mercredi, 02 mai 2007
L’EUROPE AU CŒUR DU DUEL ROYAL-SARKOZY
Et si la grande oubliée du premier tour, le sujet par excellence tabou depuis le 29 mai 2005, s’immisçait contre toute attente au cœur du duel qui opposera ce soir Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Non que les deux postulants à l’Elysée aient envie de faire de l’Europe l’enjeu de la soirée, mais que nécessité fasse loi pour séduire un électeur bayrouiste qui fait de «la préparation de l’avenir de l’Europe» le facteur déterminant de son choix présidentiel (sondage LH2 du 24 avril).
09:22 Publié dans GUILLAUME KLOSSA , POLITIQUE , RELATIONS INTER INSTITUTIONNELLES | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : débat royal sarkozy, europe, france, présidentielles, guillaume klossa, europeus.org
jeudi, 30 mars 2006
POLITIQUE ENERGETIQUE COMMUNE, LE GAG
Après la PAC, la PEC ? Pas sûr, du moins pas tout de suite. Certes, les Européens sont conscients du défi énergétique commun auquel ils sont confrontés : les réserves pétrolières s'épuisent à grande vitesse, le monde vit depuis 3 ans un nouveau choc pétrolier, le cours de l'or noir a quadruplé depuis le début du millénaire et cela ne fait que commencer. La guerre gazière entre la Russie et l'Ukraine a rappelé aux 25 la dure réalité : l'Union européenne dépend pour la moitié de son approvisionnement en énergie du reste du monde et est donc soumise aux aléas de la géopolitique mondiale. Que Moscou décide d'interrompre ses livraisons de gaz à Kiev et voilà que la moitié des pays de l'Union subit des problèmes d'approvisionnement en plein hiver ! D'où l'ébauche d'une politique énergétique commune à l'occasion du traditionnel Conseil européen de printemps qui a réuni dans la capitale communautaire les 25 chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union les 23 et 24 mars derniers. Au coeur de cette stratégie européenne, deux idées clefs : créer un véritable marché européen de l'énergie reposant sur une coordination des politiques nationales, s'adresser d’«une seule voix» à nos principaux fournisseurs et en particulier à la Russie, l'Algérie et la Norvège qui fourniront à l'horizon 2030 80 % du gaz consommé au sein de l'Union contre 50 % seulement aujourd'hui. Seulement voilà, les moyens ne sont pas à la hauteur des ambitions.
A quoi bon un marché européen de l'énergie si, comme les Allemands, on n'est pas prêt à donner plus de compétences à l'Union en matière énergétique, si comme les Français et les Espagnols, on pense plus à créer des champions nationaux que de véritables géants européens ? Et puis, comment parler d'une seule voix sur un sujet aussi vital que l'énergie au coeur des relations entre puissances sans se doter d'une véritable politique étrangère commune ? L'autre question fondamentale restée sans réponse, c'est le contenu de cette politique : quelle stratégie d'approvisionnement, quelle place pour le nucléaire et les énergies renouvelables, quels investissements en matière de recherche et développement ? Pour parler franchement, les Européens ne sont pas encore prêts y à répondre. La question nucléaire reste tabou dans nombre de pays européens - même si le débat est ouvert à nouveau en Allemagne, en Italie ou en Finlande - et surtout personne n'est prêt à mettre un centime d'euro de plus dans le budget communautaire. D'un point de vue médical, cela s'appelle de la schizophrénie. Il faudra sans doute un autre choc, peut-être une OPA du russe GAZPROM ou d'un géant chinois sur Total ou British Petroleum pour que les Européens mettent enfin leurs actes en conformité avec leurs paroles.
Guillaume Klossa est président d'EuropaNova
12:04 Publié dans ECONOMIE , GUILLAUME KLOSSA | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : Europe
mercredi, 22 février 2006
LA DIRECTIVE BOLKESTEIN : BEAUCOUP D’HYPOCRISIE !
Ça y est, le Parlement européen a adopté, la semaine dernière, à une large majorité ses recommandations relatives au projet de «directive services», dite Bolkestein. Le projet présenté comme diabolique pendant le débat français sur la Constitution européenne n’a plus grand chose à voir avec la mouture initiale. Le polémique principe du pays d’origine qui devait offrir aux à des travailleurs de l’Union le bénéfice de leur législation nationale – fût-elle plus ou moins avantageuse - lors de courts déplacements professionnels, a été supprimé. En revanche le principe de libre circulation des services est affirmé et les Etats pourront faire appliquer leur législation nationale en matière de droit du travail, de sécurité, d’environnement et d’ordre public aux travailleurs venant effectuer une activité même à titre temporaire sur le territoire. La crainte de dumping social émanant des nouveaux Etats-membres de l’Est, la peur du plombier polonais, n’ont donc plus lieu d’être. Qui plus est, les Services Publics non marchands sont exclus ainsi que nombre de services publics marchands, a priori à la plus grande satisfaction des socialistes français…
En réalité, ce projet est l’un des seuls qui, en l’état actuel de l’Union, puisse permettre d’accélérer la croissance et créer des emplois, bien plus que le CPE ou toute mesure nationale. L’enjeu est simple, les services représentent 70 % de l’activité économique de l’Union européenne, l’essentiel des emplois nouveaux créés en Europe le sont par des PME. Or, aujourd’hui, le développement de ces entreprises est freiné par la petite taille des marchés nationaux et les nombreuses entraves bureaucratiques nationales qui compliquent la fourniture de services au sein du marché intérieur européen. Difficile dans ces conditions de rivaliser avec ses concurrents américains ou indiens qui bénéficient d’immenses marchés nationaux ! C’est l’une des raisons qui explique que les PME innovantes européennes ont beaucoup de mal à se transformer en une ou deux décennies en leaders mondiaux à l’instar de Microsoft ou de Google.
