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dimanche, 23 septembre 2007
ROYAL, BOUTIN, PAULI, BUSH… OU LE REGNE DU RIDICULE
Forcément, chacune et chacun d’entre-vous ont un jour eu vent de l’expression «le ridicule ne tue pas». C’est officiel, vérifié : la maxime est juste, véridique, au moins dans le champ politique. Pour s’en convaincre, plusieurs événements survenus ces derniers jours: en France, Ségolène Royal lance pour tout argument face aux critiques de ses détracteurs - au premier rang desquels l’ancien premier ministre Lionel Jospin – un « pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font». Après la bravitude, la solitude… biblique ou presque. A quand la crucifixion, serait-on tenté de demander… Mais alors vite et sans résurrection, ne serait-ce que pour épargner une nouvelle sortie Royal à nos amis québécois. Pourquoi ? Pour ne plus leur infliger des expressions et phrases aussi absurdes que «mondialité juste» (sic !) ou «Québec, il faut saluer ton courage!».Fascinant, aussi l’embarras de Boutin – toujours elle – face aux tests génétiques prôné par le projet de loi sur l’immigration : « Interrogée sur RTL, la ministre du Logement et de la Ville, Christine Boutin, s'est déclarée "partagée" sur l'amendement adopté par les députés qui autorise des tests ADN pour les candidats au regroupement familial, reprenait, le 22 septembre, le Journal du Dimanche. "Naturellement, a priori, ça me choque beaucoup. Mais je me dis qu'on se sert déjà de ces tests-là pour les recherches en paternité ou parfois pour des crimes, en particulier des viols. C'est un progrès de la science qui a avancé", a-t-elle déclaré ». Si c’est bon pour les viols, c’est forcément bon pour l’immigration… Affligeant. Mais bon, il serait sans doute dommage de sacrifier à ses convictions un ministère, même niché dans un algéco… J’aurais préféré lire quelque chose comme cela de la part de Boutin mais bon… Choquée mais pas trop ouvertement ou le nouveau courage politique…
Mais le ridicule ne tue également pas dans d’autres pays. Outre-Rhin, par exemple, et notamment dans la très catholique Bavière où Gabriele Pauli, challenger à la présidence de la CSU, vient ni plus ni moins que de proposer un mariage à durée déterminée, renouvelable au bout de sept ans, afin, en cas de crise conjugale, de limiter les frais de… divorce. Juste une question : en cas de test ADN de paternité, les obligations parentales seraient-elles aussi négociables au bout de sept ans… ? Surprenant presque que l’idée n’ait pas encore été proposée.
La palme, enfin – mais on aurait encore pu allonger la liste…- revient sans doute cette semaine à George W. Bush et à la Fondation Mandela. Pour ceux qui ne connaîtraient pas l’histoire, jeudi, le président américain commentait, lors d’un point presse sur l’Irak : «J’ai entendu quelqu'un demander: 'Où est Mandela ?'. Eh bien, Mandela est mort parce que Saddam Hussein a tué tous les Mandelas». Résultat des courses: petit tsunami politico médiatique et réaction embarrassée d’Achmat Dangor, directeur de la Fondation Nelson Mandela: «Ce qui est dit est dit. Tout ce que nous pouvons faire maintenant c'est rassurer les gens, les Sud-Africains en particulier, sur le fait que le président Mandela est en vie». L'analogie n'était pas ridicule: le petit séisme qui s'en est suivi, si.
16:20 Publié dans CHRISTOPHE NONNENMACHER , PODCAST , POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : europe, politique, france, allemagne, états-unis, médias, christophe nonnenmacher
Commentaires
Honnêtement, sur Royal, c'est un peu léger comme critique ;-)
Nous savons tous qu'il suffit de sortir quelques phrases de leur contexte pour faire apparaître idiot ou absurde celui (ou celle !) qui les prononce. Et il faudra m'expliquer en quoi, précisément, la "mondialité juste" était absurde. Le concept de mondialité lui-même est intéressant, après tout. Il fut un temps où on parlait de "citoyen du monde".
Et puis j'incluerais ce bon Jospin dans la liste des ridicules. Après tout, il ne fait que se retourner contre une personne (Royal) qui a voulu mettre en œuvre et prolonger ses propres idées... Cf. :
http://www.liberation.fr/rebonds/279639.FR.php
(Tribune fort intéressante de Fabien-Pierre Nicolas, entrepreneur et militant PS.)
Ecrit par : Irène Delse | dimanche, 23 septembre 2007
On est d'accord, Jospin aurait pu être mis dans la liste (mais aussi MAM avec son joli tour de manège). Ne serait-ce que parce que tirer à vue sur Royal après le comportement qu'il a eu un certain 21 avril est, comment dire, moyen... Mais bon, le PS n'a pas l'air prêt d'en finir d'être désespérant.
Sur Royal, par contre, désaccord ;-). Au lieu de multiplier les formules absurdes ("mondialité juste" après "ordre juste" - quoi après? politique juste, syndicalisme juste, religiosité juste, guerre juste, socialisme juste...???) qu'elle essaie plutôt d'aider la maison PS à se remettre dans le bon sens (pour peu que ce soit encore possible).
Christophe
Ecrit par : christophe | dimanche, 23 septembre 2007
PARIS, Sept. 23 — President Nicolas Sarkozy of France strode into the Napoleon III salon of the Élysée Palace and staked his claim to the leadership of Europe.
He is, his critics and admirers agree, a man in a hurry. In the hourlong encounter conducted in French on Friday evening, Mr. Sarkozy resisted efforts to be drawn into small talk.
