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jeudi, 20 décembre 2007
PLENEL, NETSCOUADE ET LES AUTRES : VOUS AVEZ DIT INDEPENDANCE DE LA PRESSE?
Lancement attendu que celui de MediaPart, nouveau projet éditorial lancé par Edwy Plenel qui s’est donné quatre ans pour gagner le pari d’une «autre information». Quatre ans, soit un objectif à horizon 2012, année d’une présidentielle où l’on pourrait à nouveau retrouver Ségolène Royal sur le devant de la scène. Une candidate potentielle, dont le site Désirs d’avenir reste aujourd’hui encore animé par la Netscouade de Benoît Thieulin, partenaire de MediaPart…Et encore un de plus, serait-on en droit de penser !! C'est sur le site de MediaPart qu'on trouve une réponse : «Les médias en ligne – déclinaisons ou non de la presse papier – sont tous engagés dans une course à une audience maximale, condition d’une ‘gratuité’ financée par la ressource publicitaire. C’est le modèle économique dominant, qui a ses limites, tant en termes de pertinence éditoriale que de viabilité financière. Pour le lecteur, la place de plus en plus envahissante prise par cette publicité est vécue comme une intrusion, voire une pollution visuelle qui nuisent au confort de lecture.»
Ah! un vrai site sans pub. Mais comment vont-ils en vivre alors ? Réponse de MediaPart :
«Outre la garantie offerte par l’absence de publicité et le recours à l’abonnement, l’indépendance du journal est garantie par les caractéristiques originales de son actionnariat. La réunion du capital de départ de 4 millions d’euros provient de trois sources de financement:
1. Les fondateurs – journalistes, gestionnaires et professionnels d’internet ayant porté le projet jusqu’à aujourd’hui – qui investissent à titre personnel et, afin d’y parvenir, ont décidé pour certains de s’endetter. Par la valorisation de leurs apports, ils détiennent ainsi la majorité du capital.
2. Des investisseurs partenaires, eux-mêmes acteurs dans le domaine des nouvelles technologies mais sans liens avec les puissances financières en place, qui investissent à hauteur de 100.000 euros à 500.000 euros chacun.
3. Une société des amis regroupant quelques dizaines d’investisseurs individuels, avisés et solidaires, entrés dans le capital pour des montants allant de 5 000 à 50 000 euros.
Pour le détail des investisseurs, il faudra attendre. Car enfin, 4 millions d'euros, ça fait à quelque chose près 27 millions de nos vieux francs et que penser de l'indépendance d'un media qui aurait des banquiers ou des industriels dans son capital ?
Comment rentabiliser un investissement de cette taille ? MediaPart nous donne là encore sa solution : «Nous demandons donc à nos lecteurs d’adhérer à leur journal pour garantir son indépendance et sa pérennité. Le prix définitif de l’abonnement sera fixé au dernier moment, mais nous raisonnons d’ores et déjà sur les tarifs suivants :
- tarif normal : 9 euros par mois.
- tarif réduit pour les moins de 25 ans et les chômeurs : 5 euros par mois.
- tarif de souscription ou de soutien : 15 euros par mois»
Pas gagné mais l'idée de payer pour lire des articles non soumis à la censure politique ou financière mérite qu'on s'y arrête et même s'y abonne. En fin de compte le seul «truc» qui étonne, c'est le partenariat suivant : « ... / ... Elle s’appuiera, de plus, sur un partenariat durable avec une jeune Agence Internet, la Netscouade , créée par Benoît Thieulin».
Et on peut lire sur le site de la Netscouade : «S’adapter aux usages du Net : le défi est grand pour ces journalistes issus du monde de la presse écrite. Ils ont d’ailleurs choisi de s’allier à la Netscouade, une agence de buzz qui a déjà fait ses preuves aux côtés de Ségolène Royal en animant le site Désirs d’avenirs».
