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mardi, 19 février 2008

KOSOVO: LA COURSE A LA RECONNAISSANCE

70b6ebbba2e3928632f70f073b65fc6c.jpgDès lundi soir, la Turquie, la Grande-Bretagne et la France, dans l’ordre, ont formellement établi des relations diplomatiques avec le nouvel État. «J’ai l’honneur de vous informer que la France, en plein accord avec la déclaration de l’Union européenne et tirant les conséquences de la résolution adoptée par  l’Assemblée du Kosovo du 17 février 2008, reconnaît dès à présent le Kosovo comme un État souverain et indépendant», a ainsi écrit Nicolas Sarkozy à son homologue kosovar, le Président Fatmir Sejdiu.


Au cours de la réunion des ministres des Affaires étrangères des Vingt-sept, hier (photo: Bernard Kouchner par Thierry Monasse), les pays les plus réticents n’ont cependant pas levé leurs objections. Sauf, dans la soirée, la Bulgarie, «par solidarité avec nos partenaires de l’Union européenne». Sofia, il faut le saluer, a donc accepté de jouer le jeu européen, à la différence de l’Espagne (contrainte sans doute aussi par son agenda électoral), de Chypre – soutenue par la Grèce —, de la Roumanie et de la Slovaquie, des pays comptant de fortes minorités nationales. L’Union est donc certes «divisée», mais les dégâts sont très limités, 22 États membres sur 27 ayant décidé de reconnaître le nouvel État et aucun ne s’opposant à son administration directe par Bruxelles (lire mon article dans Libération). Surtout, tous les grands, hormis Madrid, sont dans le même camp.

Évidemment, à Belgrade, on prend très mal la sécession de l’ancienne province serbe. Le Parlement de Belgrade a «annulé», lundi soir, à l’unanimité, la déclaration d’indépendance du Kosovo qui « viole la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République de Serbie ». À l’ONU, toujours lundi, le président serbe Boris Tadic, tout juste réélu, a dénoncé « cette décision arbitraire » qui « causera un dommage irréparable à l’ordre international ». Appuyant là où cela fait mal, il a mis en garde les membres du Conseil de sécurité :«Il y a des dizaines d’autres Kosovo à travers le monde qui attendent que l’acte de sécession de celui-ci devienne réalité et établisse une norme acceptable». «Je vous avertis très sérieusement du danger d’escalade de nombreux conflits existants, du réveil de conflits dormants et de l’instigation de nouveaux conflits».

 

Le gouvernement serbe a, par mesure de rétorsion, rappelé ses ambassadeurs à Washington, Ankara, Paris et Londres. Un mouvement de mauvaise humeur qui ne devrait pas durer sauf, pour la Serbie, à jouer l’isolement total, la Russie n’étant pas une alternative crédible. Comme l’expliquait un diplomate européen, « ces hurlements de douleur sont normaux : la Serbie est amputée d’une partie de son territoire et ça fait mal. Mais cela va se calmer et les choses rentreront dans l’ordre ».

 

Jean Quatremer est journaliste 

Commentaires

Faut arreter d'être naif
Comme ils ont été les premiers en 50 ans à recommencer avec la guerre sur sol européen, et ce quelles qu'en soient les raisons - fondées ou odieuses n'est pas la question -, faut pas s'étonner que le gros des populations européennes, qui justement espéraient avoir définitivement tourné la page de la guerre en Europe après 39-45, et encore plus avec la fin du bloc communiste, ne les voient pas d'un bon oeil, et n'en aient rien à cirer qu'ils perdent pour de bon une province qu'ils avaient déjà perdue par les armes il y a 10 ans et où ils représentent même pas 15% de la population.
Oui, c'est cynique comme vision, mais d'une manière générale l'Europe ne pleurera pas sur leur sort et tend plutôt à penser que c'est bien fait pour eux et qu'ils n'avaient qu'à pas tirer les premiers.

Les représailles russes par contre risquent d'être intéressantes. Heureusement que l'hiver touche à sa fin, parce que le prix du gaz et du mazout risquent de prendre l'ascenseur :D

Ecrit par : anonyme | mercredi, 20 février 2008

La France est le 4eme pays a avoir reconnu l Etat Nationaliste du Kosovo apres les USA, l' Afgahnistan et la Turquie. L idée europeenne devait faire sauter les barrieres. Les hommes politiques europeens en créent de nouvelles. Pourquoi ne pas accepter maintenant les exigences des Serbes bosniaques, des Basques et des Flamands ?

