mardi, 09 octobre 2007

CHIRAC ET «LA POPULATION JUIVE DE NEW-YORK»...

420466d273e9c114ab052630c46aaca9.jpgToujours un train retard, pas encore lu le bouquin de Yasmina Reza, encore moins le livre de Jospin  à cause de cette &*%* grève des postiers. Enfin bref, je suis toujours bloqué à la lecture du journal de Alastair Campbell, le spin-doctor en chef de Tony Blair qui a révolutionné la communication politique au sein du 10 Downing St. Campell nous apprend des choses surprenantes. Par exemple, il nous rapporte cette phrase de Chirac lors du sommet franco-britannique du Touquet qui s’est tenu juste avant la guerre en Irak: «Sur le moyen orient, Chirac était sceptique à l’idée que les Américains allaient faire quoique ce soit, affirmant que le pouvoir n’était pas à Washington mais dans la population juive de New-York.» (1)

Lire la suite

mercredi, 16 mai 2007

QUELLE FRANCE DEMAIN?

medium_PAR_CHRISTOPHE_NONNENMACHER.47.jpgIl aura fallu une bonne semaine de digestion. De réflexion aussi. Au final, un sentiment : l’arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République marquera probablement un tournant dans l’histoire politique et médiatique française. Politique, parce que plus que quiconque – sinon peut-être Mitterrand en 1981 – Sarkozy semble être à la fois l’objet de tous les espoirs et de toutes les craintes. L’espoir d’une France que d’aucuns voudraient voir «moderne», fière d’elle-même. Mais la crainte, aussi, que cette même France, à la fierté retrouvée, n’en oublie la réalité de son histoire, pas toujours aussi idyllique que le candidat Sarkozy nous l’a vendue. Crainte aussi que candidat et président Sarkozy ne fassent qu’un. Que la fonction ne tempère ni n’encadre l’homme.

Lire la suite

mardi, 10 avril 2007

VERS L’ARMEE EUROPEENNE?

medium_PAR_JEAN_QUATREMER.28.jpgAngela Merkel, dans un entretien publié par le quotidien populaire Bild Zeitung, le 23 mars, a relancé l’idée de créer une «armée européenne» à la veille des célébrations du cinquantième anniversaire du traité de Rome. «Nous devons nous rapprocher d’une armée commune européenne», a déclaré la chancelière allemande en répondant à une question sur les futurs développements de l’Union. Son porte-parole, Ulrich Wilhem, a ensuite précisé la pensée de la Chancelière : elle «a voulu exprimer sa conviction qu’il y a encore dans ce domaine des choses à faire, mais sur un long laps de temps. C’est une perspective pour les prochaines décennies».

Lire la suite

lundi, 12 mars 2007

LENNON, CHIRAC ET NOUS

medium_PAR_CHRISTOPHE_NONNENMACHER.38.jpgImaginez un monde où l’on ne vous parlerait pas d’obtention de 500 signatures. Simplement parce que nulle barrière de ce type n’aurait été mise en place pour réduire le champ démocratique. Un Etat où peu importerait qui a donné ou non cette même signature. Comprendre un pays où l’on ne menacerait pas de délation un élu ayant jugé bon d’accorder son paraphe à un candidat extrémiste. Non pas parce qu’il en partagerait les idées mais parce qu’il estimerait qu’il appartient aux électeurs, et à eux seuls, de décider si telle ou telle personne est digne de se soumettre au suffrage universel direct. «Suffrage universel direct» : dommage que cette expression ait, dans la pratique, tant perdu de son sens.