Alors, lorsqu'on lit sur le site que MediaPart se donne quatre ans à daté de son lancement (premier trimestre 2008) pour réussir son pari, on pense irrémédiablement qu'on sera en 2012 et à une candidature socialiste probable. Après tout, compte tenu que la totalité des media majeurs sont entre les mains des amis de notre président, un peu de presse d'opposition ça ne ferait pas de mal!!!
Allez, assez de parano. L'expérience est trop intéressante pour ne pas leur souhaiter bonne et longue route.
13:20 Publié dans JC BENARD , MEDIA | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : france, media, presse, jean-claude benard, europeus.org
Commentaires
Sérieusement, quand on voit à quel point la masse des journalistes occidentaux sont achetés et à la solde des pouvoirs de l'argent et du politique, je suis littéralement mort de rire à chaque fois qu'il y a la "journée de la liberté de la presse", tellement bidon. Et je ne parle même pas des guignols de Reporters sans frontière qui soutenaient le coup d'état illégal contre Chavez en 2002; ces bouffons ont perdu toute crédibilité et leurs opinions sont désormais aussi valides que celles de Donald Rumsfeld ou Berlusconi.
La liberté ne s'use que si l'on n'en use pas. Ils feraient bien de s'en souvenir.
D'ailleurs je ne connais pas beaucoup de pays occidentaux où les médias ne bénéficieraient pas de quelques décennies de dictature sanguinaire oû les journalistes seraient envoyés aux mines de sel, histoire de leur remettre les idées en place et de leur (ré)apprendre à quoi ils servent. Parce que franchement la plupart des grands journaux et JT ne méritent rien de mieux.
Ecrit par : anonyme | jeudi, 20 décembre 2007
C'est fou ce que leur discours fait envie! http://www.mediapart.fr/atelier-journal/video/ils-nous-rejoignent/erich-inciyan
Ecrit par : Patrick B | vendredi, 21 décembre 2007
@ Patrick,
Vu sous cet angle... ;-) Ne sais pour ma part pas trop quoi en penser. l'intention m'a l'air bonne mais le discours a déjà des relents d'ORTF, notamment celui de Plenel, cherchant la spontanéité tout en ne cessant de jeter un oeil à ses notes... (http://www.mediapart.fr/atelier-journal/video/ils-nous-rejoignent/edwy-plenel-0)
A lire sur le même sujet le billet de Nicolas sur Nues: http://www.nuesblog.com/?797/De-l-ambition-de-MediaPart-de-l-info-2-et-du-modele-payant-2
En accord avec pas mal de points en ce qui me concerne.
Christophe
Ecrit par : christophe | vendredi, 21 décembre 2007
@ Anonyme
Le fait que la presse et la profession de journaliste traversent une crise profonde est en effet une évidence. Maintenant, comme dans toute profession, il est difficile de généraliser, de mettre tout le monde dans le même sac même si, oui, nombreux sont ceux qui ont "déposé les armes". Ce qui m'intéresse pour ma part n'est pas tant la critique systématique des journalistes mais d'agir sur les causes, généralement bien moins "prestigieuses" qu'on le pense. Ci-après les réponses sur le sujet à un questionnaire envoyé par le club de la presse de Strasbourg. Disons que cela résume assez bien ma pensée.
Christophe
Journalisme : peut-on tout dire ?
Vos avis ! Ven 30/11/07
© Dominique Jung, DNA - Vladimir Vasak, ARTE - Jean Lacouture et Bernard Guetta
A l'occasion du déjeuner-débat "Journalisme peut-on tout dire ?" le Club de la presse a proposé aux journalistes de répondre à quelques questions.
Ces contributions ont également été distribuées aux participants avant le débat.
1) - En matière d’information pouvez-vous tout dire ?
2 )- Existe-t-il des sujets tabous ? Si oui, lesquels ?
3 )- Quelle place accordez-vous à vos convictions personnelles dans votre devoir d'informer ?
4) - Entre liberté d’expression et information, que pensez-vous du phénomène du “journalisme citoyen” ?
