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mardi, 09 octobre 2007
120 JOURS SANS GOUVERNEMENT: LA BELGIQUE PROCHE DE SON RECORD HISTORIQUE
Louis Michel, le commissaire européen chargé du développement et éminence des libéraux francophones du MR, l’a encore affirmé ce matin, sur la RTBF, lors d’un débat que j’ai eu avec lui : la crise actuelle n’est pas si grave, on a déjà connu ça dans le passé et d’autres pays européens connaissent aussi de longs interrègnes, comme aux Pays-Bas ou en Autriche. Certes. Mais seules quatre crises ont dépassé les cent jours, comme le rappelait la Libre Belgique du 18 septembre.
La plus longue, 148 jours sans majorité de gouvernement, remonte à 1987 : la formation d’un gouvernement butait alors sur la crise des Fourons, cette enclave francophone située en terre flamande, à l’est du pays. Puis vient la crise de 1968 (131 jours) au lendemain de la violente scission de l'Université de Louvain, située en Flandres : les francophones en furent expulsés manu militari et priés d’aller fonder Louvain-La-Neuve en terre wallone. En 1978 les négociations durèrent 106 jours et, enfin, en 1991,103 jours. Autrement dit, la crise actuelle occupe déjà la troisième place de ce triste palmarès puisque 120 jours se sont écoulés depuis les élections législatives du 10 juin. Et il est probable, désormais, qu’elle va emporter la palme de la crise la plus longue de l’histoire belge, personne ne prévoyant la mise en place d’une nouvelle majorité de gouvernement avant la mi-novembre voire la fin de l’année.
Le refus d’une partie de la classe politique francophone de reconnaître la gravité de la «crise» actuelle, à l’image d’un Louis Michel, que l’on a connu plus inspiré dans le passé ne tient donc guère la route si les mots ont encore un sens. D’ailleurs, des responsables francophones n’ont pas ses pudeurs, à l’image de Charles Picqué (PS), le ministre-président de la région de «Bruxelles-capitale».
«On disait depuis longtemps que si les Flamands revendiquaient davantage d’autonomie, la structure fédérale serait à l’os. On y est», a-t-il ainsi expliqué à quelques journalistes français, vendredi, lors d’un déjeuner qu’il a organisé. «En juin 2007, les partis flamands ont reçu un mandat très précis», celui d’obtenir davantage d’autonomie et ils sont décidé à le remplir sauf à prendre le risque de se faire laminer lors des élections régionales de juin 2009 au profit de l’extrême droite du Vlaams Belang (second parti flamand). «Je me pose la question après plus de trois mois de négociations : les francophones ont-ils encore le droit de dire qu’ils ne souhaitent pas la scission du pays?». «Il y a une dynamique centrifuge qui se poursuit : au mieux on aura le confédéralisme», juge-t-il, en n’écartant pas l’hypothèse d’une scission du pays, tant «l’éloignement économique et culturel entre le nord et sud est grand». «Il y a à Bruxelles du côté flamand des gens pressés, des gens irrationnels. On verra qui va l’emporter»…
Pour Charles Picqué, «il faut se préparer pour le scénario qui a le plus de chance de se produire», c’est-à-dire un confédéralisme mou. «Il ne faut pas chercher à sauver une coquille vide au prix de concessions» défavorisant les francophones, avertit-il. Son inquiétude est que le statut futur de Bruxelles soit sacrifié en cas de divorce. Pour Picqué, l’avenir idéal de Bruxelles serait celui d’une «cité-Etat» et non, comme certains l’évoquent, qu’une cogestion de cette ville francophone enclavée en territoire flamand soit exercée par la Flandre et la Wallonie. Et certains trouvent que je suis trop pessimiste…
Jean Quatremer est journaliste
(Source video: blogging the news)
04:00 Publié dans JEAN QUATREMER, POLITIQUE, SOCIETE | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : europe, belgique, jean quatremer, europeus.org









Commentaires
A t on encore encore besoin de gouvernements nationaux en Europe ?
La deconstruction de la Belgique pourrait etre un modele de déconstruction de l Allemagne, de la France .... et de tous les Etats qui ont deterré leur "Identité Nationale" ezt leur Deutsche Leitkultur apres la Chute du mur de Berlin.
Remplacons la Non- Europe des Nations par l Europe des Regions.
Ecrit par : unionsbuerger | mardi, 09 octobre 2007
N importe nawak
Ecrit par : Dens | vendredi, 19 octobre 2007
Comment peut-on actuellement, das un pays où se trouve la capitale de l'Europe, accèpter que des enfants n'aient pas le Droit de parler la langue qu'ils désirent entre eux? Pourquoi scander que la langue flammande est dénigrée si on se permet d'interdire une autre?
On se croirait revenu en 39 quand les juifs n'avaient plus le droit de parler yiddish. A quand le "lion jaune" sur les vestes?
Et pendant se temps là, les autres pays Européens restent spéctateurs de se qui se passe dans leur capitale. Faire les autruches c'est si facil...
Ecrit par : Pierre | dimanche, 18 novembre 2007
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