jeudi, 22 février 2007

QUELQUES REFLEXIONS SUR LA CAMPAGNE PRESIDENTIELLE FRANCAISE

medium_PAR_JOSE_PERES_BAPTISTA.2.jpgJ’ai toujours estimé que la médiocrité de la campagne présidentielle de 2002 résidait dans le fait que les candidats avaient mené une compagne législative et non présidentielle. En effet, avec un électorat majoritairement tenté par l’alternance depuis plusieurs décennies, élaborer un programme à vocation intérieure relève au mieux de la naïveté, au pire du coup de poker électoral. Qui peut garantir l’exécution d’un tel programme en sachant que ce sera de nouveau aux Français de décider de la majorité parlementaire et que rien n’est assuré (cf la dissolution)? Cette erreur, fondamentale dans l’esprit des Français, même s’ils ne la ressentent que de façon diffuse, les deux candidats du PS et de l’UMP la commettent de nouveau. Le rôle du Président de la République, quant aux affaires intérieures, n’est pas, en France, de gouverner mais d’arbitrer. Le domaine qui lui est réservé est celui des relations internationales et il semblera évident à tout observateur de cette campagne (1) que les positions de Nicolas Sarkozy comme celles de Ségolène Royal sont à ce sujet pour le moins floues.

 

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samedi, 11 novembre 2006

SADDAM HUSSEIN : LA LOI DES ARMES ET DE LA DEMANDE

medium_PAR_JOSE_PERES_BAPTISTA.jpgLe débat sur la peine de mort ne mérite pas d’être posé. La peine de mort au sens où nous l’entendons n’a aucune mesure dans ce cas d’espèce. Tout d’abord Saddam Hussein n’est pas un criminel de droit commun, son procès est avant tout politique. Guy Sorman, dans ce billet, se réjouit de cette condamnation et s’affirme à cette occasion en partisan de cette peine capitale. Ses propos alambiqués en commentaire n’ôteront pas le malaise initié par ce billet.

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dimanche, 19 mars 2006

CPE : PROPOSITION POUR UNE SORTIE DE CRISE

En ayant eu recours à l’article 49§3 le gouvernement français aurait-il commis une grossière erreur stratégique dans le dossier «contrat première embauche» (CPE)? Nombreux sont ceux qui le pensent ou l’affirment tant le fait de faire passer un texte en force, avec l’aide d’une forte majorité parlementaire, ressemble à s’y méprendre à une forme d’autoritarisme. A dire vrai, non seulement la chose ne semblait en rien nécessaire mais elle apparaissait particulièrement déconseillée dans l’état actuel des tensions sociales que traverse la société française… Le CPE est, d’après le gouvernement Villepin, une mesure destinée à lutter contre la précarité existante et non à l’aggraver. Le constat de précarité des jeunes ne peut être ignoré, que l’on soit de gauche, de droite, centriste ou simple citoyen. Mais en ce cas, commençons par prendre en considération la dimension sociale que pourrait revêtir une telle mesure. Le parti socialiste ne s’était pas opposé au «contrat nouvelle embauche» (CNE), le Medef non plus. Aujourd’hui, le PS dénonce le CPE. Pas le Medef. Pourquoi ? Très certainement parce que l’opposition gouvernementale y voit une généralisation pure et simple de la période d’essai de deux ans aux grosses structures. Pourtant, si comme le défend le gouvernement UMP (droite), le but du CPE est de promouvoir l’emploi pourquoi ne pas prendre en compte l’ensemble des données disponibles ?

 

1/ Les zones géographiques où les situations de précarité, le chômage et la pauvreté sont les plus flagrantes sont connues : il s’agit des zones urbaines sensibles, les ZUS.

2/ Ce sont aussi les jeunes de ces zones qui ont le plus besoin de garanties et qui en ont le moins : discriminations diverses, manque de garanties financières, etc.

3/ Le CPE, d’après le gouvernement Villepin, ajoute de nouvelles garanties aux contrats existants : bancaire, logement et autres.

4/ Les employeurs potentiels de ces zones sont aussi de grandes entreprises : les enseignes de la grande distribution, par exemple.

5/ Les jeunes de ces zones sensibles seraient les plus concernés par ce type de contrat puisqu’ils sont aussi les moins qualifiés.

 

En vertu de tous ces éléments, une solution de sortie de crise serait le retrait pur et simple du CPE, compensée par l’extension exceptionnelle du CNE aux entreprises de plus de vingt salariés, ceci uniquement dans le cas des zones au plus fort taux de chômage des jeunes. Cet aménagement serait évalué sur une période de trois ans et l’on pourrait alors en tirer des enseignements remarquables. Pourquoi ? Parce que ce sont dans ces zones que le taux de chômage est le plus élevé, et une amélioration significative de la situation ne souffrirait d’aucune contestation. Parce qu’aussi, cette période de trois ans permettrait de voir si le CNE peut véritablement s’apparenter à un outil d’accompagnement des demandeurs d’emploi vers des CDI «classiques». Enfin, cela aurait le mérite de ne pas se révéler une mesure discriminante par restriction d’âge.

