre... Il y a quelque jours de cela, un ami - producteur indépendant de spectacles musicaux - m'expliquait qu'il voterait Ségolène Royal. Sa motivation: le sort des plus démunis? Non. Le sien, celui de sa corporation: "Je voterai Royal parce que le PS est générallement plus enclin à attgribuer des finacements à la culture". Bel altruisme de gauche... Loin de moi de le critiquer. je peux comprendre sa motivation, travailler dans le milieu culturel étant loin d'être une sinécure. Mais, de grâce, que l'on ne me dise pas après que le vote de gauche serait moins intéressé que le vote de droite. Qu'on le veuille ou non, chacun vote en fonction de ses propres intérêts ou de sa vision du monde (qui inclue sa propre condition).

Sur les médias, tu expliques qu'ils savent pertinemment que le vote est joué. Cet argument est absurde, Jean-Claude. En tant que partisan du non au TCE tu devrais le savoir mieux que quiconque.

Quant à Bayrou, cheval de Troie de l'UMP, j'avoue sincèrement en douter. Non pas en raison de ses déclarations mais de ses actes. Bayrou (nouveau trou de mémoire de nos médias hexagonaux) a été l'un des initiateurs du regroupement des centres gauche et droit au sein du Parlement européen, via la création de l'ADLE. A l'origine de cette création, nombreux étaient ceux que l'initiative amusait. Nombreux étaient ceux qui en plaisantaient. Aujourd'hui, l'ADLE existe bel et bien et fait partie du paysage politique parlementaire européen. La preuve qu'une telle union est possible.

Dernier point, sous forme de question. Le PS et l'UMP nous expliquent que gouverner au centre serait impossible à gérer dans la mesure où un gouvernement ne peut selon eux réunir des gens de gauche et de droite. Par contre, le principe de cohabitation ne semble les gêner en rien. En quoi une cohabitation forcée serait-elle meilleure qu'une union voulue? Cette logique me dépasse.

Christophe

Ecrit par : christophe | mardi, 06 mars 2007

Jean-Claude (bis)

Pour continuer la discussion, je viens de tomber sur cette vidéo de Séguéla et Saussez. Un passage me fascine: Séguéla, notoirement de gauche socialiste, nous explique le plus simplement du monde qu'en cas d'opposition entre Bayrou et Sarkozy au second tour, il votera Sarkozy! http://www.dailymotion.com/search/bayrou/video/x1d6eb_bayrou-president-round-04
Pour quelqu'un qui t'explique qu'il existe un vrai fossé entre la gauche et la droite je trouve cela tout bonnement... en fait je ne trouve même pas les mots si ce n'est (et même si je t'accorde qu'on ne peux pas généraliser sur un seul exemple) que l'opposition droite gauche est quand même - dans la pratique de ceux qui essaient encore de nous la vendre - une bien belle fumisterie.

Christophe

Ecrit par : christophe | mardi, 06 mars 2007

@ Christophe
Je retiens que "les jeunes" passent de moins en moins de temps devant la télé. Ils ont leurs accès accès internet, leur chat et autres outils connectés. Ils ne sont pas tous devant les blogs mais ils ne sont plus devant le journal de TF1, imperméables à une certaine propagande.

Ecrit par : ~laurent | mardi, 06 mars 2007

Christophe,

"Séguéla, notoirement de gauche socialiste" C'est dommage que je ne puisse attacher un fichier sonore qui permettrait d'entendre mon éclat de rire. Séguéla est un biznessman qui a bâti sa carrière sur un slogan dont personne n'est certain qu'il ait apporté 1/2% à Mitterrand. Séguéla est de la même eau que SEVRAN, Roger HANIN ou Enrico MASSIAS : des soutiens d'une autre époque !!!

BAYROU est un homme politique de droite qui a fait toute sa carrière dans ce camps. Sa posture ou devrais je dire son imposture n'a qu'un but : Forcer l'UMP à lui donner assez de circonscriptions gagnantes aux législatives pour pouvoir posséder son ADM (arme de Dissuasion massive) en l'occurrence un groupe parlementaire à l'assemblée.

Le discours de BAYROU est le même que celui des républicains indépendants de GISCARD qui déclarait : "les français souhaitent être gouvernés au centre" on a vu le résultat !!!

Il ne suffit pas de se la jouer rebelle hors du système alors qu'on en est partie intégrante depuis 1979 !!!!

Ecrit par : JC BENARD | mercredi, 07 mars 2007

@ laurent : j'ai découvert le manifeste des évidences avec un grand plaisir. Merci. Je sens qu'en effet quelque chose évolue vite, très vite en ce sens et j'en mesure même peu les conséquences mais la prise de conscience est en route!

