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jeudi, 17 janvier 2008

ENVIRONNEMENT: LA RESPONSABILITE TOTAL

5a5778736bfae98929208725e2681bbe.jpgDans le verdict rendu hier, la question à laquelle la justice répond enfin est celle de la responsabilité en cas de dégât sur l’environnement.Qu’on le regrette ou non, nous vivons dans une société qui donne une valeur commerciale à tout. C’est sur cette base que la justice a pu, jusqu’à aujourd’hui, exiger des réparations financières en cas de dégradations des biens. La nature, sauf pour ceux qui cherchent à la breveter, n’avait pas de valeur en soi… jusqu’à hier.


Grâce au procès de l’Erika enfin, la nature détruite doit faire l’objet d’une réparation financière… Ce seront les associations et organisations gestionnaires de la nature qui en seront bénéficiaires… et quoi de plus juste quand on sait les sommes importantes qu’elles ont dépensées pour sauver ce qu’ils ont pu des oiseaux mazoutés et pour nettoyer les plages souillées.
 

Le droit français ouvre la voie de la jurisprudence dans la définition de la responsabilité environnementale des auteurs de dégradations. Comme le disait Allain Bougrain-Dubourg, c’est une belle manière d’entrer dans le XXIe siècle. L’humanité évolue enfin dans un sens de responsabilité non plus seulement envers elle-même mais également envers son environnement.

Reste la pingrerie et le cynisme de ces multinationales telle que Total qui ose envisager de faire appel de la décision. On ne s’en étonnera pas, mais le politique a son mot à dire car l’Etat, actionnaire majoritaire de Total, doit demander à cette société dont elle est actionnaire majoritaire, de renoncer à l’appel qu’elle envisage de faire dans ce procès.

 

Reste également que la somme qui sera versée, près de 200 millions d’euros, est loin de réparer l’irréparable.Cette somme n’est rien rapportée aux 400 Km de côtés souillées, aux dizaines de milliers d’oiseaux morts, sans parler de toutes les autres espèces marines. Elle n’est rien enfin au regard des 150 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel de Total.

 

Mais ce qu’implique ce procès, c’est l’estimation du vivant. Un large travail scientifique doit maintenant s’engager pour établir le prix à payer lors des dégradations de l’environnement. Comptons sur l’anticipation des « pollueurs » et de leurs assureurs qui, après ce procès de l’Erika qui fera date, prendront enfin bien plus de précautions… et plus le montant estimé de la nature sera élevé, plus l’inconséquence reculera.

 

Bref, avec le procès de l’Erika, la direction prise est heureuse : il sera progressivement plus coûteux de ne pas polluer que de polluer!

 

Yann Wehrling est ancien secrétaire national des Verts (France)

Commentaires

enfin une bonne nouvelle en provenance de France.

Ecrit par : unionsbuerger | jeudi, 17 janvier 2008

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