vendredi, 01 septembre 2006

L’ISLAMISME, CE N’EST PAS LE FASCISME

medium_LU-AILLEURS.41.jpg(Par GUY SORMAN / Source : Le futur c’est tout de suite – Suisse) L’islamisme ce n’est pas le fascisme, contrairement à ce que vient de déclarer George W. Bush. En assimilant l’un à l’autre, le président américain essaie de remobiliser ses partisans ; mais il ne fait pas progresser la connaissance du sujet. À sa décharge, il n’est pas seul à confondre : dans les médias français aussi, il est souvent question d’islamo-fascisme. Une expression qui fait aussi peu sens que de traiter tout adversaire de fasciste, une vieille technique de diabolisation un peu passée de mode à gauche.

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samedi, 04 mars 2006

DROITS FONDAMENTAUX: RAISON LOGIQUE CONTRE «FOI» AVEUGLE

En février 2006, l’Etat canadien de l’Ontario a modifié sa législation afin que la loi canadienne soit la seule appliquée en cas de conflits familiaux. Son Ministre de la Justice avait alors déclaré : «Les résolutions prises en fonction d'autres lois ou principes -y compris les principes religieux- ne seront plus légales et ne pourront plus être imposées par les tribunaux.» Ce résultat est celui d’un combat mené depuis deux ans par des associations canadiennes, relayé en Europe, contre des tentatives de régression des droits fondamentaux de la personne humaine, au nom de fondamentalismes religieux. Le multiculturalisme exacerbe l'ethnicisation des rapports sociaux et provoque l’enfermement «identitaire» qui dresse des murs au lieu de favoriser lien social et projet politique commun. En France, l’association Regards de Femmes a été la coordinatrice d’un large rassemblement de soutien. Il a montré la signification concrète de la laïcité, espace politique qui permet de vivre ensemble, hommes et femmes, indépendamment des options philosophiques, croyances religieuses ou origines ethniques. Les participants se sont mobilisés pour que la loi soit la même pour toutes, quelle que soit la religion du mari ou du père, et pour la nécessaire séparation du religieux et du politique, afin d’abolir le recours à des tribunaux religieux en cas de conflits familiaux.

 

Les violences générées à la suite des représentations de Mahomet par des dessinateurs danois ont montré, encore une fois, les risques conflictuels lorsqu’il n’y a pas séparation entre les croyances religieuses qui relèvent de l’intime et le politique qui régule les rapports sociaux. Accepter l’idée de manifestations spontanées dans des pays totalitaires dans lesquels les droits fondamentaux de la personne sont quotidiennement bafoués, ne pas s’interroger, à la vue des drapeaux danois brûlés, sur la manière dont les manifestants ont pu se les procurer (je ne suis pas sûre de pouvoir en trouver aisément à Lyon), c’est abandonner toute pensée rationnelle et se laisser aveugler par les images produites par les manipulateurs. Celles et ceux qui, en Occident, ont soutenu la colère des fondamentalistes musulmans ont-ils pris la mesure de l’effet pervers de leur «compréhension» ? Pour eux, les droits fondamentaux universels de la personne seraient colonisation de l’Europe sur les esprits. Cette argumentation aboutit à l’idée que les Lumières seraient occidentales et l’obscurantisme oriental… Les voix d’hommes et de femmes, de confession ou de filiation musulmane, qui se sont élevées aussi bien dans les pays arabo-musulmans qu’en Europe pour dénoncer la manipulation politique, prouvent que l’usage de la raison ne dépend ni du lieu de naissance ni de la religion familiale. Comme le souligne brillamment Max Gallo, il n’y a pas de choc des civilisations, simplement la guerre entre les partisans des sociétés civilisés et – disons-le gentiment - les autres.

 

57 pays de «l’Organisation de la conférence islamique» ont tenté de faire adopter par l’Onu un amendement affirmant que «la diffamation des religions et des prophètes est incompatible avec le droit à la liberté d’expression (…) L’islam est diffamé et nous voulons y mettre un terme.». L’objectif est d’empêcher toute critique de leur politique. Celle-ci s’appuyant sur la religion qui serait transcendante aux hommes, la dénoncer serait apostasie. Les chefs politiques se posent en victimes et entretiennent volontairement la confusion entre le racisme qui concerne les personnes et le blasphème qui concerne les idées. Or l’opinion sur la religion fait partie de la libre expression. L’expression «racisme antireligieux» n’a pas de sens. Une religion est un choix personnel, on peut ne pas en avoir ou en changer. Il est permis de critiquer Dieu, Mahomet, Jéhovah ou Vichnou. Il ne s’agit nullement de racisme, c’est-à-dire de discrimination sur une base d’appartenance à une ethnie, mais de l’expression d’un désaccord ou d’une critique nécessaire à l’égard d’une opinion lorsqu’elle provoque des conséquences sociales néfastes. Les offensives contre les droits fondamentaux, sous prétexte religieux, exigent de ne pas céder à ceux qui demandent l’abdication de la raison par une obéissance passive à une «foi» aveugle. Comme le soulignait Alfred Sauvy : «La fonction de penser ne se délègue point».

 

Michèle Vianès est auteure de «Les islamistes en manœuvre Silence, on manipule !» éd. Hors commerce