 

José Peres Baptista est président de la e-Cité

jeudi, 01 décembre 2005

FRANCE : LE DIVORCE DANS LA HAINE

Les causes des violences urbaines récentes sont multiples et seraient longues à traiter, je ne les traiterai donc pas ici. Cependant, ce qui est le plus frappant, le plus alarmant, c’est la volonté de leurs auteurs de s’attaquer autant aux forces de l’ordre qu’aux pompiers ou même parfois aux médecins. On pourrait dans certains cas l’interpréter comme un rejet d’une certaine classe sociale mais force est de constater que c’est loin d’être une majorité. D’autre part, outre les incendies de voitures ou de poubelles, qui constituent des “combustibles” privilégiés, il faut aussi s’interroger sur les attaques contre les biens publics que sont les écoles, les gymnases, les autobus, etc. Ces multiples cibles qui ne symbolisent malgré tout l’autorité que d’assez loin. Tous ces éléments s’apparentent plus à ce qui pourrait être assimilé à l’État au sens administratif plutôt que répressif. En effet, les habitants de ces quartiers n’ont pour image de l’État bien trop souvent que ses facettes répressives ou administratives. Ces dernières, lorsqu’elles ne sont pas assimilées à de la répression, semblent bien constituer alors pour eux le symbole d’une oppression. Il ne semble donc pas inutile de s’interroger sur le pourquoi de cette perception sur ces couches défavorisées de notre population.

 

L’Administration… Un terme vague qu’il importe de définir en fonction de cette perception. Celle-ci n’étant d’ailleurs pas si éloignée de celle que nous en avons tous au quotidien. Si cette entité tentaculaire regroupe des services publics dispensant des aides et des revenus comme les allocations elle est aussi constituée des services ayant en charge d’en reprendre : ce sont les impôts et taxes sous toutes leurs formes mais aussi la redevance télévisuelle, par exemple. Comme pour toute perception, nous retenons plus efficacement les ressentis négatifs que l’inverse, c’est le phénomène du train en retard. Pour combien de citoyens l’administration n’est-elle perçue en priorité négativement que par le simple fait de penser aux impôts ou au Trésor public ? Les habitants des quartiers difficiles vivent au quotidien une situation non seulement d’exclusion mais aussi de discrimination. L’administration française, malheureusement, n’échappe pas à cette mauvaise contribution. Par phénomène tout à fait compréhensible et naturel, les postes publics administratifs échoient à des Français disposant du niveau scolaire suffisant à réussir le concours d’admission. Or ce niveau scolaire est de plus en plus rarement atteint par les habitants de ces quartiers qui, lorsqu’ils le peuvent, n’accèdent bien souvent qu’aux postes de voirie ou de nettoyage public. Il s’ensuit un sentiment de relégation aux postes perçus comme les plus dégradants, comme pour leurs parents ou grand-parents que l’on a fait venir pour effectuer les tâches les plus ingrates. Ce sentiment les conduit à croire que l’État ne veut d’eux que pour cela puisqu’ils ne se sentent pas toujours responsables, parfois à juste titre, de leur insuffisance scolaire. Ces effets d’image sont accentués jusqu’aux services communs comme la télévision publique. Lorsqu’il s’agit de payer la redevance alors que la discrimination est flagrante sur nos écrans, comment s’étonner de l’amplification de ce phénomène ?

 

À ces discriminations qui constituent la face émergée de l’État s’ajoutent les exclusions et incompréhensions administratives. En effet, par tradition, notre administration adopte un langage hermétique, un culte du silence et du secret d’autant plus incompréhensibles pour le citoyen lambda que son niveau d’éducation est faible. Les parents immigrés ont eu les plus grandes difficultés à s’y adapter et pour beaucoup d’entre eux n’y sont jamais parvenus sans se faire aider par des assistantes sociales. En vieillissant ils s’attendaient donc légitimement à ce que leurs enfants les secondent pour toutes leurs démarches. Mais ceux-ci se retrouvent en trop grande partie en échec scolaire, d’où un sentiment d’exclusion qui est pratiquement perçu comme une fin de non-recevoir puisque de toute façon il leur faudra payer sans même parfois comprendre pourquoi. Si l’on ajoute à cela leur exclusion de la représentation politique et la perception bien réelle des corporatismes qui sont quasiment les seuls pourvoyeurs de l’État en dirigeants politiques et administratifs de haut niveau, donc les plus médiatiques et visibles, il nous faut bien comprendre que le fonctionnement de l’État induit chez eux un sentiment de discrimination d’autant plus fort qu’ils n’ont aucun moyen de se soustraire à son administration. Tous ces sentiments, ces rejets sont basés sur une ignorance du fonctionnement de nos institutions aisément compréhensible puisqu’il faut parvenir jusqu’à certaines études supérieures pour en apprendre leur fonctionnement. Il n’est pas rare, loin s’en faut, d’entendre nos adolescents, même s’ils ne font pas partie de quartiers difficiles, confondre tous les pouvoirs sous le même chapeau : police municipale ou nationale, justice, agents municipaux, élus, tout cela pour eux ne représente que bien trop souvent une seule et même forme d’autorité. Comment leur demander d’être un citoyen actif et responsable alors qu’on leur a supprimé l’instruction civique puis le service national ? Pour revenir sur cette situation, réduire ces injustices, il nous faudra non seulement repenser l’exercice politique mais aussi et surtout notre administration.

