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lundi, 10 décembre 2007
KOSOVO : UN VOTE PEUT EN CACHER UN AUTRE…
Le résultat était sans surprise. La suite l’est tout autant, tant la victoire du Parti Démocratique du Kosovo à l’occasion des dernières élections législatives semblent tracer la voie vers l’indépendance de fait de la province. Le très charismatique, Hashim Thaçi ne tarde ainsi pas à gagner, par ce vote, la stature de leader qui manquait au pays, depuis la disparition d’Ibrahim Rugova, figure mythique du combat pour l’indépendance de la province serbe peuplée à 90% d’albanais.
Le vote pour le Parti Démocratique du Kosovo, qui est loin d’être un vote d’adhésion, compte-tenu du très faible pourcentage de participation, est ainsi à l’image de ce statu-quo qui s’est installé depuis 1999, date à partir de laquelle l’Onu administre la région, suite à une intense campagne de bombardement de l’Otan contre la Serbie. Sur fond de protectorat onusien, Hashim Thaçi incarne non seulement l’interlocuteur idoine de la communauté internationale, mais garde également, aux yeux de la population kosovare, l’image non écornée du chef de l’ex Armée de libération du Kosovo (UCK).
Force est de constater que ces élections, dont on attendait une plus forte participation, n’ont pas vraiment motivé les électeurs. Bien que l’on ait cherché à l’éviter autant que faire ce peut, le réel enjeu du scrutin reste le consensus au sein de la communauté albanaise du Kosovo en direction d’une inéluctable perspective d’indépendance. De ce point de vue, le 17 novembre ne vient que confirmer l’impossibilité d’aboutir à une solution négociée avant la date fatidique d’aujourd’hui, lundi 10 décembre, fixée pour l’Onu. Par ailleurs, le boycott très suivi des serbes du Kosovo, à l’occasion de ces élections, creuse davantage le fossé entre les deux communautés.
D’ailleurs, le mot d’ordre de la campagne électorale choisi par le PDK, «Sois fier du Kosovo» traduit explicitement le contour de l’état d’esprit qui règne à Pristina, tout comme une des toutes premières déclarations faites par le nouveau premier ministre qui n’hésitait pas à rappeler que l’indépendance du Kosovo était moins un point encore en discussion, qu’une simple «question de date».
Les prochains jours risquent ainsi d’être décisifs, non seulement pour la stabilité et la paix dans la région, mais aussi pour l’Europe, qui y joue sa crédibilité, dans une zone où les plaies du passé ne sont pas toutes refermées…
Arta Seiti est chercheur associé au Centre de Géostratégie de l’ENS, coprésidente du Groupe «Balkans» de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE)
10:35 Publié dans ARTA SEITI , RELATIONS EXTERIEURES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, kosovo, balkans, arta seiti, europeus.org