@ catherine : c'est vrai aussi il y a un rythme propre à chaque période de l'histoire. Tous les hommes qui sont parvenus à gagner les consultations électorales étaient à l'heure!

à Jean-Claude : tant de choses à dire...

- quant aux investitures aux législatives, de deux choses l'une désormais :
1°) Il est élu et je me disais comme toi, il y a encore trois mois, que le jeu serait serré pour qu'il puisse s'appuyer sur une base parlementaire consistante. Puis j'ai même emis l'hypothèse que de nombreux élus actuels de tous les bords allaient au lendemain de sa victoire présidentielle se revendiquer alors Majorité Présidentielle... Dans cette hypothèse, ceci aura lieu inévitablement mais cela se fera clairement, sainement, il n'y a pour s'en persuader qu'à voir la façon dont il reçoit aujourd'hui ses soutiens (Chavrier, Lepage, Begag, Fillias). Ce sont eux qui viennent à lui parce qu'ils se reconnaissent sur l'essentiel, lui ne met pas en scène, ne négocie rien. Il a même décidé publiquement qu'il n'y aurait aucun comité de soutien (C'est de ce coté là l'anti-Jack Lang).

Mais il y a mieux : peu à peu des "nouveaux visages" partout apparaissent! Des gens simple qu'on n'aurait pas pris au sérieux avant dans les partis parce qu'ils n'ont pas d'appuis politiques! Et ces nouveaux visages se reconnaissent dans son parcours parce qu'ils sont eux aussi épris ( certains mêmes depuis plus longtemps que lui je te le concède allez) de liberté, d'air pur (et pas qu'au figuré) dans la façon de conduire les affaires de la cité. Ces gens là, Bayrou est en train de leur montrer qu'eux aussi, peut-être peuvent bousculer des montagnes... que leur compétence, leur sincérité, leur pugnacité devant l'adversité sera en mesure de faire chutter les barons du conservatisme local de droite comme de gauche. De ces gens simples mais volontaires et efficaces j'en rencontre tous les jours un peu plus qui, non seulement commencent à espérer autre chose pour leur Pays mais commence à voir en eux leur propre talent.

2°) S'il est battu, au premier tour, alors il l'a dit lui même penser qu'il reviendrait sur ses positions "ni de droite", "ni de gauche", ce serait se saborder. Donc il ne negociera pas avec un des deux!

3°) S'il est battu au deuxième tour, c'est vrai quelque soit son adversaire, il aura créé une dynamique pour faire quelque chose ensemble, pas contre quelqu'un ou contre un camp! Si ce n'est contre le camp du mépris, de l'invective et cela restera!

@ Christophe : Tu as raison l'ADLE est l'exemple type d'une entité formée de gens modérés mais responsables et volontaires qui au parlement européens ont su se rassembler. Et tu as raison de rappeler les railleries et moqueries de ceux qui pensaient que cela ne verrait jamais le jour.

enfin, @ JC de nouveau de nouveau : Bayrou est né à droite ... en 1986 en fait mais nous sommes en 2007 et il VIT au centre! J'en suis le premier surpris crois-moi! Les R.I de 74 étaient déjà tu le sais si différents du CDS de Lecanuet ou du MRP de poher et surtout des UDF d'aujourd'hui. Ou peut-être non, peut-être ne le sais-tu pas, parce que comme moi il y a encore deux an, tu n'as pas pu observer et fait attention à ce qu'il s'était réellement passé là bas (Je rappele que je ne suis pas à l'UDF moi-même)! Ce n'est pas un "changement" comme un candidat le proclame pour lui même qui s'est opéré aux cotés de Bayrou, c'est une mutation génétique sur le plan politique. Même Giscard avec le pouvoir n'a jamais eu autant de liberté de parler de débattre et d'impulser que Bayrou sans le pouvoir.

Pourquoi parler d'imposture? Bon c'est vrai pour ceux qui, (comme toi et moi Jean-Claude sans doute?...) ont connu l'ordre réputé immuable d'étiquetage et de classement des partis sur la scène politique et les définitions d'un autre temps où tout était cloisonné, c'est dûr à admettre qu'un Démocrate Chrétien puisse être un rebelle. Eh bien moi, qui l'ai un peu cotoyé il y a maintenant une quinzaine d'années et qui le découvre maintenant je suis obligé d'admettre que c'est le cas et qu'il est jusqu'à preuve du contraire impossible de trouver dans ses écrits, ses actes, ses engagements depuis 2002 la preuve d'une "imposture".

Ecrit par : alcibiade | mercredi, 14 mars 2007

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