mercredi, 09 avril 2008

FLAMBEE MEDITERRANEENNE

La scène se passe au restaurant La Flambée, 79, avenue Ségur, dans le quinzième arrondissement de Paris. A deux pas de l’Unesco, où se tenait, dernier week-end de mars, le Forum de Paris, consacré cette année à l’Union pour la Méditerranée - un projet initié par le président français Nicolas Sarkozy et son conseiller Henri Guaino. En salle, Aldo, petit père à l’âge incertain (l’homme aux cheveux blancs sur l’image), effectuant d’incessants aller-retour entre la salle et la boulangerie voisine, afin de palier une pénurie de pain, puis de desserts. Aux fourneaux, le patron, une autre figure théâtrale, dont je ne connais pas le nom. Un homme qui selon certains «a le style clodo qui vient de trouver un survêt et des vielles baskets en faisant les poubelles». Peut-être. Pas totalement faux, mais quelle présence. Sorte de rencontre entre Pagnol et Autant-Lara. Entre Marius ou César, d’un côté, et Martin ou Grandgil, de l’autre. Rencontre des improbables et autres (im)possibles, telle une partie de cartes organisée en pleine Traversée de Paris. «Ne me demandez pas de tout faire, je ne peux pas, hurlait le fameux ‘clodo’. Démerdez-vous, faites comme chez vous. Pour ceux qui veulent du vin, les bouteilles sont à la cuisine. Servez-vous, on s’arrangera après ! Du café ? Oui, ça aussi, la machine est là-bas ! Du pain ? Aldo est parti en chercher. Cessez de m’emmerdez, je ne peux pas faire cuire la viande et faire le service !». Show à l’ancienne, ubuesque, grandiose et étrangement séduisant. Oui, les «clodos», aussi, savent avoir du charme.

Même lieu, même décor, table voisine : un homme, plus sombre que le reste de la clientèle. Port du costume, image soignée, œil félin, personnage posé, assuré.

Lire la suite