 

Nous avons peut-être perdu une partie non négligeable de notre jeunesse, il s’agit expressément aujourd’hui de passer aux actes afin de ne pas perdre la génération suivante. Nous ne pourrons nous exonérer ni de ces erreurs ni de ce mépris. Quoi que l’on pense ou dise de cette catégorie de notre population composée de ces adolescents défavorisés, elle est le miroir de notre société malade. Elle nous renvoie, collectivement, non seulement nos carences mais aussi notre manque de considération et notre mépris vis à vis de leurs parents, à qui on avait promis un avenir meilleur pour leurs enfants. Ces derniers ne savent pas ce qu’est le travail valorisant et ne connaissent pas l’État dont ils portent la nationalité. Mais pire que tout, beaucoup d’entre eux ne savent même pas ce que représente l’éducation et la culture, qu’ils qualifient parfois de “bouffonnerie”. Ayons la décence de ne pas perpétuer ces graves erreurs, il en va des valeurs mêmes de la France.

 

José Peres Baptista est président de La e-Cité

mardi, 15 novembre 2005

LES ANNEES CHIRAC : MENSONGES ET TRAHISONS

Jacques Chirac a déclaré à l’annonce du couvre-feu qu’après le retour à l’ordre les décisions qui s’imposent seront prises. L’heure étant grave et non sujette à polémique personne ne s’est encore interrogé sur ce que cela voulait dire. Effectivement, l’heure est grave mais pour cerner l’importance de l’enjeu il convient de tirer un bilan. Comment en est-on arrivé là ? Les analyses des sociologues, des experts politiques, de toutes les «grosses têtes» de nos élites ne suffisent pas à l’expliquer. Tous les médias s’appuient sur elles mais ils se sont eux-mêmes coupés des réalités tant leur imbrication avec les pouvoirs économiques et politiques est importante. Personne n’entend plus ce que dit, ce que pense, ce que ressent la France. Et contrairement à ce que peuvent penser nos dirigeants, la France ce n’est pas un gouvernement ou un président, la France c’est un peuple. Le peuple n’est ni sourd ni aveugle. Les dangers de la mondialisation comme ses enjeux, il les connaît et les pratique. Il lit, s’informe, débat, confronte ses idées. Les forums et blogs constituent autant de lieux d’échange que les élites politiques, celles qui ont bien compris où se situaient les nouvelles formes de communication, tentent d’investir. Les agoras ne sont plus sur les places mais sur la toile publique. On y trouve les archives, l’actualité et les opinions, donc largement de quoi se forger des opinions. Comment éviter de tirer un bilan sur l’action d’une personnalité centrale de notre pays depuis plus de trente ans ? Quel bilan et quels constats ?

 

Jacques Chirac et l’Europe, l’exercice du pouvoir. Les hommes politiques ne changent pas, ils peuvent varier ou assouplir leurs positions mais ne changent pas car ceux qui changent ne réussissent pas. Notre système politique est un système de réseaux d’influence et de soutiens, de partis. Qu’il en soit regrettable est un débat, mais qu’il en est ainsi est un constat. En 1978 Jacques Chirac rédigeait dans sa chambre d’hôpital (après un accident de voiture en Corrèze) l’Appel de Cochin où il dénonçait le parti de l’étranger : l’UDF de Valéry Giscard d’Estaing, alors président de la République et fervent partisan de la construction européenne. Jacques Chirac refuse déjà ce qu’il dénonce comme l’hégémonie allemande et tempête contre l’adhésion du Portugal et de l’Espagne en assurant que nous n’avions pas résolu les problèmes liés à cette intégration. Il déclara au lendemain de l’appel à Pierre Billaud, qui sera l’un de ses plus proches collaborateurs : «La France n’a pas besoin de Jacques Chirac. Elle a vécu avant lui. Elle vivra après lui. Mais aujourd’hui, je ressens profondément que mon pays est menacé dans son être : je n’ai pas le droit de me taire, quoi qu’il puisse m’en coûter. Jusqu’à présent, je le reconnais, j’ai toujours eu le souci primordial de ma carrière ; je suis prêt désormais à rendre un témoignage à tout risque… Je m’attends à une vague de défections, mais je compte bien que vous, au moins vous, vous ne m’abandonnerez pas!» (1). Bien que s’opposant au président en exercice lors de la campagne présidentielle qui suivit et que ce dernier perdit (il se consacra ensuite à l’Europe), il n’est pas élu en 1981. Les Français lui ont préféré François Mitterrand, europhile convaincu et ardent défenseur de l’unité franco-allemande. Sous la présidence de François Mitterrand le Traité de Maastricht est adopté par référendum en 1992. Les Français voient en leur président un projet européen et l’acceptent. Affirmer aujourd’hui que le peuple français est europhobe est un mensonge de la plus pure hypocrisie. Par contre, admettre que nos institutions actuelles et nos dirigeants puissent l’être serait plus juste. François Mitterrand, malade et affaibli, ne se représentera pas en 1995 et les socialistes seront doublés sur leur gauche par Jacques Chirac faisant campagne sur la réduction de la fracture sociale.

