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samedi, 15 décembre 2007

L'EUROPHILISME EST UN EXISTENTIALISME

1b2055b7d8a365b31581511b0dd580e0.jpgLes partisans de la poursuite de l’intégration européenne devraient avoir des raisons de ce réjouir. D’une part, un nouveau traité est sur les rails. Imparfait, certes, mais comme tous les traités. La ratification parlementaire en France va permettre de rattraper le retard. On ne peut aussi que se réjouir que le PS ait eu le courage politique de ne pas s’être opposé à la ratification parlementaire. Et dernier point, l’opposition à ce traité semble plus folklorique que dangereuse. Par exemple, l’alter-gauche de Chouard faisant campagne avec les aspirants vicomtes du MPF sur Facebook, quelle poilade! On pourrait aussi noter l’alliance incongrue de Marie-Noëlle Lienemann avec la droite fossilisée de Dupont-Aignan. Et puis, les Melenchon & co ne semblent pas mobiliser au-delà de leurs troupes traditionnelles, les pétitions piétinent, les groupes Facebook ne recueillent qu’un nombre d’adhésions microscopiques, l’ultra-républicanisme de Marianne est tellement grand-guignolesque qu’il en devient distrayant etc…

 


Toujours est-il que les europhiles semblent plutôt moroses. D’une part le traité de Lisbonne est plus obscur et moins ambitieux que le TCE. Ce n’est pas incompréhensible, ce n’est pas illisible mais cela reste fastidieux.

 

 

Deuxièmement, la solution de ne pas avoir de référendum, aussi pragmatique soit-elle, est profondément frustrante : le débat sur l’Europe n’a pas lieu. Jouyet semble faire le service minimum. Comme le note très justement Bernard Spitz, le marketing en faveur du traité est ‘pitoyable’. Seul VGE a eu l’intelligence de montrer clairement les différences entre le TCE et le Traité de Lisbonne. L’Assemblée Nationale a bien publié une version consolidée des traités mais il nous manque surtout une version qui montrerait, compétence par compétence, les différences avec le TCE et avec les traités amendés par le traité de Nice… Si quelqu’un ne sait pas quoi faire pendant les vacances de Noël…
 

Avoir ce débat permettrait non seulement de répondre à l’exigence intellectuelle qui demande quand même une défense un tant soit peu sérieuse du traité de Lisbonne, absente en ce moment de la part du gouvernement. Par ricochet, ce débat permettrait d’engager les Français sur des questions plus larges comme celle du mode de société, d’économie, etc… qui méritent d’être posées. Même chose au PS, c’est très bien d’avoir fait preuve de vision politique à long terme en refusant le chantage des Hamon et des fabusiens (demander un référendum pour s’abstenir s’il a lieu, c’était vraiment passer pour des zozos.) Par contre, le grand débat du PS qui devait avoir lieu sur la relation du parti avec l’Europe, avec le capitalisme, etc… Et bien, ce débat est passé à la trappe, on ne fait que reporter à plus-tard ces questions (les municipales n’excusent pas tout). Encore une fois c’est frustrant. Surtout quand l’opposition du PS à Sarkozy est au pire incohérente et désordonnée, au mieux, inefficace. Là encore, il y une exigence de la vie démocratique à s’engager constructivement dans la confrontation. La France mérite mieux.

 

Le dernier coup-dur pour les europhiles a été donné par Jean-Louis Bourlanges qui, on le sait tous, quitte le Parlement européen. Je trouve que les commentaires sur Jean-Louis Bourlanges font preuves d’une grande mansuétude. Lorsque Moscovici, et d’autres, ont quitté en plein mandat le Parlement Européen pour retrouver des sièges nationaux, ils ont été accusés d’être des ‘déserteurs.’ Avec Bourlanges, c’est différent, on le comprend, on compatit. Son discours pessimiste lui pardonne tout. Et bien non, Bourlanges n’a pas donné de raisons valables à son départ du Parlement Européen.