Ecrit par : marc | mercredi, 20 février 2008

Cette question divise l Union Européenne.
Elle éloigne les Européen d' une Europe multiculturelle.
Une large minorité des Etats Europeens dont l Espagne, la Grece refuse le reveil des nationalismes.

Ecrit par : unionsbuerger.de | mercredi, 20 février 2008

Les démocrates serbes se réunissent aujourd' hui dans une grande manifestation contre la sessession des nationalistes albanais au Kosovo. Ce sont les memes qui ont chasses Milocevic du pouvoir. Selon un sondage du Figaro 53 % des Francais soutiennent ce mouvement démocratiques.

Ecrit par : Pat | jeudi, 21 février 2008

ils se sont comportés comme de fachos en Croatie, en Bosnie et au Kosovo, ont fini par s'en prendre plein la tronche à raison, et ont tout perdu il y a plus de 10 ans.
Faut pas qu'ils reviennent pleurer maintenant, hein :p

Ecrit par : anonyme | jeudi, 21 février 2008

Apres les Albanais du Kosovo, ce sont les Serbes de Bosnie qui menacent de faire Sessession.
Il est grand temps que les Pays occientaux reviennent à la table de négociation avec les DFémocrates Serbes.

Ecrit par : Pat | vendredi, 22 février 2008

Pat, j'ai toujours un sentiment bizarre quand je vois des manifestations de masse dans les pays de l'est, lorsque des "manifestants" sont amenés gratuitement en car depuis tout le pays, lorsque les étudiants et élèves n'ont pas cours pour aller manifester et quand on regarde ce qui se passe actuellement à Belgrade, avec la mise à feu des ambassades occidentales, j'ai un peu du mal à considérer cela "un mouvement démocratique". Si les casseurs de Belgrade représentent réellement la nouvelle démocratie serbe, je ne vois pas pourquoi les états occidentaux devraient se mettre à négocier avec les démocrates serbes. Négocier quoi ? Le bail pour un nouveau batiment d'ambassade ou une meilleure protection de la qualité extra-territoriale des ambassades par la police serbe qui a attendu 2 heures avant de se montrer pour la première fois? J'ai du mal à croire que 53 % des Français soient vraiment favorables à ces nouvelles éruptions de violence...

Ecrit par : Kai | vendredi, 22 février 2008

Il ne faut pas oublier que ce sont les Serbes qui ont chassé Milocevic.
Il faut respecter ses interlocuteurs. En approuvant la sessession du Kosovo, la Majorité des Etats de l UE ne la respecte pas. Sauf une minorité dont la Grece et l ' Espagne respecte la tradition europeenne de non remise en cause des frontières.

Ecrit par : Pat | dimanche, 24 février 2008

Oui, c'est clair - la Serbie défenseur des valeurs démocratique, respectueuse des frontières et des droits de l'homme. En Bosnie-Herzégovine, après une "épuration ethnique" et des camps de viol, en en rit encore. Jaune.

Ecrit par : Kai | dimanche, 24 février 2008

Il n' est pas question de dédouaner Milocevic, mais les démocrates serbes.
A ma connaissance Milocevic a été remis au Tribunal par les autorites serbes.

La tragédie yougoslave est une tragedie européenne.
Avec la reconnaissance des Nationalismes Slovenes, Croates et Albanais,
c' est le multiculturalisme Europeen qui a ete remis en cause.

En ce qui concerne la Bosnie a été attaquée aussi bien par les nationalistes croates que le nationalistes serbes.

Ecrit par : Pat | dimanche, 24 février 2008

L'indépendance du Kosovo est une nouvelle avancée vers la redistribution des pôles dans l'Union Européenne. Une vision concise et lucide de la situation sur http://reveillerleurope.com/blog/2008/02/20/kosovo-l%e2%80%99europe-au-pied-du-mur/ , article écrit par des penseurs et d'excellents vulgarisateurs de la question européenne. Je vous le recommande, en plus de cet excellent article !

Ecrit par : reveillerleurope | mercredi, 27 février 2008

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