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mercredi, 21 novembre 2007
ROYAUME-UNI: LES TENSIONS ENTRE MILIBAND ET BROWN PARASITENT LE RAPPROCHEMENT FRANCO-BRITANNIQUE SUR LA DEFENSE EUROPEENNE
Dans son discours au Parlement Européen, Nicolas Sarkozy a appelé à une relance de la défense européenne. Cela pouvait être étonnant, Sarkozy n’ayant jamais vraiment parlé du sujet auparavant. Il semblerait que cela fasse partie d’une stratégie qui verrait le retour de la France au sein du commandement militaire intégré de l’Otan si les Etats-Unis laissent l’Union développer une défense européenne indépendante de l’OTAN. En d’autres termes, que la Maison Blanche fasse comprendre aux Britanniques qu’elle ne s’opposera pas à la poursuite de cette politique, le temps du «three Ds» semblant révolu.(1)
En conséquence, contrairement à ce que pense Daniel Riot, ce n’était pas «paradoxal» d’entendre David Miliband, le ministre britannique des affaires étrangères appeler lui aussi à la poursuite de l’intégration de la défense européenne dans un discours étonnamment peu remarqué par la presse française à Bruges:
«Les Etats membres doivent améliorer leurs capacités. Il est gênant que les pays européens, avec près de deux millions d’hommes et de femmes sous les drapeaux, ne puissent pas en déployer, et encore avec difficulté, plus de 100.000 à la fois. Les pays de l’UE disposent d’environ 1.200 hélicoptères de transport, et pourtant ils n’en ont déployés que 35 en Afghanistan et aucun au Darfour où il y en a désespérément besoin»
Le discours de Miliband devait marquer d’un grand coup le retour du moteur franco-britannique sur l’intégration de la défense européenne démarré à Saint-Malo en décembre 1998 et mis en veille à la suite des divisions sur la guerre en Irak. Le discours de Bruges devait ainsi effacer le discours de 1988 prononcé au même endroit par Margaret Thatcher, fondateur de l’euroscepticisme à la britannique. Néanmoins, ce qui est intéressant c’est ce qui n’est pas dans le discours de Miliband ou plutôt ce que l’on aurait dû y trouver et…qui a disparu. The Observer révélait ainsi ce week-end queBrown avait censuré une partie du discours de Miliband rendant ce dernier fou de rage. Miliband exprime de plus en plus sa frustration de travailler avec Brown. Celui qui reste l’un des derniers blairistes au sein du cabinet n’apprécie guère de ne pas être intégré au sein du cercle intime de Brown. Européen convaincu Miliband avait prévu d’intégrer dans son discours un passage sur une “charte des capacités” européennes de defense. Brown a fait évincer le mot “charte” en laissant tout de même l’essence du discours intacte. Preuve que Brown ne veut pas torpiller le projet, simplement étant sous les feux des eurosceptiques qui demandent un référendum, Brown ne voulait pas jeter de l’huile sur le feu. L’histoire fait les choux gras du Guardian et parasite la chorégraphie Miliband/Sarkozy qui semblait pourtant bien préparé. Brown paye ici son manque de tact, sa brutalité politique et sa culture du secret.
(1) ” no diminution of NATO, no discrimination and no duplication — because I think that we don’t need any of those three “Ds” to happen.”” 09 Decembre 1998
(2) Le chiffre de 100’000 est bien choisit puisqu’il est supérieur aux objectifs de Helsinki qui prévoyaient que l’Union devait être prête à lever 65’000 troupes dans le cadre des missions de Petersberg
A lire également sur le même sujet, l'article de Mark Mardell
03:26 Publié dans POLITIQUE , RELATIONS INTER INSTITUTIONNELLES , THOMAS LEFEBVRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, défense, thomas lefebvre, europeus.org








