vendredi, 22 juin 2007

DERNIERE SESSION A STRASBOURG

medium_thumb_PAR_PIERRE_MOSCOVICI.3.jpgJe viens de passer deux jours – les derniers – au Parlement européen, réuni en session à Strasbourg. Il ne s’agissait pas pour moi de participer activement à ses travaux : cela n’aurait eu aucun sens, car je n’ai plus de perspective dans cette Assemblée. Non, si j’y suis venu, c’est pour saluer mes collègues, d’abord les socialistes français, puis tous les autres, et mes collaboratrices. J’ai été très touché par les marques de sympathie, voire de regrets à l’occasion de mon départ : elles montrent que j’avais su ici trouver ma place, que j’y représentais une voix écoutée. De mon côté, je sais que beaucoup d’amis, notamment au sein de la DSF, chaleureusement animée par Bernard Poignant, me manqueront, que cette ambiance particulière me manquera.

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jeudi, 01 février 2007

L’ORDRE JUSTE FAIT DEBAT SUR SECOND LIFE

medium_PAR_CHRISTOPHE_NONNENMACHER.30.jpgOsons le dire : marre. Marre de ces formules absurdes et creuses inventées par nos génies de la communication politique. Exemples ? Deux. A droite, la désormais célèbre «rupture tranquille» de Nicolas Sarkozy, maladroitement inspirée de la «force tranquille» de François Mitterrand. Autant l’original faisait-il encore sens (genre pas besoin de s’agiter sur sa chaise pour afficher sa stature), autant la parodie sarkozyste inspire-t-elle au mieux quelques plaisanteries justifiées. A gauche –second exemple – une expression que même en son temps Jean-Pierre Raffarin n’aurait rêver imaginer : ici, pas de «The yes needs the no to win against the no» mais de «l’ordre juste». Bon, vu d’ailleurs, la formule peut sans doute interpeller. Mais ici, dans notre bel Hexagone, tout le monde la reprend en cœur, quand bien même nul ne saurait véritablement ce qu’elle recoupe. Seule certitude, avec sa «rupture tranquille», le ministre de l’Intérieur peut aller se rhabiller. A défaut, au moins demander aux Renseignements Généraux de s’engager dans une opération d’espionnage «intellectuel», lui permettant de récupérer la prochaine formule de sa rivale avant même qu’elle ne l’utilise. Sait-on jamais, si l’élection se joue sur la force «créative», autant essayer de récupérer les meilleurs slogans, quel que soit le lieu où ils se trouvent…

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lundi, 15 janvier 2007

SARKOZY, ROYAL ET (PAUVRES DE) NOUS

medium_PAR_CHRISTOPHE_NONNENMACHER.24.jpg229.203 votants. 98,1% de voix recueillies en sa faveur. Comme l’écrit Paul Quinio, journaliste à Libération, Nicolas Sarkozy, au moins au sein du parti qu’il dirige (l’UMP), est bien «Monsieur 100%», «ou presque». Même Michèle Alliot-Marie a jeté l’éponge, elle qui ne cachait pourtant pas depuis quelques mois ses ambitions présidentielles. Terrassé, donc, le Chêne, l’association qu’elle avait constitué «au cas où». A quelques détails près, les 98,1% des voix recueillis par Nicolas Sarkozy pourraient faire pâlir de jalousie son ancien mentor, Jacques Chirac, et ses 82% de voix obtenues aux dernières présidentielles. A la différence près que l’actuel patron de l’UMP se présentait cette fois à l’investiture interne de son parti. Qu’il ne se présentait pas dans le cadre d’un scrutin ouvert à l’ensemble des Français. Qu’il n’avait pas (ou plus) d’opposant. Qu’il n’affrontait pas Jean-Marie Le Pen, le leader de cette droite extrême dont on aimerait qu’elle n’ait jamais existé.

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vendredi, 10 novembre 2006

LE MONDE MERVEILLEUX DE SEGOLENE N’EMPRUNTERA PAS LA VOIE ROYAL EUROPEENNE

medium_PAR_CHRISTOPHE_NONNENMACHER.9.jpg(55e Faubourg Saint-Honoré) «De toute façon, en France on ne fait que parler, rien ne suit derrière. Blablabla. Voilà ce qu’est la politique en France aujourd’hui». Cette phrase, a priori un tantinet surprenante pour débuter une chronique, m’a été livrée la nuit dernière, par un rappeur strasbourgeois. A ce moment de la soirée, ma réaction ne fut autre que de lâcher à mon tour un «pas faux !», sorte de réflexe journalistique, sans doute, le temps de voir ce qui viendrait derrière. Ce que l’artiste aurait à me dire ensuite. Mais un «pas faux» partagé. Du moins est-ce aussi comme cela qu’il m’arrive de voir la France. Soyons honnête : côté slogans, grandes formules et autres phrasés littéraires, les Français n’ont pas grand-chose à envier aux autres nations. Prenez simplement cette fameuse «fracture sociale» que se proposait de combler Jacques Chirac. Un terme beau, chirurgical, à peu de choses près parfait en matière de communication politique. Bien plus, en tout cas, que son précédent «Mangez des pommes».

