jeudi, 27 septembre 2007
VOUS REPRENDREZ BIEN UN PEU DE NUCLEAIRE M. AHMADINEDJAD ?
Pendant que le président iranien, en visite aux Etats-Unis et à l’Onu, débitait des énormités aussi grosses qu’un puits de pétrole (1), le président français, lui aussi en visite dans les mêmes lieux, faisait la promotion de Bouygues SA… pardon, d’Areva ! Les projets d’expansion dans le secteur de l’énergie de la firme de Martin Bouygues, ami du président, sont en effet tout sauf confidentiels.
Et comme on sait, l’Élysée suit le dossier de près. (Voir cet article AFP/Romandie News, La Tribune ou encore BatiActu.) Il est souvent utile de piocher dans la presse étrangère, ou professionnelle, pour s’informer sur la situation politique en France. Étrange, non ?
L’Élysée a aussi sur l’énergie renouvelable (2), pardon, nucléaire, des idées révolutionnaires.
«La France est prête à aider tout pays qui veut se doter de l’énergie nucléaire civile.» (Sarkozy, cité par Libération, 25/09)
Et de vanter cela comme une alternative aux violations des traités anti-prolifération.
L’idée, semble-t-il, c’est que plutôt que de laisser les Iraniens développer tous seuls dans leur coin une filière nucléaire, la France devrait profiter de ce louable souhait des mollahs de préparer l’après-pétrole, hum, disons, de devenir une grande puissance avec tous les attributs technologico-stratégiques d’icelles (3), et offrir — oups, vendre, bien sûr, des centrales nucléaires clefs en main à l’Iran.
Ah oui, vraiment ? Et de cette façon, on retarderait l’acquisition des technologies en question par l’Iran, peut-être ? Comme si, à l’instar des Chinois (4), les ingénieurs et scientifiques iraniens étaient incapables de faire un peu de rétro-ingénierie ?
Des esprits chagrins remarqueront que l’Iran possède déjà diverses technologies liées aux missiles. Et qu’avec la maîtrise du nucléaire civil, cela leur ferait un pas de plus vers le développement d’armements nucléaires à moyenne ou longue portée.
Un détail ? Tss, tss.
Il y a un cerveau un peu fruste, enfin, disons, robuste (5) sous la coupole de l’Élysée, mais il sait se montrer parfois redoutablement subtil. En bref, si on ne peut pas empêcher, malgré moult rodomontades transatlantiques, l’évolution de l’Iran vers le nucléaire, on peut au moins s’arranger pour en retirer un maximum de profit.
On avait connu l’affaire «pétrole contre nourriture», du temps de Chirac et Pasqua. Bientôt, peut-être, il faudra parler en France de «pétrole contre nucléaire»…
Irène Delse est écrivaine
- Pas d’homosexuels en Iran ? (Voir le blogue de Tristan Mendes France.) Première nouvelle ! Pas de négationnisme non plus, il paraît. Et le Père Noël, c’est peut-être l’identité secrète de feu Khomeini, sans doute…
- Voir la dernière SarkobourdeTM énergétique, ici même...
- L’Inde, la Chine, le Pakistan, la Russie : tous les voisins de l’Iran possèdent les technologies nucléaires civiles et/ou militaires...
- Qui savent négocier âprement pour obtenir des transferts de technologies quand ils nous achètent des Airbus ou de l’EPR, soit dit en passant. Pas fous ! Il y aura ensuite, signale le magazine professionnel Enerzine, des brevets à la clef. On appelle cela de la “coopération nucléaire”, sur le site de l’Ambassade de France en Chine. L’ex-PDG de Framatome, sur un blogue des Échos, se demande aujourd’hui si cela en valait vraiment la peine.
- À la façon de nos lointains parents Australopithèques…
08:25 Publié dans IRENE DELSE, RELATIONS EXTERIEURES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nucléaire, iran, irène delse, europeus.org









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