1) Généraliser la réponse est relativement impossible. Mais d’expérience, dès lors qu’une rédaction est dirigée par un journaliste et non – directement ou indirectement – par un service commercial, oui, il est possible de tout dire – dans la limite de la vie privée et de la dignité humaine -, d’apporter une analyse comparée, critique d’un sujet. Le souci, actuellement, est que les rédactions sont de moins en moins dirigées par des journalistes. Certains confrères ont d’ailleurs eux-mêmes intégré la notion de rentabilité comme seule variable d’ajustement: un sujet doit être «vendeur», répondre à une demande supposée par les services marketing, etc.
Autre dogme connexe du moment (en fait, depuis quelques années déjà), «les gens n’ont plus le temps de rien», nous dit-on : il «faut» donc faire toujours «plus court», quitte à simplifier à outrance, à ne plus rien expliquer. La presse écrite vit ce que la télévision a vécu avec l’apparition des jeux télévisés de masse en prime time. Et ceci n’est pas sans incidences sur l’évolution de ce métier : à force de tirer l’information vers le bas (parce que c’est bien de cela qu’il s’agit), de ne plus laisser de place – ou si peu - à l’enquête de terrain (qui demande du temps et de l’argent si on la veut sérieuse), à l’analyse, à la chronique, la profession devient actrice de sa propre petite mort. En public, peu de journalistes l’avoueront, mais en «off»…
Tout le drame de cette situation est que pour pouvoir commencer à inverser la tendance encore faut-il accepter de voir les choses en face et de les dire… Les changements de maquette que certains titres de presse accumulent depuis quelques années ne sont que folklore. Ils ne résolvent rien. Un lecteur n’achète pas un emballage mais un contenu. L’emballage peut-être plus joli, plus séduisant mais si le contenu n’est pas davantage à la hauteur, quel intérêt…?
En résumé, peut-être serait-il temps que la profession cesse de marcher sur la tête : un journal attire des annonceurs parce qu’il a des lecteurs, eux-mêmes acheteurs d’un contenu ; si le contenu perd de sa valeur, les lecteurs partiront, suivis par les annonceurs. Or, dans le cadre d’un payant deux données doivent être prises en compte : l’existence des gratuits et l’existence de plateformes comme Google, ou Yahoo, qui reprennent en direct les dépêches d’agences. Le journalisme, pour continuer à exister en tant que tel, doit trouver un ton, un format, une pertinence que n’ont pas ces autres supports. Alors oui, parler de tout est possible et continuera à l’être si les journaux restent, pour certains, et redeviennent, pour d’autres, des journaux de journalistes. Les responsables marketing devraient aussi s’en préoccuper, parce que sans lectorat, un journal n’a pas non plus besoin de commerciaux…
2) Dans l’absolu, non, à l’exception, peut-être, de ce qui touche à la vie privée et à la dignité. Mais la frontière est poreuse. Prenons simplement l’exemple de Cécilia Sarkozy : sa récente séparation d’avec son époux est une information en ce sens où, en divorçant, elle se refuse à entrer dans les habits de première Dame de France. Sa vie actuelle (et notamment sentimentale), par contre, ne regarde a priori personne d’autre qu’elle, à l’exception, peut-être, de ce qui pourrait relever de sujets relatifs à de quelconques dépenses publiques (protection policière eu égard à son statut, etc.). En résumé, il n’y a pas de réponse toute faite à cette question.
3) Faisons court : l’objectivité journalistique n’existe pas. Le choix d’un sujet, d’un angle, d’un interlocuteur est par définition subjectif. Dire l’inverse relèverait de l’imposture. La définition que donne un John Paul Lepers de sa fonction me paraît en ce sens pertinente : «subjectif mais honnête». Subjectif pour les raisons à l’instant évoquées. Honnête, parce qu’une histoire repose sur des faits qui doivent être vérifiés, placés à leur juste place dans le récit. Que la parole des principaux acteurs d’un dossier doit également être entendue et retranscrite.