Dans ces conditions, comment expliquer l’opposition des socialistes français au projet ? Démagogie pure et simple. Les députés européens du PS ont été à l’initiative des principaux amendements qu’ils ont votés d’une seule voix. C’est une socialiste européenne allemande, Evelyne Gebhardt, qui n’est pas pour parler franchement une libérale pur sucre, qui a été le rapporteur de ce texte. Et le groupe du Parti Socialiste Européen au Parlement qui comprend le PS français, s’est prononcé en faveur du projet. Deux députés socialistes, Rocard et Savary ont préféré ne pas prendre pas part à la mascarade. L’un a voté pour, l’autre s’est abstenu. En réalité, le PS, qui doit faire l’union sacrée autour de son candidat au deuxième tour de l’élection présidentielle, reste l’otage de ses partenaires communistes et verts. Voter oui aurait constitué un casus belli pour 2007. Le plus drôle dans l’affaire, c’est qu’en votant non, le PS se retrouve sur la même ligne que les libéraux britanniques qui trouvent ce texte décidément trop peu libéral à leur goût!
Que retenir de cette affaire si ce n’est la transparence et le véritable pouvoir d’amendement du Parlement européen, qui n’est pas, comme certains parlements nationaux, une simple chambre d’enregistrement des décisions de l’exécutif ! Son influence, également, sur la Commission européenne, qui s’est engagée à se conformer aux décisions de l’assemblée strasbourgeoise ! La démocratie européenne avance et elle fonctionne souvent mieux que les démocraties nationales. A bon entendeur…
Guillaume Klossa est président d’EuropaNova
03:53 Publié dans ECONOMIE , GUILLAUME KLOSSA | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe
vendredi, 10 février 2006
TOUS DANOIS, TOUS MUSULMANS
La publication de caricatures du prophète Mahomet, en particulier celle le représentant avec un turban en forme de bombe, a heurté la communauté musulmane. C’est certain et c’est complètement inopportun. Aussi, je partage l’opinion de ceux qui pensent que ce dernier dessin prête à confusion et que tout bon rédacteur en chef de journal de pays occidental aurait dû refuser de le publier. Il n’en reste pas moins vrai que la liberté de la presse et plus largement la liberté d’expression et de critique sont des droits fondamentaux qu’on ne peut restreindre a priori sauf à promouvoir le politiquement correct et remettre en cause la démocratie. S’il y a excès et notamment incitation au racisme, il appartient au juge de sanctionner les fautifs. Au Danemark, en France, la justice a été saisie à l‘encontre de journaux ayant publié les caricatures. Elle doit faire son travail dans la sérénité. Les appels à la vindicte populaire lancés par quelques uns contre le Danemark – pays où les caricatures ont été publiées la première fois le 30 septembre dernier- sont par conséquent inacceptables. On ne répond pas à la bêtise par la violence, à l’amalgame par l’amalgame. Notre responsabilité et notre honneur en tant que citoyen, enseignant, responsable associatif, politique, journaliste, c’est de lutter contre les amalgames. Or dans cette affaire, ils sont trop nombreux :
1/ entre les caricatures du prophètes Mahomet qui ne sont pas choquantes en soi et certaines des caricatures publiées qui peuvent être regardées comme insultantes.
2/ entre le Danemark et le quotidien danois à l’origine de la polémique. Les Danois ne sont pas responsables ni solidaires des caricatures publiées de la même manière que les citoyens musulmans ne sont responsables ni de la corruption et ni de l’incompétence de certains de leurs dirigeants.
3/ entre l’Islam et l’Islamisme. Le prophète Mahomet caricaturé de son vivant dans des poèmes a toujours refusé l’usage de la violence à l’encontre de ses moqueurs. En revanche, les leaders d’opinion islamistes qui détournent à propos le Coran, le font à des fins politiques. L’enjeu, c’est le pouvoir au sein de pays musulmans au bord de l’implosion sociale, c’est la prise de pouvoir au sein des communautés musulmanes installées dans les démocraties occidentales.
4/ une crise et un choc des civilisations. Parler en l’espèce de choc de civilisation, c’est sous-estimer l’existence d’une société civile hostile à la violence et en quête de tolérance et de liberté, c’est oublier les dizaines d’éditorialistes qui, en Algérie, en Jordanie, en Turquie, en Egypte…, appellent à la raison, à la mesure, à la compréhension de la culture de l’autre. C’est nier le combat entre un Islam moderniste qui fait le pari de la modernité et un Islam radical et obscurantiste.
Notre premier devoir, c’est donc la solidarité avec tous ceux qui font dans cette affaire l’objet d’amalgames faciles et scandaleux et en premier lieu les Danois et les Musulmans. Aujourd’hui, nous sommes tous un peu danois et musulmans !
Guillaume Klossa est président de Europanova
20:19 Publié dans CULTURES & RELIGIONS , GUILLAUME KLOSSA | Lien permanent | Commentaires (35) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe








