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mercredi, 16 mai 2007

NICOLAS SARKOZY ACCEDE A LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE, MAIS L’HISTOIRE RESTE A FAIRE

medium_PAR_EMMANUEL_DUPUY.8.jpgLa victoire de Nicolas Sarkozy est nette, son ampleur  indiscutable : souhaitons donc bonne chance au nouveau président, conformément à la tradition républicaine, et espérons sincèrement qu’il réussisse à guérir les maux dont la société française souffre. Même guère convaincus par la thérapie qu’il compte mettre en œuvre, restons cependant conscients que son échec aurait des conséquences redoutables dont nous ne pourrions nous réjouir. Mais au-delà de la victoire d'une droite unie et décomplexée  - tant sur ses alliances que sur ses connivences idéologiques sur sa droite -, il faut craindre que Nicolas Sarkozy, qui a annoncé clairement la couleur (critique de Mai 68, remise en cause des régimes spéciaux des retraites ou du contrat de travail, réhabilitation de l’autorité et de «l’ordre», suppression des droits de succession, mise en place d’un bouclier fiscal de 50% qui revient à  supprimer l’ISF, réduction du nombre de fonctionnaires, ratification du TCE par voie parlementaire, etc) ne confirme ses penchants pour le clivage de la société française  : la potion amère promise (libéralisme, atlantisme, dérive sécuritaire, communautarisme) sera ainsi administrée à un peuple français qui a sans doute été subjugué par l’habileté et le professionnalisme dont Nicolas Sarkozy a su faire preuve dans cette campagne et qu’il faut avec fair-play lui reconnaître.


Le risque est grand en effet d'une victoire de l'UMP dans un mois, puisque les valeurs culturelles de la droite (compétition, efficacité, ordre, autorité, famille) l’ont clairement emporté sur celles de la gauche, sans que celle-ci n'ait pu réagir, par manque d'un leadership clair, tant sur le fond idéologique que sur la forme, trop personnelle et imprécise.

La victoire de Sarkozy est en effet aussi la défaite de la gauche.

 

Dès lors, la  gauche ne peut plus se contenter de rejeter la responsabilité de son échec sur les autres sans analyser sa propre part de responsabilité, qui est grande. Chevènement en 2002 et Fabius en 2005 avaient déjà tiré la sonnette d'alarme : la gauche, en faisant plus de sociétal que de social, en défendant plus le mariage gay que la fiche de paie, en substituant la défense des sans-papiers à celle des classes populaires et moyennes, en vidant l'école de ses contenus et en renonçant à la méritocratie républicaine, en glorifiant une Europe devenue le cheval de Troie du libéralisme au détriment d'une Nation protectrice ringardisée, en prônant une laïcité ouverte, la gauche, donc, a creusé son propre échec. Les électeurs des classes populaires et moyennes s'en sont éloignées et il est difficile de ne pas les comprendre.

 

La défaite de la gauche version «désirs d'avenir» est donc d’abord la défaite de cette gauche  bien pensante, moralisatrice,  très Rive Gauche, qui a tourné le dos à son électorat traditionnel (ouvriers, fonctionnaires de l'Education nationale, salariés du service public...). Comment pouvait-il en être autrement quand le leader de la droite citait Jaurès, alors que la candidate de la gauche lui préférait Diam’s ? Pour Jaurès, le combat républicain était d’abord l’alliance de la Nation et du monde du travail : qui osera prétendre que la campagne du PS était axée sur ces thèmes ?

 

Il faudra bien analyser les causes multiples de cette défaite historique et ouvrir en urgence les chantiers de la refondation afin de remettre les républicains en mouvement. Pour les Radicaux, que je préside, l’opportunité qui se présente est grande : nous disposons en effet du logiciel républicain capable de donner un projet viable et crédible à tous les républicains de bonne volonté, à tous les républicains de progrès. Nous le brandissons comme une bannière de rassemblement et de refondation en direction de tous ceux qui voudront bien s’en saisir, notamment au sein du Mouvement démocrate. Dès à présent d’ailleurs, nous présenterons des candidats aux législatives de juin, sous la bannière du MD ou avec son soutien, un peu partout en France.

 

C'est la preuve qu'un grand Parti radical peut renaître de ses cendres, à l'occasion de la création du Mouvement Démocrate, à condition que ses modalités de fonctionnement permettent aux Radicaux de porter authentiquement leurs propres visions de la Res Publica sur le terrain électoral. Avec l’élection de Sarkozy, une page s’est tournée, qu’on le veuille ou non : l’avenir n’est cependant pas écrit. A nous de faire mentir en juin les mauvais présages et de faire gagner les candidats de la rénovation  républicaine.

 

EmmanuelDupuy est président de l'Union des Républicains Radicaux

Commentaires

Bonjour,

vous devriez vous renseigner avant d'écrire que la mise en place du Bouclier Fiscal à 50% revient à supprimer l'ISF.

Vous êtes probablement de ceux qui sont "pour " que les impôts soient payés par "les autres"

Ecrit par : Bart Jean | mercredi, 16 mai 2007

Une croisière de milliardaire et le debauchage d ancien ministres.
Ca debute mal.

Vivement que cela se termine.

Ecrit par : chartaland | mercredi, 16 mai 2007

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