Après, la question des convictions personnelles relève d’un débat éditorial de type «journalisme purement factuel versus ‘story telling’», mode narratif intégrant généralement le regard de l’auteur. Pour prendre une anecdote, mon premier rédacteur en chef – un Suédois (donc de culture journalistique différente) - m’avait demandé un jour d’écrire un article sur une rencontre impliquant Chirac et Schröder. Son idée : «Tu les mets en scène, tu les fais parler via leurs propos déjà repris par les dépêches d’agences». L’objet de mon refus : la sensation qu’en faisant cela je franchissais une frontière que je ne voulais pas franchir : mon rôle n’était pas de créer une information, de faire semblant d’avoir été sur place, témoin de la scène. Cette ligne – rouge – je ne la franchirais pas davantage aujourd’hui. Par contre, dans l’esprit, cette anecdote m’a fait, avec le recul, prendre conscience d’une chose (que ce rédacteur en chef avait peut-être alors voulu très maladroitement m’expliquer) : le rôle d’un journaliste, tel que je le conçois du moins, est de raconter une histoire, reposant sur des faits vérifiés. Il est les yeux, les oreilles – parfois même la voix - privilégiés du lecteur. Il est «story teller» parce qu’informer est bien plus que «remplir des blancs entre les annonces publicitaires». Un journaliste est responsable envers les témoins d’une scène qu’il rencontre mais aussi envers ses lecteurs. Il doit vérifier les contours de l’histoire, confronter les informations mais aussi «poser le décor», faire part de gestuelles, de regards qui peuvent avoir une influence sur le récit et la compréhension de l’affaire sur laquelle il travaille. Il doit «faire entrer» le lecteur dans le récit.
Cette manière de voir, sinon de comprendre le journalisme est peut-être bien plus anglo-saxonne que francophone mais elle est à mon sens la seule voie de sortie possible dans cette lourde période de transition que vit la profession. Persévérer dans le factuel n’a pas de sens à l’heure où toutes les dépêches d’agences sont déjà sur Internet. Par contre, remettre l’humain au cœur du récit, qui mieux qu’un journaliste – ou un blogueur – j’y reviendrai - peut le faire…?
4) J’en pense qu’il s’agit là d’un faux débat. Si le passage par une école de journalisme ou la détention de la carte de presse faisaient la qualité d’un journaliste cela se saurait. Le phénomène de «journalisme citoyen» est inévitable et salutaire. Inévitable parce qu’il est en grande partie une réaction saine à la crise éditoriale que traverse la profession. Salutaire parce qu’elle pousse cette même profession – du moins celle qui accepte d’ouvrir les yeux sur sa réalité – à se remettre en question. Comme me l’a fait remarquer Nicolas Voisin (blogueur auteur du Politic-show, contacté par téléphone pour l’occasion), la question est elle-même étrange dans sa présentation : «Où veulent-ils en venir à ton club de la presse ? Entre liberté d’expression et information’, comme si l’un ne pouvait aller avec l’autre, comme s’il existait un état intermédiaire…».
Le journalisme citoyen permettra sans doute à terme – un terme court, d’ailleurs – aux journalistes de réinvestir le terrain. Le petit virage technologique qu’a récemment pris Reuters est intéressant de ce point vue : une partie de la rédaction – les «mojo», ou mobile journalists – vient d’être équipée d’un équipement comprenant un téléphone portable intégrant un appareil photo de 5 Megapixels, d’un micro professionnel, d’un pied photographique rétractable, d’un clavier d’ordinateur pliable, et d’un chargeur de téléphone mobile à énergie solaire. Il ne s’agit à ce jour que d’une expérience mais nul doute que celle-ci se transformera en norme très prochainement, chose qu’il aurait sans doute été impensable de voir émerger – aussi rapidement – en l’absence de «concurrence» potentielle des blogs. A noter ici, les critères a priori retenus pour cette expérience : mobilité, réactivité, connectivité. Trois termes tout droit issus du «blogging» et du journalisme citoyen. Il n’est sans doute d’ailleurs pas un hasard si parmi les premiers à avoir travaillé sur un projet similaire avec ce géant de la téléphonie mobile (donc bien avant Reuters) on retrouve des personnes comme Natacha Quester-Séméones, éditrice du blog français memoire-vive.org.