Lire la suite

mercredi, 04 octobre 2006

BOWLING FOR COLUMBINE

medium_PICTO_55e_FAUBOURG_SAINT-HONORE.12.jpg(Par CHRISTOPHE NONNENMACHER / Source: 55e Faubourg Saint-Honoré n°10 - Le Pépublicain - Mali) Lundi 2 octobre. Réveil maussade. Grosse « fatigue présidentiable ». A gauche, Ségolène s’est déclarée, en version «off» depuis Dakar, puis «on», depuis Vitrolles. Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius aussi. A droite, Sarkozy, lui, continue son show. Inlassablement. Chassant un sujet par un autre. Au point où l’on se demande si actualité et Sarkozy ne font en fait pas qu’un. L’actu est-elle le reflet de la vie de Sarko ou Sarko est-il lui-même l’actu ? Allez savoir… Il y a dans le petit Nicolas un air de Tintin : à Bruxelles, à New York, à Bobigny, à Dakar. Bientôt sur la Lune, pourquoi pas ? Même à droite, la chose commence à agacer. Michèle Alliot-Marie, murmure-t-on, songerait de plus en plus à se présenter contre lui. Chirac est à la manœuvre, bien sûr. Le même Chirac que Valéry Giscard d’Estaing allume dans son dernier ouvrage – «Le pouvoir et la vie, tome II»- dont le Point, proche de Sarkozy, reprend quelques extraits : « Cette faim de pouvoir [de Chirac] est sans doute personnelle, mais aussi de caractère clanique : il n’admet pas que le pouvoir puisse être exercé par d’autres que par les membres de son clan».

Lire la suite

mardi, 19 septembre 2006

GOOD BYE LENIN CHIRAC

medium_PICTO_55e_FAUBOURG_SAINT-HONORE.8.jpg«Je pense que de mars à mai, il y a le temps nécessaire pour une campagne électorale. Nous n'avons pas - notamment depuis que nous avons un quinquennat - la possibilité de perdre du temps par des campagnes électorales excessives. On peut tout faire et tout dire dans une campagne électorale de deux ou trois mois.». Chirac a parlé. Est sorti de l’ombre hier matin sur Europe 1, au micro de Jean-Pierre Elkabbach. Jacques a dit : «Le gouvernement est là pour travailler. Et le président de la République est là pour s'assurer que le gouvernement travaille. Et il travaille.» Nous voilà rassurés. De grands chantiers doivent encore être menés à bien d’ici les prochaines échéances électorales a-t-il assuré. Pour n’en citer que trois : la baisse du chômage en deçà de 8%, la relance du dialogue social, la réforme de la justice. Chirac le martèle. Comme si personne ne l’entendait vraiment, ou ne voulait l’entendre : «Je veux que tout le monde bosse et bosse dans le cadre d’une politique définie par le premier ministre et assumée par le président de la République». Le message à Nicolas Sarkozy est à peine voilé. Ce même Nicolas Sarkozy avide de rupture. Celui-là même qui, bien que numéro 2 du gouvernement, semble tout faire pour se désolidariser de la France de maintenant – celle de Chirac – pour mieux vendre la France d’après – la sienne. (lire la suite)

mercredi, 13 septembre 2006

A PROPOS DU DISCOURS DE NICOLAS SARKOZY SUR L’AVENIR DE L’EUROPE

medium_PAR_PIERRE_MOSCOVICI.2.jpgNicolas Sarkozy vient de prononcer, le 8 septembre à Bruxelles, un important discours sur l’avenir de l’Europe. Je me réjouis qu’un candidat de premier rang à l’élection présidentielle de 2007 s’exprime sur ce thème décisif : l’Europe sera en effet au cœur de l’action du Président qui succèdera à Jacques Chirac – du moins elle devrait y être- et elle ne doit pas être escamotée dans la campagne électorale. Il serait bon que les autres candidats majeurs s’expriment aussi : seul Dominique Strauss-Kahn l’a fait parmi les socialistes, ainsi, il est vrai, que Laurent Fabius, mais avec des options que je réfute. Pour tant, si je salue l’existence de ce discours, je n’en partage pas la philosophie, ni les propositions. En 2002, Jacques Chirac, de manière mensongère, promettait « la France en grand ». Aujourd’hui, c’est la perspective de l’Europe en petit, d’une mini-Europe, que dessine Nicolas Sarkozy. Il le fait sur tous les plans.

