« USA: THE HOTTEST CAMPAIGN SITES | Page d'accueil | WISHFUL THOUGHT AND A FINANCIAL HORROR »

lundi, 10 septembre 2007

BRUXELLES DECLARE LA GUERRE... DE LA BRATWURST

fa0445c473f899edd06eb07f9c7a0dcc.jpgQuel lien entre une fête populaire et une manifestation sportive? La Bratwurst, élément incontournable de tout rassemblement public. Nul d'ailleurs, n'oserait imaginer s'attaquer à cette saucisse blanche grillée, encastrée dans un petit pain (blanc, lui aussi) et généreusement recouverte de sauce ketchup ou de moutarde. Nul, sauf la Commission européenne qui ne semble n'avoir cette fois rien trouvé de mieux à faire pour (re)conquérir le coeur des citoyens européens que de donner naissance à une étonnante réglementation bravant le sang-froid et la patience de nos voisins.


Intitulé «Guide de manipulation et de traitement des aliments lors de fêtes associatives ou de rue», le texte - inspiré par Bruxelles - rend impossible ou presque toute cuisson de Bratwurst en extérieur, tant les règles d'hygiène exigibles y sont drastiques. «Tout est encore fait pour faciliter la vie aux grandes chaînes de l'alimentation rapide», s'insurge Ernst Kleinmann, président de l'association 'Village actif Leutesheim'. Et Claus Haberecht, président du KFV, un club kehlois de football, de renchérir: «Lors de nos matchs plus de cent saucisses et une quinzaine de kilos de merguez trouvent normalement preneur. Avec cette nouvelle réglementation, nous ne pourrons simplement plus en vendre! Dites-moi quel stand de saucisses, qui plus est dans un club amateur, peut se vanter de disposer de  structures dignes d'un fast-food américain?!»

 

Et la perte financière sèche à prévoir pour le monde associatif n'explique pas à elle seule la colère de nombreux Allemands. Après l'interdiction de fumer dans les restaurants, cette nouvelle réglementation laisse présager de nouvelles mesures iniques, craignent certains. «Pourquoi, au point où on en est, ne pas imposer encore une limite de consommation d'alcool, ironise Ingo Fischer, représentant de l'association Brandenburger. Chaque visiteur aurait le droit de boire trois bières. Au-delà, il lui faudrait une autorisation médicales. De préférence d’un spécialiste en alcoolémie». Du côté de la Ville de Kehl, et de Thomas Gerties, l’un des ses fonctionnaires, l'incompréhension est tout aussi grande. «Les standards que nous imposons sont déjà drastiques. Et je ne vous parle pas des contrôles effectués en collaboration avec le Landratsamt.» Des mesures pourtant encore insuffisantes pour Bruxelles qui serait bien plus inspirée de se rapprocher du terrain plutôt que de légiférer à tout va ou de financer de coûteuses études sur les raisons du désamour croissant des citoyens européens envers l'Union qu’elle représente en grande partie...

 

Kai Littmann est journaliste 

Commentaires

Die Deutsche LeiDkultur hat schlimmeres überstanden.

Ecrit par : unionsbuerger | lundi, 10 septembre 2007

Halala, l'Europe nous prive de nos bradwursts. Le document de la Commission parle tout de meme flexibilité dans l'application des Directives. Perso, je plancherais donc plutot sur un exces de zele de la part de l'Allemagne a faire appliquer les Directives de la Commission. Il ne reste plus qu'a créer un lobby pour la défense de la Bradwurst. Cela pourrait etre rigolo.

Et la lutte contre le cancer (du poumon, du larynx, de la langue...), c'est la faute a Bruxelles? L'Irlande, le Royaume-Uni et d'autres n'ont pas attendu l'UE pour entrer dans la modernité en interdisant le tabac dans les pubs et restaus.

J'adore le "pourquoi, au point où on en est, ne pas imposer encore une limite de consommation d'alcool"? Heureusement que l'assos de Ingo Fischer n'est pas en France ou encore hors de l'UE comme en Suisse, pays ou il est interdit de servir de l'alcool a qqun en état d'ébriété.

Ecrit par : Thomas Lefebvre | lundi, 10 septembre 2007

personnellement, je ne bois pas d'alcool, donc ils pourront interdire tout ce qu'ils veulent... je note toutefois que les premiers visées par cette applications rigoureuse, sont les associations qui, du moins en Allemagne, se financent souvent par des manifestations où on vend - la Bratwurst (désolé, une faute s'est introduite dans le texte d'origine, le truc s'écrit avec deux "t") fait donc partie du financement des activités citoyennes. A une époque où on nous rabache que l'Europe sera citoyenne ou elle ne sera pas, de nombreux citoyens se posent la question sur ce que l'Europe leur apporte dans leur vie concrète. Mais bien entendu, Unionsbürger, c'est anecdotique et La Leitkultur comme le reste de l'Europe survivra. C'est déjà moins évident pour de nombreuses associations qui tentent d'organiser une vie citoyenne en dehors des circuits officiels. Et finalement, pourquoi ne pas interdire tout simplement la vie associative ? Au lieu de repenser le monde, les gens ferait mieux d'aller tous au McDo (sans fumée, sans alcool) et fermer leur grandes geules...