Ce qu’apporte également le journalisme citoyen est un nouveau ton éditorial, où le «je» remplace souvent le «nous. Ce «je» assumé a deux incidences majeures : il participe au recentrage du journalisme factuel vers un journalisme de narration («story telling») bien plus adapté aux réalités du moment ; il permet – chose nouvelle (ment assumée) et essentielle - un dialogue régulier entre le journaliste et le lecteur, ce qui participe au rapport de confiance entre une rédaction et ses lecteurs. Il est d’ailleurs intéressant, là encore, outre les traditionnels champs de commentaires ouverts en bas des articles des grands médias écrits mais aussi audiovisuels (France24, par exemple), de commencer à voir certaines publications papier publier l’adresse mail du journaliste à côté de sa signature.
Là où l’on se trompe – par stupide réflexe corporatiste ou réelle incompréhension des mutations en cours – est que le journalisme citoyen n’est pas un signe de déperdition du journalisme mais une responsabilisation de celui-ci. Vis-à-vis de ses missions professionnelles et de son lien affectif avec un lectorat. Après, bien sûr, un certain degré d’amateurisme peut apparaître chez des journalistes citoyens, mais guère plus que dans un média traditionnel. Qui plus est, l’interaction assumée avec les lecteurs corrige d’elle-même d’éventuelles lacunes, voire un «détournement diffamant» de la liberté d’expression : les lecteurs peuvent corriger (et ne s’en privent d’ailleurs pas), par leurs propres connaissances d’un sujet, et sur la base de faits vérifiables, un article «citoyen» - même parfois en cours, via Twitter (micro-blogging). L’information, anciennement «lourde» (parce que nécessitant d’importants moyens logistiques), froide et verticale, est devenue mobile, narrative et horizontale. L’évolution n’est pas mince, et est en grande partie due à l’émergence des blogs et du «journalisme citoyen», qui n’est en fait ni plus ni moins que du journalisme, parfois – pour l’anecdote - bien meilleur que ce que l’on peut observer dans les médias dits «traditionnels». Un seul exemple : le Politic’show de Nicolas Voisin, seule véritable émission, durant la campagne des présidentielles, où les candidats ont pu prendre le temps d’exposer leur projet de société sans être pour autant ménagés par l’intervieweur. Maintenant, une dernière remarque : nul raison, non plus de sacraliser le «journalisme citoyen» : tout comme le remarque (à mon avis à juste titre) Nicolas Voisin, tout est affaire de «curseur» : le malaise éditorial et l’autocensure qui la parcourt (parce que c’est bien de cela qu’il s’agit aussi, n’en déplaise à certains adeptes de la méthode Coué ou du «dormez bien, tout va bien») favorise l’émergence d’une autre «presse» (dite ici, à tort ou à raison, «citoyenne»). Mais le «curseur» peut se déplacer à terme dans l’autre sens, en faveur de la presse dite «traditionnelle», si celle-ci regagne en pertinence et en qualité éditoriale. Si les journalistes acceptent à nouveau d’être des journalistes et de faire des journaux de journalistes.
Annexes
1/ Quelques «journaux citoyens» ou médias issus de cette mouvance
www.rue89.fr (France)
www.agoravox.fr (France)
www.centpapiers.com (Canada)
www.politicshow.fr (France)
www.europeus.org (France)
www.lemondecitoyen.fr (France)
www.ovimagazine.com (Finlande)
www.achgut.de (Allemagne)
2/ Je joins, en complément de ma réponse, le point de vue Natacha Quester-Séméones, vice présidente de Humains Associés (HA), éditrice de Memoire-vive.org.