Lire la suite

samedi, 02 septembre 2006

A REALITY CHECK FOR EUROPE

medium_EUROPEUS_ENGLISH_EDITION.2.jpg(By GEORGE IRVIN / Source: EU Observer) President Bush's ‘Yo Tony'off-the-record humiliation of Blair elicited much mirth in the UK press where the incident was widely interpreted as emblematic of the British prime minister's subservience to Washington's neo-conservative agenda. How far that agenda encompasses the distribution of income is illustrated in a recent book by Jared Bernstein, a Washington based economist, who documents the growing inequalities of wealth and income in the US. Bernstein has coined the phrase ‘Yo-Yo economy' to describe conservative America's attitude towards its growing army of poor people: Today, ‘Yo-Yo' means ‘you're on your own'. (read more)

samedi, 19 août 2006

«L’EUROPE DES RESULTATS» OU LE VIDE DE LA PENSEE

medium_PAR_JEAN_QUATREMER.2.jpgAu lendemain du tremblement de terre provoqué par le «non» français puis néerlandais au projet de traité constitutionnel, les gouvernements et les institutions communautaires se sont retrouvés brutalement sans aucun projet. L’avenir s’est brutalement assombri, personne n’ayant anticipé un tel divorce entre les citoyens et le projet européen, même si les causes des échecs référendaires sont pour beaucoup à chercher dans des raisons qui n’ont pas grand chose à voir avec l’Europe. Pour réconcilier les citoyens et l’Europe, Jacques Chirac, grand responsable de ce plantage, a eu une idée qu’il a lancé à la fin de l’année 2005: «l’Europe des projets» pour démontrer au citoyen que l’Europe c’est du concret, du quotidien. José Manuel Durao Barroso, qui s’est empressé d’enterrer une Constitution dont il n’a jamais été un grand fan car elle réduisait l’influence du Portugal et se montrait un peu trop fédéraliste, a sauté sur ce séduisant concept en le requalifiant «d’Europe des résultats». Le président de la Commission, incapable de dessiner une voie de sortie à la crise sans précédent que connaît l’Union, a vu là un moyen de ne pas rouvrir de grande bataille théologique et de s’assurer une fin de mandat tranquille. A Helsinki, le 3 juillet dernier, il s’est fait martial : «Les six prochains mois sont l’occasion de montrer que lorsque nous parlons de ‘l’Europe des résultats’ nous sommes très sérieux». Et d’ajouter : «Cette présidence (finlandaise) aura la responsabilité de faire passer l’Europe de la réflexion à l’action».

Lire la suite

mardi, 04 juillet 2006

CHASSE-CROISE ESTIVAL

medium_PAR_CHRISTOPHE_NONNENMACHER.3.jpgChassé-croisé estival. Cette expression, les JT nous la resservent chaque été. Tel un événement majeur. Car, oui, la chose n’est pas banale : rendez-vous compte, des gens partent encore en vacances malgré un pouvoir d’achat sans cesse en perte de vitesse. Heureusement, nos vieux sont encore là pour peupler ou repeupler nos villes. Lionel Jospin en tête, qui profite du creux estival pour quitter l’Ile de Ré. Pour fuir ces méchants électeurs vacanciers qu’il s’était promis de ne plus fréquenter en 2002, mais auxquels, il annonce depuis un Paris déserté qu’il repartirait bien pour un deuxième tour, pour peu qu’il passe encore le premier... Jacques Chirac, ensuite, qui semble hésiter à prendre sa retraite. Comme si le fameux «demandez des chichis» lui était adressé. En même temps, l’été a ceci de terrible qu’il fait chaud et que faute d’hydratation, nos vieux ne sont pas à l’abri d’un malaise physique ou mental. Quelle autre explication ? Une surdose médicamenteuse ? Impossible : Ian Ullrich et consorts ont tout pris. La grippe aviaire, dont on ne parle plus, alors ? Impossible au vu de la santé du Coq français, magicien d’un soir contre le Brésil, que l’on aimerait tellement, côté allemand, retrouver en finale de la Coupe du Monde. Alors quoi ? En fait, nul ne le sait vraiment. L’arrogance, l’impossibilité de comprendre que plus personne ne veut d’eux ? La volonté de croire que la petite phrase de Thierry Henri – «Nous ne sommes pas des chiffons» - leur était destinée ? Qui sait. Heureusement que quelques amours de vacances sont encore là pour nous divertir : Nico et Cécilia vivent une nouvelle idylle. Ségo et François se marient. Enfin de la belle politique ! «Douce France», chantait Trénet. Pour peu que l’on prenne soin de la quitter quelques jours durant pour prendre un bain de fraîcheur physique et mentale. De rejoindre, par exemple, outre-Rhin, Zidane et sa bande. D’autres «vieux», certes, mais qui savent encore faire rêver et passer la main…

 

Christophe Nonnenmacher est journaliste