 

«Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent» : Jacques Chirac (1). Le bilan de Jacques Chirac pourrait se résumer à cette simple phrase. Alors qu’il fit campagne sur la réduction de la fracture sociale, il nous faut bien constater dix ans après qu’aucune fracture n’a été réduite, bien au contraire. La pauvreté en France s’est aggravée autant que les discriminations, les fortunes se sont concentrées et la promiscuité du pouvoir avec les élites économiques n’a jamais été aussi voyante. Le résultat est non seulement navrant en termes sociaux puisqu’il a conduit aux émeutes actuelles et à un couvre-feu, mesure inédite depuis 1955 et la guerre d’Algérie, mais aussi en termes d’image rendue. La France est décrédibilisée non seulement au sein de ses frontières mais aussi et surtout à l’étranger qui reste le domaine réservé du chef de l’État. Le traitement des émeutes par la presse étrangère en a fait un pays en proie à une guerre civile comparable à celle d’Irak. Cette impression aurait-elle eu lieu si le Président et son Premier ministre étaient sortis de leur mutisme avant le onzième jour de violences ? Mais Jacques Chirac est coutumier des mauvaises attitudes au mauvais moment. Ainsi, en 1997, alors que sa majorité est particulièrement dominante à l’Assemblée nationale et qu’il pourrait pleinement profiter de la période pour gouverner librement avec une politique dont il aurait fixé le cap, il dissout l’assise de son pouvoir et rend l’Assemblée nationale à l’opposition. En suivra une cohabitation qui conduira, entre autres, à nous vendre le piteux Traité de Nice comme une avancée considérable.

 

En 2002 Jacques Chirac fait campagne sur l’insécurité, pain bénit pour le Front National qui se retrouve logiquement au second tour. Jacques Chirac est réélu par défaut avec plus de 82% des voix. La fracture sociale n’est pas réduite mais a été contenue par le gouvernement de Lionel Jospin sous la cohabitation du mandat précédent. La police de proximité, qui aujourd’hui fait cruellement défaut selon les syndicats de la Police eux-mêmes, est accusée de laxisme et de copinage. Elle est quasiment démantelée sous la pression continue du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy. La cohésion sociale a été oubliée et, remise sur le tapis social, il est décidé que la priorité serait la lutte contre le chômage. Ainsi donc cela ne l’était plus. (Le constat est amer : entre 1995 et 2005 le pourcentage du nombre de chômeurs est quasiment identique. Les emplois jeunes ont été détruits puis rétablis, la dette publique s’est envolée et le modèle social français, habile compromis entre une économie libérale et un État providence part en lambeaux). Les maux qui pénalisent notre pays ont quasiment tous été attribués à l’Europe et à ses institutions depuis des lustres et on en arrive même aujourd’hui à appeler la Commission à l’aide pour éviter des licenciements qui ne sont en rien de son ressort. La France est pratiquement devenue le pays le plus pauvre des pays riches et l’Europe aurait selon le Président tout intérêt à intégrer la Turquie alors qu’elle souffrait si fort du Portugal et de l’Espagne en 1978. En 2005, toutes ces manoeuvres, tous ces maux non résorbés tels que le chômage, la pauvreté et la précarité contribueront à l’échec du référendum voulu par lui seul. En prenant le risque d’un coup bas politique de plus qu’il réussira, déstabiliser le Parti socialiste, il en portera un second à la construction européenne après avoir admis devant des millions de téléspectateurs qu’il ne comprenait plus la jeunesse française et les Français. Lui, le président populaire et bon vivant qui osait s’en remettre au peuple plutôt qu’à la quasi-unanimité des parlementaires qui auraient avalisé le Traité établissant une Constitution pour l’Europe. Traité porté par Valéry Giscard d’Estaing, il est vrai, le Président en exercice lors de l’Appel de Cochin…

 