Christophe,
Voila, une note rapide qui reprend quelques idées autour de la néthique (charte de bonne conduite sur internet) des HA (issues du travail de notre groupe de notre réflexion), on produira une synthèse de la journée néthique #2″
“Entre liberté d’expression et information, que pensez-vous du phénomène du «journalisme citoyen»?”
Le terme “journalisme citoyen” n’est pas approprié et je crois que celui d’auteur ou témoin le serait plus. Aujourd’hui encore plus qu’hier, nous avons besoin de médiateurs. Les médias évoluent, et commencent à utiliser non plus seulement les contenus de certains blogueurs, mais du contenu personnel riche venant des internautes.
Ils apprennent à “écouter”, à reprendre des éléments de témoignage, des documents textuels, sonores, vidéos ou photos. Encore faut-il que cela soit fait avec une certaine éthique. La défiance envers les médias, envers les politiques est un défi à relever. Les citoyens-lecteurs-auditeurs-spectateurs ne se contentent plus d’une parole qui vient du haut et qui s’impose à eux. Ils veulent être entendus, parfois contribuer quand ils ont quelque chose à dire et qu’ils ont le temps de le faire. Cela n’est pas toujours intéressant ou pertinent, mais c’est une prise de parole qui correspond à un besoin, peut-être une frustration née de la télévision.
Le journaliste doit à présent trier, repérer les sources (qu’est-ce qu’une source aujourd’hui ?), et donner des gages aussi aux citoyens sur son indépendance. Cela conduira peut-être à redéfinir la déontologie journalistique à l’heure des nouveaux médias pour renouer avec la confiance. Avec l’intégration des commentaires, un journaliste peut être corrigé par ses lecteurs, et il doit modifier ses papiers en cas d’erreurs factuelles manifestes. Il doit également faire comprendre ce que c’est que son travail (on ne peut “s’autoproclamer” journaliste), et repousser les pressions qui pourraient venir du marketing. La frontière entre information, divertissement et marketing n’a peut-être jamais été aussi tenue. Le journaliste doit peut-être devenir plus humble et accepter, comme bien d’autres professions, de se remettre en question.
Ce que l’on a appelé le “Journalisme citoyen” a peut-être su appuyer là où cela faisait mal, osé formuler un malaise croissant, en France en particulier. Il a été aussi parfois caricatural (”les journalistes sont morts”) et bien souvent décevant en France où les blogueurs se copient beaucoup, polémiquent, et s’amusent des rumeurs. L’Internet paraît être un “média libre” et cela nourrit aussi une forme de fantasme.
Les journalistes doivent pouvoir être formés aujourd’hui à utiliser l’Internet et les outils Web 2 pour leur travail. S’ils ne le font pas, ils seront dépassés, et ringardisés par les internautes, notamment les jeunes qui ne comprennent déjà plus certains des repères culturels de leur aîné.
Le mouvement néthique impulsé par Les Humains Associés (300 blogs et sites officiels de partis politiques) s’attache notamment à poser des questions sur les sources d’aujourd’hui (est-ce que Wikipédia peut être considéré comme une source ? Tel ou tel blogueur ?, etc.), et à rappeler qu’il ne faut pas confondre autorité et popularité. Les premières réponses de Google ne sont pas forcément “les bonnes”, ce sont les mieux indexées. Le réseau des Humains Associés pense que tout ceci requière une pédagogie, une éducation aux nouveaux médias et aux droits et devoirs du citoyen à l’heure du numérique. Nous avons abordé ces questions lors de la deuxième journée à la Cité des Sciences* avec des journalistes et des blogueurs. Et nous préparons un livre blanc de la néthique.
*Voir billet de Palpitt (citation d’Alice Autheaume / 20 minutes) : http://www.palpitt.fr/blog/index.php?post/2007/11/22/Retour-sur-la-journee-nethique-%3A-nouveaux-medias-ethique-politique-reseaux-sociaux
Et billet de Benoît Raphaël : http://benoit-raphael.blogspot.com/2007/11/la-participation-populaire-est-elle.html
Ecrit par : christophe | vendredi, 21 décembre 2007








