« VOYAGE AU CŒUR DE LA PSYCHIATRIE : EPISODE 2/10 | Page d'accueil | VOYAGE AU COEUR DE LA PSYCHIATRIE 3/10 »
vendredi, 16 novembre 2007
QUELLE EUROPE DEMAIN? 2/5 - JEAN-PIERRE CHEVENEMENT: «LE TRAITE DE LISBONNE CONSACRE L'ALIGNEMENT SUR LES ETATS-UNIS»
Tout est-il dit ? Jean-Pierre Chevènement a tenu à se raser avant l’entretien. A défaut de café, c’est un thé qui nous est servi. 14 novembre 2007. Les grèves n’ont pas empêché l’homme de Belfort de se rendre à son bureau. Le siège de «République Moderne», rue de Bourgogne à Paris, est aussi la bibliothèque de «Res Publica». Un bureau modeste nous attend, sur lequel trônent des piles de documents, entre une photo de De Gaule et les petits Lu qui nous sont offerts. Dans ses mains, Jean-Pierre Chevènement tient et lit, l’oeil narquois ou en tout cas critique, le discours prononcé la veille à Strasbourg par Nicolas Sarkozy.
Chevènement veut «une Europe européenne», voit dans le traité de Lisbonne «l’alignement sur l’Otan et les Etats-Unis». Le «souverainiste» qu’il est – ou qu’on imagine (lui, préfère le qualificatif de «républicain») - craint pour le «poids de la voix de la France», jadis «courageuse» ; parle d’un «renversement en faveur de l’Allemagne» et entend d’une oreille expérimentée et inquiète les menaces de conflit agitées ça et là.
Côté contexte, c’est dans le cadre des interviews tournées avec un mobile autour de la question européenne et à propos du passage en force opéré en haut lieu (sur le traité de Lisbonne) que cette cette deuxième rencontre du genre est née. Après Chouard, Chevènement, d’autres suivront : avec Hamon, Mélanchon et ceux que vous nous recommanderez.
Avec entre autres questions celle-ci : peut-on encore croire au rêve européen ? Le «non» va-t-il à l’encontre d’une politique de dialogue et d’une culture démocratique, comme le laissait encore entendre avant-hier le Président de la République française ? Ou est-ce ce passage par voie parlementaire qui vire au «déni de démocratie» ? Et puis aussi : quand va-t-on cesser de parler de traité «simplifié»?
«Que reste t-il de nos amours», semble nous dire - à juste titre - le républicain de la rue de Bourgogne. Entretien de 20 minutes avec un homme debout. Et têtu.
Nicolas Voisin est blogreporter
02:00 Publié dans CONSTITUTION, NICOLAS VOISIN, PODCAST | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : europe, constitution, nicolas voisin, europeus.org









Commentaires
ok, je reposte ce que viens de mettre chez Nicolas Voisin...
Désolé, c’est un peu long...
Ressortir la parité France/Allemagne re-Adenauer est fallacieux : l’Allemagne d’Adenauer ne comprenait que l’Allemagne de l’Ouest. Et oui... Chevènement est-il contre la représentation des peuples ? Chevènement est-il contre la réunification de l’Allemagne ? L’augmentation du vote à la majorité qualifiée ne va pas changer grand-chose : la procédure n’est que très rarement utilisée, les membres du Conseil préférant s’accorder avant de passer à un vote. Et puis l’argument est ridicule re-Allemagne : l’Allemagne est le plus grand allié idéologique de la France : sur l’harmonisation fiscale, par exemple.
Sur l’Article 17 Bis « aucune pays ne peut prendre de décision sur la scène internationale sans qu’auparavant il n’en ait été référé au Conseil Européen ou au Conseil des ministres ». La réalité est naturellement tout autre, que dit l’Article 17 bis ?
« Avant d’entreprendre toute action sur la scène internationale ou de prendre tout engagement QUI POURRAIT AFFECTER LES INTERETS DE l’UNION, chaque État membre consulte les autres au sein du Conseil européen ou du Conseil. Les États membres assurent, par la convergence de leurs actions, que l’Union puisse faire valoir ses intérêts et ses valeurs sur la scène internationale. Les États membres sont solidaires entre eux." Voila, le Traité demande un minimum de coordination entre les Etats membres lorsque l’on parle de l’Union à l’étranger, euh, il est où le problème ?
Dire que la France ne peut plus brandir son veto au Conseil de Sécurité de l’ONU est FAUX. Cela n’affectant pas les intérêts de l’Union. De plus, on ne parle que de consultation : qui a dit qu’il fallait un vote ? C’est mensonger.
« avec un Haut Représentant de l’Union...qui devra obligatoirement être entendu au Conseil de Sécurité de l’Onu »
Encore une fois, c’est faux. Que dit le traité de Lisbonne ? "Lorsque l’Union a défini une position sur un thème à l’ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations unies, les États membres qui y siègent demandent que le haut représentant soit invité à présenter la position de l’Union." (Article 19 §2)
Voila, si les Etats membres ont une position commune sur l’ONU, la France et le RU demandent à ce que ce Haut Représentant présente la position de l’ONU au Conseil de Sécurité. Cette position commune ne peut être déterminée qu’à l’UNANIMITE... Comme toute décision relative à la Politique Etrangère de Sécurité Commune (PESC).
Sur l’OTAN : il me semble que Chevènement confond l’Article 23 et l’Article 25. Que dit l’Article 25 ? « Au cas où un État membre serait l’objet d’une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir, conformément à l’article 51 de la charte des Nations unies. Cela n’affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres. Les engagements et la coopération dans ce domaine demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, qui reste, pour les États qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en œuvre »
Ce que dit Chevènement est faux : pour les Etats à la fois membre de l’Union et de l’OTAN, les nouvelles procédures d’assistances ne suppriment pas la participation au sein de l’OTAN. Cet article est d’ailleurs vu par les atlantistes comme un danger pour l’OTAN... c’est le monde à l’envers... La défense européenne a toujours été l’OTAN, la France est toujours signataire de la Charte de l’Atlantique (voir Article V).
« protection libre et non faussée,... c’est l’absence de protection communautaire » Faux : c’est la protection du consommateur : comment Chevènement explique-t-il que Microsoft ait été condamné ?
Pour lire le traité : http://www.europeus.org/images/categories/traitemodificatif.pdf
Ecrit par : Thomas Lefebvre | samedi, 17 novembre 2007
Le rève européen était un reve de paix.
Le rève américain reste impérialiste.
Ecrit par : vaterlandslose-gesellen | samedi, 17 novembre 2007
Lefevre a raison... Quand Chevènement explique que le centre de gravité de l'Europe se situe "entre la franconie et la mer noire", c'est assez mythique. Ressortir Monnet-Adenauer, c'est pas mal non plus. Le Che est touchant de sincérité et de conviction. Mais il semble que son juridisme pointilleux et son obsession de l'Allemagne l'aveuglent quelque peu... Quant à son interlocuteur, il est tout aussi touchant, avec son rêve européen en bandouillère. On est vraiment dans le monde des idées...
Marc
Ecrit par : Marc Joly | lundi, 19 novembre 2007
et quel est alors le role de la commission à l'ONU
Ecrit par : jed | mardi, 18 mars 2008
Ecrire un commentaire