Visibly restless, at times brusque, he greeted his guests with stiff handshakes and unadorned hellos. Perpetually in motion, he rocked uncomfortably in a green brocade armchair and gripped the backs of the gilt chairs on either side of him. His jaw muscles twitched. His gait was awkward. He cut off his interviewers in midsentence.
He stumbled twice on the word “multilateralism,” laughing at himself the second time and turning to his national security adviser, Jean-David Levitte, to finish the word for him.
Mr. Sarkozy, who has been accused of being too enamored of all things American, said he considered France and the United States to be on equal footing and somehow better than many others, because they believe that their values are universal and therefore destined to “radiate” throughout the world. The Germans, the Spaniards, the Italians, the Chinese, by contrast, do not think that way, he said.
Mr. Sarkozy is known for his no-nonsense approach, but he seemed especially tense on Friday. Aides said he was having a difficult day and was determined not to stumble on the delicate subject of Iran. During the campaign, he admitted that he suffers from migraines, but an aide said he was not suffering from pain during the interview.
The brusque demeanor and nonstop movement during the interview vanished during a brief photo session afterward in his office.
http://www.nytimes.com/2007/09/24/world/europe/24sarkozy.html?pagewanted=2&_r=1&hp
Ecrit par : straightjacket | lundi, 24 septembre 2007
j'aurais aimé lire ce type d'article en France. Rythme, qualité d'écriture, fond. Que dire de plus.
Christophe
Ecrit par : christophe | lundi, 24 septembre 2007
@ Christophe : Disons que sans être une inconditionnelle de Royal, je commence à me sentir plus qu'écœurée par la façon toute futile dont les infos la concernant sont traitées dans les médias. Pendant la campagne, on a plus entendu parler de ses tailleurs que de son programme ! Et cela continue aujourd'hui, avec une atmosphère de lynchage médiatique fort désagréable.
Alors, oui, elle exagère son côté de victime, mais il faut bien se rendre compte qu'une bonne partie des critiques dirigées contre elle et des comptes-rendus dans les médias sont bel et bien entachés par des préjugés sexistes. Comme le remarque par exemple Daniel Schneidermann, il y a une forme de deux poids deux mesures à traquer sans cesse les "gaffes" ou les "bourdes" dans son cas, et pas chez ses adversaires. Il y a comme ça des reproches récurrent envers les femmes qui occupent des positions de pouvoir : soit elles font preuve de trop de légèreté (les "bourdes"), soit elles sont autoritaires, caractérielles, etc. Voir aussi ce petit décryptage :
http://hugues.blogs.com/commvat/2007/02/histoires_de_cr.html
J'aimerais entendre de la même façon les éditorialistes disserter sur le vocabulaire approximatif et la grammaire incohérente de M. Sarkozy, sur son côté soupe-au-lait (ah, mais on parle de personnalité "énergique", ça fait tellement mieux !) ou sur son style vestimentaire tape-à-l'œil par exemple...
On dirait que cela commence tout doucement, baisse des sondages et fin de l'état de grâce oblige... Pas trop tôt !
Ecrit par : Irène | lundi, 24 septembre 2007
Irène,
Il ne s'agit pas là de sexisme. Mais bien de grostesque. Personne ne l'oblige à sortir "pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font", "mondialité juste" après "ordre juste" (j'aurais bien aimé entendre d'ailleurs cette expression dans la bouche d'un UMP, histoire de voir l'effet que cela aurait donné...), ou à se comparer à Jeanne d'Arc.
Maintenant, sur la gentille Ségo, il faut aussi arrêter. Pour l'avoir expérimenté, son staff de campagne n'était pas des plus accomodant avec la presse. Pour mémoire: http://www.europeus.org/archive/2006/12/22/gauche-sociale-et-liberte-de-la-presse%E2%80%A6.html
La façon dont se sont exprimées des voix"indépendantes" dans les débats participatifs étaient aussi pas mal: militants PS notoires, citoyens aux questions "spontannées" et "jamais préparées" avec des badges "organisation"... Un moment il faut aussi arrêter de prendre les gens pour des idiots, ce que ne semble pas prète de faire Royal. A ce rythme là, elle va me rendre Jospin sympathique, c'est dire...
Christophe
Ecrit par : christophe | lundi, 24 septembre 2007
Comme je disais, je ne suis pas une inconditionnelle, et son style comme ses pratiques me déplaisent souvent. Mais de là à ne commenter que sur le style, jamais sur le fond... C'est dommage. (Je ne parle pas spécifiquement d'Europeus, mais de l'ensemble des médias français. Il n'y a guère eu que Rue89 pour s'intéresser au but du fameux voyage au Québec, par exemple.)
À côté de cela, nous avons les sempiternels déballages des revenants : Jospin, Allègre... Tous ceux qui font "vendre" du papier, peut-être parce qu'ils apportent un parfum de scandale en jouant contre leur camp ?
Ecrit par : Irène | lundi, 24 septembre 2007
Irène,
Sur le commentaire du fond de la pensée de Royal, j'admets avoir décroché. En même temps j'ai assez confiance dans e jugement de Pierre qui a assisté à sa conférence. Lui même était d'ailleurs parti y assister en espérant entendre mieux. Echec.
Quant aux éternelles tueries aux sein du PS... que dire. Je pense qu'on sera d'accord sur ce point: Lassant, gavant, affligeant. Le plus triste est qu'on en arrive à avoir pour seule opposition dans ce pays... Villepin. Question à nos élus (notamment socialistes): On a fait un truc de spécial, de particulier pour mériter ça...? Non, comme ça, juste en passant...
Christophe
Ecrit par : christophe | lundi, 24 septembre 2007