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mercredi, 18 octobre 2006

BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN

medium_PICTO_55e_FAUBOURG_SAINT-HONORE.14.jpgOn l’attendait depuis des semaines. C’est chose faite depuis mercredi dernier. Les trois candidats à l’investiture socialiste pour les présidentielles de 2007 – Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn - viennent de publier leur profession de foi dans «l’Hebdo des socialistes». Enfin ! Passé les petits meurtres entre amis, place au fond. Nos petites mains en tremblent déjà, s’agitent en tout sens. Cherchent à sortir de nos poches. A se lever, à applaudir. Mitterrand et Jospin sont morts. Une nouvelle génération (ou presque) est née. Arrive sur le devant de la scène. Plus belle, plus porteuse d’espoir et de projets que jamais ! Ségolène nous avait prévenu il y déjà quelques semaines de cela : la rupture est entamée. Place au changement ! La droite n’a qu’à bien se tenir. La gauche est de retour.

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vendredi, 01 septembre 2006

CHANGEMENT D'ERE

medium_PICTO_55e_FAUBOURG_SAINT-HONORE.3.jpg(Par CHRISTOPHE NONNENMACHER / Source: 55e Faubourg Saint-Honoré, Le Républicain - Mali) Avant-hier matin. Petit-déjeuner en ville. Face à mon café et mon croissant, un élu local, avec lequel j’avais pris rendez-vous deux jours plus tôt. L’une de ces traditionnelles rencontres informelles entre journalistes et politiques. Mon intérêt ? Garder le contact, recueillir quelques informations «off the record», pour peu qu’il ait envie de se livrer. Le sien, tenter de me faire rejoindre une association fédéraliste «apolitique» européenne dont il est membre. Me convaincre d’y apporter mon «expertise» sur les questions communautaires. Echec. Prêcher devant un parterre d’Européens convaincus ne m’attire guère. Rejoindre un cercle de militants encore moins. A quoi bon ? Quel intérêt en terme de débat ? L’exercice y est tout aussi difficile que de convaincre sa propre mère que l’on est le plus beau, le plus doué ou je ne sais quoi encore. A notre table, une tierce personne. Un «blogueur militant», lui aussi fédéraliste mais dont l’approche rejoint la mienne. Les réunions entre «mêmes-pensants», il en est aussi revenu. Ce qui intéresse notre blogueur est de confronter ses idées, d’ouvrir le débat à des personnes étrangères aux petits cercles européens. Nous échangeons entre-nous, laissant – je dois l’avouer - assez impoliment de côté notre élu du jour. Les thèmes abordés : les blogs, le wiki et autre BarCamps. Autant de mots quelque peu complexes pour notre élu qui, bon gré mal gré, cherche à reprendre pied : «Ce que vous dites m’intéresse au plus haut point. J’envisage moi-même de créer un site web... Mais pas un blog, qui demande trop d’implication. Comprenez-moi, je n’ai ni le temps ni l’envie de répondre à des gens». Stupéfait, je me retiens par courtoisie de lui suggérer de changer de métier. Comment peut-on vouloir faire de la politique et refuser le débat ?

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vendredi, 25 août 2006

DANS HUIT MOIS, IL N'EN RESTERA QU'UN

medium_PICTO_55e_FAUBOURG_SAINT-HONORE.jpg(Par CHRISTOPHE NONNENMACHER / Source: Le Républicain) «55e Faubourg Saint-Honoré» est sans doute l’adresse la plus prisée des élus français et la moins connue des électeurs. Pourquoi ? Parce que personne ne l’utilise, si ce n’est quelques grincheux de Gaulois désireux de se plaindre de leur sort auprès de la plus haute instance nationale ? Comprendre : L’Elysée. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. De cette quête du Graal qui agite depuis de nombreux mois déjà notre belle et joyeuse classe politique, au risque de la détourner de sa mission première : gouverner. En tout, plus de trente candidats se sont déjà déclarés. Dans le camp des atypiques, Eric Taffoureau-Millet - (déjà) président de «Attention! Handicap», créateur du label Valotte Records International et, s’il vous plaît, diplômé d’honneur du Téléthon ; Christian Garino, «djihadiste» de l’Esperanto ; ou Roland Castro - ancien membre du Parti communiste français et président fondateur du Mouvement de l'Utopie Concrète (sic !) -, chantre de «la transformation du Sénat en forum philosophique» et de l’adoption d’un «Plan Gandhi à l’échelle du monde». A côté d’eux, quelques «people» tombés en désuétude, que même Tf1 ne semble pas souhaiter recycler dans l’une de ses émissions de Télé-Réalité. Dommage, l’idée de voir Yves-Marie Adeline, universitaire star des milieux royalistes et auteur d’une quinzaine de livres sur le sujet, reconverti en fermier, ou «l’humoriste» M'bala M'bala Dieudonné, cédant à des tentatrices sémites de L’île de Djerba, n’aurait pas été pour déplaire. A défaut, il faudra se contenter de leurs programmes électoraux : la suppression de la loi Gayssot du 29 janvier 2001 reconnaissant le génocide arménien (forcément, comme diraient certains enseignants turcs, « il faisait froid, très froid… ») pour Dieudonné, et la restauration de la monarchie, pour Adeline, chose qui apportera, selon son mouvement Alliance Royale, «d’abord l’unité à notre France si fracturée, et une politique de continuité qui préservera à long terme les intérêts de notre pays, sa culture, son patrimoine, ses métiers, son environnement». (lire la suite)