Il est vrai aussi qu’avoir été réélu par le même pourcentage au deuxième tour que celui qui l’avait rejeté au premier aurait du le conduire à mener une politique neutre d’union nationale mais il a suivi tout le contraire. Après avoir réaménagé le système électoral et les dates des élections, les gouvernements peuvent poursuivre avec aveuglement une politique fortement marquée à droite sous les premiers Ministres Raffarin, usé jusqu’à la corde et aujourd’hui rangé au placard du Sénat, et Villepin, un diplomate poète n’ayant jamais eu à recourir au suffrage universel. Le Parti voulu et créé pour le Président afin de faire oublier les errements du RPR et de ses “affaires”, l’UMP, se retourne contre lui en la personne de Nicolas Sarkozy, ouvertement déclaré candidat à la prochaine présidentielle et aussi ouvertement hostile tant au Président lui-même qu’en son chef de Gouvernement. Les luttes intestines, les coups bas pleuvent et pendant ce temps là les Français grondent sans que nul ne les entende. Afin de pallier cette incessante lutte de pouvoir, la Présidence s’enferme d’autant plus dans une monarchie qui ne dit pas son nom que son cercle se resserre. Le 14 juillet, le ministre de l’Intérieur y va même de sa garden-party, lui qui «n’a pas vocation à démonter tranquillement des serrures à Versailles pendant que la France gronde.»

 

L’ambiance à l’Élysée est parfois même surréaliste, on a ainsi pu y entendre la première dame de France distiller savamment « Vous nous voyez tous les deux, le soir, devant notre petite soupe ? » (2) Serait-ce elle qui s’accrocherait plus au trône de son mari que lui ? Bien sûr, il n’est pas le seul à porter la responsabilité des crises qui traversent notre pays et il porta l’opinion populaire lors du refus de la deuxième guerre d’Irak. Mais qui, plus que lui, a eu le pouvoir d’influencer et d’exercer les politiques menées lors des dernières décennies ? Le seul moment où il a agi dans l’intérêt du peuple français serait-il justement lorsqu’il refusa d’agir ? Tout un symbole… Charles de Gaulle affirmait que « la politique la plus coûteuse, la plus ruineuse, c’est d’être petit ». La France officielle d’aujourd’hui est bien petite… Les dix-huit mois qui nous séparent de la prochaine élection présidentielle risquent de nous sembler interminables tellement les difficultés sont importantes. À moins que les décisions qui s’imposent (début de l’article) ne soient d’un ordre qui remettrait de façon anticipée au peuple français le choix de son avenir immédiat… Mais ça fait longtemps que plus personne ne croit dans les promesses de Jacques Chirac, du moins plus en France.

 

José Peres Baptista est président de La e-Cité

 

Post-scriptum : pendant que je rédigeais cet article avait lieu le Conseil des Ministres. Le compte-rendu stipule le projet de loi suivant :

 

Prorogation de l’application de la loi du 3 avril 1955

 

Le ministre d’État, ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire, a présenté un projet de loi prorogeant l’application de la loi n° 55-385 du 3 avril 1955.

A la suite des violences urbaines qui ont débuté le 27 octobre dernier et qui se sont développées avec une ampleur inquiétante sur le territoire métropolitain, il a été décidé par le décret du 8 novembre 2005 d’appliquer, à compter du 9 novembre 2005 à zéro heure, la loi n°55-385 du 3 avril 1955 instituant un état d’urgence.

La gravité et l’extension à de nombreux centres urbains de ces violences, dirigées sans distinction contre les personnes et les biens, justifiaient cette mesure. Des atteintes particulièrement graves à l’intégrité physique des citoyens ainsi qu’à celle des fonctionnaires de la police, des militaires de la gendarmerie nationale et des pompiers ou des médecins en mission ont en effet été commises.

Le décret du 8 novembre ayant une durée de validité limitée à 12 jours qui expire le 20 novembre, le projet de loi a pour objet de proroger l’état d’urgence pour une durée de trois mois à compter du 21 novembre 2005. Il est en effet nécessaire que les autorités publiques puissent, le cas échéant, recourir à des mesures prévues par la loi du 3 avril 1955 aussi longtemps que subsiste un niveau anormalement élevé d’atteintes graves à l’ordre et à la sécurité publics.

Afin de limiter au strict nécessaire la période durant laquelle le recours aux mesures particulières qu’autorise l’état d’urgence, le projet de loi ouvre la possibilité au Gouvernement d’y mettre fin par décret en conseil des ministres avant l’expiration du délai de trois mois. En ce cas, il en sera rendu compte au Parlement.