Ecrit par : kai | lundi, 10 septembre 2007

". Et finalement, pourquoi ne pas interdire tout simplement la vie associative ? Au lieu de repenser le monde, les gens ferait mieux d'aller tous au McDo (sans fumée, sans alcool) et fermer leur grandes geules..."

Hmmm, le terrain de foot serait le meilleur endroit pour repenser le monde? Je croyais que le sport était l'opium du peuple. Blague a part, il ne faut tout de meme pas desesperer. L'UE promeut la vie associative, la Commission dépense d'ailleurs des dizaines de milions d'euros en subventions pour des associations tous les ans. Il est tout a fait possible que ces petits clubs/assos puissent recevoir des financements... de la Commission pour mettre aux normes leurs installations. Je tiens aussi a noter qu'a Belfast, la Bratwurst est tres populaire, surtout lors du grand marché européen de Noel...esperons que cela va continuer.

Ecrit par : Thomas Lefebvre | lundi, 10 septembre 2007

Ah j'oubliais, en France (presque sur en Belgique aussi), on peut boire de la biere alcoolisée (!) au McDo et meme au Quick dans des gobelets en plastique. Comme quoi, il nous reste un peu de marge.

Ecrit par : Thomas Lefebvre | lundi, 10 septembre 2007

sorry für kokilleuh ;-) Corrigé;

Christophe

Ecrit par : Christophe | lundi, 10 septembre 2007

Thomas, même si je suis un peu hors sujet - mais les soutiens financiers pour les associations sont distribués la plupart du temps en fonction de la "political correctness" des associations. Je peux en parler pour avoir oeuvré dans des associations sportives, sociales et politiques pendant une dizaine d'année. Déjà les démarches pour demander des subventions ne peuvent être effectuées que par des organisations déjà bien en place et disposant d'une structure et de personnel pouvant s'en occuper. En dehors de toute considération bratwurstienne et alcooliènne, je crois que la vie associative en Europe devraient être davantage soutenue et c'est dommage que les discussions autour des terrains de foot au sujet de l'Europe seront négatives. Les gens se sentent très loin de l'Europe dans leur vie quotidienne et quand on aperçoit l'Europe, c'est en sur-père qui interdit, qui punit et qui rend la vie lourde. Je rêve du jour où l'Europe sera perçue comme quelque chose de sympathique, d'unifiant, d'enrichissant. You may say I'm a dreamer, but I'm not the only one...

Ecrit par : Kai | mardi, 11 septembre 2007

Kai,

c'est vrai, pour avoir étudié le systeme de financement du monde associatif en Irlande du Nord. Je confirme, on a assisté a une sélection 'naturelle' des assos les plus 'performantes' apres l'introduction de financement massifs de la Commission en Irlande du Nord. Ce n'est pas simplement du a l'UE. Dans notre monde, n'importe quelle assos doit remplir des formulaires pour recevoir des financements, qu'ils viennent de l'UE ou d'ailleurs. Apres tout, c'est logique, celui qui finance veut avoir des résultats. C'est un phénomene general, le monde associatif se professionalise et pour subsister, des assos doivent de plus en plus employer une personne a plein temps uniquement pour rechercher des financements. On peut le regretter mais ne vaut-il pas mieux essayer de saisir les opportunités qui se présentent que de regretter un temps qui ne reviendra plus? Par exemple, sur les saucisses, on peut tout a fait imaginer que plusieurs clubs/assos se cotisent pour se payer une cuisine mobile répondant aux normes des Directives de la Commission. Cela ne parait pas insurmontable. Le monde associatif doit s'adapter, ce n'est pas toujours évident mais ce n'est pas la fin du modele non plus. D'ailleurs je serais curieux de savoir si le nombre d'assos augmentent ou diminue au sein de l'UE.

Et ouais, comme les organismes qui offrent ces financements ont généralement des objectifs politiques, comme l'UE, il n'est pas étonnant des retrouver ces objectifs dans les criteres d'obtention de bourses. L'UE n'a pas d'objectifs de promouvoir le "politiquement incorrecte." Et puis, apres tout je prefere que l'UE finance des assos "politiquements correctes", aussi énervant et gnangnan que cela puisse etre, que l'UE finance des groupes extremistes sous pretexte qu'ils sont politiquement incorrectes.

Et puis, pour avoir passé de nombreux week-ends sur les bord des terrains de foot, apres plusieurs bieres, un dimanche apres-midi alors que le soleil tape et si l'équipe locale vient de se prendre un 4-0 a domicile lors du premier match de la saison, il arrive d'entendre des trucs suprenants. L'interdiction du tabac dans les restaus n'a rien a voir avec l'UE, par exemple.

Ecrit par : Thomas Lefebvre | mardi, 11 septembre 2007

Ecrire un commentaire