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mercredi, 05 novembre 2008

ELECTIONS AMERICAINES: YES WE CAN... ESPERER

704f77d640fb45b023677b09f679e32e.jpg66% de participation, 52% à Obama, une victoire très large, tant en terme de grands électeurs que de voix gagnées. Et que dire? Ce peuple de gros beaufs qui se gavent de hamburgers à longueur de journée ne serait-il pas vraiment celui qu'on pensait être? L'élection de Barack Obama nous surprend: voyons, l'homme est noir, il n'a jamais polarisé la campagne, ni insisté trop violemment sur une identité. Il s'est fait l'incarnation du melting pot, du pragmatisme teinté de "Yes we can" réformiste qui va bien. C'est en cela l'inverse des deux précédentes victoires de la présidentielle américaine, qui ont vu le triomphe du conservatisme exacerbé, et les questions des moeurs et de la religion très présentes dans le débat public. Question de conjoncture en grande partie, la campagne s'est faite sur des questions de fond, sur une vision nouvelle de la société. Obama c'est le choix d'une plus grande activité de l'Etat dans l'économie et le modèle social. C'est le refus de "l'autorégulation". Et l'inspiration, globalement, d'un modèle qui fait la force de l'Europe dans un monde globalisé qui partage le système capitaliste: l'économie sociale de marché.


La question s'est faite, en toile de fond, sur une question d'image. L'élection était attendue partout dans le monde. De La Paz à Djakarta, en passant par Paris, Berlin, Jérusalem, Nairobi... le monde avait les yeux rivés sur les électeurs américains. Je n'étais pas aux Etats-Unis, je n'ai aucune idée de la présence de cet état de fait dans les journaux américains qui font l'opinion des électeurs. Mais je vois dans une telle mobilisation et dans un choix si unanime comme un message lancé au monde: "on en a fini avec l'espèce d'obscurantisme de ces huit dernières années. Nous avons envie de vous faire retrouver le visage généreux des Etats-Unis, que vous aviez oublié, dont nous avons besoin".

 

En cela, cette élection s'apparente à celle de Franklin Delano Roosevelt en 1932. Après la présidence de Wilson, achevée en 1920 par un désavoeu humiliant du Sénat sur la participation des Etats-Unis à la SDN, le pays est entré dans une longue période de fermeture au monde. Et a changé assez radicalement de cap avec l'élection de 1932. La référence au "New Deal" par Barroso dans ses félicitations à Barack Obama est ainsi assez juste, de mon point de vue.

 

A cette envie de redémarrer sur de nouvelles bases, s'ajoute la sensation que ce que les électeurs américains ont voulu montrer, c'est tout simplement un autre visage de l'Amérique. Un visage cultivé par Hollywood, celui des films comme "Collision", ou "Bobby". Ce pays de mélanges aspirant les cultures dans une grande lessiveuse et qui en produit quelque chose de particulier: le melting pot. L'inverse du tout hégémonique, de la culture unique de la période Bush: unilatéralisme en diplomatie, conservation des intérêts seuls des Etats-Unis, refus de reconsidérer l'impératif environnemental... Les Etats-Unis en 2008, différemment qu'en 1932, sortent de leur isolement.

 

Nouveau départ. La présidence d'Obama n'aura pas les moyens de radicalement changer le système américain en profondeur. Il n'en a pas les moyens financiers, et se heurtera vite à des contradictions entre son souci de discipline budgétaire et son plan de réforme du système social. Elle incarne néanmoins un nouveau départ, dans le sens où enfin, l'Amérique va incarner une globalisation positive. Jusqu'à présent, l'Europe a eu le beau rôle sur la scène internationale sur des sujets alarmants comme la régulation économique et financière, la redistribution des richesses, le souci du réchauffement climatique, l'utilisation pacifique du pouvoir. Beau rôle accentué par la surdité de l'administration Bush.

 

Désormais, on peut espérer que Barack Obama va incarner un pouvoir américain plus positif, et moins caricatural. Sur certains sujets, McCain l'aurait d'ailleurs sans doute lui même incarné. Par exemple, sur le climat et la signature du Protocole de Kyoto: Barack Obama promet un plan de réduction des gaz à effet de serre de 80% pour 2050. Pour le premier pollueur mondial, c'est un engagement à la hauteur de l'exemplarité que l'Europe a essayé d'inspirer.

 

Concernant la diplomatie, Barack Obama semble vouloir démontrer un repositionnement vers l'écoute, le dialogue, et le respect des institutions internationales. Le multilatéralisme semble devenir le credo de la géopolitique désormais. Comment imaginer que les tensions puissent demeurer si fortes si l'acteur principal de la diplomatie mondial devient inclusif?

 

Concernant la régulation économique et financière, l'Europe et l'Asie trouvent un demi-allié. Obama est certainement convaincu de la nécessité d'un outil de régulation de la prise de risque financière qui puisse être pris au sérieux (le FMI), aura-t-il le pouvoir politique d'imposer un système de régulation national, et aura-t-il l'envie de faire du FMI un instrument contraignant alors qu'il tentera une politique de relance de l'économie?

 

Qu'en sera-t-il du codéveloppement? L'administration Bush a indéniablement beaucoup avancé dans ce domaine de l'aide directe au développement. L'administration Obama avancera-t-elle dans la réforme des échanges mondiaux qui permettraient aux PED de construire et solidifier leurs industries?

 

Quoiqu'il en soit, on mesure aussi maintenant le peu de temps qu'un mandat de quatre ans laisse pour permettre de porter des réformes. Ce que Obama a entamé, et qui a une véritable durée, reste le changement de perception que les Américains ont d'eux-mêmes. L'ouverture d'un pays où la quasi totalité des informations est nationale, et qui ne se sent pas concerné par le reste du monde. C'est un changement de paradygme dont l'élection d'Obama est le premier effet, après deux ans de campagne et de présence dans les médias et le quotidien des citoyens américains.

 

Mais en attendant... Il ne faut pas trop s'attendre à un brusque changement de ton, plus certainement concernant la politique économique et financière. Le sommet du G20 du 15 novembre auquel assistera le 44e président des Etats-Unis Barack Obama ne débouchera vraisemblablement sur rien de bien concret. Il faudra encore attendre quelques mois pour que la matière à réflexion soit assez travaillée pour obtenir un accord au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement.

 

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Sur un tout autre plan, la palme de la déclaration à la con à l'inénarable Roger Karoutchi, qui semble encore croire en ses chances de mener l'UMP aux régionales d'Île de France: "La victoire d'Obama est celle de la rupture. En cela, elle rappelle celle de Nicolas Sarkozy en mai 2007"...

 

Pierre Catalan est blogueur

Commentaires

BILD titre en Englisch-Deutsch:

"Yes we can Freunde sein"

www.bild.de

Ecrit par : unionsbuerger | jeudi, 06 novembre 2008

l'impossible est devenue possible,un noir à la Maison Blanche qui aurais crut ça,je souhaite au president OBAMA plein de succés et j'espere que l'Afrique beneficieras de cette victoire et surtout la RDC.envoyer moi svp toute les info concernant ces election sur mon e-mail

Ecrit par : gisel malilo | vendredi, 07 novembre 2008

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