 

Décidément je ne suis vraiment pas, mais vraiment pas certain que le climat en France soit près de s’améliorer…

 

(1) Le Point du 10 mars 2005

(2) Le Point du 21 avril 2005

mardi, 08 novembre 2005

LES MEDIAS S’ARRETENT SUR LA SEMANTIQUE POUR EVITER DE S’ATTAQUER AU MENSONGE DE SARKOZY

Publié en commentaire et en réaction à un article sur publié le Big Bang Blog, mon titre ne se veut pas provocateur. Le mot «racaille» fait vendre (Google Pub) et hormis le fait qu’il fut employé par un ministre d’État, n°2 du gouvernement, n’est qu’un mot. Par ailleurs, je suis peut-être moi-même, à la lecture de certaines définitions, une racaille. Le fond du problème n’est ni le langage ni le feu aux poudres. Le fond du problème c’est l’exaspération. Nicolas Sarkozy, dont je ne juge pas ici la politique, s’est lui-même confronté à la réalité. Maire de Neuilly, président du Conseil Général des Hauts de Seine ne sont pas des fonctions de terrain fertile à la racaille. Par contre il n’a jamais hésité, en «débarquant» à grands renforts de caméras et de pelotons de CRS, dans des quartiers dits sensibles à prétendre connaître la vie de leurs habitants. Combien de fois n’a-t-il affirmé, y compris mais surtout au sein de l’hémicycle, qu’il connaissait la vie de ces gens et qu’il vivait comme eux, parlait comme eux, etc. Le fait est qu’il n’en est rien, tout le monde le sait mais personne ne le relève. Il semblerait que ce soit un axiome établi en théorème que personne n’a jamais démontré. L’axiome est invalide et les démonstrations fausses.

Si vous faites partie de mon entourage je vous donnerai le droit de me traiter de «con» parce que je vous connais. Si vous n’en faites pas partie je vous demanderai des excuses et, si vous surenchérissez, il y de gros risques que la situation s’envenime. Nicolas Sarkozy n’a jamais et ne fera jamais partie de l’entourage de tous ceux à qui, collectivement, il a asséné le qualificatif de «racaille». La réaction fut simple, humaine (stupide mais humaine). En gros on pourrait l’interpréter ainsi : «C’est qui ce bouffon qui vit dans un palais le jour, à Neuilly la nuit et qui vient chez nous prétendre qu’il sait qui on est et comment on vit ? C’est le jeu de la racaille qu’il veut pratiquer ? Chiche !» Nicolas Sarkozy croyait connaître les quartiers où il exerçait ses tapages médiatiques, leurs habitants, et il n’en est rien. Confronté à la réalité, il a pris des coups. Et bien, oui. Ne vous en déplaise ce n’est pas qu’une question de sémantique qui ne sert qu’à alimenter les chroniques journalistiques et pseudo-politiques. Quand on monte sur un ring, on s’apprête à prendre des coups et si on ne sait pas les rendre soi-même on n’y monte pas. Toute personne sensée le sait mais pas lui, les bicyclettes de Richard Virenque ne rendant pas les coups. Tolérance zéro ? Voilà ce qu’est la tolérance zéro : aucune indulgence. Il vient de l’apprendre à ses dépens. Le problème qui se pose aujourd’hui est que le ministre est aux abris. Pas les riverains. Trop de suffisance, d’arrogance, d’ignorance et de tapage. Voilà ce que toute cette histoire devrait enseigner. Autant aux autorités qu’à ceux qui cherchent à la décrypter. Arrêt sur le tapage.

 

José Peres Baptista est président de La e-Cité

PASSE, PRESENT, POLITIQUE : LA REGLE DES TROIS P

Après un échange avec mon ami allemand Kai Littmann où je lui demandais la perception allemande de la situation française en rapport des émeutes actuelles, j’en suis arrivé à la conclusion que les causes profondes de ce genre d’évènements sont toujours politiques. Les Allemands ne comprennent pas notre situation, ils la découvrent avec stupeur et ont peur. Pour tenter de comprendre les origines d’un tel phénomène, le parallèle des systèmes politiques entre nos deux pays est très utile. Le système politique allemand est très largement plus représentatif que le nôtre. Tout mouvement réunissant plus de 5% des voix est représenté tant au niveau national que régional ou local. Ainsi, chez eux, les citoyens mécontents de leur situation trouvent facilement un forum politique où exprimer leur insatisfaction. Ils sont écoutés. Toute la différence est là. Non parce que les Allemands sont plus démocrates que les Français mais surtout parce que leur système politique a su tirer les leçons du passé. La paupérisation populaire et la non-représentativité ont conduit l’Allemagne au nazisme. Ils ne l’ont jamais oublié. Nous devons adopter la même démarche en France si nous voulons sortir de la crise que traversons. Il serait d’ailleurs plus juste d’écrire les crises parce que les constats sont sévères sur tous les pans de notre société. En effet la crise est politique, institutionnelle, sociale, économique mais aussi individuelle, familiale et collective. Dans cette situation comment adopter la bonne démarche ? C’est là que nous devons adopter la «règle des 3 P» comme méthode d’analyse et de prospective.