 

Lorsque le gouvernement irlandais s’est pris une veste lors du référendum sur le traité de Nice, le gouvernement a alors mis en place un outil génial qui s’appelle le Forum on Europe. Un forum qui se déplace dans toute l’Irlande et qui comprend des représentants de tous les partis politiques ainsi que des membres de la société civile dont pas mal d’anti-UE. Les sessions commencent généralement par un discours d’un(e) invité avant de créer un vrai débat. Et bien je pense que l’on devrait importer ce type de forum France. On pourrait retransmettre les débats sur la chaîne parlementaire, etc… Ok, je vais me coucher…

 

 

Commentaires

wir brauchen einen Referendum wier in Frankreich !

Ecrit par : vaterlandslose-gesellen | samedi, 15 décembre 2007

- ce traité est institutionnel, il n'est pas vendeur. Il permet à l'Europe de fonctionner, mais les Européens attendent plus les résultats qu'un exposé enthousiaste sur les mécanismes de fonctionnement des institutions.
- ce traité ne contente ni les tenants du "plus d'Europe", déçus, ni ceux du "moins d'Europe", puisqu'il existe.
Et, plus généralement, l'Europe, particulièrement dans ses aspects institutionnels, n'intéresse qu'une minorité d'initiés, et ni le grand public, ni les médias.

Ecrit par : Stéphanie | dimanche, 16 décembre 2007

L'idée du forum on Europe sera reprise en France, mais... après les municipales!

Ecrit par : Stéphanie | dimanche, 16 décembre 2007

Stéphanie,

Mais les mécanismes institutionels ont une influence directe sur les citoyens. Si le traité n'est pas vendeur...c'est qu'il n'est pas vendu. Je m'y emploie, par ici par exemple:
http://www.rue89.com/2007/12/16/le-traite-de-lisbonne-respecte-les-valeurs-de-la-gauche

Sur le forum, vous en avez trop dit ou pas assez: qui, comment, ou?

Ecrit par : Thomas Lefebvre | dimanche, 16 décembre 2007

L'Union Européenne se construit aujourd'hui sans le peuple et les propos de Nicolas Sarkozy sur les "risques du référendum" le montrent bien. Aucun débat sur l'Europe et son avenir n'est envisagé. Il est clair que si le traité de Lisbonnes est ratifié sans référendum, une vraie fracture va se créer entre l'Union Européenne et le peuple.

Ecrit par : Vincent | mardi, 18 décembre 2007

L'assemblée parlementaire est une représentation trompeuse du peuple, et les régimes parlementaires constituent une solution tronquée au problème de la démocratie; l'assemblée parlementaire se présente fondamentalement comme représentante du peuple, mais ce fondement est, en soi, non démocratique, parce que la démocratie signifie le pouvoir du peuple et non le pouvoir d'un substitut... Le fait même de l'existence d'une assemblée parlementaire signifie l'absence du peuple. Or la démocratie véritable ne peut s'établir que par la participation du peuple lui-même et non au travers de l'activité de ses substituts. Les assemblées parlementaires, en excluant les masses de l'exercice du pouvoir et en usurpant la souveraineté populaire à leur profit, sont devenues un écran légal entre le peuple et le pouvoir. Il ne reste au peuple que cette apparence de démocratie qu'illustrent les longues files d'électeurs venant déposer dans l'urne, leur bulletin de vote.

(…)

Cela signifie que les assemblées parlementaires sont devenues un moyen d'usurper et de monopoliser le pouvoir du peuple; c'est pourquoi il est aujourd'hui du droit des peuples de lutter à travers la révolution populaire, en vue d'éliminer ces instruments de la monopolisation de la démocratie et de la souveraineté, que sont les assemblées parlementaires, qui usurpent la volonté des masses. Il est du droit des peuples de proclamer un nouveau principe: « Pas de substitut au pouvoir du peuple ».

Ecrit par : anonyme | mercredi, 19 décembre 2007

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