 

Passé : La France n’a jamais évacué correctement son passé colonial. Cette histoire s’est transformée en un «racisme» institutionnel. La République, une et indivisible, laïque et sur les frontons de laquelle nous pouvons lire «Liberté, Égalité, Fraternité» n’a jamais été fondamentalement respectée et l’est de moins en moins, y compris et surtout par nos dirigeants économiques et politiques. Notre pays n’a jamais hésité à faire appel à de la main d’œuvre étrangère, essentiellement africaine après guerre. Il a par l’emploi apporté la liberté à ceux qu’il intégrait mais ne leur a jamais offert l’égalité ni la fraternité. Ils ont été parqués dans des cités, des quartiers où la seule fraternité qu’ils ont connue fut celle de leur communauté. La seule égalité qu’ils ont vécue fut lorsqu’il leur fallait payer, leur argent n’ayant pas la couleur de leur peau. Ces dernières décennies ont vu l’aggravation de toutes ces discriminations malgré l’argent massivement injecté à des fins électorales. Ceux que l’on a appelé pour bâtir, pour reconstruire un pays où ils devaient gagner leur dignité n’ont gagné que leur survie. Et encore l’ont-ils gagnée alors que cette survie semble inaccessible pour la plupart de leurs enfants et petits enfants. Et le présent, c’est eux. C’est principalement de ces populations que sont issus les émeutiers.

 

Présent : La «mixité sociale» n’existe pas. Dans certains quartiers il n’est pas rare de voir tous les élèves d’une classe être d’une même nationalité étrangère alors que certaines écoles sont inaccessibles à tout habitant ne présentant ni le bon faciès ni la bonne adresse. L’école républicaine qui devrait leur offrir l’égalité s’est transformée en formidable machine à exclure dès le plus jeune âge. Entendre aujourd’hui certains prétendus spécialistes prétendre détecter dès la maternelle les délinquants en puissance relève de la ségrégation la plus arbitraire. Seuls les régimes autoritaires, totalitaires et ségrégationnistes appliquent ce genre de méthodes. C’est une fuite en avant qui a mené au «déclin de la France». Cette expression que je ne supporte pas par sa propension à l’auto-flagellation n’a pour moi qu’une seule justification : le déclin français n’existe que sur un domaine, c’est un déclin politique. Comment faire accepter l’idée de l’égalité des chances lorsqu’il suffit de se référer au pouvoir de l’image pour la voir contestée ? Combien d’animateurs arabes, noirs ou chinois sur nos écrans de télévision publique ? Combien de députés ? Combien de ministres ? Quelle perspective offre l’école, en théorie accessible à tous, lorsqu’aucune manifestation d’une hypothétique réussite professionnelle ne se présente ? Les employeurs se sont installés en zone franche et ont bénéficié d’exonérations de charges mais combien d’habitants locaux ont-ils embauché ?

 

Le pouvoir de l’image, ce qu’elle montre mais surtout ce qu’elle ne montre pas, est d’autant plus important pour cette catégorie désœuvrée de notre population qu’elle a plus de temps pour la consulter. Les inégalités sont criantes pour peu que l’on ne soit pas formaté. Lorsque les politiques menées s’attachent à montrer, à attirer les caméras sur ce qui doit être vu mais qu’elles ignorent totalement ce qui ne l’est pas les résultats sont dramatiques. Tous les exclus de notre société sont par définition ce qu’on ne voit pas. Ils décryptent l’image par ce qui n’y est pas montré, se sachant invisibles eux-mêmes. Ils ont constaté que le seul moyen d’apparaître à l’image était le fait divers. Nous voyons tous aujourd’hui où cette attitude a mené. Le chômage, qui constitue le plus grand drame de la société française actuelle, n’existe qu’en statistiques. Aucune représentation dans des instances décisionnaires des chômeurs n’existe. Pour ceux qui cumulent les handicaps les exclusions sont multiples : sociale, professionnelle mais aussi politique. Pour éviter de le voir le système politique français a été modifié de façon à être encore plus inique en relevant le seuil de représentation. De l’exclusion qui était subie on est passé à une ignorance constitutionnelle délibérée. La situation a été interprétée par les populations concernées comme une évolution de son traitement, un glissement de l’exclusion vers la ségrégation. Le terme est fort mais approprié. Non seulement on n’intègre plus, on n’assimile plus mais de surcroît on condamne au silence avant de condamner pénalement pour des actes de révolte ou de survie. L’accumulation de ces attitudes discriminantes a fait imploser un système que personne ne voulait plus voir. Le défaut d’image a conduit à briser un miroir qui ne renvoyait plus de reflet. Pour reprendre un lieu commun, on a cassé le thermomètre pour ne plus voir la fièvre. Comment sortir de cette impasse ? Par la Politique.

 

Politique : J’entends par la Politique, avec l’emploi volontaire de la majuscule, non pas le jeu qui consiste à gagner un trône en éliminant ses adversaires mais celle qui consiste en le respect de l’opinion et de la population. L’économie française, contrairement à ce que certains prétendent, n’est pas en panne. Jamais autant de richesses n’ont été produites, jamais autant de bénéfices n’ont été réalisés et pourtant jamais il n’y a eu autant d’exclusion. Il n’est pas ici question de pénaliser ces réussites mais d’en appeler à la responsabilité collective. Faut-il admettre qu’une entreprise puisse licencier massivement lorsque ces résultats lui permettraient au contraire d’embaucher ? Il n’est pas ici non plus question de l’empêcher mais de faire en sorte qu’une représentation de toutes les catégories, de toutes les personnes concernées, existe afin de déterminer au niveau national si de tels évènements sont favorables à l’intérêt général ou non. La solidarité française n’est pas en panne non plus. Les Français n’ont jamais été autant solidaires à chaque fois qu’on les sollicite. Tous les ans, lors du Téléthon par exemple, les records sont battus. Chaque fois qu’une cause internationale l’impose (souvenons-nous du tsunami du sud-est asiatique) les Français démontrent leur générosité et cette générosité n’est pas sélective. Les problèmes auxquels nous sommes confrontés ne relèvent donc pas d’un défaut de solidarité mais d’une inégale répartition catégorielle du bien public et des richesses nationales.

 

Comment désamorcer la situation ? Le reflet politique n’existe plus. Le Parlement ne représente plus la population et les institutions, qu’elles soient politiques ou médiatiques n’expriment plus la réalité et les besoins des citoyens. Si tel avait été le cas il aurait été tenu compte des nombreux avertissements qui ont été faits : 21 avril 2002, 29 mai 2005, etc. Pour ma part je préviens depuis longtemps qu’une partie de plus en plus grande de notre population, représentée nulle part, n’a plus rien à perdre et que la colère gronde. Aujourd’hui il est déjà trop tard tant l’enfermement de nos dirigeants les a conduit à l’arrogance et au mépris. Les émeutes sont intolérables, il faudra bien que l’ordre revienne si nous voulons construire quelque chose sur les cendres de notre système actuel. L’emploi de la force, s’il n’est pas souhaitable, va devenir nécessaire si aucun message fort de compréhension n’est envoyé. Notre République ne peut continuer de se voir bafouée, nos concitoyens qui ont déjà bien de la peine à envisager un avenir ne peuvent voir détruire leur présent impunément. La compréhension du phénomène ne peut s’accompagner de sa tolérance. Toutefois il serait inconscient et dangereux que ce mouvement de révolte ne se transforme pas en mouvement politique. Évacuer une fois de plus la poussière sous le tapis conduirait à l’implosion civile. La révolte contre les pouvoirs publics évoluerait en affrontements entre citoyens. Le maintien de l’ordre doit avoir lieu pour éviter cette escalade. Aujourd’hui il faut être suffisamment conscient pour admettre que notre pays se trouve au bord d’une guerre civile entre ceux qui ont et ceux qui n’ont rien. Mai 68 avait donné lieu à une formidable ouverture politique trop vite oubliée par ceux qui ont obtenu le pouvoir après l’avoir renversé. Ce sont eux qui aujourd’hui sont en passe de l’être. La solution n’existe pas, du moins je n’ai pas la prétention de l’avoir, mais les moyens d’y arriver si : remettre à plat tout notre système institutionnel. Les tables rondes, les multitudes de commissions uniquement crées pour recaser les refoulés du suffrage universel, tout cela n’a rien produit. La concentration des pouvoirs a conduit à l’aveuglement et à la poursuite effrénée de la course au poste suprême. L’accélération du calendrier électoral n’a mené qu’à la multitude de phrases assassines, de coups bas médiatiques et la presse, concentrée et unanime dans sa médiocrité, ne reflète plus le quotidien des citoyens mais celui du ménage de tel ou tel présidentiable potentiel.

 

Il faut rendre le pouvoir au Peuple. L’heure est grave et cette nécessité n’est pas accessible dans l’immédiat puisqu’il faut commencer par maintenir l’ordre public mais il faut l’imposer comme prochaine. Il faut rendre la perspective d’une représentation réelle de notre population afin que l’état catastrophique de notre société soit constaté et analysé au plus haut pouvoir de décision. Il ne suffit pas de cumuler des lois mais permettre leur application pour et par tous. Annoncer la dissolution prochaine de l’Assemblée, un gouvernement d’union nationale de type grande coalition, redescendre le seuil de représentativité à 5% des voix comme en Allemagne, abroger le 49-3 permettant au Gouvernement d’outrepasser le vote des députés et ainsi assurer que tous les citoyens auront leur mot à dire pour toutes les décisions qui les concernent, serait un bon début. Politiquement, ces premières annonces auraient pour effet de redonner l’espoir à la population d’intervenir sur son avenir. C’est ce manque cruel qui conditionne un nombre d’entre nous de plus en plus important : le manque de perspective d’avenir. Il faut rendre la Politique au Peuple. Il faut lui rendre effectivement le pouvoir pour éviter qu’il ne s’en saisisse par la force ou qu’un “chef” ne le conduise à un fascisme qui ne serait que l’évolution du régime actuel. Le prix à payer n’est pas si lourd : c’est celui de la fin de la monarchie républicaine que nous connaissons.

 

José Peres Baptista est président de La e-Cité